Faux positif ou négatif ?

Mardi, je suis allée chez le médecin. Je ne supportais plus les douleurs que j’avais. Sur une échelle de 1 à 10, je les évaluais entre 8 et 9, et j’avais l’impression que si je ne faisais pas quelque chose, avoir aussi mal toute la sainte journée allait finir par me rendre cinglée. J’avais un rendez-vous le matin et entre me plier en deux et pousser des grognements de douleur, je me disais que j’avais vraiment un problème.

Je suis donc allée chez mon médecin. Elle m’a posé dix milles questions, m’a auscultée mais elle ne semblait toujours pas comprendre mon état. Finalement, elle m’a envoyé faire une prise de sang pour vérifier si je n’étais pas enceinte parce que « Bon, je t’explique pourquoi. Il y a deux semaines, il était négatif donc ne t’inquiète pas trop mais selon ce que tu me décris, ça pourrait être une grossesse extra-utérine, il faut absolument qu’on sache. Je ne devrais pas avoir les résultats avant demain donc s’il y a un soucis, je t’appelle. Sinon, c’est que tout va bien. ».

Je suis donc allée faire la prise de sang et contrairement à la dernière fois, j’étais complètement détendue. Si l’ancien était négatif, je n’avais pas de soucis à me faire, étant donné que je n’avais pas revu le Sexy Boy depuis.

Après ça, Julien est venu boire un café chez moi. A 18h10, je l’ai raccompagné à l’arrêt de bus et là, j’ai vu un appel manqué du médecin.

Moi: Oh mon dieu, c’est le médecin. 
Julien: Et alors ? Rappelle.
Moi (tremblante): Non. J’attendrai demain. Elle ne devait appeler que s’il y avait un problème. Je veux pas savoir. Je veux passer une dernière soirée tranquille, au moins. 

Moins d’une minute plus tard, alors qu’on marchait, mon téléphone s’est remis à sonner. C’était encore le médecin. Le coeur battant à tout rompre, j’ai décroché.

Médecin: Bibi, j’ai reçu tes résultats. Alors euh… je sais pas… il est positif. A causes de tes douleurs et de tes saignements, il faut que tu descendes ce soir aux urgences gynécologiques pour faire une échographie.

Je me suis mise à pleurer. Elle a compris.

Médecin: Bibi ? Est-ce que ça va ?
Moi: Je m’attendais pas à ça.
Médecin: Ecoute-moi, le taux est faible, il est à 37 c’est… Y a rien de sûr. Mais il faut qu’on vérifie, il faut que tu fasses cette échographie. C’est toi qui est importante, d’abord, dans cette histoire et il faut qu’on écarte le danger alors tu vas devoir y aller ce soir. 

On a fini par raccrocher et quelques pas plus tard, Julien et moi étions sous l’arrêt de bus.

Moi: C’est positif, Julien. 

Il a pris ma main pendant que je continuais de pleurer. Je n’aimais pas ces marques d’affection, ces contacts mais j’ai laissé parce que j’étais contente de ne pas être seule.

Julien: C’est encore assez tôt pour l’enlever, t’en fais pas pour ça. 

Je n’ai pas répondu à ça. J’ai appelé Laurence:

Moi: Putain Laurence, c’est positif. Le dernier test de grossesse est positif.
Laurence: Oh mon dieu, Bibi… 
Moi: Je dois aller à l’hôpital faire une échographie en urgences parce que je suis peut-être en danger, enfin, j’ai pas trop compris. Elle m’a dit que c’était pas sûr parce que le taux était faible. Je suis dans la merde. 

Elle m’a dit de me calmer et de rester positive. Julien a décidé de m’accompagner pendant que, de mon côté, je pensais à deux choses:
1- Comment dire ça à ma mère ?
2- Le Sexy Boy, à moins d’un kilomètre de moi au moment où j’apprenais tout ça, et qui, lui, ne devait se faire aucun soucis.

Ma mère n’a pas très bien réagi. Mais en pleurant, je l’ai suppliée de choisir un autre jour pour me faire la morale. Elle a quand même tenu à me dire que pour elle, le Sexy Boy n’était qu’un enfoiré et d’autres mots tout aussi peu agréables à entendre. Je n’ai rien dit. Julien, lui, a ouvert la bouche pour annoncer à ma mère qu’il m’avait prévenue que c’était pas une bonne idée de voir ce gars-là. Merci, Ju’.

En arrivant à l’hôpital, on a constitué mon dossier et on attendu dans la même salle d’attente que des familles qui attendaient qu’un de leur membre ait fini d’accoucher et d’autres femmes dont on ne pouvait pas douter qu’elles étaient enceintes. Et moi ? Est-ce que je l’étais ? Je trouvais le temps long. Personne ne parlait. Ma mère me fusillait du regard. Julien me souriait, gêné.

Finalement, on m’a appelée. J’y suis allée. Ca a commencé par une série de questions pour savoir ce que je faisais réellement chez eux.

Moi: Mon dernier test de grossesse était positif. Et comme j’ai des douleurs et des saignements, mon médecin tenait à ce que je fasse une échographie. Mais elle m’a dit que ce n’était pas sûr que je sois enceinte.
Interne: D’accord. Hum mais, si le test était positif, c’est qu’il est positif. 
Moi (pensant): Super… 

Encore une série de questions et je passais l’échographie. Tout ce que j’ai retenu c’est:

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Interne: Alors il y a *trucs de médecins que je comprenais pas du tout* qui pourrait être le signe d’un début de grossesse mais je ne vois rien. Ca peut-être parce que vous êtes en tout début de grossesse et que c’est trop petit pour qu’on puisse le voir maintenant, soit parce qu’il est mal placé ou soit, parce qu’il n’y a rien. On va refaire un test de grossesse, nous, pour voir si on a les mêmes résultats que dans le labo qui vous a fait la vôtre cet après-midi. Si c’est le cas, il faudra refaire un test dans deux jours pour voir parce que si vous êtes enceinte, le résultat aura doublé. Vous aurez les résultats dans une heure et demi. Ca serait mieux que vous attendiez dans la salle d’attente au lieu de partir. 

J’ai posé encore quelques questions, à mon tour. Dont la plus importante:

Moi: Si je suis enceinte, ça sera forcément une grossesse extra-utérine ? 
Interne: Non. Comme je vous l’ai dit, peut-être qu’il est juste trop petit, encore, pour être vu. Ca pourrait aussi être une grossesse viable.

J’ai fait ma prise de sang et suis repartie en salle d’attente. Lorsque j’ai dit à ma mère qu’on devait attendre encore 1H30 pour les résultats, elle est sortie faire un tour. Je suis restée seule avec Julien.

Je me sentais un peu comme vidée de toutes émotions. J’avais déjà assez pleuré. Je me disais que Karma savait ce qu’il faisait. Moi non. J’accepterai le plan qu’il aurait pour moi.

Je pensais au Sexy Boy. Etais-je vraiment en train de porter son bébé ? Je n’avais pas envie qu’il fasse partie de ma vie comme ça… Qu’est-ce que j’avais foutu ? Et pourtant, j’étais toujours incapable de lui en vouloir. Je ne savais pas s’il fallait lui dire quelque chose ou non.

Et s’il y avait bien une « grossesse en cours », était-elle viable ou non ? J’en avais marre d’entendre Julien a côté de moi me parler d’avortement.

Moi: Tu préférerais entendre que j’ai un triple cancer ou que je suis enceinte et que je garde le bébé ?
Julien (sérieux): J’en sais rien. Dans les deux cas, pour moi, tu serais condamnée. 

J’ai trouvé ça très dur. Ca faisait plus de quatre ans qu’on se côtoyait et c’était la première fois qu’il me parlait de cette façon. Aussi durement.

Ma mère n’est pas revenue de toute l’heure et demi. Julien a quand même réussi à me détendre et me faire rire un peu mais plus l’heure du verdict approchait, plus je stressais. On a fini par m’appeler.

Interne: Bonne nouvelle pour vous: c’est négatif. Le faux positif du labo cet après-midi a pu être causé par une erreur de manipulation ou alors c’est à cause de la pilule. Rassurez-vous. 

J’étais contente, je suis sortie, ai annoncé la bonne nouvelle et on est rentrés.

Hier, j’ai appelé mon médecin, comme elle le souhaitait, pour lui donner des nouvelles. Et puis j’ai fini par lui poser la question qui me brûlait les lèvres depuis que j’avais quitté l’hôpital, la veille.

Moi: Est-ce que c’est sûr, maintenant ? J’ai fait un faux-positif ou est-ce que c’est possible que ce soit le test d’hier soir qui soit faux ? 
Médecin: Eh bien… Je… Bon, on peut en refaire un dernier si ça peut te rassurer, d’accord ? Parce que bon, ça me gêne, de mon côté, c’était positif. Je suis vraiment désolée de t’avoir inquiétée, hier.
Moi: Non, ne vous en faites pas. C’est vrai que ça m’a fait un choc.
Médecin: Ce n’est jamais évident de dire ce genre de choses au téléphone et puis bon, tu m’as demandé la pilule, je me doutais bien que tu ne voulais pas tomber enceinte… On va revérifier tout ça, histoire de se rassurer, tout simplement. 
Moi: Merci ! 

Le soir, j’ai envoyé un message au Sexy Boy. J’avais peur de sa réaction. J’avais discuté avec Rominou et Julien de comment ils prendraient la chose et franchement, c’était pas rassurant. Entre signer une décharge pour que la fille ne leur demande jamais rien et la pousser à avorter, je me demandais bien ce que le Sexy Boy allait pouvoir me sortir.

Eh bien, voilà ce qu’il a répondu: « Salut ça va ? C’est impossible que tu sois enceinte. J’espère que tu n’as pas de problèmes de santé ! ».

Il se foutait de moi, là, je croyais. Comment on avait pu passer de « Je crois qu’il y a eu un problème. J’espère que tu ne tomberas pas enceinte » à « Non, c’est impossible que tu sois enceinte » ?. Il me faisait halluciner.

Au final, j’ai refais la prise de sang ce matin. Le médecin ne m’a pas appelée. Je suis sûre, maintenant, que je ne suis pas enceinte. Enfin, la journée n’est pas encore finie mais je pense que Karma m’en a assez fait baver, comme ça. Je vais souffler un peu, maintenant.

Fin du Game.

C’est fini avec le Sexy Boy.

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Au final, ça n’aura pas duré bien longtemps. Un mois. Un peu moins, même.

La dernière fois qu’on s’est vus, pourtant, on s’est quittés comme si on allait se revoir. Il m’a sorti son emploi du temps.

Sexy Boy: Mercredi ça va être difficile. Jeudi, ça sera pas possible. Samedi, c’est mort. 

J’ai écarquillé les yeux, déjà, en voyant le « crescendo » (Le vrai nom de la figure de style, je l’ai oubliée, hein) qu’il avait utilisé, probablement sans faire attention.

Sexy Boy: Donc, ça sera vendredi ou dimanche, je te tiens au courant. 

Il n’a pas cité lundi et mardi parce que ce sont les deux jours où il est en cours, c’est impossible.

Moi: T’as vraiment un emploi du temps de dingue, c’est fou ! Je sais pas comment tu fais. Bon courage, en tout cas. 

Un sourire et un baiser (ou deux ou trois) plus tard, j’étais dehors.

Je n’ai jamais revu le Sexy Boy.

Il m’a annoncé qu’il pensait qu’il y avait eu un problème et qu’il espérait que je ne sois pas enceinte.

J’ai passé une semaine épouvantable. Je suis sortie de chez moi parce que j’avais des rendez-vous à droite et à gauche mais je regardais les femmes enceintes autour de moi d’un tout autre oeil que celui, attendri, de d’habitude. Je ne pouvais pas être enceinte. Pas maintenant. Pas d’un garçon que je ne connaissais pas, que je n’aimais pas. Pas alors que j’allais commencer un boulot. Pas dans cette situation.

Qu’allait penser ma famille de moi ? Qu’allait faire le Sexy Boy ? Qu’est-ce que j’allais faire, moi ? J’en avais parlé à Laurence et Cécile.

Laurence: Bibi, je suis sûre que tout va bien, arrête de stresser.
Moi: J’ai vraiment trop peur. Je peux pas avoir un bébé maintenant. C’est mort. Je suis pas assez mature. Putain, je suis cinglée, tout le monde le sait. Et j’ai jamais eu envie de grandir. Je suis vraiment pas prête. Je crois que j’avorterai.

Cécile: Putain de merde, Bibi ! Vous les hétéros, vous êtes vraiment dégueulasses !!!!
Moi: T’es sérieuse, là ? Est-ce que je dois te rappeler, Mademoiselle Lesbienne, qu’il y a deux ans, tu m’as avouée être en train de flipper d’être tombée enceinte de ton meilleur ami qui a déjà une copine ? C’est vous qu’êtes dégueulasses ! Et puis, sérieusement, inutile de me faire la morale, là. Rien ne pourra être pire que ce qui se passe dans ma tête en ce moment.

 

Je suis allée à l’église et j’ai prié pour ne pas tomber enceinte, pour qu’aucun bébé ne vienne perturber ma petite vie.

Finalement, mardi, j’ai eu des saignements. J’étais probablement la personne la plus heureuse du monde. Je me suis empressée de commencer la pilule pour que tout ça n’arrive plus jamais. Mais voilà, plus de saignements. RIEN DU TOUT. Je n’en avais eu qu’un. Ce qui n’était pas du tout normal.

Alors le lendemain, le mercredi, donc, je me suis réveillée et fait des recherches sur internet. Grossesse et saignements. Alors ça pouvait être normal en début de grossesse mais ça pouvait aussi être le signe d’un « avortement spontané ».

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J’ai dit à ma mère que j’avais des saignements bizarres et que j’allais chez le médecin.

Mamounette: Bibi, est-ce que tu es enceinte ?

J’avais envie d’arrêter de mentir, au moins cette fois.

Moi: Je sais pas. J’espère pas. 
Mamounette (dans un soupir): Mon dieu… Je n’espère pas pour toi, moi aussi. 

Alors j’ai été voir le médecin, je lui ai raconté et il m’a envoyé faire un test de grossesse la minute d’après. Il m’a dit que la pilule pouvait arrêter brusquement les règles. Mais il a aussi parlé d’un cas où j’étais enceinte, qu’il pouvait s’agir d’un décollement de l’oeuf ou d’une fausse couche.

C’était quatre jours après avoir vu le Sexy Boy. Est-ce qu’on pourrait vraiment savoir ? Est-ce qu’il y avait un risque que le test ne soit pas correct ? J’ai fait la prise de sang. Je devais avoir les résultats le lendemain matin à 10h.

Le soir, j’ai vu Cécile.

Moi: J’ai réfléchi, tu sais. Je crois que tu me connais assez pour savoir ce que je ferai si je tombais enceinte… 
Cécile (fronçant les sourcils):…
Moi: Je pensais que j’avorterai et que ce serait fini mais je sais bien que j’en serai incapable. Le jour où j’ai appris que Muriel avait avorté, c’est moi qui ai fondu en larmes parce que je ne comprends pas comment on peut être capable de faire ça. Si jamais je suis enceinte, Cécile, je garderai le bébé. 
Cécile: Putain, Bibi, non !
Moi: Un jour, il faudra choisir entre le bien et la facilité. Ca serait bien plus facile d’avorter. Tu pensais vraiment que j’allais pouvoir prendre la facilité ? 
Cécile: Tu es intelligente ! Je pensais que tu aurais assez de bon sens pour choisir la facilité, oui ! Tu peux pas faire ça. 
Moi: Je suis pas comme toi. 

J’avais les nerfs à fleur de peau. J’avais l’impression d’avoir dix milles symptômes qui me démontraient que j’étais enceinte.

Le lendemain, j’ai pris les résultats et sans les ouvrir, j’ai foncé chez Les Double L où j’ai demandé à Laurence de les ouvrir pour moi et de les lire.

Laurence (prenant l’enveloppe): Bibi, arrête de stresser, je suis sûre qu’il y a rien. 

Elle a déplié le papier, j’avais le coeur qui battait à cent à l’heure. Elle a froncé les sourcils, d’abord, puis secoué la tête. Je ne savais pas ce que ça voulait dire.

Laurence: Y a rien, t’inquiète ! 

J’ai poussé un gros soupir de soulagement. Je n’étais pas enceinte. L’avais-je été ? Je n’en avais aucune idée. J’espérais de tout mon coeur que non.

Après ça, j’ai eu l’impression d’avoir changée. D’un côté, je m’étais presque préparée à être enceinte et ça m’avait fait comme grandir d’un coup, sans que je le veuille. Et le Sexy Boy ?

Moi: Je sais même pas si je dois raconter tout ce qui s’est passé dans ma tête au Sexy Boy. Ca nous avancerait à rien. Et en même temps, c’est de sa faute, tout ça ! Je sais pas si j’ai envie de le revoir. Je sais pas si je serai encore capable de le regarder dans les yeux. Dans ses magnifiques yeux bleus. 
Cécile: Tu sors de loin, Bibi. Peut-être que ta vision de votre relation a changé…

Au final, la décision n’est pas venue de moi (et tant mieux, au final, parce que je ne sais toujours pas si j’aurais accepté de le revoir ou pas). Le Sexy Boy n’a plus jamais donné de nouvelles.

Je me suis demandé si je lui en voulais. Je me suis demandé s’il fallait absolument mettre un terme officiel à une relation qui ne l’était pas. Et les réponses sont « non ». Je lui suis reconnaissante. Je garderai un très bon souvenir du Sexy Boy, malgré ce qui s’est passé. On ne s’était rien promis. Jamais. Alors il pouvait bien tout arrêter, comme ça, il ne me devait rien. Pas d’explication. Pas de long discours. Rien.

Et vous savez quoi ? Lorsqu’on n’attend rien d’une personne, on ne peut pas souffrir. Alors une nouvelle semaine a commencé et avec elle, de nouvelles promesses pour des jours meilleurs.

Je crois que Le Sexy Boy pourrait bien être ma meilleure rencontre de cette année. Quelqu’un le détrônera-t-il avant le 1er janvier 2016 ? J’en doute. J’ai grandement besoin d’une pause, là.

(Voici l’image que Laurence m’a montré en assurant qu’elle ne pouvait pas la regarder sans penser à moi et rire. Bonjour l’humour bien noir, quand même. Merci, cousine !)

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Que William Blake me sauve sur ce coup-là.

William Blake a écrit: « Vérité dite à fin méchante bat tout mensonge que tu inventes ». C’est mon deuxième poète préféré, juste derrière le grand amour de ma vie: Jacques Prévert. D’ailleurs, Prévert a écrit un poème qu’il a adressé à Blake… Quand je vous disais qu’on était fait l’un pour l’autre.

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J’ai dit des tas de mensonges, en ce moment. A ma mère, surtout. Et quasiment tous par rapport au Sexy Boy.

Et puis j’ai dit un mensonge au Sexy Boy, aussi.

Sexy Boy: Quand est-ce que tu pars ?
Moi: Courant novembre. 
Sexy Boy: Alors il nous reste octobre pour bien en profiter.

Quand j’ai raconté ça à Cécile, elle s’est emballée:

_Mais pourquoi t’es partie lui dire ça ?!!!!!!

J’ai dit que je savais pas trop. Que de toute façon, il faudra bien que ça se termine entre nous, alors se donner une date, dans sa tête, c’est déjà un bon début.

Mais la vérité est toute autre. Je devais partir, quitter La Réunion. Comme je dis souvent: c’est comme ça que ça a commencé entre le Sexy Boy et moi: parce que je devais partir ! Mais il y a eu le kyste découvert, et soudain, j’avais envie de rester là parce que même si c’est pas grave, je stresse et j’ai envie d’être entourée pour les prochains examens, ou si opération il doit y avoir ou toute autre complication à la con. Je voudrais pas être seule, livrée à moi-même.  Et puis, le jour même de mon échographie, moins d’une heure plus tard, on me proposait un entretien. Je devrais commencer début novembre.

Alors j’ai menti au Sexy Boy. Parce que, courant novembre, je travaillerai et nos deux emplois de temps deviendront sans doute incompatibles. Mais au-delà de ça, il est celui qui n’au courant de rien et qui à arrive à me faire oublier tout ça pendant quelques heures. J’ai menti parce que je n’avais aucune envie de lui parler de mes problèmes de santé. Il n’est pas là pour ça. J’ai des amis. Merci.

Mais je me sens mal. Je devrais quand même lui dire la vérité: que je ne pars pas. La Réunion est trop petite, il vient près de chez moi une fois par semaine. J’aurais l’air malin si je le croisais quelque part après le « courant novembre ».

Je lui dirai la vérité. Quand je m’en sentirai capable.

Mais sinon, à part ça, le Sexy Boy et moi allons beaucoup mieux question communication. C’est pas un grand bavard, contrairement à moi mais quand il ouvre la bouche, il me fait au moins sourire, si c’est pas rire !

Je l’ai vu samedi et j’ai mis ma robe noire cintrée, celle que Julien avait surnommé: »Celle dans laquelle t’es trop bonne ». Je doutais vraiment du pouvoir de cette robe parce qu’elle n’est pas courte et ne possède pas de décolleté plongeant mais le Sexy Boy m’a lui aussi fait savoir à quel point il la trouvait jolie et avait apprécié que je la porte. J’étais flattée. On est assez pauvres en compliments, l’un pour l’autre. J’ai dû lui dire une ou deux fois qu’il était gentil, de mon côté. On peut faire mieux, je sais…

Il m’a envoyé un message vendredi soir pour me dire qu’il était désolé, qu’il avait eu une grosse semaine, mais que peut-être, le lendemain matin, on pourrait se voir, qu’il me tiendrait au courant. Le « peut-être » m’avait légèrement agacée. Je n’ai pas répondu tout de suite. Je ne savais même pas si j’avais envie de le revoir. Je m’étais dit que je devais peut-être mettre un terme à tout ça… Mais moins je pensais au Sexy Boy et plus je pensais à Alexandre. Et penser à Alexandre me faisait du mal, beaucoup de mal. Alors que penser au Sexy Boy ne me fait pas grand chose. Et pendant un moment, je me suis dit que c’était ça qui me perturbait un peu, peut-être: ne rien ressentir pour lui. Rien du tout. Il est gentil, rassurant, beau comme un dieu, studieux et même marrant, à ses heures perdues, sous ses faux airs de garçon timide, il ne fait voler aucun papillon dans mon ventre, pas le moindre.

Alors j’ai accepté de le revoir et depuis, je pense moins à Alexandre et je le vis tellement mieux. Mais le Sexy Boy et moi, c’est pas possible sur une longue durée. Je profiterai du mois d’octobre (pour les fois où son emploi du temps le permettra) et ensuite, j’aviserai…

Y a des fautes et manque peut-être (sûrement) des mots dans cet article mais y a eu des bugs…

Absence de grossesse en cours.

« Les dimanches à Bamako, c’est le jour de mariages-euh » ! chantait Amadou et Mariam.

Dans la famille, les dimanches c’est jour des repas de famille, surtout. Et dimanche dernier, le repas de famille était à Salazie. Il me semble avoir déjà dit, ici, à quel point j’aimais cet endroit. Surtout pour La Mare à Poule d’Eau. Probablement mon endroit préféré sur l’Ile.

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On est arrivés vers 13h, je pense. On était vraiment pas en avance. J’ai commencé à me plaindre de douleurs au ventre. J’ai à peine touché à mon assiette que je suis partie vomir, avant de m’allonger dans le canapé pour finir par fermer les yeux et m’endormir quelques temps.

Laurence n’était pas là. Lisa est venue me réveiller pour me demander si je voulais aller à la Mare et tout le monde m’a encouragée à sortir, prétendant que marcher me ferait le plus grand bien. C’était une grosse connerie mais nous y reviendrons plus tard.

Avant de sortir, j’ai avalé un peu de salade de fruits, puisque je n’avais plus rien sur l’estomac et on est sorties, avec Lisa. La Mare était à 300 ou 400 mètres mais je marchais très lentement, comparé à d’habitude, j’étais moins excitée, plus fatiguée et alors que je ne me considère pas comme une chochotte, je m’arrêtais toutes les deux secondes pour me plaindre d’avoir mal.

Arrivés sur place, Lisa a voulu faire des photos et j’ai accepté parce que le cadre et la lumière étaient magnifiques. Sauf que j’en pouvais plus.

Moi: Lisa, je me sens pas bien, je te jure. J’ai envie de vomir. Allons rentrer. 
Lisa (riant): Mais non, reste professionnelle, Bibi. Souris. Personne ne doit voir que tu souffres. 

Encore une fois, je me suis convaincue que je n’étais pas une chochotte alors j’ai joué le jeu. Voici quelques photos.

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En vrai, j’avais les larmes aux yeux. Des nausées et des douleurs qui semblaient me traverser telles des lames !

Au bout d’un moment, j’en pouvais vraiment plus alors on est rentrées. Après qu’un mec m’accoste et me demande s’il pouvait me raccompagner… J’ai gentiment décliné, je n’avais ni le temps, ni l’envie…

Une fois arrivés chez mon oncle, je me suis de nouveau précipitée aux toilettes en pensant vomir une nouvelle fois. Mais non, rien. Dans la cuisine, ils coupaient les gâteaux. Les douleurs avaient aussi atteint mon dos et me pencher était devenu une torture. Je me suis installée dans le canapé et j’ai pleuré ma souffrance en silence. Ma mère est venue me voir quelques minutes plus tard et en voyant que je pleurais, elle a compris que je ne faisais vraiment pas semblant. Elle m’a posé quelques questions et a pensé à un calcul rénal. Comme mon père et ma plus grande soeur en ont déjà fait, elle a dit à tout le monde qu’elle savait que c’était vraiment douloureux et qu’elle allait m’emmener à SOS Médecins avant les urgences pour voir ce qu’ils disaient.

Je suis passée devant toute la famille pour dire au revoir d’un signe de tête, sauf à mon oncle, à qui j’ai fait la bise et qui a dit:

_Elle fait de la fièvre, allez-y, perdez plus de temps !

On a dû arriver à SOS Médecin à 19h environ et j’ai eu ma place une petite heure plus tard. Le verdict est vite tombé: j’avais fait une infection urinaire qui était remontée jusque dans mes reins. Le médecin, après m’avoir dit que j’avais bien fait de ne pas avoir attendu trop longtemps pour consulter, m’a envoyé faire des analyses à la clinique la plus proche. Nouvelles prises de sang qu’il fallait ensuite déposer au laboratoire, juste à côté.

J’étais avec ma mère et ma tante et cette super biologiste a dit haut et fort: « On a demandé un test de grossesse. De quand datent vos dernières règles ? ». J’ai répondu et on a dû patienter.

Ma tante: Un test de grossesse ? Alors que tu n’as jamais eu de rapports ? Ca ne sert à rien. 

J’ai été obligée de rire. Et rire me faisait hyper mal.

Moi: Pas vraiment, tatie.

Quand j’ai raconté ça à Laurence, le lendemain elle n’en pouvait plus.

Laurence: Non mais elle est sérieuse ?! Non mais elle et ta maman, elles sont pas possibles ! Elles se croient vraiment dans l’ancien temps, encore. Et puis, elle peut parler, elle ! Elle est tombée enceinte à 16 ans ! 

Mais ce soir-là, ma mère n’a pas ri. Si elle doutait encore que le Sexy Boy et moi étions intimes, elle ne pouvait plus qu’être sûre, à présent.

Mamounette: Oh lala, Bibi. Qu’est-ce que tu es partie faire ?
Moi: Non, mais c’est bon, arrêtez de paniquer, je suis pas enceinte, hein ! 
Mamounette: J’espère  ! J’espère que t’es pas partie jouer avec le feu. Il y a des moyens de contraception, j’ai plus besoin de t’apprendre ça ! 

Les minutes ont été longues, c’est moi qui vous l’dis.

On a ensuite été à la pharmacie de garde. Vu le short que je portais, vous comprendrez peut-être que le soir, en plein hiver, à La Réunion, j’étais glacée. Alors on m’a dit de patienter dans la voiture. J’avais plusieurs appels manqués de la famille et un message de Cécile. J’ai choisi d’en envoyer un à Julien. Vous voulez savoir pourquoi ?

Le matin, je lui avais envoyé un message pour avoir de ses nouvelles parce que ça faisait près d’un mois qu’on ne s’était pas vus.

Moi: En tout cas, prends soin de toi, chou. On se voit bientôt, j’espère. 
Julien: Toi aussi. Va pas tomber malade subitement.

J’avais ri. J’allais plutôt bien, à ce moment-là. Je riais beaucoup moins lorsque je lui ai envoyé un message pour lui raconter. Il m’a appelée et il a été adorable. Comme d’habitude.

Les médicaments ont été efficaces.

Le lendemain matin, je devais retourner à la clinique faire une échographie. On m’a trouvé un kyste à l’ovaire gauche, qu’il fallait surveiller. J’étais ravie… *Ironie*

J’allais pas super bien. Heureusement, Laurence était là pour me remonter le moral et on a ri. Voici notre conversation:

Moi: N’empêche que quand elle a dit que y avait une demande pour un test de grossesse, j’ai bloqué un instant. Je me suis dit: « Mon dieu, on a pas pris de risques. Il me l’aurait dit s’il y avait eu un problème, quand-même. ». Mais après, j’avais tellement mal que j’ai pas stressé plus que ça. Pour moi, c’était impossible que je sois enceinte. Leur 99% de fiabilité me fait peur, moi ! 
Laurence: Ah, t’as déjà commencé la pilule ? 
Moi: Non. Mais le préservatif c’est pareil, non ? 
Laurence: Non ! Le préservatif c’est 97% !
Moi: Sérieux ? Meeerde ! C’est 2% encore de moins que ce que je pensais. LOL !
Laurence: Ouais ! C’est déjà beaucoup trop de pourcentage d’avoir un enfant non désiré, moi j’dis ! 
Moi: Lol mais grave ! Ca craint ! 
Laurence: Toi, t’aurais mis moins de LOL si t’avais été enceinte. 
Moi: Ah tu crois ? Je suis encore trop folle et gamine dans ma tête pour être moi-même maman maintenant. Surtout d’un mec « comme ça » pour qui je ressens quasiment rien. Et puis, je suis même pas sûre que le Sexy Boy assumerait. 
Laurence: Pourquoi ? A son âge il serait pas encore assez mature pour ça, tu penses ? 
Moi: Non, surtout par rapport à ses études. Je doute qu’il prenne le « risque » d’élever un enfant alors qu’il a à peine du temps pour lui. Je le verrai plus choisir sa vie professionnelle. 
Laurence: Ah ouiii ! J’allais te dire qu’il lui restait juste un an mais c’est vrai qu’il veut poursuivre en doctorat…
Moi: Ouais mais moi, maintenant, je me pose vraiment la question. Imagine que je tombe enceinte (le 1% de la pilule qui marche pas me tombe dessus, soyons fous !). Sachant qu’il faut 9 mois avant la naissance de l’enfant, je me dis qu’il aurait le temps de finir son master, quand même. Je parle pas de vivre ensemble, lui et moi, hein, juste le fait qu’il assume sa paternité. Est-ce qu’il se dirait: « Bon, j’arrête les études, tant pis, je trouve un boulot et j’élève le bébé » ou « Oula mais moi j’ai pas demandé ça ! Je continue mes études et toi tu te démerdes, tu fais ce que tu veux ! » ? J’essaie de réfléchir. Il est vraiment gentil, parfois, et il me pose souvent des tas de questions pour savoir si je vais bien et tout ça. Donc je sais vraiment pas. La réponse est un mystère pour moi. 
Laurence: Ben raconte lui ça et pose lui la question, normal.
Moi (riant): Ben oui, normal. « Dis Sexy Boy, j’ai dû faire un test de grossesse, récemment. Il est négatif, rassure-toi mais si j’étais tombée enceinte, tu aurais fait quoi ? Fui ou assumé ? 
Laurence: Alors toi, tu partages une certaine intimité avec quelqu’un mais t’as peur de lui poser des questions ? Et puis, peut-être pas lui dire comme ça mais au moins lui demander quelles seraient ses priorités dans ce cas-là. Toi, ta relation avec lui, c’est un gros kinder surprise. Faut pas t’étonner si un jour, tu te retrouves avec un jeu défaillant à l’intérieur. 
Moi: Lol, mais c’est quoi cette métaphore ?! Et le jeu défaillant, je dois le traduire par quoi ? 
Laurence: Par des sentiments que tu n’aurais pas souhaité. 
Moi: Oula, non, moi je veux pas de ça. Mais je garde le kinder surprise. Parce que la plus grosse surprise entre nous c’est: est-ce qu’on va se revoir ? Mystère ! 
Laurence: Ah ouais, là on est déjà dans du bon Kinder Surprise, hein ! 

Julien, cet adorable garnement, est venu me voir. On est restés qu’une petite heure, ensemble, vu qu’il devait retourner bosser mais ça m’a fait un bien fou. Je lui ai enfin parlé du Sexy Boy. Je voulais pas le faire par texto. Pas avec lui.

Moi: Je t’avais parlé du mec dans le magasin de tissu qui nous a proposé de faire la randonnée, non ?
Julien: Quoi ?! Attends ! Mais c’est quoi cette histoire ? Toi tu vas dans un magasin de tissu pour faire de la randonnée ? Il faut pas aller chez Decathlon, par exemple, plutôt ?

J’avais pas le moral. Entre les examens à la pelle, les douleurs et tout le reste… Il est resté qu’une heure mais j’étais morte de rire, avec lui. Donc je lui ai raconté pour le Sexy Boy.

Julien: Mais Bibi, t’aimes les faux plans, toi, c’est pas possible ! Pourquoi tu fais ça si t’as pas de sentiments ?
Moi: Ben euh… On s’amuse bien ?

Il a ri. Il est vraiment trop chou ! Ca m’a vraiment fait du bien de le voir.

Sinon, j’ai récupéré mes résultats d’analyses, aujourd’hui. Ca fait cinq ans que je fais de l’anémie, cinq ans donc que je récupère régulièrement ce genre d’analyse après des prises de sang. Aujourd’hui, ça a été la PREMIERE fois de toutes que ma mère a tenu à voir les résultats. Non maman, je ne suis pas enceinte mais je t’en prie, vérifie, si ça te fait plaisir.   »Absence de grossesse en cours ». Voilà, elle doit être rassurée, maintenant.

Dieu merci, je ne suis pas enceinte. J’avais besoin de tout, sauf ça. Aucune nouvelle du Sexy Boy depuis que j’ai quitté son appartement, jeudi dernier. Je n’ai envoyé aucun message, cette fois. Si on se voit, ça viendra de lui. Et en attendant, je suis bien contente de n’avoir toujours pas commencé la pilule.

Qu’est-ce que je peux dire, hein ?

Aujourd’hui était une journée riche en émotions.

Le vendredi après-midi, je suis bénévole VMEH dans une maison de retraite. Et aujourd’hui, pour la première fois, je faisais les visites toute seule puisque la personne avec qui je les fais d’habitude est en voyage. Souvent, je dirige l’atelier de chants. Je me trouvais bien dans ce rôle. J’apprenais de très vieilles chansons, les résidents me faisaient mourir de rire avec leurs petits commentaires et je me disais qu’au moins, je ne me retrouvais pas dans une conversation remplie de blancs tant je ne saurais pas quoi dire. Mais aujourd’hui, il n’y avait que moi et pas d’atelier de chants alors j’ai fait un tour dans les couloirs et j’ai croisé des résidents avec qui je suis restée entre 20 et 30 minutes à discuter avec chacun.

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Il faut savoir que lors de mon arrivée, les gens étaient surpris de voir une personne aussi jeune que moi faire ça. J’avais deviné, au début, qu’ils pensaient tous que je ne reviendrai pas une seconde fois. Et pourtant, ça doit faire deux mois, maintenant, que je fais ça et j’adore les moments que je passe là-bas.

J’ai croisé une première résidente. A chaque fois que je la vois, elle est assise dans un fauteuil, face à l’escalier et elle ne bouge quasiment jamais. Je lui ai dit que l’activité d’aujourd’hui consistait à faire des colliers, si elle n’avait pas envie d’y aller, elle m’a répondu que non, qu’elle préférait réfléchir. Et puis, allez savoir comment, on en est venus à parler d’enfants. Elle m’a dit que son fils avait pris possession de tous ses biens avant de la mettre dans cet endroit. Ca m’a fait mal au coeur. Elle a fini par me dire de ne jamais faire quelque chose comme ça à ma maman. Je lui ai assuré que ça n’arriverai pas. Ensuite elle a dit: « Alors je reste là et je réfléchis à tout ça. ». On a continué à parler encore un peu puis j’ai dit que j’allais continuer à faire un tour et que je reviendrai voir si elle est toujours là plus tard.

J’avais à peine fait dix mètres que j’ai vu une autre résidente. Elle porte constamment un chapeau et on m’a dit qu’elle était institutrice avant. Ce que j’ignorais, c’est qu’elle avait de gros problèmes de mémoire. Je suis restée plus d’une demi heure avec elle et pendant tout ce temps, elle a dû me demander sept ou huit fois mon prénom, pensant que j’étais une de ses anciennes élèves, me demandant comment allaient mes parents depuis, de les embrasser de sa part, qu’elle pensait toujours à eux dans ses prières. Et puis elle me serrait contre elle et me plantait de gros baisers sur les joues. J’ai eu les larmes aux yeux. Ca m’a vraiment fait mal au coeur.

J’ai réussi à lui dire au revoir et suis allée à la cafétéria où j’ai dit bonjour à tous ceux qui étaient présents. J’étais ravie de constater que plusieurs d’entre eux se souvenaient de moi et étaient contents de me voir. Ca parait bête mais c’était important pour moi. Les relations entre les personnes âgées et les nouvelles générations ne sont pas toujours idylliques.

Finalement, j’ai raccompagné à sa chambre une résidente que j’aime beaucoup, avec qui c’est très facile de discuter et avec qui je fais souvent la liste de nos points en communs comme on est toutes les deux capricornes.

Cependant, dans le couloir qui menait à sa chambre, une autre résidente est arrivée. A 73 ans, elle passe ses journées à descendre dans le jardin pour fumer. Elle est marrante, toujours de bonne humeur. Je lui demandais si elle aimait la maison de retraite et m’a répondu que c’était couci-couça mais qu’elle avait légué sa maison à sa fille pour lui rendre la vie plus facile et qu’elle était venue ici. Qu’elle faisait avec. Que certains jours étaient mieux que d’autres. Un infirmier est arrivé. Il s’est arrêté et a discuté quelques minutes avec nous, jusqu’à ce qu’elle décide de partir fumer. Il est resté à me parler, voulant savoir quand est-ce que je venais ici, ce que je faisais dans la vie, bla-bla-bla.

J’ai fini par rentrer dans la chambre de la résidente que j’avais raccompagnée et j’ai discuté avec elle jusqu’à 16H. Il était l’heure pour moi de partir. Dans le fauteuil en face de l’escalier, il y avait une autre résidente. Je l’ai saluée.

Madame M.: Je t’ai déjà vu quelque part.
Moi (me rapprochant): Oui, ici même. Je viens tous les vendredis. Parfois je chante avec les résidents. Ca vous dit quelque chose ?
Madame M.: Oui ! Oui, maintenant je me rappelle.
Moi (le sourire me fendant le visage): Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous n’êtes pas à la cafétéria ? Qu’est-ce que vous faites, généralement ?
Madame M: Oh eh bien avant je jouais aux dominos mais maintenant, je n’aime plus. Je préfère jouer aux petits chevaux. Mais je n’ai personne avec qui jouer. Soeur C. -tu vois qui c’est, Soeur C. ?-, elle ne peut jouer avec moi que le mardi.
Moi: Je crois que je n’ai plus joué aux petits chevaux depuis mes six ans. J’espère qu’un jour, je pourrai faire une partie avec vous. Vendredi, peut-être ?
Madame M. (qui à son tour affichait le plus grand sourire de la terre): Je t’attendrai, alors. Je t’attendrai vendredi.

Je l’ai embrassée et suis partie après lui avoir souhaité un bon week-end.

C’est triste à dire mais j’ai l’impression d’avoir plus d’affection pour chacune de ses femmes que pour ma propre grand-mère paternelle. Elle est raciste, n’a jamais pu m’appeler par mon prénom et accepte tout ce que mon père fait, même contre ses enfants. En revanche, ma grand-mère maternelle me manque tellement. J’avais treize ans quand elle est morte. Je regrette de ne pas avoir plus de souvenirs avec elle. C’était elle qui m’avait appris à jouer aux dominos, à compter. Je suis hyper forte à ce jeu… Dommage que personne n’ait encore envie d’y jouer avec la technologie…

Ca me fait penser à la chanson de Tryo – Les anciens. J’ai trouvé cette chanson magnifique dès la première écoute.

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Quant à ma mère, elle m’a reprochée de ne plus rien lui raconter. De ne plus lui dire où je sortais. Si elle était un peu attentive à ce que je disais parfois, elle saurait que tous les vendredis, je suis au même endroit. Pas la peine d’aller appeler la famille pour savoir où je suis. Ca m’a passablement énervée qu’elle ait fait ça. On est en plein jour, j’ai 21 ans, j’ai pas spécialement de compte à lui rendre. Je manque jamais de la prévenir si je sors le soir et si je prévois de rentrer ou pas. Je pense que la journée, on peut me laisser tranquille, quand même.
La seule fois où je ne lui ai pas dit où j’allais, c’était hier. Parce que je voyais le Sexy Boy.  Et c’est la seule chose qu’elle a envie de savoir, je le sais. Comment va notre relation. Lorsqu’elle m’a dit qu’elle était d’accord pour ne pas se mêler de ma vie privée, elle n’était qu’à moitié sincère. Je suis désolée mais franchement, y a peu de chances que je lui raconte quoi que ce soit sur le Sexy Boy. Elle devra faire avec, elle aussi.

J’étais hyper triste, tout à l’heure, quand Laurence m’a appris qu’elle s’était faite larguer mercredi. Et moi, hier, je lui racontais mes conversations avec le Sexy Boy. J’étais vraiment triste et désolée pour elle.

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Sérieux, qui a encore envie de croire en l’amour ?

Mon « amoureux ».

Je parlais avec Laurence, il y a quelques jours. Je me posais des milliers de questions, j’avais peur que ma mamounette découvre la vraie nature de ma relation avec le Sexy Boy.

Laurence: On s’en fout, t’es majeure, j’t'ai dit. 
Moi: Ouais, n’empêche que je me demande ce que ça fera de moi aux yeux de la famille, tu vois ? Je suis la première à faire un truc comme ça. Tous les autres ont fini par se mettre en couple. Moi je sais que ça m’arrivera pas. 
Laurence: Oui bon, de ce côté-là, j’avoue, tu as raison. 
Moi: Après bon, je me dis qu’au pire, peu importe ce qu’ils en penseront, personne à part lui-même pourra m’empêcher de voir le Sexy Boy donc bon…

Alors pour ma famille, c’est mon amoureux. Aujourd’hui, ma soeur est venue à la maison avec sa fille.

Ma soeur: Alors, les amours ? 
Moi: Rien à déclarer. 
Ma soeur: Rhô allez, quoi ! Tu peux bien nous raconter. Allez ! 
Mamounette à ma soeur: Mais laisse-la, si elle a pas envie de t’en parler. 

Sauf qu’avant de partir, elle s’est arrêtée en haut des escaliers et m’a chuchoté:

_Tu peux m’envoyer pleins de messages pour tout me raconter, si tu veux. 

Et sa fille, cinq ans, je le rappelle, qui s’est elle aussi arrêtée dans les escaliers pour dire:

_Fais un bisou à ton amoureux !

Mon amoureux. Rien que le mot sonne étrangement dans ma bouche.

Je l’ai vu, aujourd’hui. Il bossait chez lui alors il m’a proposé de passer ce matin, car moi j’avais un rendez-vous en début d’après-midi. Je lui ai raconté ce qui s’était passé avec Christopher.

Moi: Au fait, Christopher voulait qu’on sorte ensemble, un soir. 
Sexy Boy (souriant): Ah bon ? Quand ? 
Moi: Hum… Vendredi dernier. 
Sexy Boy: Et qu’est-ce que tu lui as répondu ? 
Moi: Que je fréquentais quelqu’un et que même si c’était pas officiel, je courrais pas plusieurs lièvres à la fois. 

Il a souri.

Moi: Il m’a demandé de lui laisser une chance, quand même. Il a insisté, j’ai pas apprécié, alors j’ai arrêté de répondre et depuis, je l’évite. C’est pour ça que je viens plus aux entraînements. J’ai pas très envie de le voir. 

Son sourire a été moins franc et il s’est mis à regarder en l’air avant de secouer la tête. Il est resté comme ça plusieurs secondes avant de répéter plusieurs fois:

_Ah non mais lui, là ! 

Je suis partie quelques minutes après.

Conversation avec Cécile, plus tard.

Cécile: Parle-moi un peu de l’heureux élu…
Moi: Euh ben je sais pas grand chose. Il est en deuxième année de master et envisage un doctorat. C’est à peu près tout ce que je sais. 
Cécile: Ah ben bravo !!
Moi: Non attends ! J’ai autre chose. C’est un Zoreil. Il a vécu ici quand il était petit et il est revenu tout seul pour faire ses études. Il a peur des araignées. Il a un prénom que j’avais jamais entendu avant. Maintenant, c’est vraiment tout. Laurence m’a demandé son signe astro il y a quelques jours, j’en ai aucune idée. 
Cécile: Ca m’étonne de toi. 
Moi: Je me dis que moins j’en saurais et mieux ça sera. Il a vraiment tout pour me plaire et la dernière chose dont j’ai besoin c’est de tomber amoureuse de lui. 

Je me suis rendue compte, aujourd’hui, que le Sexy Boy ne m’avait jamais entendu rire. Vraiment, je veux dire. Rire aux éclats. Alors que je passe ma vie à rire, je crois.

Je viens de raconter à Laurence mon cauchemar d’il y a quelques jours, je le raconte aussi ici. Il faut savoir que ces derniers temps, j’ai rêvé de pleins de stars masculines. Et si Maluma et Avenged Sevenfold sont des artistes que j’écoute et apprécie réellement, j’ignore encore ce que faisaient Justin Bieber et Snoop Dogg dans mes rêves. Passons Justin, je vais parler de celui avec Snoop Doggy Dogg.

Snoop Dogg.

J’étais marié à ce type et il était méchant, violent et alcoolique. Et je le trompais avec notre chauffeur qui n’était nul autre que le Sexy Boy. Finalement, un soir, ma mère est entrée dans ma chambre, je pleurais et lui ai dit que je ne voulais plus de la vie que je menais alors elle m’a proposé de m’aider à m’enfuir avec le Sexy Boy. Tous le personnel a aidé aussi. Ils ont fait boire Snoop Dogg et l’ont emmené voir la tortue (oui ma tortue s’est retrouvée mêlée à tout ça. Pauvre Brutus). Pendant ce temps, je m’échappais par la fenêtre de ma chambre et rejoignait le Sexy Boy près du portail dans… un gigantesque camion. Le temps qu’il fasse les manoeuvres pour nous sortir de là, Snoop Dogg nous avait rattrapés et il nous a suivi avec une arme. Il a tiré sur le Sexy Boy… qui est mort. C’était un affreux cauchemar.

Réaction de Laurence: « Oulala, mais t’es grave dérangée dans ta tête, toi ! »

Elle a aussi beaucoup ri lorsque je lui ai raconté que j’ai réussi à me perdre dans l’immeuble du Sexy Boy alors que j’y avais été quelques jours plus tôt.

Orientation

Moi: Ce matin, j’ai réussi à me perdre dans son immeuble. Tellement j’ai pas le sens de l’orientation. Je lui dis que je suis devant son portail. Il me dit qu’il m’ouvre et que j’ai qu’à le rejoindre directement. Au bout de cinq minutes, il m’appelle et j’étais devant ce que je croyais être sa porte. Je lui demande s’il habite bien au numéro 6, il me dit oui, alors je dis que je suis devant la porte. Il rigole et me dit : « Non, je crois que tu t’es trompée. Y a personne devant ma porte. Il faut aller tout au fond à gauche. Y avait un mec dehors, il m’a vue faire 10 000 allers-retours, il m’a demandé ce que je cherchais, finalement c’est lui qui m’a montré le chemin.
Laurence: Hahaha, la honte ! 
Moi: Je me perds vraiment partout. Je fais pas exprès, hein. La dernière fois, j’ai réussi à me perdre dans les bois dans un rayon de dix mètres. J’arrive pas du tout à me repérer dans l’espace et c’est un handicap. 

Le premier qui tombe amoureux a perdu.

Ca fait tellement longtemps que je ne suis pas venue. Aujourd’hui, je ne parle pas du rouquin, et encore moins d’Alexandre. Je parle de quelqu’un d’autre. Un garçon, toujours, mais qui n’arrivera pas à me faire souffrir, je l’espère.
Je suis revenue sur mon blog il y a quelques jours et j’ai revu la partie sur Alexandre. Parce que je lui ai consacré une partie entière. Ca fait des mois qu’on ne s’est pas échangé un seul mot, je crois. Ca ne me manque pas plus que ça. Je savais que tôt ou tard, la douleur se transformerai en colère et lorsque j’arriverai à ce stade-là, ça serait plus facile de pardonner et d’oublier. C’est comme ça que je fonctionne. Alors j’ai attendu, j’ai souffert, j’ai pleuré, j’ai ruminé et puis un jour, j’ai pensé à lui en me disant que c’était un sacré enfoiré quand même. Qu’après tout ce que j’avais fait pour lui, il m’envoyait bouler comme ça, comme si je n’avais jamais compté. Qu’il pouvait bien aller se faire foutre, alors ! Et puis un autre jour, j’ai demandé pardon d’avoir dit tout ça, d’avoir pensé des choses aussi terribles sur lui et je me suis dit que c’était fini, que c’était bien le temps que ça avait duré et qu’il fallait continuer le livre, maintenant, même si je n’aimais pas le dernier chapitre. Alors c’est ce que j’ai fait.
Zut, finalement, j’aurais quand même parlé d’Alex. Bon, tant pis.
Qu’est-ce qui s’est passé, après ça ? Je me suis désinscrite du site de rencontres. Laurence arrêtait pas de me dire que je rejetais tous les mecs qui essayaient de m’approcher rien qu’un peu et que j’étais à la limite d’être méchante lorsque je ne l’étais pas carrément. Et elle avait peut-être raison. Je n’avais pas envie de m’attacher à quelqu’un. Si c’était pour rester bloquer à La Réunion pour un mec avec qui ça serait fini dans un an ou moins, et le regretter pendant des milliers d’années, non merci. Je me sentais bien comme ça. Libre comme le vent, le coeur plus ou moins léger, la conscience tranquille, menant une vie paisible. C’était vraiment chouette.
Oui, mais après ???
Ma mère est revenue. Et l’été est sur le point de revenir, lui aussi. Mon cher été avec ses températures extrêmes que j’adore. Mon cher été qui fait que je veuille m’allonger sur un transat dans mon jardin pour bronzer avec une menthe à l’eau. Mon été pendant lequel j’allais enfin pouvoir découvrir mes jambes au soleil.
J’avais besoin d’une jupe. Une jupe en mousseline. Alors lorsque mamounette est revenue, on est parties dans son magasin de couture préféré. Il est géré par des Zarabes, exclusivement. Sauf ce jour-là. Ce jour-là, il était là. Rien à voir avec un Zarab. Il était Blanc, et avait des yeux bleus hyper clairs ! Il nous a dit bonjour et s’est avancé. C’est là que j’ai remarqué une paire de ciseaux dépasser de sa poche arrière. Il travaillait là. La surprise passée, il a commencé à demander si on avait besoin de quelque chose. Ma mère avait déjà repéré pleins de trucs, du coup il s’est occupé de ce qu’elle voulait pendant que je tournais en rond autour de la mouseline pour savoir quel couleur j’allais choisir pour ma jupe. Quand ma mère a dit qu’elle recommençait à faire un tour, il s’est approché de moi.
Sexy Boy: Allez dites-moi ce que je peux faire pour vous.
Moi: Je veux de la mousseline, c’est sûr. Mais je ne sais pas de quelle couleur.
Sexy Boy: D’accord. Et vous hésitez entre quoi et quoi ?
Moi: Entre le jaune canaris et le turquoise.
Sexy Boy: Le turquoise, sans hésiter.

mousseline

 
Alors j’ai pris le turquoise. On est restés tellement longtemps qu’au final, on a arrêté de se vouvoyer, lui et moi. Et puis il a parlé d’une randonnée. J’étais intéressée. Surtout s’il était là. Il m’a dit de passer sur le terrain de football près de chez moi, le soir-même, pour récupérer les papiers d’inscription. Alors j’y suis allée. Et il était toujours aussi beau, avec des yeux toujours aussi magnifiques.
J’avais recommencé à parler avec Cécile, un peu, c’était sympa. Alors je lui ai envoyé un message, en rentrant:
Moi: T’aurais pas envie de faire une randonnée le 13 septembre pour rencontrer le nouvel hombre de mi vida ? Je l’ai rencontré ce matin, j’ai eu un coup de foudre. Et je l’ai revu ce soir, ça s’est confirmé, c’est lui le vrai, maintenant.
Cécile: Mais qu’est ce que c’est que cette histoire encore ??
Du coup, j’ai raconté un peu et elle m’a sorti:
Cécile: Et évidemment tu veux faire une randonnée juste pour mater son cul…
*Roule des yeux*. C’est tellement mal me connaître.
Quoi qu’il en soit, pendant deux semaines, je crois, je ne l’ai plus revu du tout. Mais je suis allée courir et marcher pour m’entraîner un peu et lundi, je suis allée chez le médecin pour mon certificat médical. Le soir, en tenue de sport, je suis allée sur le terrain où je savais qu’il entraînait et je suis allée le retrouver. Il était au téléphone, alors j’ai attendu une minute à côté de lui. Finalement, il s’est levé et m’a fait la bise.
Sexy Boy: Tu es venue t’inscrire et courir un peu ?
Moi (regardant les gens souffrir autour de moi): Euh… non merci. En plus, j’ai l’intention de partir d’ici dans quelques mois alors ça ne servirait à rien.
Alors il m’a posé pleins de questions pour savoir ce que je faisais, où je comptais aller, pour faire quoi, etc, et puis il a pris mon numéro en me disant qu’il allait me faire sortir un peu. On a continué de parler un peu puis j’ai dit:

 

randonnée
_Si je suis venue, c’est pour te donner mon inscription pour la randonnée, dimanche.
Sexy Boy: D’accord. Tu me la donneras après. On va courir un peu, d’abord.
Entre nous, j’ai été la seule à courir. Lui s’est occupé d’excercices pour d’autres personnes. A la fin, un mec est venu me parler. Il a voulu mon Facebook et je voyais pas d’excuses pour le lui refuser alors je le lui ai donné. Juste après ce petit entretien avec lui, le Sexy Boy est venu me demander si je souhaitais qu’il me ramène. J’étais hyper contente. Il m’a donc ramenée et après lui avoir finalement donné mon inscription, je suis sortie.
A savoir qu’il m’avait envoyé un message avec son prénom et m’avait dit de ne pas hésiter à le texter. Je lui avait assuré que je lui renverrai un message le soir-même. Loupé. J’ai eu un gros problème de réseau et n’ai pu envoyer ni recevoir aucun message de toute la soirée. Le lendemain, c’est lui qui m’a recontactée. Il m’a demandé si je voulais aller courir avec lui, le soir, après sa journée de travail. J’ai accepté en lui demandant à quelle heure. Il m’a dit qu’il ne savait pas, parce qu’il était encore à l’autre bout de l’Ile. Finalement, il m’a demandé si 21h c’était trop tard. Je lui ai dit que non mais que dans ce cas, on n’allait pas courir. Ca ne lui posait pas problème.
Je suis donc allée voir ma mère pour lui dire que je sortais un moment. Et elle m’a fait un discours de dix minutes au moins pour me dire de pas foncer la tête baissée. Je lui ai dit que j’avais toujours l’intention de partir et que je ne comptais absolument pas me mettre en couple. Quelle ne fut pas mon erreur… Elle m’a alors dit que ce n’était pas parce que quelqu’un m’avait blessé par le passé que je devais mettre tous les mecs dans le même panier et rejeter tout le monde. Je lui ai alors dit que ce n’était qu’une sortie entre amis. *Raclement de gorge*
A 21h10, il m’a dit qu’il était là alors je suis sortie pour le retrouver. J’avais hyper froid. Je portais un pull à longues manches et une veste mais le vent s’engouffrait dans le moindre espace. Monsieur, lui était en t-shirt et n’avait pas un seul frisson sur ses bras. On s’est fait la bise et il s’est fichu de moi parce que je tremblais. Ensuite, il m’a demandé de venir dans ses bras et une demi minute plus tard, eniron, ses lèvres étaient pressées sur les miennes. Lorsque je me suis dégagée, j’ai souri.
Moi: T’as jamais eu l’intention d’aller courir, pas vrai ?
Sexy Boy: Si, peut-être au début.
On est allés chez lui. Lorsqu’il n’avait pas besoin de sa main pour passer les vitesses, il la posait sur ma cuisse et entrelaçait nos doigts avant de caresser ma peau. On avait à peiné fait dix mètres qu’il m’ a demandé si je connaissais bien Christopher, ou le mec qui voulait mon Facebook sur le terrain.
Moi: Non, je l’ai rencontré hier.
Sexy Boy: Ah ok, très bien. C’est juste que… ça serait bien que ça se sache pas dans le club qu’il se passe quelque chose entre nous.
Ca m’allait carrément. Il m’a ramené dans la nuit et sur le chemin, il m’a demandé ce que j’avais dit à ma mère pour sortir.
Moi: Que c’était une sortie entre amis.
Sexy Boy: Si je t’invite à dormir, quelques soirs, elle va se poser des questions, tu répondras quoi, à ce moment-là ?
Moi: J’en ai aucune idée.
Et c’était vrai. Déjà que le lendemain, mamounette m’a posé dix mille questions et je n’ai pas franchement été très honnête. Au final, je lui ai juste dit que c’était ma vie privée et que j’apprécierai qu’elle ne s’en mêle pas. Elle a compris, je crois.
Pour elle, c’était le début d’une histoire d’amour, j’allais me mettre en couple et peut-être même me décider à rester à La Réunion. Comment lui dire que ça n’arrivera pas ? Et le Sexy Boy a raison. Si jamais on devait se revoir, que je devais passer la nuit chez lui, qu’est-ce que je dirai à ma mère ? Ca sonnera vraiment comme si j’étais en couple. Je me suis sentie hyper mal de ne pas lui avoir dit tout de suite mais je savais que j’en étais incapable. J’ai été mal un moment, allant même jusqu’à perdre l’appêtit pour ça et puis Laurence m’a dit que je m’en faisais vraiment trop, que je me posais trop de questions, que j’étais largement majeure et que j’avais le droit de faire ce que je voulais. Oui, c’était sans connaître à quel point mamounette est vieux jeu, que c’est dur d’avoir une bonne relation avec un de ses parents et d’avoir peur de le décevoir un jour. Je voulais pas décevoir mamounette. J’allais bien.
A côté de ça, il y avait Christopher. Si le Sexy Boy et moi ne nous envoyions pas de messages tous les jours, lui, le faisait. Il voulait qu’on se voit, que j’accepte un rendez-vous avec lui. Je n’en avais aucune envie. Je lui ai dit que je fréquentais quelqu’un et que c’était pas possible. Entre nous soit dit, je ne pensais pas du tout au Sexy Boy en disant ça. C’était l’excuse que je sortais à chaque fois lorsque je n’avais aucune intention de sortir avec quelqu’un, rien qu’une fois. Et même après ça, il m’a demandé de lui laisser quand même une chance. ARGH !!!! J’en pouvais plus. Aussi, lorsque vendredi est arrivé avec un nouvel entraînement, ma mère a été surprise que je n’y aille pas. J’ai dit que j’étais fatiguée. Je n’ai dit la vérité qu’à Laurence.
_J’ai aucune envie d’être entre le Sexy Boy avec qui je vais devoir faire comme s’il ne s’était jamais rien passé (non que ça ait l’air trop dur de faire ça) et Christopher, qui me harcèle pour mon numéro.
Laurence: T’es bien à éviter deux mecs, comme ça. Tu vas faire ça longtemps ?
Moi: J’évite pas le Sexy Boy. J’évite les problèmes. Et pour ce qui est d’éviter Christopher, ça devrait le faire jusqu’à la randonnée de dimanche, malheureusement.
Ou pas. Aujourd’hui, randonnée. Réveil à 5H. Finalement, sur place, j’apprends que tout a été annulé à cause du mauvais temps. J’ai retrouvé le Sexy Boy. Il semblait tout fatigué. Vu son emploi du temps, à ce mec, je comprends. Je lui ai demandé si ça avait été reporté, il m’a dit qu’il l’ignorait. Il était solicité de tous les côtés, je l’ai laissé discuter avec quelqu’un, j’ai pris un thé, et finalement, lorsqu’il a enfin semblé avoir une minute, je lui ai dit que je rentrais. J’allais tourner les talons mais c’est lui qui s’est approché et m’a tenu le bras pour me faire la bise. J’ai été surprise. Je lui ai souhaité bon courage et j’ai filé.

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Il est vraiment très beau. Ses yeux sont incroyables. J’aime aussi sa barbe de quelques jours. Il me plaît énormément. Mais je ne tomberai pas amoureuse de lui, c’est mort. Et pourtant, il a vraiment tout pour plaire. Il est adorable. A chaque fois que je dis quelque chose d’absurde (ce qui, entre nous, arrive souvent), il lève les yeux au ciel en riant. Il est en deuxième année de master, envisage un doctorat, ce que je trouve carrément impressionnant et pourtant, lui, il déteste en parler. Il préfère me poser des questions sur ma vie à moi alors que je ne fais vraiment pas grand chose. Il écrit en toutes lettres ses messages, mets des majuscules où il faut, et utilise même la négation.
Finalement, j’ai retrouvé Laurence chez ma tante, le midi. J’ai pu lui parler. De ce que j’attendais du Sexy Boy, de ce par quoi j’étais effrayée, toujours avec lui.

 

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Moi: A la base, il était censé me faire sortir un peu et puis… ses intentions ont quelque peu dévié. Je me dis que maintenant, si on sort en plein jour, dans la rue, pour aller n’importe où, ça le ferait pas, tu vois ? Je ne veux pas être en couple, ça c’est certain. Y a absolument rien qui me plait dans cette idée.
Laurence: Oui, je vois. Franchement, Bibi, garde tes distances le plus possible. Parce que c’est allé vite, entre vous. Et il te plaît. Et si tu dois partir ou que ça doit se finir, ça pourrait être dur pour toi.
Moi: Je sais. J’ai pensé à tout ça, déjà. C’est pour ça que j’aime bien l’idée qu’on s’envoie pas des messages tous les jours, ce genre de choses. Je trouve ça beaucoup mieux.
Mais j’ai parlé trop vite. Un peu avant 15h, il m’a appelé pour qu’on se voit. J’étais avec ma famille, c’était mort. Quand Laurence a su que c’était lui qui avait appelé, elle a secoué la tête.
Laurence: Bibi, Bibi, qu’est-ce que tu fais ?
Moi (souriant): Rien du tout. Il appelait juste pour savoir si on pouvait se voir et de le tenir au courant lorsque ce serait possible. Tu vois, on n’a pas parlé des heures. Ca, ça me va.
Sauf que moins d’une demi heure plus tard, il m’envoyait un message pour parler. Je prenais énormément de temps pour lui répondre comme Laurence, Lisa et moi, on n’arrêtait pas de faire n’importe quoi. Laurence m’a dit que ce n’était pas grave. Je le pensais aussi.
Voilà où j’en suis.
Le premier qui tombe amoureux a perdu. J’ai bien envie qu’on gagne tous les deux et que tout aille toujours très bien entre nous.

Et sinon, côté coeur ?

J’ai pas vraiment d’images à mettre ici donc bon…

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« Mais qu’est-ce qui m’arrive ? J’oublie, je bois, je bois l’oubli mais qu’est-ce qui m’arrive ? Je dors au bord de mon lit oh-oh-oh comme je regrette, je ne suis pas ce que je suis… ».

Une chanson qu’on écoutait souvent avec ma sœur en 2007/2008, je crois.

Qu’est-ce qui m’arrive ? Alexandre ? Je le déteste. Je le hais de l’aimer autant.

Le poète m’a écrit un commentaire intéressant dans l’article précédent : « Tu ne t’attendais quand même pas, du premier coup, à trouver le mec idéal ? ». Bien sûr que non, poète. Même au bout de la millième fois, je ne m’y attendrai pas. Parce que cet abruti n’existe pas.

Alexandre… Les dernières nouvelles ? En mars, j’avais souhaité son anniversaire à Alex. C’était dans l’article Retour en Force (ou pas !).

Et puis, waouh, événement !!!!!!!!!! J’étais en voiture avec ma tante, sur une nationale et j’ai cru voir Alexandre. En voiture, à côté. Juste en coup de vent. J’aurais voulu descendre de la voiture en marche et aller lui parler mais dieu merci, j’avais encore un peu de raison en moi. J’ai vu Laurence ce jour-là.

Moi : La vie se fout de ma gueule !!! Je voulais voir Alexandre, je l’ai vu. Je pouvais rien faire, bordel, c’est trop ironique et injuste et…

Quoi qu’il en soit, j’ai repensé à ce que le grand Oscar Wilde avait dit : « Parfois, pour nous punir, les dieux exaucent nos prières. ». Je voulais voir Alexandre, je l’avais vu. C’est tout. Juste vu. Je devais peut-être m’en contenter, c’était peut-être ça le message que voulait me faire passer la vie, le destin, le hasard.

Alors j’ai envoyé un message à Alexandre.

Moi : Hey ! Je crois que je t’ai vu, hier. Je voulais te voir, maintenant, je crois que c’est fait XD abusé comment la vie peut être ironique, parfois, c’est moi qui te le dis.C’était bizarre, n’empêche. Première fois en trois ans que tu étais si proche et impossible de te parler.
Je voulais m’excuser d’avoir été si insistante. Tu vois, après ce qui m’est arrivé quand j’étais au lycée, tu as été la première personne à qui j’ai réussi à en parler et ça a eu pour effet que j’arrête de faire des cauchemars toutes les nuits à propos de ça. Je suis même pas sûre de t’avoir dit, merci, Alex. Mais quoi qu’il en soit, je t’ai toujours été reconnaissante pour ça. C’est peut-être (probablement et certainement, même) que je t’ai mis sur un piédestal après: Tu étais mon super héros. J’ai essayé de t’en vouloir pour tes manquements à tes promesses mais j’y arrive pas parce qu’au fond, je suis la seule à savoir ce que tu as fais pour moi, même sans t’en rendre jamais compte, me semble. Et puis, les super héros restent dans l’ombre, non ? Alors j’arrête de me demander pourquoi je ne t’ai pas revu depuis tout ce temps et pourquoi je ne te reverrai pas plus tard. Tu m’as peut-être vue dans mes pires états et aujourd’hui que je me sens bien et que j’ai regagné une certaine confiance en moi, mon côté un peu très fier voulait que tu voies, ça, toi aussi parce que ça doit être un tout petit peu grâce à toi, quand même. La seule personne à qui je faisais encore confiance, à l’époque, malgré tout: c’était toi !
Je m’excuse pour ce que j’ai pu dire la dernière fois. Pardon, vraiment. Et même si je pense qu’un super héros sait prendre soin de lui, fais quand même attention à toi, Alex.
Alex : Coucou Bibi. Ah bon !! Tu m’as vu où ??? Content d’apprendre que j’ai pu t’aider à cette « grande » époque je te faisais confiance et c’est toujours le cas. J’accepte tes excuses et je t’en fais aussi. C’était la première fois qu’on se parlait aussi méchamment, non ? xD Fais attention à toi aussi.

Il avait remarqué qu’on avait dépassé les bornes la dernière fois, ça m’avait fait plaisir. N’empêche qu’il avait dit qu’il me faisait aussi confiance à l’époque et que c’était toujours le cas aujourd’hui. Pas pour moi. Je n’arrivais plus à lui faire confiance. Je n’arrivais plus à faire confiance à qui que ce soit. A cause de lui.

C’était pas lui, de toute façon, dans cette voiture, sur cette route, ce jour-là. Je n’ai jamais revu Alexandre et je ne le reverrai probablement jamais.

Je m’en sortais tellement bien, je vous assure. Pourquoi l’infirmier lui ressemblait autant ? C’est horrible. J’ai vraiment un coup de blues par rapport à Alex, ce matin. Et lorsque je commence à écouter Three Days Grace et me dire que les paroles me parlent, ça va pas. Faut vraiment que je sorte de la maison.

Ma mamounette m’a appelée. Première fois depuis son départ qu’on passait plus de 20 minutes au téléphone. 50 minutes cette fois, ça m’a fait du bien.

A part ça, le rouquin s’est ENFIN séparé de sa psycho de copine. Il était déçu, triste ou je sais pas quoi d’autre. J’étais désolée pour lui. Après avoir loooongtemps hésité, j’ai finalement envoyé un message à mon rouquin préféré.

Moi : Salut le rouquin. Je suis peut-être la dernière personne dont tu voudrais avoir des nouvelles mais j’ai vu ton statut concernant ta rupture avec C. J’ai eu du mal à le croire mais j’ai surtout vu que tu étais déçu ou triste ou je ne sais pas quoi d’autre donc  pour ça, je voulais te dire que je suis désolée pour toi. J’espère que ça va, quand même… Bonne soirée.
Le rouquin : Salut Bibi ! Ne dit pas n’importe quoi, ça me fait plaisir d’avoir de tes nouvelles. Et oui, effectivement, ça fait bientôt 1 mois qu’on n’est plus ensemble … Après 5 ans de relation il y a de quoi être un peu déçu… Mais bon … Life goes on. J’essaie de rester le plus positif possible, j’ai pas encore envie de faire une dépression pour ça… Merci pour ton message, Bibi ! Ca va toi, sinon ?
Moi : Y a pas de quoi. Je suis contente que tu réagisses comme ça, vraiment, ça me fait plaisir. Et en ce qui me concerne, je pense que personne m’a déjà vue aussi détendue et… heureuse, je crois. Je me sens vraiment très bien. Et j’espère que c’est ou que ça sera prochainement pareil pour toi.
Le rouquin : Ah oui ?? Ben écoute tant mieux, suis content pour toi, vraiment ! Mais qu’est-ce que t’as fait pour être dans cet état ? C’est la méditation que je t’avais conseillée qui t’a mise dans un état de zénitude ? Haha. Merci Bibi.
Moi : Lol, tu viens de me faire rappeler ton truc de méditation, Ken, j’avais complètement oublié ça ! Mais non, j’ai juste appris à être reconnaissante pour ce que j’avais et arrêté de ressasser le passé (qui, entre nous soit dit, a toujours été mon plus gros problème) et du coup, je me lève en me disant que ça pourrait tellement être pire donc autant faire avec, ça semble pas si dramatique… Pensée positive. Et karma. Surtout le karma. Enfin bref, tu vois, ce genre de choses ^^ Je t’en prie.
Le rouquin : Haha ^^ Humm c’est bien que t’aies pu faire ce travail sur toi même ! La pensée positive est essentielle. J’espère que tu continueras sur cette voie. Hé mais tu vis toujours à la Réunion ?
Moi : C’est gentil merci. J’espère aussi. Bah euh… Oui ^^ où tu voudrais que je sois ?
Le rouquin : Nan Ben j’sais pas ça fait hyper longtemps que je t’ai pas vue sur la route. D’habitude j’te croise souvent lol. Et j’me suis dit si ça se trouve elle est repartie en France et tout…
Moi : Ah bon ? Parce que moi je te croise jamais. A part la fois avec Cécile dans la librairie. Ca doit remonter cet épisode-là, d’ailleurs. Non, je suis pas encore partie. Mais je pense/espère pas rester ici plus d’un an, encore. L’année prochaine, je fuis ! ^^

Le rouquin… Mon dieu… Je n’arrive vraiment pas à croire qu’on puisse s’entendre bien à nouveau, tous les deux. Il y a trois ans, le rouquin et moi nous sommes donnés rendez-vous vous parler. Ca a toujours été désastreux, au début, entre nous. Et bon nombre de fois, j’ai voulu qu’on arrête de se parler et qu’on s’oublie. Le rouquin était contre l’idée, il pensait qu’avec le temps, tout irait mieux entre nous, qu’on arriverait à devenir de parfaits amis. Mais… pas vraiment. Le rouquin et moi nous sommes un jour croisés à la plage et on s’est ignorés comme si on ne s’était jamais rencontrés. C’était horrible. Mais on n’a jamais réellement perdu contact parce que j’étais fragile et que le rouquin est gentil et patient. Il a voulu être là quand j’en avais besoin. Et il avait raison : on a finalement réussi à devenir des amis. Enfin, deux personnes qui arrivent à discuter et se souhaiter de gentilles choses. C’était inespéré, tout ça, à un moment.

Si bien que cette dernière conversation avec le rouquin m’a un peu retournée. Je ne l’ai dit à personne, même pas à Laurence mais je me suis posé une question existentielle : Est-ce que c’était une bonne idée ? Après avoir qualifié notre relation de « malsaine » pendant des années, j’ai encore peur de croire qu’il peut en ressortir quelque chose de positif. Est-ce qu’on peut être ami d’un garçon dont on a été folle amoureuse pendant quatre ans ?

Heureusement, cette conversation date de… Trois semaines et qu’on ne s’est plus parlés depuis, on ne s’est pas croisés, on n’a pas prévu de se voir. Tout va bien et je crois qu’il vaut vraiment mieux que ça reste comme ça.

Je l’aime ce rouquin. Pff ! Il a été complètement stupide, biiiiien des fois mais je l’ai toujours vu comme un gentil garçon *Bruit de bisou dans le vide*

 

Mais cette image m’a tuée.

rouquin marteau

1001 questions.

Et si je disais qu’un jour, il y a environ un an, avec ma folle de cousine Laurence on s’est inscrites sur un site de rencontres pour délirer ? Elle habitait Paris et mois Bordeaux mais au tout début, ça nous avait automatiquement localisées à La Réunion alors des réunionnais nous retrouvaient toujours donc on a déménagé plusieurs fois. Lorsque les vacances se sont terminées, on a toutes les deux mis nos comptes en suspens et on y retournait toujours en coup de vent, une ou deux fois l’an.

Lorsque Laurence est venue à la maison, la semaine dernière, on a réactivé nos comptes et fatiguée de ne trouver personne de vraiment intéressant à Nouméa, j’ai mis que j’habitais à la Réunion. Une vingtaines de visites sur ma page et plusieurs charmes plus tard (j’expliquerai en bas comment fonctionne AdopteUnMec pour ceux qui l’ignorent), il y avait ce mec-là.  Il était séduisant, vraiment. Il avait déclaré être infirmier et avoir 32 ans.

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Et si j’acceptais de lui parler ? Quand même, il avait 32 ans. Où était passé l’espèce de promesse que je m’étais faite de ne jamais dépasser 30 ans ? Et puis, qu’est-ce que ça pouvait foutre, hein ? Après tout, à 18 ans, j’avais bien flirté avec un mec de 29 ans, non ? Là, c’était pareil. Onze ans ! Ce n’est pas comme si j’avais toujours été attirée par les mecs de mon âge. C’est faux. Et puis, lui parler n’engageait à rien, n’est-ce pas ? Alors j’ai accepté. Je ne m’attendais pas à grand-chose. Les deux autres avec qui j’avais accepté de discuter ne m’avait proposé qu’un plan cul. Génial.

Laurence : Putain mais les gars sont vraiment tous des porcs ou juste en manque grave ?

Et si maintenant, je disais que cet infirmier ne m’a proposé aucun plan, quel qu’il soit, qu’on a juste discuté de longues heures et que c’était bien ? Qu’on s’est parlés pour la première fois mardi et que hier, on a fixé une heure pour déjeuner ensemble, aujourd’hui ?

Moi : Et si je te disais que je déjeunais avec l’infirmier demain, tu répondrais quoi ?
Laurence : Que c’est allé vite ?
Moi : Putain, grave ! Tu crois que je suis folle ?
Laurence : Non, t’inquiète. Moi aussi j’ai accepté de voir une personne que je venais de rencontrer.
Moi : C’est la première fois que je fais un truc comme ça. Je stresse à moitié. Je sais pas ce que je vais mettre. Ni manger. Qu’est-ce que je vais manger ?
Laurence : Un truc qui salit pas et qui se coince pas entre les dents.
Moi : Et tu proposes quoi dans ce style-là, alors ?
Laurence : Un verre d’eau.

J’ai éclaté de rire. La peste ! Elle était vraiment d’une grande aide !

Pourtant, si c’était un gros problème de savoir ce que j’allais manger (en sachant que je déteste manger devant des gens. Julien a voulu m’inviter un jour mais j’ai refusé parce que je me sentais mal à l’aise. Damn it !), l’autre problème était de savoir ce que j’allais mettre. J’ai longtemps hésité. Ma robe d’été à fleurs, celle qui était dénudée dans le dos et sur les côtés ? La robe noire cintrée que tour le monde (en particulier les garçons) aimait ? Non, je ne savais pas du tout laquelle mettre. La robe à fleurs était peut-être un peu trop dénudée et la robe noire ne faisait peut-être pas assez « déjeuner ».

Finalement, après plus d’une heure à débattre avec moi-même, j’ai choisi d’enfiler, ce matin, une jupe crayon noire et un débardeur blanc. J’ai été abordée deux fois et la troisième fois, c’était par des lycéens.

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Je stresse quand même. Est-ce que je vais lui plaire ? Il est 11H33. On a rendez-vous à midi. Je suis à 500 mètres du restaurant environ, un cahier et un crayon à la main et j’écris tout ça parce que qu’il fallait que ça sorte, j’allais exploser. Peut-être que je me plante. Ce matin, dans le bus, l’horoscope des capricornes disait : « Vous avez des amis qui vous connaissent bien et qui sauront vous remonter le moral. »

Moi : Lol, regarde ça ! Tu crois que ça vaut vraiment la peine que j’aille à ce déjeuner ?
Laurence : Mais oui ! Ces trucs racontent de la merde, la plupart du temps.
Moi : Yep et puis, au pire, ça fera juste une histoire de plus à raconter pour amuser la galerie. Je m’en remettrai. Je suis Bibi, quand même.
Laurence : Voilà. Et puis, on sait très bien comment sont les mecs, à quoi s’attendre, qu’il faut pas espérer pour ne pas être déçue.

Elle avait raison. Je n’espérais rien. Ca passerait ou ça casserait. Au moins, on aura été fixés en deux jours et on n’aura pas perdu de temps. C’est bien, non ?

N’empêche que je stresse. Et que j’ai froid avec mes deux petites jambes dehors.

Je réécrirai cet article dans l’état et vous raconterai peut-être la suite si elle n’est pas trop embarrassante. J’aimerai tant qu’elle ne soit pas embarrassante. Seigneur !

J’ai tellement peu confiance en moi. C’est tellement plus facile de discuter par écrits. Qu’est-ce qui m’a pris de m’inscrite sur ce site ? D’aller le voir ? D’accepter de lui parler ? D’accepter ce déjeuner ? Ca y est, je panique et je suis pathétique. Il vient de m’envoyer un message, il est 11h44.

Eric : Je quitte chez moi. J’arrive.

Seigneur de Dieu, je suis folle !!! Je veux rester la fille qui passe son temps à écrire à écrire des histoires qui ne seront jamais les siennes sur son ordinateur. Je vais mourir. Que les dieux me viennent en aide.

 

Hahaha !!!! Alors, finalement, c’était un peu des deux. Ca s’est bien passé et en même temps, « vos amis sauront vous consoler ».

Il était en retard. Déjà que j’étais allée acheter des fleurs sur le marché pour les déposer à l’église avant d’aller faire un tour en centre-ville, j’avais l’impression de sentir le marché et la bouffe. Bref, je puais. Trop génial !! Et il était en retard. Moi qui accorde extrêmement d’importe à la ponctualité, lui, il était naze pour ça.

En passant les détails de toute notre conversation, c’était vraiment sympa. Il a de la conversation, il est marrant, on a beaucoup moins de points en communs que ce que je pensais mais ça allait, je n’ai pas éclaté de rire mais j’ai souri franchement plusieurs fois.

Il était grand, il était musclé, il était hyper beau, il avait un hyper beau sourire. Alors qu’est-ce qui a cloché ?????

En sortant du restaurant, il est parti de son côté, moi du mien. On s’est juste fait la bise. Aucune promesse de se revoir, rien du tout et ça m’allait parfaitement. J’ai pu voir Laurence un petit quart d’heure après ça.

Moi : J’ai finalement compris ce que mon horoscope disait avec « Vos amis sauront vous consoler ».
Laurence écarquille les yeux et sa bouche forme un « o » : Merde !
Moi, souriant : Non t’inquiète, ça s’est bien passé. C’est juste qu’il me rappelle trop quelqu’un.
Laurence, qui comprend : Oh non. La poisse. Physiquement ou mentalement ?
Moi : Physiquement ! En voyant ses photos, je le voyais plus mince, moins grand. Pas du tout. Sa carrure, son sourire… C’est Alex. Sérieux, je bade. Comment je suis supposée l’oublier si le premier mec avec qui j’essaie de faire quelque chose lui ressemble et me fait irrémédiablement penser à lui ?
Laurence : J’en sais rien. C’est vraiment la merde.
Moi : N’empêche que je saurais pas être sûre en te disant que ses yeux sont marrons mais je sais parfaitement à quoi ressemble ses mains.
Laurence : Non mais toi et les mains, faut que tu fasses quelque chose. Un jour, la vie te mettra sur le chemin d’un mec aux mains sales et noires, j’aimerai trop t’y voir !
Moi : Mon dieu, moi un mec aux mains sales ? C’est mort !! C’est le plus important, pour moi !
Laurence : Ouais eh ben c’est pas normal.

Je suis rentrée et j’ai bu un shooter de vodka et de Baileys avec du sirop de grenadine, aussi. On appelle ça la cervelle de singe. Comme je ne mange pas grand-chose en ce moment (à part ce midi où je n’ai pas du tout aimé et ai lutté pour finir la quiche aux légumes que j’avais commandé) ça m’est vite monté à la tête, ça m’a fait du bien. Tout plutôt que de pleurer à cause d’Alex. Je reviendrai sur lui bientôt. Pour ce soir, j’en ai fini.

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Sur Adopte, ce sont les filles qui ont le pouvoir. Enfin, c’est leur slogan, je crois. En gros, seules les filles choisissent si elles ont envie de parler avec tel ou tel garçon. Ils peuvent envoyer un charme à une fille et elle accepte de lui accorder le droit de lui parler ou non. Sinon, les filles peuvent ajouter des garçons à leur panier et là, les garçons savent que la fille est intéressée par eux. Voilà pour l’explication…

La fidélité

Je n’y crois absolument pas. Ces des conneries. On en parlait avec Laurence ce week-end et on a trop d’exemples autour de nous pour se dire que ça n’existe pas. Et si ça jamais ça existait tout de même pour de vrai, ça n’était le cas que pour les plus de 25 ans, car avant ça, ce n’était tout simplement pas envisageable.

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Julien a trompé son ex-copine.
Loïc et Romain ont été trompés par la leur.
Ma sœur a été trompée par le père de Jade.
Ma mère par mon père.
Le rouquin sort avec une traînée depuis bientôt quatre ans.

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Et Laurence et moi ? On a été l’autre. Et aujourd’hui, encore, je me sens hyper mal par rapport à cette histoire. Parce que Laurence, elle, flirte en connaissance de cause. Ca ne va pas plus loin que quelques baisers mais elle sait très bien qu’ils ont leur copine. Moi, je l’ignorais. Et j’ai eu la mauvaise idée d’avoir des sentiments. Alors ce garçon qui ne passait pas une journée en semaine sans me parler, que je m’arrangeais toujours pour voir un moment parce qu’il « rentrait voir ses parents » le week-end, ce garçon-là, avait une copine officielle. Moi je n’étais que l’autre. Et j’ai beaucoup pleuré.

Il y a eu Vincent, aussi, qui n’était plus très bien avec sa copine et qui flirtait un peu trop ouvertement avec moi. Vincent, avec qui j’ai toujours de très bons contacts, est un garçon hyper beau. Je me souviens des milliers de soirées qu’on faisait ensemble, dans lesquelles on finissait toujours par danser ensemble. Je me souviens qu’il m’avait appris à danser le rock’n’roll, que je trouvais ça hyper sympa mais je n’ai jamais pu envisager quelque chose avec lui parce qu’il était en couple. Et il a quitté sa copine deux semaines avant que je retourne chez moi.

Le pire reste tout de même Geoffrey. J’étais très amie avec lui, on s’entendait bien et je savais qu’il avait des sentiments pour moi mais de mon côté, je n’aimais pas son côté « je suis le mâle dominant et toi, femme, tu obéis ! », très peu pour moi. Un soir, j’avais accepté d’aller boire un verre avec lui et ensuite, il m’a fait monter dans son appartement. On était assis dans son canapé et on parlait de tout et de rien, il avait son bras autour de mes épaules. Finalement, il a fini par dire :

_Tu sais, il y a trois semaines, je t’aurais sauté dessus. Mais c’est plus moi, ce gars-là. Je crois que tu m’as changé.

Hahaha ! Il m’a ensuite raccompagnée chez moi et je vivais avec une amie à l’époque qui a halluciné de me voir rentrer.

Johanna : Tu es de retour ?! Je pensais que comme tu étais avec Geoffrey… Tu passerais la nuit avec lui…
Moi (riant) : Je t’avais pourtant dit qu’il se passerait jamais rien entre lui et moi. Ca va pas ou quoi ?

Mais Johanna n’était pas la seule à penser qu’entre Geoffrey et moi, il pourrait y avoir quelque chose. Et comme un collègue du Mc Do nous avait vus, d’innombrables rumeurs avaient circulé sur lui et moi. Et je provoquais la jalousie de plusieurs filles au restaurant parce que j’étais proche de plusieurs garçons qui m’avaient surnommé « La jolie métisse ». Et comme les rumeurs me font toujours beaucoup rire, plutôt que de perdre la face à entendre de tous les côtés que j’étais une Marie couche-toi là, je m’arrangeais avec l’aide des garçons que les rumeurs concernaient aussi pour qu’on nous voie dans le restaurant en train de se faire des câlins ou des massages car comme je disais : « Au moins, là, elles auraient eu quelque chose à raconter, ces pétasses ! ».

Bref. Quand j’ai dit à Geoffrey que je retournais à la Réunion, il avait déjà déménagé. Il revenait souvent à Orléans mais il a refusé de me voir pour me dire « Au revoir », prétendant que c’était trop dur. Plus tard, j’ai appris par un ami que le jour même de mon arrivée au Mc Do, Geoffrey était venu le voir et avait dit : « Tu as vu ? Y a une métisse qui vient d’arriver ? Je te parie que j’arrive à la serrer en un mois ! ». Loupé !

Finalement, quelques mois après mon retour, Geoffrey est revenu me parler.

Geoffrey : Je suis vraiment désolé, tu sais ? J’ai pas eu le courage de te dire au revoir.
Moi : Le courage ? Tu m’as ignorée !
Geoffrey : Tu as le droit de m’en vouloir mais je voulais que tu saches que tu es une fille en OR !

Il était en couple avec une fille que j’avais rencontré quand on habitait encore à Orléans. Il m’avait proposé de venir voir un de ses matchs de rugby et sa copine était là. Copine qu’il a ignorée pendant tout le temps où j’étais là. Copine qu’il a fait passer sur la banquette arrière alors que j’étais côté passager, près de lui et qu’il me parlait de mes amours… Bref, je trouvais ça dégueulasse mais qu’est-ce que je pouvais y faire, moi ?

Finalement, Geoffrey a connu un décès dans ses proches et j’ai essayé de lui présenter mes condoléances comme je pouvais par message.

Geoffrey : Ton message est vraiment très gentil. C’est vraiment une femme comme toi qu’il me fallait, en fait.
Moi : Euh… La femme que tu as me semble déjà très bien, tu sais ?
Geoffrey : Tu m’as dit que tu voulais quitter la Réunion alors… viens vivre avec moi.
Moi (ironique) : Oui, c’est ça, bien sûr.
Geoffrey : Moi j’aurais bien aimé vivre à la Réunion, voir ce que ça donne.
Moi : Là pour le coup, si tu veux venir et que je suis encore là, je me ferai un plaisir de t’accueillir.
Geoffrey : Mais en attendant, viens vivre avec moi.
Moi : Arrête parce que je vais finir par croire que c’est une demande sérieuse.
Geoffrey : J’aurais aimé être en couple avec toi. Tu es une fille magnifique et avec ça, tu as un cœur en or. Tu sais, le soir où tu es venue chez moi et qu’ensuite je t’ai raccompagnée, j’ai voulu t’embrasser. Et je regrette toujours de pas l’avoir fait.

J’étais terriblement gênée et malgré tout ça, j’ai accepté, plus tard, de faire un Skype avec lui. Ce jour-là, il m’a clairement dit qu’il m’aimait et que si je lui assurais que j’avais une place pour lui chez moi, il était prêt à quitter sa copine et à me rejoindre sur le champ. Bien sûr, j’ai refusé. Le lendemain, il me disait que sa copine l’avait quitté. Et trois mois plus tard, il s’était de nouveau mis avec elle et lui avait demandé en mariage, ce qu’elle avait accepté. Je crois que ça a été la journée d’août 2014 où j’ai le plus ri, mais j’en pouvais vraiment plus. Je trouvais ça tellement ridicule et pathétique.

Alors non, je ne crois pas en la fidélité. Probablement parce que je n’ai aucune preuve que ça existe, autour de moi. Je ne crois plus au mariage, ni en l’amour réciproque parce qu’il y en aura toujours un qui aimera l’autre plus. Et j’ai beau détester l’infidélité au plus haut point et croire très fort que moi je serai fidèle, j’aurais toujours peur de me lancer dans une relation, plus tard, et croire que tout sera toujours parfait jusqu’à la fin. La fidélité n’existe pas dans mon monde.

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