Parce que je l’aime, cette folle !!!

Cécile, ma Cécile.

C’est moi qui suis retournée la voir. Avec un long pavé. Pour m’expliquer. Lui dire qu’elle me manquait. Que souvent, je me demandais quels étaient devenus ses sentiments pour moi. Est-ce qu’elle me détestait ? Me maudissait ? Ou m’aimait toujours un peu ?

Voilà un bout de sa réponse:

« Des mois ont passé, je me suis repassé la scène mille fois dans la tête en me demandant pourquoi ça avait dérapé, pourquoi nous deux, alors que je pensais qu’on était plus fortes que ça…J’ai souvent regretté ta présence, ton rire, tes blagues, tes chansons, nos délires qui ne font rire que nous…il y a tellement peu de gens a qui je peux me confier, qui sont vraiment la pour moi, du coup quand tu perds une personne qui était aussi importante que tu l’étais pour moi, tu te sens démunie, trahie…je t’en ai voulu, longtemps, et puis j’ai fini par me dire, que comme d’habitude c’était de ma faute et que tu cherchais sûrement a te protéger, de moi et mes conneries. Et qui pourrait t’en vouloir pour ça… Éventuellement la colère est passée, et il n’est resté que l’amertume d’une relation forte qui s’est terminée par message Facebook . Ce n’est pas digne de nous, pas après tout ça. »

Plus tard, je lui ai avoué que notre dispute était arrivée à une période où moi-même je sortais à peine ma tête de l’eau et je n’arrivais plus à supporter tous ses problèmes, que malgré toute l’affection que j’avais pour elle, j’y serai pas arrivée. Je me suis excusée de ne pas avoir été une super amie. Elle a assuré qu’elle ne m’en voulait pas et que j’avais eu le droit d’agir comme je l’avais fait.

Et même si certains de nos messages sont parfois espacés de plusieurs jours ou semaines, on n’a jamais arrêté de se parler. On ne s’est pas revues, cependant. On se raconte nos histoires, on rigole mais aucune de nous n’avait sorti l’idée de se revoir.

Jusqu’à… Dimanche. Oui c’est ça, ça devait être dimanche. Elle avait récemment eu des problèmes et j’essayais tant bien que mal de lui remonter le moral même si j’étais en colère qu’elle m’ait laissé sans nouvelles pendant des jours entiers, me laissant encore m’inquiéter. Et puis elle a fini par lacher qu’on devrait se revoir.

Moi: Ca me ferait très plaisir.
Cécile: Tu ne diras pas non ?
Moi: Non.
Cécile: Dans ce cas…

J’ai attendu plus que ça… Ca a fini par arriver.

Cécile: Tu me fais confiance ? 

Là, j’avais peur. J’avais raison. Son idée, c’était que je l’accompagne dans le bar de strip-tease où bosse son ex pour qu’elle et moi on s’embrasse afin de la rendre jalouse.

Moi: Tu sais que tu me fais rire ? Et que ça sonne pas trop comme une bonne idée ? MAIS ! je pourrais peut-être accepter uniquement si on se voit en journée d’abord et que tu me racontes tout. 

J’allais surtout essayer de la dissuader de retourner dans cet endroit, revoir la psycho qui lui a servi de copine… Même si je sais qu’elle ne m’écoute jamais. Ca m’a fait repenser à l’article du 22 novembre dernier, lorsqu’elle avait avoué que je lui plaisais. Rien de bien méchant, là-dedans, bien sûr, ça a jamais posé problème et elle n’a jamais rien tenté surtout mais sérieusement, qui me verrait embrasser la demoiselle à la tête percée ? Je suis sûre que rien qu’à regarder sa bouche aux six piercings, je rigolerai. J’en ris déjà.

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Bon, on a une forte amitié, malgré tout. Je l’aime vraiment très fort. Et elle me fait rire.

Retour en force ! (ou pas)

(Bon, alors, il faut savoir qu’hier, pendant que j’écrivais mon article, il y a eu une coupure de courant à cause du temps et après avoir passé une journée dans le noir à m’ennuyer comme un rat mort, j’avais gardé la batterie de mon ordi pour regarder un film, ensuite, il n’y avait plus de batterie. L’électricité est revenue tard, j’ai fait ce que j’avais à faire et ensuite j’étais trop fatiguée pour terminer l’article et voilà. Donc quand vous lirez « hier », il s’agira de dimanche et « aujourd’hui » était en fait hier, lundi. Vous suivez ? ^^)

Yeah !! Waouh, des semaines que je n’ai pas écrit. Entre temps ? Des évènements marrants, d’autre beaucoup moins.

J’ai pas cessé de penser à Alexandre depuis les derniers évènements. Alors oui, il était désolé et puis il n’a plus répondu. Sauf qu’aujourd’hui… C’est son anniversaire ! Je me suis torturée l’esprit depuis le 15 février pour savoir si oui ou non j’allais lui envoyer un message pour le lui souhaiter. Et j’ai dû rêver de lui au moins cinq ou six fois entre temps. Jusqu’à hier soir. Hier j’étais dans la rue, la nuit, avec Laurence et Alex est passé. Avec Elle. Je l’ai arrêté et il m’a regardé en écarquillant les yeux.

Alex : Je t’aurais pas reconnue.
Moi : Oui, je sais, j’ai changé.

Sauf que même si moi j’étais un peu différente, les choses entre nous ne l’étaient pas. Alors il a laissé sa merveilleuse copine sur le coin quelques minutes et il s’est accroupi en face de moi. J’avais mes mains sur ses cuisses et mon regard toujours plongé dans le sien. On a parlé, parlé, parlé, j’étais tellement heureuse de le voir.

Moi : J’arrive pas à croire que j’ai réussi à te voir pour ton anniversaire !

Et comme d’habitude, le monde entier disparaissait quand il était là jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que lui et moi.

Alex : J’ai vu ta cousine à une soirée la dernière fois. Il faut qu’elle fasse attention. Elle était saoule et se baladait en soutien-gorge et boxer devant une barre de pôle dance !
Moi : Quoi ?! Putain, c’était la soirée de qui, ça ?! Alex, tu sais comme ma cousine compte pour moi. Je buterai la première personne qui s’en prendra à elle.
Alex : Et toi, tu sais que je tuerai la première personne qui s’en prendra à toi alors calme-toi. Il s’est rien passé avec ta cousine. Je l’ai mise dans un coin. Mais elle se souvenait de rien le lendemain. Là, je dois m’en aller. Mais on se retrouve bientôt ?

Alors je me suis levée et l’ai serré fort contre moi avant de partir en galopant et en dansant et en hurlant que j’étais heureuse. La suite du rêve n’est pas intéressante on va s’arrêter à là.

Je doute bien fort que ma cousine se soit retrouvée en sous-vêtements devant une barre de pôle dance à une soirée où elle était trop saoule, surtout si Alexandre s’y trouvait et qu’elle ne m’ait pas prévenue. Peu importe. Je me suis réveillée et la première chose que je me suis dit : « Putain, c’était qu’un rêve, j’ai pas revu Alexandre ! ».

Donc aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’Alexandre. Et aujourd’hui, il pleut ! Pour Alexandre qui déteste la pluie, j’avoue que ça me fait sourire. Bon, en fait, la pluie abuse un peu. C’est parce qu’il y a une tempête tropicale à 100km de nos côtes et que tout est inondé, que les routes sont toutes quasi impraticables avec les éboulis et les cascades et tout ça et tout ça. Coupures d’électricité, chutes d’arbres, vents… Comme un cyclone, quoi…

Ce week-end, Lisa, la sœur de Laurence, donc, est venue à la maison parce que…

A mais oui, j’ai oublié de dire : Ma mère a rencontré quelqu’un. Quatre ans après la séparation d’avec mon père et un an après le divorce, je suis vraiment contente pour elle sauf que j’avais dit à ma mère de prendre son temps et que je ne voulais pas le rencontrer tant que les choses ne seraient pas sûres entre eux. Autant parler à un fucking mur ! Je ne sais vraiment pas ce qu’elles ont, entre elle et ma sœur, à ne pouvoir s’empêcher de présenter leur lover à la famille au bout de deux mois. Du coup, je l’ai rencontré. Il est gentil, hein, mettons-nous d’accord mais alors il a voulu cuisiner et il m’a fait vomir au premier repas qu’il a préparé.

Explications : Je ne jure que par les produits de la mer ! Et je n’aime pas la viande. Ce n’est pas pour rien que j’ai été végétarienne pendant trois ans. Donc les poissons et les fruits de mer, j’adore ça. A la Réunion, ce qu’on mange souvent, ce sont les carry de crevettes. Mais les crevettes, bon sang de bon soir, il faut les nettoyer !!!! Alors après avoir avalé avec d’énormes difficultés mon plat de quatre petites crevettes non nettoyées, j’ai quitté la table et prise de nausées, j’ai tout renvoyé. Dans le chapitre de « Moi, maniaque ? » il faudrait rajouter que je suis vraiment maniaque avec les crevettes propres. Tellement que je n’en prends quasiment jamais dans les restaurants et que dans la famille, personne d’autres que moi les nettoie. Au moins, je suis sûre. Merci mamounette d’avoir laissé ça se produire.

Bref, ce week-end, Lisa est venue dormir à la maison. Je lui ai montré la photo de la copine d’Alex. Elle.

Moi : Non, sérieux, tu la trouves jolie ? Même moi qui ai pas du tout confiance en moi, je me sens mieux qu’elle et je remercie le ciel d’être moi !
Lisa (riant) : T’es méchante !! Elle est pas si… Enfin c’est vrai que… Ah, je sais pas, moi.
Moi : Ouais, même toi qui essaie avec toute la volonté du monde, t’arrive pas à dire un truc gentil, sur elle. Oh regarde, Facebook a bloqué sur sa photo. Même lui veut faire passer un message, je crois. Elle va foutre des virus partout, avec sa tronche.
Lisa (riant encore) : T’es trop méchante, toi !
Moi : Hé ! C’est tout ce que j’ai pour me consoler d’avoir été foutue dans le fond. Et je me console plutôt bien, quand je la regarde. C’est pour elle qu’Alex m’a plantée. La vie est ironique, parfois.

Photos de cette pyjama -party !

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J’aurais bien aimé avoir les cheveux roux à la Merida ^^

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L’année dernière, voilà le message que j’avais écrit à Alexandre pour son anniversaire : Hey ! Mon Alex ! Ca y est, tu es un vrai bonhomme ! Bon, comme chaque année, je fais ma nostalgique ! Presque dix-sept ans qu’on se connaît et faut dire que depuis, on n’a beaucoup perdu en complicité. Alors, forcément, on va de plus en plus s’oublier jusqu’au jour on se dira : ‘Alex ? Bibi ? C’est qui ça ?! ‘» mais en attendant, je suis très heureuse d’être toujours ton amie aujourd’hui pour te souhaiter tes 20 ans. Joyeux Anniversaire, Alex, tu es quelqu’un de formidable. Pleins de bisous.

Et j’étais l’un des seuls trois message sur les 50 qu’on avait posté sur son mur auxquels il a répondu :

Merci Bibi !! Et ta nostalgie me fait sourire à chaque fois. Ça me fait très plaisir en tout cas et on se voit bientôt pour pleins de blabla’ parce que tu sais, c’est un plaisir de discuter avec toi aha ! Des gros bisous.

Et cette année… Hahaha, je n’ai pas fait part de ma nostalgie. Je lui ai souhaité un joyeux anniversaire en lui disant que même si c’est lui qui ne semblait plus me parler, je n’avais pas pu me sortir cette date de la tête alors tant qu’à faire, autant le lui souhaiter. Et puis le meilleur, un cœur et voilà. Alex a répondu : « Merci beaucoup, Bibi. Mais où tu es allée chercher que je ne te parlais plus ?! Ca n’arrivera pas. Bisous. *Cœur* »

Et vous savez quoi, les loulous ? Je n’ai rien ressenti. Pas d’excitation et l’envie de tout raconter à Laurence. Pas de grande joie intérieure de savoir qu’il ne me fait pas la tête. Pas d’inutiles espoirs concernant un futur où je le reverrai et où tout sera beau. Rien de tout cela. Juste un écho de la voix de Laurence qui me disait hier : « Il est désolé mais c’est pas pour autant qu’il te dira : ‘Viens, on se voit demain’. C’est un enfoiré, comme les autres. Et tout ce que tu dois faire, Bibi, tout ce que je dois faire, moi aussi, avec Rudy, c’est arrêter d’ESPERER ! ».

Alexandre est la meilleure personne qui me soit jamais arrivée. Du moins pour l’instant. Il était là au tout début de ma vie, aux tous premiers moments et j’ai cru, naïvement, que ça durerait encore des années et des années. Je voulais qu’on arrive au moins à fêter les vingt ans depuis lesquels on se connaissait. Il ne fallait plus attendre que deux ans. Nos 23 ans. J’aurais été trop fière de dire : « J’ai rencontré ce mec-là il y a vingt ans !! ». Mais ça n’arrivera pas. Alexandre était là pour moi au pire moment de ma vie. C’est mon super héros. Sa mission « sauvetage Bibi » doit être finie, maintenant. Il a peut-être d’autres gens à sauver.

Je ne dirai jamais de mal de lui. Si les autres ne voient en lui qu’un Don Juan bagarreur, je sais qu’au fond, Alexandre est romantique, qu’il n’a pas toujours confiance en lui, qu’il est loyal et qu’il a un cœur immense, il ne juge jamais les gens. C’était le mec parfait, mais il n’était pas pour moi. Et ça prendra le temps qu’il faudra mais je m’en remettrai. Parce que j’ai tout fait pour que ça marche de mon côté, je n’ai plus rien à me reprocher.

Hier, j’étais chez ma tatie avec les filles et il y avait un loto quine. Perso, les vieux jeux comme ça, moi j’adore. Ca me rappellera toujours mon enfance avec mes sœurs lorsque internet et les téléphones ne nous bouffaient pas tout notre temps. C’était en direct sur une radio et les lots étaient un barbecue, un survol de l’Île en hélicoptère, un voyage à Paris et enfin ! des bons d’achats de 400€ par mois pendant un an dans les supermarchés.

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Moi : On peut acheter tout ce qu’on veut ?
Sabine (mère des filles) : Oui !
Moi (regardant Laurence les yeux probablement brillants) : Champaaaaagne !!!!

Et là, gros éclats de rires !

Sabine : Alors toi, tu ne penses pas à t’acheter un appareil photo ou un ordinateur, tu penses à t’acheter du Champagne.
Laurence : Hé Lisa, va chercher dans l’annuaire le numéro des alcooliques anonymes, on en aura besoin ici, je crois.
Sabine : T’étais pas en carême, Bibi ?
Laurence : Ah mais oui, tu fais un carême où tu bois pas d’alcool et tu penses qu’à ça. Alcoolique !

Bref, on n’a pas gagné mais on s’est bien marrés, tous. On remet ça dimanche. Il y a une voiture à gagner.

Moi : Si je gagne la voiture, je la vends pour me payer mon permis.
Laurence (morte de rire) : Bibi, rentre chez toi !

De toute façon, samedi, c’est les vacances !!! Youhouhou !!

Et puisque Liliedelaroquette me l’a demandé si gentiment, voici, après des mois et des mois que je vous saouuuuule avec lui, des photos d’Alexandre. On m’avait dit un jour que j’avais beau jurer par tous les saints que je ne m’intéressais qu’aux mecs Blancs aux yeux clairs j’allais finir par tomber amoureuse d’un métisse aux yeux marrons. Je n’y ai pas cru. C’était pourtant vrai. Alex n’a vraiment rien de ce que je recherchais chez quelqu’un. Quand Loïc pense que j’adore les gros bras d’Alex (que vous ne voyez pas ici parce que photo trop vieille ou gros plan), je lève les yeux au ciel parce que c’est justement ce qui me dérange chez lui… Mais il a au moins le mérite d’avoir de plutôt jolies mains, et ça c’est le plus important haha.

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Quoi qu’il en soit, je crois que c’est ainsi que se termine l’histoire Alexandre. Je n’ai plus rêvé de lui, et je ne pense sincèrement plus le croiser de nouveau par hasard, dans la rue. D’ailleurs, je suis persuadée que pleins de bonnes autres choses m’attendent au coin d’une rue, de celles qu’Alex ne fréquente jamais.

Mais promis, si jamais il se repasse quelque chose avec lui, je reviendrai le raconter ici mais je n’y crois absolument pas. On verra bien.

Et pour fêter ça: Champagne !!!!

A Champagne Cheers!

JE HAIS FACEBOOK !!!

Mais je ne supprimerai pas mon compte… Je l’aurai fait sans hésiter si ce n’était pas, parfois, mon seul moyen de communiquer avec certaines personnes ou pour recevoir des photos et vidéos des bébés que ma soeur envoie  tout le temps et qui me donnent envie de les manger tout crus tant ils sont adorables.

Laurence et moi avons eu le malheur d’aimer une photo que Mathieu (notre cousin qui a baptisé son fils) avait posté et le Mec 1 nous a retrouvées et nous a ajoutées sur Fb.

Bon, qu’on se le dise, entre Laurence et moi, il a y a un fossé. J’ai environ 60 amis, elle en a environ 700. Et moi, les gens, je passe mon temps à les supprimer au bout de quelques mois, quand ils m’énervent. Je sais que le Mec 1 va s’ajouter à cette liste dans trèèèès peu de temps.

Il est venu me parler et… Seigneur Dieu ! C’est une torture pour moi de lire ses messages. Parce que voir que ça lui fait trop mal d’écrire « les » donc il se permet d’enlever le « e » ou PIRE ! M’écrire « Sà » pour « ça », c’est un crime condamnable au bannissement.

Du coup, je repense à Alex. Il écrit en toutes lettres, toujours ! Ses phrases sont belles et j’ai toujours l’impression de voir son expression et d’entendre sa voix quand je lis ses messages. Il me manque tellement !!

J’ai dit à Laurence que j’avais trouvé une chanson qui me faisait trop penser à lui.

Dancin’ away with my heart  – Lady Antebellum

I haven’t see you in ages. Sometimes I found myself wondering where you are. For me you’ll always be eighteen. And beautiful. And dancin’ away with my heart.

Moi : J’ai réellement pas vu Alex depuis des années. Je passe mon temps à me demander où il peut bien être quand je sais qu’on habite dans le même putain de quartier ! Pour moi, il aura toujours dix-huit ans et il sera toujours beau et il sera toujours en train de faire danser mon coeur, ça c’est sûr, mais ça me rappelle surtout que c’était en boîte et que j’étais contre lui à lui hurler des choses dans les oreilles à cause de la musique comme si toutes nos paroles étaient des secrets qu’on voulait révéler au monde entier, au final. 
Laurence (grimaçant): Ca fait combien de temps que tu l’as pas vu ? 
Moi: Bientôt trois ans. 
Laurence: Sérieux ?! Et moi qui me plains parce que j’ai pas vu Rudy depuis cinq mois… C’est rien du tout, en fait. 

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Quelqu’un a dit: « Le temps ne guérit rien du tout. Parce qu’on ne se remet pas de la douleur mais on apprend à vivre avec elle tous les jours, avec du temps. »

La période noire de Bibi Moulin

J’ai dû écrire pas moins de trois articles que je n’ai finalement pas postés. En ce moment, je n’écris pas. Je relis ce que j’ai écrit mais c’est tout. Je discute beaucoup avec Laurence mais c’est tout, c’est la seule.

Aujourd’hui, j’ai passé ma journée sans téléphone et internet. Juste ma mamounette et moi à faire les boutiques. D’ailleurs ma mamounette m’a offert un super beau slim et une robe de soirée absolument magnifique !!!!! Puis on a visité sa sœur, ma tatie préférée, chez qui je passe les trois quart des vacances avec Laurence et enfin, on est rentrées vers 19H. Et même si la première chose que j’ai fait c’est prendre mon téléphone pour voir ce que j’avais manqué (message de Laurence, un autre de ma sœur) et après avoir répondu, j’ai bloqué Alexandre et Cécile. Tous les deux ne peuvent plus rencontrer en contact avec moi. Je m’explique.

L’année dernière, j’ai lu un article sur une petite fille de douze ans qui était morte. Et ses parents avaient retrouvé dans ses affaires une lettre qu’elle s’était écrite à elle-même pour ses vingt-deux ans. J’ai décidé de m’écrire une lettre à moi-même à mon tour. Mais pas pour les dix ans à venir. Juste pour l’année suivante. Une lettre de Bibi de vingt ans pour la Bibi de vingt-et-un ans. Je l’avais complètement oubliée et j’avais surtout oubliée ce que j’y avais écrit.

Vous avez déjà eu une conversation avec vous-même dans le passé ? C’était étrange, drôle, encourageant. J’étais en pleine dépression quand j’ai écrit ma lettre. Ma mère avait un cancer et c’était la guerre entre nous (Parce que si aujourd’hui ma mère et moi sommes très complices, ça n’est ainsi que depuis moins d’un an. On n’a jamais vraiment été sur la même longueur d’onde et j’ai été une adolescente très difficile à gérer), mon père était revenu sur l’Ile peu après moi pour des vacances et m’avait descendue auprès de toute ma famille, j’étais désespérée d’avoir dû revenir… Rien n’allait.

Voici les gros points de ma lettre :

_A vingt ans, le moins que l’on puisse dire c’est que tu n’as pas la grande forme. […] Alors je t’écris cette lettre pour que tu te bouges les fesses et que tu reprennes ta vie en mains.

_Es-tu toujours célibataire ? Penses-tu toujours que Stan est le bon ? Quoi qu’il en soit, si tu es en couple, je suis persuadée qu’il doit avoir quelque chose de spécial. Tu ne sortirais pas avec n’importe qui.

_Emilie ? Ses jumeaux ? Deux filles ? Deux garçons ? Un de chaque ?

_Maman ? Va-t-elle mieux ? T’entends-tu mieux avec elle ? Ou est-ce toujours trop compliqué ?

_As-tu revu Alexandre depuis le temps qu’il te le promet ? Est-ce que vous vous parlez toujours ou est-ce que tu as décidé de finalement abandonner ? Quelle que soit ta décision, je suis sûre qu’il s’agit de la bonne le concernant.

_Continues-tu d’écrire ? Je t’interdis d’arrêter !!!

 

Je me souvenais avoir cité le nom de Stan. J’avais oublié tout le reste. Je n’étais plus en dépression. En juin 2014, je me suis réveillée un matin et je n’ai plus voulu sortir de ma chambre. Enfin, de mon lit, plutôt. Ma mère est venue me voir en pleurant et elle m’a supplié de faire quelque chose. Je suis allée voir mon premier psychiatre à l’hôpital et je lui ai demandé un séjour en psychiatrie comme je l’avais fait deux ans plus tôt. J’ai raconté comme j’avais peur d’être bipolaire parce que je passais sans cesse par des phases de joie à d’autres où je touchais le fond. Et puis j’ai aussi avoué que je prenais beaucoup de somnifères pour dormir toute la journée et que je mélangeais des anxiolytiques à de l’alcool, que je fumais des joints de temps en temps. Il m’a donné une ordonnance pour passer un scanner cérébral et m’a expliqué qu’il n’était plus dans la capacité de me suivre et qu’il fallait que je trouve un autre psychiatre. En sortant de l’hôpital, ce jour-là, je me suis assise sur un banc et j’ai pleuré pendant au moins un quart d’heure avant d’appeler Laurence. Elle m’a dit de passer chez elle et qu’on en discuterait. Sa mère m’a surpris en train de pleurer et elle a essayé de me conseiller au mieux. Le scanner n’a rien révélé et j’ai arrêté de me plonger dans les extrêmes et j’ai vu un nouveau psychiatre. Un homme froid et peu sympathique. Mais le seul et l’unique adulte à qui j’ai réussi à exposer tout ce qui trottait dans ma tête. Je n’étais pas bipolaire. J’avais des « troubles de l’humeur à cycles rapides », qu’il appelait ça. Je ne suis pas retournée en psychiatrie, je n’ai plus pris un seul médicament avec lui, j’ai mis le point sur les choses qui m’empêchaient de vivre depuis mes seize ans et depuis, tout va mieux. Dont ma relation avec ma mère. J’ai arrêté de le voir après deux mois de consultation.

Emilie et ses bébés vont bien, j’écris toujours, bien sûr,  je m’entends donc bien mieux avec ma mère et Alexandre…

Non, je ne l’avais pas revu depuis le temps qu’il le promettait. Et non, on ne se parlait plus. Alors après avoir lu la lettre, la première chose que j’ai faite c’est le supprimer de ma liste d’amis sur Facebook.

Mais hier, j’ai parlé avec Muriel. Et j’en suis venue à la conclusion qu’Alexandre ne m’avait pas seulement brisé le cœur. Il l’avait complètement déréglé. Moi qui aimais tout le monde et m’attachais très vite, j’ai, au contraire, l’impression de me désintéresser et de ne plus m’attacher aux nouvelles personnes que je rencontre. MAIS ! au fond, tout au fond, j’attendais encore Alexandre. J’attendais un message. Alors voilà pourquoi j’ai décidé de le bloquer. Il ne peut plus envoyer de messages et moi je n’attends plus dans le vide.

Quant à Cécile, elle subit juste ce qu’Alexandre a fait. J’attendais juste le moment où je ne m’inquièterais plus pour Cécile, où ce qu’elle ferait de sa vie ne me toucherait plus du tout. C’est arrivé le jour où je me suis rendue compte que personne ne pourrait me faire autant de mal qu’Alexandre. Et puis toute cette histoire avec la drogue…

Pour ceux qui auront lu jusqu’ici, oui, moi aussi j’ai fait des choses dont je ne suis pas très fière. J’ai un passé pas très glorieux et tout ça, et tout ça mais lorsqu’on m’a tendu la main pour m’aider à me relever, je l’ai saisie et j’ai décidé de m’en sortir. Cécile, elle, refuse les dizaines de mains qu’on lui tend et a décidé de rester au sol, quoi qu’il arrive. Comme je l’ai dit à ma mère : « Au bout d’un moment, on choisit la vie qu’on veut mener. ».

Il y a encore un an, j’aurais eu honte de raconter tout ça. Mais j’ai grandi et je ne pourrais jamais changer le passé. Dieu merci, d’ailleurs. Parce que si je n’avais pas connu les périodes où tout me semblait noir, je ne pourrais, aujourd’hui, pas apprécier la vie comme je le fais aujourd’hui. J’ai des coups de blues, parfois, comme tout le monde. Mais je me contente de la moindre petite trace de bonheur, parce qu’il se trouve dans les détails et que j’ai appris à les détecter. Chaque jour est précieux. Et je n’ai jamais, jamais ! eu autant envie de vivre !

Alors merci au rouquin, merci à celui dont je ne prononce jamais le nom, merci à Alexandre et merci à Cécile. Parce que je vais merveilleusement bien, aujourd’hui. Et que, malgré tout, ce n’est peut-être pas « à cause » mais « grâce » à eux.

« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. » – Voltaire.

keep calm

C’était STANement romantique !

Tout d’abord, je tiens à dire que si vous êtes venus chercher une histoire d’amour qui finit bien, vous vous êtes trompés de blog. Les histoires d’amour, c’est pas fait pour Bibi Moulin. J’ai fini par m’y faire, avec Alexandre. D’ailleurs, pour bien comprendre l’histoire, je vais devoir parler de lui un tout petit peu.

Mais vous devez surtout savoir que c’est probablement l’article le plus long que je n’ai jamais écrit. Mais si jamais vous lisez jusqu’à la fin, je serai tout d’abord très touchée (et surprise, aussi, très surprise) mais j’aimerai beaucoup que vous répondiez à la question par message ou commentaire : « Est-ce que vous auriez écouté votre raison et auriez pris l’avion ou écouté votre cœur et pris le train ? »

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Quand je suis arrivée à Orléans, je vivais avec mon père, au tout début. Il avait quitté le domicile familial depuis trois ans et s’était installé là avec sa nouvelle copine. J’étais seule au monde. Et c’est à cette époque-là que j’ai réalisé que j’étais tombée amoureuse d’Alexandre. Et que je me suis dit que comme je l’avais toujours aimé sans pour autant être attirée par lui, maintenant que c’était fait, je ne pourrais plus jamais ne plus l’aimer. Vous suivez ? Bref. J’ai commencé à travailler au Mc Do en août. Le 6 août pour être plus précise. Et là-bas, on se fait des amis très, très vite. Aussi, je vais citer quatre personnes plus ou moins importantes dans l’histoire : Ronel, africaine hyper drôle, hyper gentille. Johanna, avec qui j’ai vécu pendant deux mois et à qui je dois beaucoup. Jeremy, qui a été la première personne avec qui je me suis entendue et Jana (se prononce « iana »), la slovaque, personne la plus gentille que j’ai pu rencontrer de toute ma vie entière.

Vous savez, je pensais que le jour où je rencontrerai l’homme de ma vie, le temps s’arrêterait pendant un tout petit instant, que j’aurais une espèce de flash rapide qui me montrerait que c’était bien avec lui que j’allais passer le restant de mes jours et que j’allais même avoir, accessoirement, le prénom de nos enfants.

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La première fois que j’ai vu Stan, j’allais entrer en service. J’étais dans la salle équipier, changée, prête à pointer, quand Ronel est entrée dans la pièce et dit :

_Hé, il y a un nouveau. Il est tchèque et il est trop beau !

Curieux, on a attendu ceux qui n’étaient pas changés et on est vite allés en cuisine, attendre l’heure pour pointer. Il était là, il parlait avec Jana. La seule qui le comprenait. La seule qu’il comprenait.

Ronel : Alors ? Il est pas trop beau ?
Moi (haussant les épaules) : Bah, gros cliché des pays de l’Est. Grand, blond, yeux bleus. Il est mignon. Mais c’est pas mon genre.

Ronel, de son côté, était fan amoureuse de lui. Elle l’appelait toujours « mon mari » devant les autres et on était toujours morts de rire. Comme mes jours de repos (samedi et dimanche) étaient les mêmes que ceux de Jana et Stan, on se voyait tous les jours et on travaillait toujours ensemble. Pendant les deux premières semaines, tout ce que Stan disait c’était :

_Saloute et bonne appétite. (« Salut et bon appétit », pour ceux qui n’auraient pas compris ;) )

Et personne ne peut résister à un accent comme ça. Parce que vous avez envie de lui prendre les joues et dire : « Tu es troooop mignon ! ». Ensuite, Stan est devenu pote avec Jeremy et Geoffrey. Oh mon dieu, j’ai oublié de parler de Geoffrey (Il n’est pas si important, vous pouvez sauter le passage en gris si vous ne voulez pas entendre parler de lui).

Non, mais il faut que j’en parle, de cet abruti. Quand je suis arrivée, le premier jour, il m’a fait pleurer. Il m’a traitée d’incapable et m’a dit que je ne servais à rien puisque je ne savais pas faire ce qu’il demandait qui était pourtant très simple. Maintenant, pour ma défense, je n’avais absolument aucune expérience. On m’avait mise au poste 1, celui où on fait les sandwichs les plus demandés (je sais même plus comment ils s’appellent, tellement je vais dans les fast-foods, à la base) avec Jeremy, qui passait son temps à traîner à droite et à gauche et mon formateur, dont j’ai oublié le nom et qui avait un handicap mental (ce n’est pas une blague). Bref, finalement, au troisième jour, je me suis retrouvée seule avec lui au déjeuner dans la salle équipier et on a appris à se connaître. Je m’entendais hyper bien avec Geoffrey, au début. On passait notre temps à chanter, il me draguait ouvertement mais je ne répondais pas à ses avances mais ça ne le dérangeait pas, il continuait quand même. Pour la fin de l’histoire, j’ai fini par apprendre, une semaine avant mon retour à la Réunion que cet enfoiré avait fait un pari sur ma tête comme quoi il « arriverait à me serrer en un mois ». Loupé ! Quand je suis rentrée, on a fait un Skype et là, il m’a fait une grande déclaration comme quoi il m’aimait et qu’il était prêt à quitter sa copine et me rejoindre si j’étais d’accord. Je lui ai dit que c’était hors de question. Il m’a renvoyé des messages privés sur Facebook pour me dire encore à quel point il m’aimait et finalement, sa copine l’a quitté. Trois mois après, il s’était excusé, il lui avait demandé de l’épouser et elle a accepté. Ca fait un an depuis le mois dernier qu’ils se sont rencontrés. Ils ont 22 ans. Ca va vite, oulala. Bref, revenons à Stan.

Stan est donc devenu pote avec Geoffrey et Jeremy. Et je suppose que c’est parce que je m’entendais bien avec les seules personnes avec qui il parlait (à savoir Jana, Jem et Geoffrey) que Stan a commencé à m’accorder sa confiance, aussi. On essayait de parler, en anglais ou alors quand Jana était là, elle faisait l’interprète. Jana était en France depuis un an, à l’époque parce que son mari était un joueur professionnel de hockey et qu’il avait été pris dans l’équipe d’Orléans donc elle l’avait suivi. Stan, pour la même raison. Mais dans une catégorie moins importante. Et comme le Mc Do était l’un de leur partenaire officiel, ils étaient obligés de les embaucher. Un jour, je sais plus où on allait mais j’étais en voiture avec Geoffrey.

Geoffrey : Tu craques pour Stan ?
Moi (sincère) : Euh… non. Pourquoi ?
Geoffrey : J’ai cru. De toute façon, t’as aucune chance. Il n’aime que les blondes très minces.
Moi (pensant) : Personne ne t’a demandé ton avis, espèce de sang de bourbe !

Vous avez reconnu Harry Potter ? Non ? Tant pis. Je m’en fichais de ne pas être le style de Stan. Surtout que je savais que ce n’était pas vrai parce que quelques jours plus tôt, je travaillais avec je-ne-sais-plus-qui et en face de moi, sur un autre grill, il y avait Stan et Jeremy et Jeremy n’arrêtait pas de me regarder et de répéter un truc en tchèque (que je n’ai jamais retenu, j’avoue). Et il souriait donc je pensais qu’il se fichait de moi, qu’il m’insultait. Alors je n’ai pas arrêté de l’appeler pour qu’il me dise ce que ça voulait dire. Et j’ai même fini par répéter le mot. Au cas où c’était une insulte, j’allais la leur retourner. A ce moment-là, Stan a passé sa tête, m’a regardé et a souri avant de répéter son truc tchèque. J’étais vraiment mal à l’aise. Mais le lendemain, à une soirée, Jeremy a fini par me dire que ça voulait dire « une fille magnifique ». J’étais toute contente. Parce que pour tout le monde, dans l’équipe, j’étais la « jolie métisse ». Mais savoir que c’était quelque chose que le bel étranger au corps de dieu grec pensait aussi, ça faisait plaisir. Pourtant, ça ne m’avait pas fait plus d’effet que ça. Ce qui m’en a fait, en revanche, c’est la première fois que j’ai touché Stan. De son vrai prénom Stanilav. Ca ne se prononce pas « Stanislave », ni « Stanislaf », ni « Stanislas ». Ca se prononce « Stanislao » (en avalant légèrement le « o »).

On travaillait à côté tous les deux, mais chacun faisait des sandwichs différents. On partageait juste la même salière. On en avait besoin en même temps, mais il avait été plus rapide, donc il l’a utilisée et me l’a tendue ensuite. Sa main a frôlé la mienne et je me revois parfaitement écarquiller légèrement les yeux de surprise parce que même s’il travaillait au-dessus du gril, sa main était glacée. Ca m’a vraiment surprise et il s’est réellement passé quelque chose dans ma poitrine à ce moment précis. Quand je l’ai raconté à Ronel, je lui ai dit que je pensais que Stan était un vampire. Je plaisantais, hein ! Elle a bien ri. Après ça, j’étais toujours contente de voir Stan et j’essayais toujours de lui parler. Du hockey, en général parce que j’allais voir leur match. Et que j’ADORAIS ça. C’est l’un de trucs qui me manque le plus de la Métropole. Je me suis vite rendue compte qu’à chaque fois que Stan me touchait, je ressentais la même chose que la première fois : mon cœur qui semblait s’arrêter de battre pendant un quart de seconde avant de reprendre sa course dans un rythme beaucoup plus rapide comme pour rattraper le temps qu’il avait perdu. Je ne savais toujours pas que je commençais à avoir des sentiments pour lui. Pourtant, j’aurais dû le deviner. Ca a été la période la plus longue pendant laquelle je n’ai pas parlé à Alexandre. Et je riais toujours plus avec lui, j’avais toujours envie de le voir et quand il était absent, je me disais que la journée n’avait aucun intérêt.

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Il y a une fois où je travaillais et j’ai senti une main se poser sur ma taille. Je ne l’avais pas encore vu mais je savais que c’était lui. Parce que comment mon cœur avait réagi, ça ne pouvait être que lui. Je me suis tournée vers lui et il était là avec son grande sourire : « Mode 2 » (ça veut juste dire qu’on passe d’une seule à deux personne sur le plan de travail). Mais il y aussi la fois où il était l’heure pour lui de partir et je lui ai demandé de rester encore deux minutes pour faire une nouvelle tournée de sandwichs sinon j’allais perdre la tête toute seule. Il a regardé l’heure sur la pointeuse et m’a regardé une nouvelle fois. Je me suis mordue les lèvres dans un sourire, fronçant les sourcils et penchant la tête sur le côté, comme pour le supplier. Il a fini par secouer la tête en souriant et se mettre à lancer les pains. Il ne faisait pas ça avec tout le monde. Il détestait tellement ce job que même pour l’argent, il ne serait pas resté une minute de plus après son service. Il l’a fait pour moi. Et il y a aussi eu la fois où je faisais plus rien, je m’ennuyais, alors je suis allée les voir, lui et Jeremy, en plein travail. Stan m’a vue et dit: « Mode 3 ? » j’ai secoué la tête pour dire « Non » et alors là, il a fait une moue boudeuse pour montrer qu’il était déçu. J’ai trouvé ça trop adorable. Et là, « trop » convient parfaitement parce que on devrait le condamner pour être aussi chou et gentil et sexy et… argh ! parfait, voilà !

En novembre, ça n’allait pas du tout. Johanna ne pouvait plus m’héberger, mon père m’avait mise à la porte (oui, c’est un… gentil petit chat. Pour ne pas dire autre chose. Plus aucun de mes frère et sœurs ne lui parle encore) alors j’ai appelé ma mère :

Moi : Maman, est-ce que je peux rentrer à la maison, s’il te plaît ?
Mamounette : Mais bien sûr. C’est ta maison, tu reviens quand tu veux.

Elle n’a pas posé une seule question et je ne lui ai rien vraiment dit jusqu’à ce que je sois rentrée.

Quelques jours après que je sache que j’allais retourner à la Réunion (même si personne n’était encore au courant), Stan a essayé de me demander quelque chose. Je n’ai pas compris. Pas exactement. Si je devais vraiment avouer ce que j’ai cru entendre c’est qu’il me proposait d’aller en ville. Il y avait le marché de Noël. Avec la grande roue et les lumières absolument partout. Enfin, la magie, quoi. Mais j’ai préféré dire que je ne comprenais pas plutôt que de passer pour la pire des gourdes si jamais il n’avait absolument pas dit ça. Croyez-moi, je regrette ! Haha.

Mais je vais maintenant raconter comment j’en suis venue à comprendre que j’avais un gros coup de cœur pour lui. J’étais venue voir ma patronne pour lui remettre une lettre de procuration. Elle déjeunait dans la salle avec le directeur adjoint et Stéphane, mon manager préféré. On a discuté une petite minute puis j’ai vu Stan à l’extérieur. On était mardi. J’ignorais si j’allais le revoir avant mon départ, le lundi d’après. Il allait partir alors j’avais envie de courir lui parler mais mes anciens boss avaient un millier de choses à me dire. J’étais hyper nerveuse, j’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, et eux, continuaient de me dire qu’ils espéraient que je donnerai de mes nouvelles, que j’avais de la chance de repartir au soleil et probablement pleins d’autres choses aussi, je n’écoutais presque plus. Finalement, un peu brusquement, je dois l’avouer, je les ai envoyés balader, je les ai salués et je me suis précipitée à l’extérieur voir Stan. Il faut savoir que ce jour-là, Ronel, était dans la salle aussi. Donc je suis sortie et Stan m’a vue. Il a souri et il s’est avancé. Il savait que j’allais partir. Jana le lui avait dit, je le lui avais répété. Jana avait pleuré. Et elle m’avait fait pleurer aussi parce qu’elle m’avait dit, au tout début de quand on commençait tout juste à se parler, qu’elle ne pleurait jamais. Juste quand une personne proche mourrait. Mais que sinon, elle n’était pas sentimentale. Et quand un jour, je m’étais mise à pleurer, elle était venue me consoler en disant : « Faut pas pleurer. Ca fait couler maquillage ». Un ange. Et son français parfaitement imparfait la rendait encore plus adorable. Le jour où elle m’a dit au revoir, elle a pleuré. Et je me sentais immonde à faire pleurer une personne comme elle. Ca m’a brisé le cœur. Elle arrêtait pas de répéter « Je pleure pas, je pleure pas. J’ai poussière dans l’œil. Regarde ». Elle est partie et Ronal m’a dit qu’elle avait encore pleuré dans la salle équipier.

Donc j’étais face à Stan. Je n’ai rien dit et lui non plus. Il a juste passé son bras autour de ma taille et il m’a serré contre lui avant de m’embrasser sur les joues. Encore une fois, j’ai eu cette étrange mais merveilleuse impression que mon cœur s’était arrêté un moment, comme le temps, pour profiter de ces quelques petites secondes d’éternité. En tout cas, je pense que ça restera éternellement dans ma mémoire.

Quand on s’est séparés, c’est moi qui ai parlé. J’ai articulé:

_Merci. Pour tout. (Il a compris) Je te souhaite le meilleur. Bonne chance (Il n’a pas compris) Et courage pour le hockey et le Mc Do (Il a compris).

Je me souviens, il a répété « courage » en hochant la tête dans un sourire. Faut dire entre son boulot qu’il détestait et l’équipe de bras cassés dans laquelle il était, il était désespéré le Stan. C’est un très bon gardien. Il bloque la plupart des tirs et quand il en encaisse un, il secoue toujours la tête en donnant un petit coup de crosse sur la glace. Un jour, il racontait à Jana (et Jana m’a racontée) qu’il jouait dans une autre ville et il a reçu un palet dans le cou. Il a perdu connaissance et s’est réveillé à l’hôpital, complètement paniqué parce qu’il ignorait complètement où il était.

Peu importe. Il m’a demandé quand est-ce que je partais. J’ai répondu samedi. Parce que je pensais partir samedi. Il m’a demandé si j’allais faire une fête avant et j’ai répondu que non, je ne pensais pas avoir le temps. Ensuite, il m’a dit qu’on garderait contact par Facebook et il m’a de nouveau serrée dans ses bras.

Jeremy, à l’autre bout de la terrasse, a hurlé: « Hey ! C’est pas fini la drague tchèque, là !? », on l’a juste ignoré. Puis Stan est parti, il a quitté la terrasse et moi je suis restée à ma place, le regardant s’éloigner. Il s’est retourné deux fois et il a agité la main en souriant légèrement.

Ensuite, je suis allée rejoindre Jeremy et Laura, une fille que j’aimais bien aussi et je suis restée là avec eux jusqu’à ce que Ronel arrive.

Ronel : Tu crois que je t’ai pas vue avec Stan, là ? Tu as parlé avec ce mec plus de deux minutes, dis-moi c’est quoi ton secret !
Moi : Je crois que je suis amoureuse de Stan. Il est trooop chouuu !

Tout le monde a éclaté de rire. Ronel aussi. Ensuite elle m’a menacé de me tuer avec son sac à main. Je ne pensais pas du tout ce que j’avais dit. Moi amoureuse de Stan ? Pff absurde, je pensais. Sauf qu’après ça, je n’arrêtais pas de penser à lui et j’ai fini par me dire « Oh-oh, je suis vraiment en train de craquer pour lui ! ».

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Le jeudi, on a fait une soirée. Et ce soir-là, alors que Jeremy m’avait offert deux roses, une rouge et une blanche, il a eu la merveilleuse idée de coucher avec Johanna alors que j’étais dans le lit avec eux. Je suis allée m’asseoir par terre et j’ai mis Fight Club hyper fort pour couvrir leurs bruits. Sans succès. Après leurs petites affaires, eux se sont endormis. Moi, alors que j’étais hyper fatiguée, j’ai fait une nuit blanche. Dès que le soleil s’est levé, en larmes et tremblante par rapport à ce qu’ils avaient osé me faire, j’ai cherché à fuir l’appartement. J’ai pris mes roses que j’ai jetées dans la première poubelle, et j’ai appelé Ronel.

Moi : Tu devineras jamais ce qui s’est passé hier soir. Johanna et Jeremy ont couché ensemble alors que j’étais là, quoi. Je leur ai demandé de faire ça quand ils seraient seuls mais rien à faire. Je les déteste. Je déteste tout le monde. Je veux plus voir personne.
Ronel : Attends, calme-toi. Passe chez moi. On ira boire un chocolat. Je t’invite, t’en as besoin, tu vas tout me raconter.

Chocolat chaud et muffin au chocolat au cas où ça ne va pas. Ca ira mieux après. Et avec une amie très drôle, ça passe très bien, aussi. Elle a réussi à me remonter le moral. Et alors que je n’étais pas maquillée, que j’avais passé les deux dernières heures à pleurer, je suis arrivée au Mc Do et Stan a eu ce même sourire gigantesque en me voyant. Le même qu’à chaque fois. Il était beau. Jana a compris que ça n’allait pas.

Moi : Demande à Stan de frapper Jeremy pour moi quand il le reverra.

Stan a entendu son prénom, Jana lui a répété ce que je lui avais dit mais il a froncé les sourcils, il ne comprenait pas et Jana non plus. Donc j’ai expliqué et là, Jana a écarquillé grand les yeux, a tout répété à Stan et Stan est revenu en me disant : « OK ! » d’un air hyper sérieux. Ca m’a fait sourire.

J’ai disparu pendant les trois derniers jours. Je n’ai revu que Ronel et un autre pote. J’ai menti à tous les autres en disant que j’étais montée sur Paris en attendant mon vol lundi. Ce n’était pas vrai. Je suis restée à Orléans et j’ai remercié tous les dieux de l’univers de ne m’avoir fait croiser personne. J’ai envoyé un message à Stan, plus tard : « Coucou Stan. J’espère que tu vas bien. Je voulais te dire merci pour tout: pour ta gentillesse, ta bonne humeur et pour avoir pris ma défense face à Jeremy. Ne le frappe pas, je plaisantais ;) . Bisous ». Et il a répondu (grâce à son traducteur pas très performant, si vous voulez mon avis): « Heureux de vous connaître, que vous apporte le sourire à Mc Donald, le chant, la joie. Tu vas me manquer ;( <3 ». Il est juste trooooop chou ce message, non ? Moi je l’adore, il me fait trop rire.

La veille de mon départ, dimanche, donc, j’ai envoyé un message à trois personnes dont une plus qu’importante à mes yeux : Laurence. Je lui racontais en gros l’histoire Stan, que j’avais des sentiments et que je ne voulais plus partir. J’ai fini par poser la question qui me trottait dans la tête depuis des jours : « Est-ce que tu écouterais ton cœur et resterais quitte à abandonner ta famille ou est-ce que tu écouterais ta raison et prendrais l’avion pour lequel tu as déjà payé en sachant que ta mère t’attend dans deux jours ? » Laurence a répondu : « Moi je te dirai d’écouter ta raison et de prendre l’avion. Parce que si vous êtes faits pour être ensemble, peu importe quand, vous allez finir par vous retrouver. ». Les deux autres n’ont pas donné d’avis centré. C’était à moi de choisir. Elles avaient juste donné leurs conseils en pesant le pour et le contre dans chaque situation.

coeur et raison

Le lundi, j’étais à l’aéroport. J’ai déposé mes bagages en consigne et comme j’étais arrivée le matin et que mon avions décollait le soir seulement, j’ai passé une demi-journée sur le quai du train, à faire des allers-retours avec l’aéroport, fumant cigarette sur cigarette et me posant une grande question : « Qu’est-ce qui se passerait dans ma vie si je choisissais d’écouter mon cœur et que je récupérais mes bagages et que j’allais retrouver Stan pour lui dire que l’idée de lui dire au revoir pour une durée indéterminée, peut-être même pour une vie entière me faisait l’effet d’avoir un trou de la taille de la Terre dans le cœur ? ». J’ai continué d’envoyer des messages à Laurence.

Moi : Je crois que c’est l’homme de ma vie.
Laurence : Qui c’est qui te l’a dit ?
Moi (plaisantant) : La boule de cristal virtuelle sur ma tablette.

Vous savez, le truc qui donne des réponses aléatoires aux questions fermées… ?

Laurence : Si c’était vraiment l’homme de ta vie, je te dirais de rester.

Mais je n’ai pas pris le train. J’ai pris l’avion. Lorsque je me suis assise à ma place, j’ai éclaté en sanglots. Je m’en souviens comme si c’était hier alors que ça fait un an, tout ça. J’avais l’impression d’être la personne la plus triste de la planète. Et pendant mon voyage de quinze ou seize heures, avec deux escales, quand je ne regardais pas de films ou n’écoutais pas de musique, j’apprenais le tchèque.

Quand je suis rentrée, quelques jours après mon arrivée, j’ai discuté avec Stan. Je ne rapporte pas la conversation parce que son traducteur disait n’importe quoi haha. Mais en gros, il disait qu’un jour, il viendrait me voir à la Réunion et qu’il aimerait qu’on aille boire un verre ensemble. J’étais sur un petit nuage de coton rose. Il aimait toutes les photos de la Réunion que je postais. Malheureusement, je n’ai jamais revu Stan, il est retourné en République Tchèque et là-bas, il a rencontré une fille. Pas « très mince », normale, quoi, comme moi, mais blonde, en effet. Y a que ça, là-bas de toute façon haha. Et il est retourné à Orléans, avec elle, trois mois plus tard. Elle l’a fait, elle : Elle a abandonné tout pour rester avec le mec qu’elle aimait.

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Après ça, j’ai écrit un cahier à Laurence pour lui raconter cette histoire. Et voilà ce que j’ai dit :

« Je suis persuadée que dans la vie, il n’arrive qu’une seule et unique histoire qui sorte de la vie de tous les jours. Une histoire comme dans l’un de ses films devant lesquels tu te demandes inlassablement pourquoi l’héroïne n’est pas toi. C’est Stan mon histoire pas banale. Mais après, j’en sais rien. Peut-être que je ne suis pas amoureuse et qu’au fond, je cherchais juste une raison de rester en France, peut-être que ce n’est qu’un béguin, comme tant d’autres. Peut-être que c’est le bon et peut-être que je ne le reverrai jamais. Peut-être qu’un jour, je n’aurais plus le cœur qui s’agitera quand je verrai son nom dans mes notifications et peut-être même qu’un jour, j’en oublierai même son nom, tiens. Mais jamais je n’oublierai que pour un garçon étranger avec qui j’avais beaucoup de mal à communiquer et dont je ne connaissais rien, pour ce garçon-là, avec ses yeux bleus, son corps parfait et sa phrase philosophique tatouée sur le bras, pour lui, j’aurais été capable d’abandonner toute ma famille, rater un avion et sauter dans le premier train pour retourner le voir alors que j’ignorais quels étaient ses sentiments envers moi. C’est purement et simplement romantique, c’est pour ça que j’y crois. Parce que ça semble ridiculement insensé et complètement fou mais c’est bien trop beau pour être ignoré. C’est lui l’homme de ma vie. Charlie Chaplin a dit que le temps était un grand auteur : il écrivait les meilleures fins. Alors voilà, si dans quelques mois, un an ou deux, je déclare ne plus rien ressentir pour Stan, montre-moi ce cahier, mets-moi face à ma folie, ma stupidité, à mes grands espoirs ridicules mais en attendant, je veux juste que tu sois la gardienne de tous mes secrets. Et puis sérieusement, si c’est pas ça le grand amour, à quoi ça ressemble, bordel ?! ».

Laurence m’a passé le cahier parce que je le lui ai demandé mais je ne lui ai jamais déclaré ne plus rien ressentir pour Stan. Il a été la seule personne à me faire oublier Alexandre et aujourd’hui, c’est encore en pensant à lui qu’Alexandre est moins présent dans mon esprit. Je suis presque sûre que jamais personne ne perdra son temps à lire cet article jusqu’à la fin. Mais il fallait que j’en garde une trace, de mon côté.

On en reparlait avec Muriel, la dernière fois. Elle me disait qu’elle était sûre que si j’étais restée, j’aurais eu une histoire avec Stan. J’ai beaucoup pleuré, à cause de cette histoire parce que pendant longtemps, j’ai eu l’impression d’avoir pris la pire décision de toute ma vie. Mais je m’en suis sortie en réalisant que la vie était faite de choix, que j’avais fait les miens et que si je voulais que ça change, je n’avais qu’à en faire d’autres. J’ignore si je le reverrai un jour. Peut-être que sa blondinette tchèque est finalement la femme de SA vie. Et que moi, de mon côté, je n’ai pas encore rencontré le véritable homme de ma vie. Parce qu’il n’y a pas eu de flash avec Stan. Quoi qu’il en soit, c’est l’histoire qui me donne toujours des frissons. J’ai essayé d’écrire une histoire en m’aidant de ça, un jour. Je n’y suis pas arrivée. Parce que ça ne fonctionnait pas. Je me disais que rien ne pourrait battre l’original.

Après ça, j’ai écouté de la musique. Une chanson créole d’ici dit :

« Si ou veut aller, allé a ou mais si ou rode l’amour, reste là car ou conné si c’est pas ou, mi rêve pas, si lé pas ensemb’ ou ça ne m’intéresse pas. » Traduction : Si tu veux t’en aller, vas-y mais si c’est l’amour que tu recherches, alors reste ici. Parce que tu sais bien que si ce n’est pas toi, je ne rêve pas, si ce n’est pas avec toi, ça ne m’intéresse pas. ». C’est l’une des chansons qui a le mieux marché à la Réunion. Pix’L –Allé a ou. C’est l’une de mes chansons réunionnaises préférées.

Taïro –J’étais prêt : « Certains disent que c’est dommage, d’autres que c’est plus sage, d’autres que c’était écrit. Qu’il vaut mieux tourner la page, que je n’ai plus l’âge pour les larmes et les cris. Pourtant pendant mes naufrages c’est bien ton image qui éclaire mes nuits. Non vraiment, je ne sais toujours pas pourquoi je suis parti(e) »

Team BS –Case départ : « Quelques mots sur un papier, beaucoup d’espoir, c’est un aller sans retour à la case départ. Un peu de elle, de lui, de nous, beaucoup de toi, au cas où on se revoit à la case départ ».

Et vous, par message ou par commentaire, si jamais vous avez tout lu, dites : Vous auriez écouté votre cœur ou votre raison ?

Alexandre (version abrégée haha)

On dit que, parfois, nos rêves sont, en fait, des souvenirs de nos vies antérieures. Si cela est vrai, alors ça doit être ce que j’ai fait cette nuit. J’espère, en tout cas, que ce n’était pas un rêve prémonitoire. Je raconte.

Alors que ça faisait quelques semaines que je me battais avec mes sentiments pour Alexandre, c’est de lui dont j’ai rêvé cette nuit. Et quel rêve. Je ne me rappelle plus très bien avec qui j’étais. Laurence, peut-être ? Muriel ? Allez savoir ! Quoi qu’il en soit, je patientais sur une ligne, à côté d’un tas d’inconnus alors qu’en face, une autre ligne se formait. Là, il ne s’agissait pas de réels inconnus puisque c’était la famille d’Alexandre. Finalement, cet idiot est arrivé et il a serré son père dans ses bras. Une longue accolade. Puis ce fut au tour de son cousin, puis de sa soeur, puis de sa mère. Je me demandais à quel moment ce serait mon tour. Est-ce que seulement mon tour allait finir par arriver ? Je ne savais jamais avec Alexandre. Finalement, alors que je jetais des regards furtifs autour de moi parce que je l’avais perdu de vue, j’ai senti un doigts s’enfoncer dans mes côtes. Je me suis retournée et il était là, à me sourire de toutes ses dents de sa dentition parfaite. Il était toujours aussi grand, toujours aussi musclé, toujours aussi parfait. Toujours le même. Je l’ai serré dans mes bras et il m’a soulevé de terre puis je l’ai de nouveau serré contre moi.

Moi: J’arrive même pas à savoir si c’est réel ou pas, Alex.
Lui (après avoir eu un petit rire gentil): J’étais sûre que tu allais dire quelque chose comme ça. Tu te poses toujours trop de questions, toi !
(A noter: Dans mon rêve, je me suis quand même demandé si je rêvais ou pas et cet… ce gentil petit chat ne m’a pas dit clairement que non, ce n’était pas réel et que je devais vite me réveiller avant que mon réveille ne sonne et que je finisse par éclater en sanglots.)
Moi: Alex, tu as l’air bizarre. Qu’est-ce qui se passe ? Ca va en ce moment ?

Lui: Non, pas vraiment. J’ai eu des soucis depuis quelques temps. Des menaces et des trucs comme ça. Ils s’en prennent à ma soeur, maintenant. Ils disent que c’est une pute, ils lui ont cassé sa voiture.
Là, choc ! C’était moi qui avais bousillé la voiture de sa soeur avec Laurence pour me venger du fait qu’Alex ne me donnait pas de nouvelles. Je pensais que c’était sa voiture à lui, je n’ai pas fait gaffe. Oops. On a fini par se séparer, sans qu’il me dise ce qui se passait exactement. Du coup, je suis partie à la recherche de quelqu’un qui aurait pu m’informer.
Dans la vraie vie, on me surnomme « L’enquêtrice », parfois, parce que quand je veux savoir quelque chose, je finis toujours par obtenir les informations que je cherchais.
On était désormais en boîte (Oui, ça vous arrive aussi, à vous, dans vos rêves, d’atterrir dans un endroit qui n’était pas du tout celui dans lequel vous avez débarqué ?). J’ai croisé Romain, qui m’a salué rapidement (Bizarre, on est un peu inséparables dans la vraie vie et là, à peine s’il s’arrête pour me faire la bise), Cédric et Julien (qui dansaient très… gayment, bien qu’ils soient hétéros dans la vraie vie. Ne cherchez pas. Dans mes rêves, ça va loin. Très loin !) et enfin Thibaud, que je n’ai pas vu en vrai depuis au moins quatre ans. Le franco sicilien avait un style absolument génial ! Je le trouvais trop sexy dans sa cape noir, avec les cheveux ébouriffés et un anneau dont pendait une petite croix en argent accroché à l’oreille droite. On s’est salués aussi, en riant (histoire marrante que je raconterai peut-être un jour entre Thibaud et moi) et enfin, je suis allée trouver Le Rouquin. C’est lui qui allait me donner des informations. 

Moi: Hey ! Ken ! Il se passe quoi avec Alex ? Pourquoi des mecs lui en veulent ?
Lui: Haha ! Tu viens me voir que pour ça ?
Moi: Tu ne m’intéresses plus, Ken, et tu le sais. Je te parle d’Alex, là. Tu sais quelque chose ou pas ? 
Lui: C’est dommage. Tu connais Alexandre. Il a joué avec une fille sauf que c’était pas la bonne. Son frère n’est pas un marrant et il cherche Alex depuis au moins trois mois. C’est pour ça qu’il est revenu à la Réunion (Oui, je vis à l’Ile de La Réunion).
Au moment où il disait ça, des cris ont retenti dans la salle et j’ai vu Alexandre s’effondrer sur le sol. J’ai voulu courir pour le voir mais je suis moi-même tombée. J’avais l’impression de ne plus pouvoir bouger, j’entendais vaguement des voix paniquées qui disaient qu’une ambulance arrivait puis plus rien. Quand je me suis réveillée à l’hôpital, je n’ai pas cherché à savoir ce que j’avais, ce qui s’était passé, je voulais juste qu’on me dise comment allait Alexandre. C’est là qu’une infirmière m’a dit que j’avais eu le « syndrome du coeur brisé » et que j’avais des examens à passer. Je me suis levée du lit, malgré ses interdictions et j’ai erré dans l’hôpital à la recherche de quelqu’un qui voudrait bien me dire ce qu’il en était d’Alexandre. Je voulais juste qu’on me dise qu’il allait bien. Une autre infirmière m’a vue et entendue.
L’infirmière: Vous n’aurez ces informations qu’une fois vos examens passés.
Moi (hurlant et perdant toutes mes bonnes manières): Allez vous faire foutre avec vos putains d’examens.
J’ai couru dans les couloirs en hurlant son prénom, espérant qu’il l’entendrait, qu’il me répondrait. Finalement, j’ai entendu la seconde infirmière demander à la première une seringue pour me calmer. Je suis tombée par terre, et l’infirmière que j’avais insultée s’est penchée vers moi.
L’infirmière (chuchotant): Calmez-vous. Ils vont croire que vous êtes folle et ça se passera moins bien.
Moi (suppliant et pleurant): C’est Alexandre. J’ai juste besoin de savoir comment il va.
L’infirmière: Il est vivant et il va s’en sortir. Sa tête a heurté le sol et il était en état d’ébriété mais tout va bien. Il va s’en sortir.
J’ai alors poussé un long soupir de soulagement et je me suis jeté dans les bras de cette infirmière pour pleurer encore.

En me réveillant, plus tard, j’ai repensé à ça et j’ai pleuré pendant un quart d’heure, au moins. Je vous explique.
Alexandre et moi nous connaissons depuis que nous avons trois ans. C’est la personne que je préfère sur toute cette planète. C’est triste à dire mais il y a encore un mois, j’aurais été prête à sacrifier le monde entier juste pour le sauver lui. Ado, j’étais le vilain petit canard. Acné florissante, style vestimentaire plus que douteux, cheveux bouclés et frisés totalement indomptables… Alexandre, lui, a toujours été le beau gosse: grand, sociable, les cheveux noirs en bataille, sportif, charmeur, drôle et il était loin d’être le dernier de la classe, sans non plus être dans les cinq premiers. Il s’est fait remarqué dès son entrée en Sixième parce que son cousin était en Troisième et il s’est vite fait de nombreux amis dans ces eaux là. Alors qu’à l’école primaire, j’étais sa grande amie, sa confidente, celle qui prenait toujours sa défense et le sortait d’histoires stupides, au collège, bien qu’il continuait de passer quelques temps avec moi, ce n’était plus du tout comme avant… jusqu’à ce qu’on arrête, un beau jour, de se dire bonjour. On était devenus presque de parfaits inconnus. On ne s’est plus parlés pendant la deuxième moitié de la Sixième, pendant notre Cinquième et j’ai fait ma Quatrième à Bordeaux donc aucune chance de le croiser. Le destin nous a réuni de nouveau en Troisième. Je suis retombée dans sa classe. Tout est reparti: les confidences, les quatre cent coups, les « T’es vraiment nul de t’être embarqué là-dedans, Alex ! Heureusement que je suis là » et les « Si jamais t’as un problème, je suis là, tu le sais, hein ? Tu peux tout me dire ! » (Ca c’est lui qui disait ça. Il était parfait, je vous dis). En Troisième, jamais personne ne m’a demandée si j’étais amoureuse d’Alexandre. Je ne l’étais pas. J’ai passé notre année scolaire à essayer de le faire sortir avec Marie (et j’ai réussi) et j’étais heureuse pour lui. On s’est séparés au lycée, je suis allée dans un lycée artistique, lui dans le lycée de secteur et là, on ne s’est quasiment plus vus. Mais le fait est que je n’accepte pas qu’il arrive quelque chose à Alexandre. Genre, une fois, on avait été faire du basket sur le terrain à côté du lycée et Alex devait porter les ballons sur le chemin du retour. Sauf qu’il y avait un trou et que l’un des ballons s’est échappé et a dévalé la pente. Alexandre a couru pour le rattraper et au bout d’un moment, on a entendu un gros « BOOM« . Mon coeur s’est arrêté et je me suis mise à pleurer en murmurant « Alex, putain ! C’était pas lui, hein ?! » tout le monde me disait que non, que c’était le ballon qui avait heurté la voiture et pas Alex mais je tremblais et je ne me suis calmée que lorsque j’ai vu Alex arriver, sain et sauf. Là seulement, mon coeur pouvait battre à nouveau. Il m’a vue, Marie lui a expliqué et là il a éclaté de rire avant de me regarder et dire gentiment: « Tu es folle. Je vais bien. » et on a repris le chemin ensemble.
En Terminale, alors que je sautais partout dans le lycée en disant que j’avais eu mon Bac, une amie est venue me voir et m’a dit: « Bibi, Alex a pas eu son Bac. Il ne passe même pas au rattrapage. ». En oubliant de fêter ma réussite, j’ai pleuré pendant un moment en pensant à Alexandre. Je l’ai vu, peu de temps après, par hasard, dans une boîte à cent kilomètres du village où on vivait tous les deux (dans lequel on ne se croisait jamais). Ce soir-là, on a eu une conversation que je n’oublierai jamais.
Moi: La seule chose que je regrette dans le fait de ne pas être allée dans ton lycée, c’est que je t’ai perdu de vue, Alex. Je t’ai perdu.
Lui: Mais n’importe quoi. Le monde est petit, Bibi. Regarde où on est ! Tu m’as pas perdu.
Moi: Je t’aime.
Lui: Mais moi aussi je t’aime.
(En fait, la chose à savoir c’est qu’on se disait tout le temps « Je t’aime », sans ambiguïté, on savait que ce n’était que de l’amitié mais ce soir-là, ça faisait tellement longtemps que je ne le lui avais pas dit que j’ai voulu rajouter « fort » derrière mais j’avais la gorgé tellement nouée qu’il a eu le temps de me dire qu’il m’aimait aussi avant que je puisse achever ma phrase.).
Moi: Tu me manques. Promet-moi qu’on va se revoir.
Lui: Promis. Là, je suis encore là mais on se revoit très bientôt. Tu as quoi dans ton verre ?
Moi: De la vodka redbull.
Lui: Tu m’en donnes un peu ?
C’était Alexandre. Il faisait toujours de belles promesses. Qu’il ne tenait jamais. Je ne l’ai jamais revu. Un an plus tard (il y a un an, donc), j’ai réalisé que je l’aimais. Alors que ça faisait seize ans que je le connaissais, seize ans que je l’avais eu en face de moi sans éprouver quelque chose de spécial et maintenant que je ne le voyais plus… J’ai mis ça sur le compte du manque. On se parlait au moins une fois par mois, sur Facebook, souvent mais jamais mes sentiments ne se sont envolés et jamais je ne le lui ai avoué. Il est sorti avec Marie pendant trois ans, puis ils se sont séparés. Depuis, les relations sérieuses, Alexandre, il ne connaît pas. Il est toujours aussi grand, toujours aussi beau, mais maintenant, il est incroyablement musclé et il est tatoué, en prime. Des conquêtes, il en a. Et même si je sais qu’Alexandre m’aime, même si je sais qu’il n’accepterait pas que qui que ce soit me fasse du mal, il ne partage pas mes sentiments alors ça fait un mois et demi que je ne donne plus de nouvelles et j’essaie de l’oublier. Mission impossible, un peu, mais bon, on fait ce qu’on peut. Ca peut paraître long, comme article mais pour moi, ce n’est même pas 10% de l’histoire que je viens de raconter. Je ne devais pas parler de lui aujourd’hui mais mon rêve en a décidé autrement…
Vous savez ce que je crois ? Ce n’était pas un rêve d’une vie passée. J’ignore ce que c’était et je ne suis pas sûre d’avoir envie de le savoir, non plus. Je crois que c’est impossible d’imaginer pour qui que ce soit ce que c’est de ne plus avoir ce gars-là dans ma vie. Il y était depuis que ma vie avait véritablement commencée: depuis mes trois ans. Il avait toujours été là et maintenant, je dois apprendre à vivre sans lui et c’est peut-être tout ça qui me rend triste. Alexandre était le grand amour de ma vie mais il n’est pas l’homme de ma vie, faut croire.électrocardiogramme

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