Compte à rebours.

Ceci sera mon dernier article. D’ici une semaine, je reviendrai et mettrai d’abord mon blog en privé et je finirai par le supprimer.

La dernière fois que j’ai écrit, je racontais que je n’étais pas enceinte. En fait, je ne l’étais plus.

J’avais rendez-vous avec ma gynéco le vendredi et j’ai tout raconté. En commençant par le test de grossesse positif puis le négatif, quelques heures plus tard.

Gynéco: Les tests urinaires peuvent se tromper et faire des faux positifs. Les test sanguins sont sûrs à 100%
Moi: C’était deux tests sanguins. Je n’ai fait aucun test urinaire pour la grossesse. 
Gynéco: Vraiment ? C’est bizarre. Les test sanguins ne se trompent jamais. A combien est-ce que vous étiez ? 
Moi: 37. J’ai demandé un troisième test à mon médecin pour être sûre parce que je me posais trop de questions. 
Gynéco: Tant mieux parce que je vous aurais envoyé en faire un aussi. L’échographie ne montre rien, de mon côté, pourtant. Mais c’est bizarre. 

J’ai fini par lui parler des symptômes de grossesse que je pensais avoir eu, au début. Lorsque Cécile et Laurence me disaient que tout était dans ma tête et elle en a conclu que j’avais, selon elle, bel et bien été enceinte mais que j’avais fait une fausse couche.

Je n’étais pas folle. Ce n’était pas dans ma tête. J’étais tombée enceinte du Sexy Boy.

Mais j’avais perdu mon bébé.

fausse-couche

Après avoir vérifié avec le laboratoire que le 3è et dernier test était négatif, je suis sortie du cabinet et suis rentrée chez moi. Je retournais tout ça dans ma tête et j’étais comme vide. Je ne ressentais rien. J’avais envie de pleurer mais ça ne venait pas.

J’ai compris plus tard que c’était la phase du choc.

C’est le truc des 7 phases du deuil.

 

2è phase: Le déni.

Le dernier test s’était peut-être trompé. Peut-être que j’étais encore enceinte et que le bébé se cachait. C’était sûrement ça. Je pouvais pas l’avoir perdu. C’était impossible. Ca pouvait pas m’arriver. Pas à moi. C’était la phase où on se dit qu’on finira cinglée.

3è phase: La colère/Le marchandage.

Là, je me suis mise à maudire tout le monde. Laurence et Cécile qui ne m’avaient pas crue lorsque je parlais de mes symptômes. Julien, qui n’avait fait que me parler d’avortement. Muriel, qui avait avorté. Le Sexy Boy, parce que c’était entièrement sa faute. Et moi, pour avoir souhaité, rien qu’une seconde que ce bébé ne vienne pas. J’étais d’une humeur massacrante, j’avais envie de frapper dans quelque chose, de balancer des objets, de hurler mais je me contenais, je gardais tout pour moi. A côté de ça, je priais les Dieux pour qu’Ils me rendent mon bébé. Je promettais d’être sage, d’être une bonne personne. Que je ne demanderai plus rien s’Ils acceptaient au moins ça. C’était la phase où j’avais l’impression d’être la pire personne du monde.

4è phase: La tristesse.

Je m’étais réveillée dans la nuit et je ne sais pas comment, j’ai enfin réussi à pleurer. J’ai pleuré, pleuré et pleuré encore jusqu’à me rendormir, épuisée. Et je n’ai fait que pleurer durant les jours qui ont suivi. Je pensais que ça ne s’arrêterai jamais. Je pleurais à chaque fois que je voyais un bébé, une femme enceinte, qu’on me parlait de grossesse, que j’étais seule à ruminer. Je pleurais tout le temps. Je devais être pathétique. Et pendant cette phase, alors que je n’étais pas du tout tactile, j’aurais pourtant souhaité que quelqu’un soit là pour me serrer très fort dans ses bras pour me dire que ça irait mieux. Et la personne que j’avais le plus envie de voir, c’était le Sexy Boy. Parce que c’était aussi son bébé et que je cherchais un lien, n’importe quel lien, auquel me raccrocher. Je ne lui en voulais pas plus que ça. Autant qu’au fond, je n’en voulais pas à Cécile et Laurence d’avoir tenté de me rassurer lorsque je disais que j’avais des symptômes de grossesse alors que je n’avais aucune envie d’être enceinte. Ca a été la phase la plus longue.

5è phase: La résignation.

C’est Dieu qui décide, Il sait ce qu’Il fait. Je ne suis pas enceinte. Mon ventre ne grossira jamais. Je n’aurai pas de bébé dans le courant de l’année 2016. Je l’avais perdu et il ne reviendrait pas.

6è phase: L’acceptation.

Ca resterait gravé. A jamais. Ca faisait partie de mon histoire. J’y penserai toujours mais je surmonterai. J’irai mieux. Parce que c’est ça qu’on doit faire.

7è et dernière phase: La reconstruction.

Je me suis lancée dans un programme de sport assez difficile. Je voulais mener un projet à terme. Contrairement à ma grossesse. Et je travaille, maintenant. La vie suit son cours. Sans bébé. Avec un ventre qui restera comme il l’a toujours été.

Je n’ai jamais vraiment cessé de pleurer. Ca prendre le temps qu’il faut pour que j’arrête d’avoir les larmes aux yeux en y songeant.

Ca me fait sourire lorsque je repense à l’article que j’avais écrit qui s’appelle « Kit de survie pour un coeur brisé », je crois. Je pensais que le pire qui pouvait m’arriver avec le Sexy Boy, c’était de tomber amoureuse de lui. J’étais naïve. Mon kit de survie ne marchera pas sur moi, cette fois.

Je ne sais pas à quoi ressemble mon coeur mais il doit être un peu plus que brisé, si toutefois c’est possible. S’il en reste encore quelque chose.

J’ignore, encore aujourd’hui, quelle a été la phase la plus difficile entre le déni, la colère et la tristesse. Les trois étaient terribles. Mais pas autant que d’essayer de me pardonner à moi-même de ne pas avoir réussi à garder le bébé, d’avoir voulu, l’espace d’un instant, qu’il ne fasse pas partie de ma vie. Je dois encore travailler là-dessus, d’ailleurs. « Parfois pour nous punir, les Dieux exaucent nos prières » – Oscar Wilde.

Le Sexy Boy est venu aux nouvelles, il y a un peu moins de deux semaines. Il voulait savoir si j’allais mieux. Je lui ai dit que le dernier test s’était révélé négatif, qu’il avait raison, que je m’étais inquiétée pour rien, que c’était la pilule qui avait tout déréglé et rien de plus.

On ne se reverra plus. J’ai fini par lui dire, ce jour-là même, que je ne quittais plus La Réunion. Il m’a posé des tas de questions, après. J’ai répondu par politesse mais je me sentais gênée, je n’avais aucune envie de lui parler. Et maintenant que l’envie de le serrer dans mes bras était passée, je voulais qu’il redevienne un inconnu, quelqu’un que je n’avais jamais rencontré, à qui je n’avais rien à dire. Silence radio, depuis. Tant mieux. J’ai supprimé son numéro et tous ses messages et j’espère qu’il aura la bonne idée d’en faire autant.

J’aurais tellement voulu que ça se termine bien entre nous.

Je n’ai raconté qu’à Laurence (et vaguement) l’histoire de la fausse couche. Elle m’a demandé si je comptais le dire au Sexy Boy. Et lorsque j’ai répondu négativement, elle a voulu savoir pourquoi.

A quoi ça servirait que je lui dise ? Il pensait que c’était impossible. Il s’était trompé. Il n’avait pas envie d’avoir cet enfant. Peut-être qu’il aurait préféré que j’avorte. Comme Julien, comme Rominou, comme le rouquin, à qui j’ai posé la question de s’ils étaient dans cette situation, qu’est-ce qu’ils feraient.

J’ai l’impression que quelque chose s’est vraiment brisé en moi. Je continue de rire, de chanter, de danser mais ce n’est plus réellement moi. C’est quelqu’un d’autre. Une personne qui porte en elle une grande cicatrice.

Ca fait un an que ce blog existe. Et il prendra fin. Parce que je suis rentrée dans une période où je n’ai plus grandement envie de raconter quoi que ce soit, parce que je me demande seulement si j’ai réellement envie de m’en souvenir.

C’était un réel traumatisme. Et personne, jamais, ne mérite de vivre un truc pareil.

Merci à ceux qui ont lu mon blog, qui sont seulement passé dessus. Ca fait du bien de revenir sur certains trucs. D’autres sont trop douloureux.

Désolation

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J’ai éclaté en sanglots, hier, en regardant les images de la prise d’otage. J’avais l’impression que le monde tel que je l’avais toujours connu, le monde dans lequel j’étais née venait de disparaître. Dans ma tête, c’était un peu comme si la Terre s’était arrêtée de tourner. J’étais assise dans mon canapé, devant la télé, mon smartphone dans les mains à suivre les actualités sur les réseaux sociaux et j’étais en train de me demander s’il y avait réellement des gens à l’extérieur qui faisaient des choses normales comme travailler, faire leurs courses, rire et s’amuser. Ca me semblait presque impossible alors que moi, devant mes deux écrans, je retenais mon souffle en me disant que tout ceci serait peut-être dans les livres d’Histoire dans quelques années. Etions-nous réellement en train d’entrer en guerre ? A quoi l’avenir allait-il bien pouvoir ressembler ? Quelle serait ma place, dans ce triste contexte ?

Avec ça, pour la première fois, Laurence était la dernière personne avec qui j’avais envie de parler et pourtant, elle ne m’a pas lâché de la journée. Les propos qu’elle a tenu m’ont pour le moins écoeurée. Au début, elle a commencé à me dire que pour elle, la liberté d’expression avait des limites. J’ai vivement répliqué : NON ! Elle n’en a pas. Ou que très peu. Le droit à l’image et à la vie privée. C’EST TOUT !! Et ensuite, elle a continué à me dire que si, Charlie Hebdo avait dépassé les limites et que les journalistes l’avaient bien cherché, de toute façon, sans pour autant qu’elle soutienne les extrémistes. Pour tous ceux qui savent à quel point je suis proche de Laurence, j’ai eu le sentiment qu’à ce moment-là, un énorme fossé nous séparait et qu’on ne se comprenait plus l’une l’autre, alors qu’on avait l’habitude de penser toujours pareil. Qu’est-ce qui avait bien pu se passer ?

J’étais tellement dépassée par ce qu’elle disait, par la cruauté de ses réflexions, de lire que ça ne lui faisait ni chaud ni froid qu’ils soient morts que j’ai cessé de lui répondre au bout d’un moment, renonçant à lui faire entendre mon point de vue. Alors je suis allée voir ma mère et on a regardé les infos. Je n’ai dit à personne à quel point j’étais touchée mais étant donné que je suis en larmes à écrire cet article, je me rends donc bien compte que ça m’affecte plus qu’à d’autres. Est-ce que je suis hypersensible où est-ce que c’est normal de ne pas vouloir vivre des choses pareilles ? Qu’est-ce qui rend les gens aussi haineux ? Est-ce que c’est la perte d’espoir en tout qui fait qu’on en veuille, un jour, à la terre entière ?

Hier soir, on est sortis faire un bowling avec ma sœur, Loïc et ma cousine Fanny. On m’a demandé pourquoi je n’avais pas proposé à Laurence de venir. Je n’ai rien dit. J’ai le cœur brisé par tout ce qui passe. C’est injuste pour toutes ces familles en deuil, c’est injuste pour ce peuple musulman pointé du doigt, c’est injuste pour ce pays entier qui tremble pour les jours à venir. Et je ne supporte plus d’entendre la moindre dispute. Je n’y arrive plus. Le moindre cri me donne envie de supplier d’arrêter et j’en ai assez de voir les gens se faire la guerre pour rien. J’ai envie de dire : « Bordel, si ça te plaît pas, trace ton chemin mais ne fais pas des choses comme ça. ».

Moi qui ai toujours eu horreur de la violence, j’en ai vu trop, en trop peu de temps et je ne supporte vraiment plus. Sur la route, dans les rampes, on a droit à une superbe vue : l’Ile, délimitée par la mer. Et la nuit, avec toutes les lumières, c’est encore plus beau. Je me suis demandé combien de temps ça resterait comme ça… Et soudain, l’idée que je ne vivrai peut-être pas dans ce monde-là encore très longtemps m’a frappée. Et m’a terrorisée !

« Lorsque le pouvoir de l’amour surmontera l’amour du pouvoir, le monde connaîtra la paix. »

C’était STANement romantique !

Tout d’abord, je tiens à dire que si vous êtes venus chercher une histoire d’amour qui finit bien, vous vous êtes trompés de blog. Les histoires d’amour, c’est pas fait pour Bibi Moulin. J’ai fini par m’y faire, avec Alexandre. D’ailleurs, pour bien comprendre l’histoire, je vais devoir parler de lui un tout petit peu.

Mais vous devez surtout savoir que c’est probablement l’article le plus long que je n’ai jamais écrit. Mais si jamais vous lisez jusqu’à la fin, je serai tout d’abord très touchée (et surprise, aussi, très surprise) mais j’aimerai beaucoup que vous répondiez à la question par message ou commentaire : « Est-ce que vous auriez écouté votre raison et auriez pris l’avion ou écouté votre cœur et pris le train ? »

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Quand je suis arrivée à Orléans, je vivais avec mon père, au tout début. Il avait quitté le domicile familial depuis trois ans et s’était installé là avec sa nouvelle copine. J’étais seule au monde. Et c’est à cette époque-là que j’ai réalisé que j’étais tombée amoureuse d’Alexandre. Et que je me suis dit que comme je l’avais toujours aimé sans pour autant être attirée par lui, maintenant que c’était fait, je ne pourrais plus jamais ne plus l’aimer. Vous suivez ? Bref. J’ai commencé à travailler au Mc Do en août. Le 6 août pour être plus précise. Et là-bas, on se fait des amis très, très vite. Aussi, je vais citer quatre personnes plus ou moins importantes dans l’histoire : Ronel, africaine hyper drôle, hyper gentille. Johanna, avec qui j’ai vécu pendant deux mois et à qui je dois beaucoup. Jeremy, qui a été la première personne avec qui je me suis entendue et Jana (se prononce « iana »), la slovaque, personne la plus gentille que j’ai pu rencontrer de toute ma vie entière.

Vous savez, je pensais que le jour où je rencontrerai l’homme de ma vie, le temps s’arrêterait pendant un tout petit instant, que j’aurais une espèce de flash rapide qui me montrerait que c’était bien avec lui que j’allais passer le restant de mes jours et que j’allais même avoir, accessoirement, le prénom de nos enfants.

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La première fois que j’ai vu Stan, j’allais entrer en service. J’étais dans la salle équipier, changée, prête à pointer, quand Ronel est entrée dans la pièce et dit :

_Hé, il y a un nouveau. Il est tchèque et il est trop beau !

Curieux, on a attendu ceux qui n’étaient pas changés et on est vite allés en cuisine, attendre l’heure pour pointer. Il était là, il parlait avec Jana. La seule qui le comprenait. La seule qu’il comprenait.

Ronel : Alors ? Il est pas trop beau ?
Moi (haussant les épaules) : Bah, gros cliché des pays de l’Est. Grand, blond, yeux bleus. Il est mignon. Mais c’est pas mon genre.

Ronel, de son côté, était fan amoureuse de lui. Elle l’appelait toujours « mon mari » devant les autres et on était toujours morts de rire. Comme mes jours de repos (samedi et dimanche) étaient les mêmes que ceux de Jana et Stan, on se voyait tous les jours et on travaillait toujours ensemble. Pendant les deux premières semaines, tout ce que Stan disait c’était :

_Saloute et bonne appétite. (« Salut et bon appétit », pour ceux qui n’auraient pas compris ;) )

Et personne ne peut résister à un accent comme ça. Parce que vous avez envie de lui prendre les joues et dire : « Tu es troooop mignon ! ». Ensuite, Stan est devenu pote avec Jeremy et Geoffrey. Oh mon dieu, j’ai oublié de parler de Geoffrey (Il n’est pas si important, vous pouvez sauter le passage en gris si vous ne voulez pas entendre parler de lui).

Non, mais il faut que j’en parle, de cet abruti. Quand je suis arrivée, le premier jour, il m’a fait pleurer. Il m’a traitée d’incapable et m’a dit que je ne servais à rien puisque je ne savais pas faire ce qu’il demandait qui était pourtant très simple. Maintenant, pour ma défense, je n’avais absolument aucune expérience. On m’avait mise au poste 1, celui où on fait les sandwichs les plus demandés (je sais même plus comment ils s’appellent, tellement je vais dans les fast-foods, à la base) avec Jeremy, qui passait son temps à traîner à droite et à gauche et mon formateur, dont j’ai oublié le nom et qui avait un handicap mental (ce n’est pas une blague). Bref, finalement, au troisième jour, je me suis retrouvée seule avec lui au déjeuner dans la salle équipier et on a appris à se connaître. Je m’entendais hyper bien avec Geoffrey, au début. On passait notre temps à chanter, il me draguait ouvertement mais je ne répondais pas à ses avances mais ça ne le dérangeait pas, il continuait quand même. Pour la fin de l’histoire, j’ai fini par apprendre, une semaine avant mon retour à la Réunion que cet enfoiré avait fait un pari sur ma tête comme quoi il « arriverait à me serrer en un mois ». Loupé ! Quand je suis rentrée, on a fait un Skype et là, il m’a fait une grande déclaration comme quoi il m’aimait et qu’il était prêt à quitter sa copine et me rejoindre si j’étais d’accord. Je lui ai dit que c’était hors de question. Il m’a renvoyé des messages privés sur Facebook pour me dire encore à quel point il m’aimait et finalement, sa copine l’a quitté. Trois mois après, il s’était excusé, il lui avait demandé de l’épouser et elle a accepté. Ca fait un an depuis le mois dernier qu’ils se sont rencontrés. Ils ont 22 ans. Ca va vite, oulala. Bref, revenons à Stan.

Stan est donc devenu pote avec Geoffrey et Jeremy. Et je suppose que c’est parce que je m’entendais bien avec les seules personnes avec qui il parlait (à savoir Jana, Jem et Geoffrey) que Stan a commencé à m’accorder sa confiance, aussi. On essayait de parler, en anglais ou alors quand Jana était là, elle faisait l’interprète. Jana était en France depuis un an, à l’époque parce que son mari était un joueur professionnel de hockey et qu’il avait été pris dans l’équipe d’Orléans donc elle l’avait suivi. Stan, pour la même raison. Mais dans une catégorie moins importante. Et comme le Mc Do était l’un de leur partenaire officiel, ils étaient obligés de les embaucher. Un jour, je sais plus où on allait mais j’étais en voiture avec Geoffrey.

Geoffrey : Tu craques pour Stan ?
Moi (sincère) : Euh… non. Pourquoi ?
Geoffrey : J’ai cru. De toute façon, t’as aucune chance. Il n’aime que les blondes très minces.
Moi (pensant) : Personne ne t’a demandé ton avis, espèce de sang de bourbe !

Vous avez reconnu Harry Potter ? Non ? Tant pis. Je m’en fichais de ne pas être le style de Stan. Surtout que je savais que ce n’était pas vrai parce que quelques jours plus tôt, je travaillais avec je-ne-sais-plus-qui et en face de moi, sur un autre grill, il y avait Stan et Jeremy et Jeremy n’arrêtait pas de me regarder et de répéter un truc en tchèque (que je n’ai jamais retenu, j’avoue). Et il souriait donc je pensais qu’il se fichait de moi, qu’il m’insultait. Alors je n’ai pas arrêté de l’appeler pour qu’il me dise ce que ça voulait dire. Et j’ai même fini par répéter le mot. Au cas où c’était une insulte, j’allais la leur retourner. A ce moment-là, Stan a passé sa tête, m’a regardé et a souri avant de répéter son truc tchèque. J’étais vraiment mal à l’aise. Mais le lendemain, à une soirée, Jeremy a fini par me dire que ça voulait dire « une fille magnifique ». J’étais toute contente. Parce que pour tout le monde, dans l’équipe, j’étais la « jolie métisse ». Mais savoir que c’était quelque chose que le bel étranger au corps de dieu grec pensait aussi, ça faisait plaisir. Pourtant, ça ne m’avait pas fait plus d’effet que ça. Ce qui m’en a fait, en revanche, c’est la première fois que j’ai touché Stan. De son vrai prénom Stanilav. Ca ne se prononce pas « Stanislave », ni « Stanislaf », ni « Stanislas ». Ca se prononce « Stanislao » (en avalant légèrement le « o »).

On travaillait à côté tous les deux, mais chacun faisait des sandwichs différents. On partageait juste la même salière. On en avait besoin en même temps, mais il avait été plus rapide, donc il l’a utilisée et me l’a tendue ensuite. Sa main a frôlé la mienne et je me revois parfaitement écarquiller légèrement les yeux de surprise parce que même s’il travaillait au-dessus du gril, sa main était glacée. Ca m’a vraiment surprise et il s’est réellement passé quelque chose dans ma poitrine à ce moment précis. Quand je l’ai raconté à Ronel, je lui ai dit que je pensais que Stan était un vampire. Je plaisantais, hein ! Elle a bien ri. Après ça, j’étais toujours contente de voir Stan et j’essayais toujours de lui parler. Du hockey, en général parce que j’allais voir leur match. Et que j’ADORAIS ça. C’est l’un de trucs qui me manque le plus de la Métropole. Je me suis vite rendue compte qu’à chaque fois que Stan me touchait, je ressentais la même chose que la première fois : mon cœur qui semblait s’arrêter de battre pendant un quart de seconde avant de reprendre sa course dans un rythme beaucoup plus rapide comme pour rattraper le temps qu’il avait perdu. Je ne savais toujours pas que je commençais à avoir des sentiments pour lui. Pourtant, j’aurais dû le deviner. Ca a été la période la plus longue pendant laquelle je n’ai pas parlé à Alexandre. Et je riais toujours plus avec lui, j’avais toujours envie de le voir et quand il était absent, je me disais que la journée n’avait aucun intérêt.

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Il y a une fois où je travaillais et j’ai senti une main se poser sur ma taille. Je ne l’avais pas encore vu mais je savais que c’était lui. Parce que comment mon cœur avait réagi, ça ne pouvait être que lui. Je me suis tournée vers lui et il était là avec son grande sourire : « Mode 2 » (ça veut juste dire qu’on passe d’une seule à deux personne sur le plan de travail). Mais il y aussi la fois où il était l’heure pour lui de partir et je lui ai demandé de rester encore deux minutes pour faire une nouvelle tournée de sandwichs sinon j’allais perdre la tête toute seule. Il a regardé l’heure sur la pointeuse et m’a regardé une nouvelle fois. Je me suis mordue les lèvres dans un sourire, fronçant les sourcils et penchant la tête sur le côté, comme pour le supplier. Il a fini par secouer la tête en souriant et se mettre à lancer les pains. Il ne faisait pas ça avec tout le monde. Il détestait tellement ce job que même pour l’argent, il ne serait pas resté une minute de plus après son service. Il l’a fait pour moi. Et il y a aussi eu la fois où je faisais plus rien, je m’ennuyais, alors je suis allée les voir, lui et Jeremy, en plein travail. Stan m’a vue et dit: « Mode 3 ? » j’ai secoué la tête pour dire « Non » et alors là, il a fait une moue boudeuse pour montrer qu’il était déçu. J’ai trouvé ça trop adorable. Et là, « trop » convient parfaitement parce que on devrait le condamner pour être aussi chou et gentil et sexy et… argh ! parfait, voilà !

En novembre, ça n’allait pas du tout. Johanna ne pouvait plus m’héberger, mon père m’avait mise à la porte (oui, c’est un… gentil petit chat. Pour ne pas dire autre chose. Plus aucun de mes frère et sœurs ne lui parle encore) alors j’ai appelé ma mère :

Moi : Maman, est-ce que je peux rentrer à la maison, s’il te plaît ?
Mamounette : Mais bien sûr. C’est ta maison, tu reviens quand tu veux.

Elle n’a pas posé une seule question et je ne lui ai rien vraiment dit jusqu’à ce que je sois rentrée.

Quelques jours après que je sache que j’allais retourner à la Réunion (même si personne n’était encore au courant), Stan a essayé de me demander quelque chose. Je n’ai pas compris. Pas exactement. Si je devais vraiment avouer ce que j’ai cru entendre c’est qu’il me proposait d’aller en ville. Il y avait le marché de Noël. Avec la grande roue et les lumières absolument partout. Enfin, la magie, quoi. Mais j’ai préféré dire que je ne comprenais pas plutôt que de passer pour la pire des gourdes si jamais il n’avait absolument pas dit ça. Croyez-moi, je regrette ! Haha.

Mais je vais maintenant raconter comment j’en suis venue à comprendre que j’avais un gros coup de cœur pour lui. J’étais venue voir ma patronne pour lui remettre une lettre de procuration. Elle déjeunait dans la salle avec le directeur adjoint et Stéphane, mon manager préféré. On a discuté une petite minute puis j’ai vu Stan à l’extérieur. On était mardi. J’ignorais si j’allais le revoir avant mon départ, le lundi d’après. Il allait partir alors j’avais envie de courir lui parler mais mes anciens boss avaient un millier de choses à me dire. J’étais hyper nerveuse, j’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, et eux, continuaient de me dire qu’ils espéraient que je donnerai de mes nouvelles, que j’avais de la chance de repartir au soleil et probablement pleins d’autres choses aussi, je n’écoutais presque plus. Finalement, un peu brusquement, je dois l’avouer, je les ai envoyés balader, je les ai salués et je me suis précipitée à l’extérieur voir Stan. Il faut savoir que ce jour-là, Ronel, était dans la salle aussi. Donc je suis sortie et Stan m’a vue. Il a souri et il s’est avancé. Il savait que j’allais partir. Jana le lui avait dit, je le lui avais répété. Jana avait pleuré. Et elle m’avait fait pleurer aussi parce qu’elle m’avait dit, au tout début de quand on commençait tout juste à se parler, qu’elle ne pleurait jamais. Juste quand une personne proche mourrait. Mais que sinon, elle n’était pas sentimentale. Et quand un jour, je m’étais mise à pleurer, elle était venue me consoler en disant : « Faut pas pleurer. Ca fait couler maquillage ». Un ange. Et son français parfaitement imparfait la rendait encore plus adorable. Le jour où elle m’a dit au revoir, elle a pleuré. Et je me sentais immonde à faire pleurer une personne comme elle. Ca m’a brisé le cœur. Elle arrêtait pas de répéter « Je pleure pas, je pleure pas. J’ai poussière dans l’œil. Regarde ». Elle est partie et Ronal m’a dit qu’elle avait encore pleuré dans la salle équipier.

Donc j’étais face à Stan. Je n’ai rien dit et lui non plus. Il a juste passé son bras autour de ma taille et il m’a serré contre lui avant de m’embrasser sur les joues. Encore une fois, j’ai eu cette étrange mais merveilleuse impression que mon cœur s’était arrêté un moment, comme le temps, pour profiter de ces quelques petites secondes d’éternité. En tout cas, je pense que ça restera éternellement dans ma mémoire.

Quand on s’est séparés, c’est moi qui ai parlé. J’ai articulé:

_Merci. Pour tout. (Il a compris) Je te souhaite le meilleur. Bonne chance (Il n’a pas compris) Et courage pour le hockey et le Mc Do (Il a compris).

Je me souviens, il a répété « courage » en hochant la tête dans un sourire. Faut dire entre son boulot qu’il détestait et l’équipe de bras cassés dans laquelle il était, il était désespéré le Stan. C’est un très bon gardien. Il bloque la plupart des tirs et quand il en encaisse un, il secoue toujours la tête en donnant un petit coup de crosse sur la glace. Un jour, il racontait à Jana (et Jana m’a racontée) qu’il jouait dans une autre ville et il a reçu un palet dans le cou. Il a perdu connaissance et s’est réveillé à l’hôpital, complètement paniqué parce qu’il ignorait complètement où il était.

Peu importe. Il m’a demandé quand est-ce que je partais. J’ai répondu samedi. Parce que je pensais partir samedi. Il m’a demandé si j’allais faire une fête avant et j’ai répondu que non, je ne pensais pas avoir le temps. Ensuite, il m’a dit qu’on garderait contact par Facebook et il m’a de nouveau serrée dans ses bras.

Jeremy, à l’autre bout de la terrasse, a hurlé: « Hey ! C’est pas fini la drague tchèque, là !? », on l’a juste ignoré. Puis Stan est parti, il a quitté la terrasse et moi je suis restée à ma place, le regardant s’éloigner. Il s’est retourné deux fois et il a agité la main en souriant légèrement.

Ensuite, je suis allée rejoindre Jeremy et Laura, une fille que j’aimais bien aussi et je suis restée là avec eux jusqu’à ce que Ronel arrive.

Ronel : Tu crois que je t’ai pas vue avec Stan, là ? Tu as parlé avec ce mec plus de deux minutes, dis-moi c’est quoi ton secret !
Moi : Je crois que je suis amoureuse de Stan. Il est trooop chouuu !

Tout le monde a éclaté de rire. Ronel aussi. Ensuite elle m’a menacé de me tuer avec son sac à main. Je ne pensais pas du tout ce que j’avais dit. Moi amoureuse de Stan ? Pff absurde, je pensais. Sauf qu’après ça, je n’arrêtais pas de penser à lui et j’ai fini par me dire « Oh-oh, je suis vraiment en train de craquer pour lui ! ».

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Le jeudi, on a fait une soirée. Et ce soir-là, alors que Jeremy m’avait offert deux roses, une rouge et une blanche, il a eu la merveilleuse idée de coucher avec Johanna alors que j’étais dans le lit avec eux. Je suis allée m’asseoir par terre et j’ai mis Fight Club hyper fort pour couvrir leurs bruits. Sans succès. Après leurs petites affaires, eux se sont endormis. Moi, alors que j’étais hyper fatiguée, j’ai fait une nuit blanche. Dès que le soleil s’est levé, en larmes et tremblante par rapport à ce qu’ils avaient osé me faire, j’ai cherché à fuir l’appartement. J’ai pris mes roses que j’ai jetées dans la première poubelle, et j’ai appelé Ronel.

Moi : Tu devineras jamais ce qui s’est passé hier soir. Johanna et Jeremy ont couché ensemble alors que j’étais là, quoi. Je leur ai demandé de faire ça quand ils seraient seuls mais rien à faire. Je les déteste. Je déteste tout le monde. Je veux plus voir personne.
Ronel : Attends, calme-toi. Passe chez moi. On ira boire un chocolat. Je t’invite, t’en as besoin, tu vas tout me raconter.

Chocolat chaud et muffin au chocolat au cas où ça ne va pas. Ca ira mieux après. Et avec une amie très drôle, ça passe très bien, aussi. Elle a réussi à me remonter le moral. Et alors que je n’étais pas maquillée, que j’avais passé les deux dernières heures à pleurer, je suis arrivée au Mc Do et Stan a eu ce même sourire gigantesque en me voyant. Le même qu’à chaque fois. Il était beau. Jana a compris que ça n’allait pas.

Moi : Demande à Stan de frapper Jeremy pour moi quand il le reverra.

Stan a entendu son prénom, Jana lui a répété ce que je lui avais dit mais il a froncé les sourcils, il ne comprenait pas et Jana non plus. Donc j’ai expliqué et là, Jana a écarquillé grand les yeux, a tout répété à Stan et Stan est revenu en me disant : « OK ! » d’un air hyper sérieux. Ca m’a fait sourire.

J’ai disparu pendant les trois derniers jours. Je n’ai revu que Ronel et un autre pote. J’ai menti à tous les autres en disant que j’étais montée sur Paris en attendant mon vol lundi. Ce n’était pas vrai. Je suis restée à Orléans et j’ai remercié tous les dieux de l’univers de ne m’avoir fait croiser personne. J’ai envoyé un message à Stan, plus tard : « Coucou Stan. J’espère que tu vas bien. Je voulais te dire merci pour tout: pour ta gentillesse, ta bonne humeur et pour avoir pris ma défense face à Jeremy. Ne le frappe pas, je plaisantais ;) . Bisous ». Et il a répondu (grâce à son traducteur pas très performant, si vous voulez mon avis): « Heureux de vous connaître, que vous apporte le sourire à Mc Donald, le chant, la joie. Tu vas me manquer ;( <3 ». Il est juste trooooop chou ce message, non ? Moi je l’adore, il me fait trop rire.

La veille de mon départ, dimanche, donc, j’ai envoyé un message à trois personnes dont une plus qu’importante à mes yeux : Laurence. Je lui racontais en gros l’histoire Stan, que j’avais des sentiments et que je ne voulais plus partir. J’ai fini par poser la question qui me trottait dans la tête depuis des jours : « Est-ce que tu écouterais ton cœur et resterais quitte à abandonner ta famille ou est-ce que tu écouterais ta raison et prendrais l’avion pour lequel tu as déjà payé en sachant que ta mère t’attend dans deux jours ? » Laurence a répondu : « Moi je te dirai d’écouter ta raison et de prendre l’avion. Parce que si vous êtes faits pour être ensemble, peu importe quand, vous allez finir par vous retrouver. ». Les deux autres n’ont pas donné d’avis centré. C’était à moi de choisir. Elles avaient juste donné leurs conseils en pesant le pour et le contre dans chaque situation.

coeur et raison

Le lundi, j’étais à l’aéroport. J’ai déposé mes bagages en consigne et comme j’étais arrivée le matin et que mon avions décollait le soir seulement, j’ai passé une demi-journée sur le quai du train, à faire des allers-retours avec l’aéroport, fumant cigarette sur cigarette et me posant une grande question : « Qu’est-ce qui se passerait dans ma vie si je choisissais d’écouter mon cœur et que je récupérais mes bagages et que j’allais retrouver Stan pour lui dire que l’idée de lui dire au revoir pour une durée indéterminée, peut-être même pour une vie entière me faisait l’effet d’avoir un trou de la taille de la Terre dans le cœur ? ». J’ai continué d’envoyer des messages à Laurence.

Moi : Je crois que c’est l’homme de ma vie.
Laurence : Qui c’est qui te l’a dit ?
Moi (plaisantant) : La boule de cristal virtuelle sur ma tablette.

Vous savez, le truc qui donne des réponses aléatoires aux questions fermées… ?

Laurence : Si c’était vraiment l’homme de ta vie, je te dirais de rester.

Mais je n’ai pas pris le train. J’ai pris l’avion. Lorsque je me suis assise à ma place, j’ai éclaté en sanglots. Je m’en souviens comme si c’était hier alors que ça fait un an, tout ça. J’avais l’impression d’être la personne la plus triste de la planète. Et pendant mon voyage de quinze ou seize heures, avec deux escales, quand je ne regardais pas de films ou n’écoutais pas de musique, j’apprenais le tchèque.

Quand je suis rentrée, quelques jours après mon arrivée, j’ai discuté avec Stan. Je ne rapporte pas la conversation parce que son traducteur disait n’importe quoi haha. Mais en gros, il disait qu’un jour, il viendrait me voir à la Réunion et qu’il aimerait qu’on aille boire un verre ensemble. J’étais sur un petit nuage de coton rose. Il aimait toutes les photos de la Réunion que je postais. Malheureusement, je n’ai jamais revu Stan, il est retourné en République Tchèque et là-bas, il a rencontré une fille. Pas « très mince », normale, quoi, comme moi, mais blonde, en effet. Y a que ça, là-bas de toute façon haha. Et il est retourné à Orléans, avec elle, trois mois plus tard. Elle l’a fait, elle : Elle a abandonné tout pour rester avec le mec qu’elle aimait.

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Après ça, j’ai écrit un cahier à Laurence pour lui raconter cette histoire. Et voilà ce que j’ai dit :

« Je suis persuadée que dans la vie, il n’arrive qu’une seule et unique histoire qui sorte de la vie de tous les jours. Une histoire comme dans l’un de ses films devant lesquels tu te demandes inlassablement pourquoi l’héroïne n’est pas toi. C’est Stan mon histoire pas banale. Mais après, j’en sais rien. Peut-être que je ne suis pas amoureuse et qu’au fond, je cherchais juste une raison de rester en France, peut-être que ce n’est qu’un béguin, comme tant d’autres. Peut-être que c’est le bon et peut-être que je ne le reverrai jamais. Peut-être qu’un jour, je n’aurais plus le cœur qui s’agitera quand je verrai son nom dans mes notifications et peut-être même qu’un jour, j’en oublierai même son nom, tiens. Mais jamais je n’oublierai que pour un garçon étranger avec qui j’avais beaucoup de mal à communiquer et dont je ne connaissais rien, pour ce garçon-là, avec ses yeux bleus, son corps parfait et sa phrase philosophique tatouée sur le bras, pour lui, j’aurais été capable d’abandonner toute ma famille, rater un avion et sauter dans le premier train pour retourner le voir alors que j’ignorais quels étaient ses sentiments envers moi. C’est purement et simplement romantique, c’est pour ça que j’y crois. Parce que ça semble ridiculement insensé et complètement fou mais c’est bien trop beau pour être ignoré. C’est lui l’homme de ma vie. Charlie Chaplin a dit que le temps était un grand auteur : il écrivait les meilleures fins. Alors voilà, si dans quelques mois, un an ou deux, je déclare ne plus rien ressentir pour Stan, montre-moi ce cahier, mets-moi face à ma folie, ma stupidité, à mes grands espoirs ridicules mais en attendant, je veux juste que tu sois la gardienne de tous mes secrets. Et puis sérieusement, si c’est pas ça le grand amour, à quoi ça ressemble, bordel ?! ».

Laurence m’a passé le cahier parce que je le lui ai demandé mais je ne lui ai jamais déclaré ne plus rien ressentir pour Stan. Il a été la seule personne à me faire oublier Alexandre et aujourd’hui, c’est encore en pensant à lui qu’Alexandre est moins présent dans mon esprit. Je suis presque sûre que jamais personne ne perdra son temps à lire cet article jusqu’à la fin. Mais il fallait que j’en garde une trace, de mon côté.

On en reparlait avec Muriel, la dernière fois. Elle me disait qu’elle était sûre que si j’étais restée, j’aurais eu une histoire avec Stan. J’ai beaucoup pleuré, à cause de cette histoire parce que pendant longtemps, j’ai eu l’impression d’avoir pris la pire décision de toute ma vie. Mais je m’en suis sortie en réalisant que la vie était faite de choix, que j’avais fait les miens et que si je voulais que ça change, je n’avais qu’à en faire d’autres. J’ignore si je le reverrai un jour. Peut-être que sa blondinette tchèque est finalement la femme de SA vie. Et que moi, de mon côté, je n’ai pas encore rencontré le véritable homme de ma vie. Parce qu’il n’y a pas eu de flash avec Stan. Quoi qu’il en soit, c’est l’histoire qui me donne toujours des frissons. J’ai essayé d’écrire une histoire en m’aidant de ça, un jour. Je n’y suis pas arrivée. Parce que ça ne fonctionnait pas. Je me disais que rien ne pourrait battre l’original.

Après ça, j’ai écouté de la musique. Une chanson créole d’ici dit :

« Si ou veut aller, allé a ou mais si ou rode l’amour, reste là car ou conné si c’est pas ou, mi rêve pas, si lé pas ensemb’ ou ça ne m’intéresse pas. » Traduction : Si tu veux t’en aller, vas-y mais si c’est l’amour que tu recherches, alors reste ici. Parce que tu sais bien que si ce n’est pas toi, je ne rêve pas, si ce n’est pas avec toi, ça ne m’intéresse pas. ». C’est l’une des chansons qui a le mieux marché à la Réunion. Pix’L –Allé a ou. C’est l’une de mes chansons réunionnaises préférées.

Taïro –J’étais prêt : « Certains disent que c’est dommage, d’autres que c’est plus sage, d’autres que c’était écrit. Qu’il vaut mieux tourner la page, que je n’ai plus l’âge pour les larmes et les cris. Pourtant pendant mes naufrages c’est bien ton image qui éclaire mes nuits. Non vraiment, je ne sais toujours pas pourquoi je suis parti(e) »

Team BS –Case départ : « Quelques mots sur un papier, beaucoup d’espoir, c’est un aller sans retour à la case départ. Un peu de elle, de lui, de nous, beaucoup de toi, au cas où on se revoit à la case départ ».

Et vous, par message ou par commentaire, si jamais vous avez tout lu, dites : Vous auriez écouté votre cœur ou votre raison ?

Kit de survie pour un cœur brisé

Voici mon kit de survie après une rupture ou après que votre petit cœur ait prit un sacré choc.. Chacun le sien, après, mais pour moi, ça a marché. Et il ne m’a fallu que deux jours. Et pourtant, je continue de l’aimer… Toujours autant. Mais sans que ça me fasse mal, c’est possible, aussi.

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Etape 1 : Pleurer.

Si besoin, évidemment. Moi, j’en avais grand besoin. Pleurer, c’est un moyen d’évacuer. Alors pleurez autant que vous le voulez, aussi longtemps que vous le voulez. Et n’essuyez pas vos larmes tant que vous voulez continuer. Au moment seulement où vous voudrez cesser de vous apitoyer sur votre sort, que vous vous serez regardé dans votre miroir en disant : « Regarde-toi, bon sang, tu es pathétique », vous pourrez passer à l’étape 2. Sinon, ça ne sert à rien. Si vous n’avez pas envie de changer la situation, continuez de pleurer. Chacun son rythme.

Etape 2 : Relativiser.

Le premier jour, j’ai écouté Bob Marley No woman no cry et je me sentais vraiment mieux, même si j’avais encore le cœur gros et que les larmes traversaient encore mes joues par moment. Parce que quand Bobby dit « Everything is gonna be alright », on le croit. Et puis je suis allée chercher des citations sur les cœurs brisés aussi. Il y en a des milliers mais je vais en mettre une : « Une rupture est comme un miroir brisé. Il vaut mieux le laisser brisé que de se blesser à essayer de le réparer. ».
Dressez une liste, non pas des défauts de l’autre personne, mais du pourquoi ça n’a pas marché. Que ce soit de votre faute ou de la sienne, il y a bien des raisons qui ont fait que ça a foiré.

Etape 3 : Se changer les idées.

Voyez des amis, faites du sport, des loisirs créatifs… Occupez-vous l’esprit. J’ai lu dans l’article que j’ai cherché pour arriver à oublier une personne que pour éviter de penser à des souvenirs trop douloureux, il fallait se concentrer sur un truc bête comme ses pieds qui touchent le sol ou alors, plus simple, parler à haute voix. Dites par exemple : « Je suis là ! » ou encore « C’est ici le présent ».
Moi j’ai vu Romain et Julien et je n’ai pas regretté. Ca m’a fait un réel bien. Oubliez la chanson de Camélia Jordana qui répète « Non non non, je ne veux pas l’oublier, je ne veux pas m’habiller, je veux juste aller mal, il n’y a pas de mal à ça »… Non, il n’y a pas de mal à ça. Seulement, notre amie Camélia en est encore à la première étape. Vous, vous en êtes à la troisième alors on se bouge le popotin !! (Pour ne pas dire autre chose)
Surtout, ne pas se changer les idées en consommant drogues et alcool. Ca, ça ne marche pas !!! Pas longtemps, du moins. Et puis, ça va avec la première étape. On peut boire du vin ou s’empiffrer de chocolat avant de se regarder dans le miroir et se rendre compte qu’on est pathétique.

Etape 4 : Sortir et rencontrer d’autres personnes.

Soyez fraîches, belles et sexy lorsque vous sortez ! Ne vous laissez pas aller parce qu’une personne n’a pas/plus voulu de vous. Quelqu’un d’autre pourrait passer, vous voir et ZING !! (Mon mot pour dire « coup de foudre »). On ne sait jamais. Peut-être que vous rentrerez chez vous sans n’avoir croisé personne mais pour le jour où vous rencontrerez quelqu’un, ça serait bien de ne pas être habillée comme un sac à pain. J’ai entendu bon nombre de mes amis dire : « J’ai remporté la rupture. J’ai vu mon ex, la dernière fois… Hahaha, il/elle ne ressemble plus à rien ! ». Vous ne voulez pas qu’en plus, il ou elle vous voit en train de souffrir de la rupture, n’est-ce pas ? Alors montrez-lui ce qu’il/elle a perdu, bon sang !
Aujourd’hui, j’ai mis une petite robe d’été que mamounette a fait (toujours), j’ai lâché mes cheveux que j’avais préalablement lissés et je me suis maquillée avant de descendre en ville, retrouver Lisa. Le chauffeur de bus en service était carrément mignon. Je l’ai déjà repéré mais moi, je ne fais jamais le premier pas. En sortant du bus, au terminus, je suis passée par l’avant parce que j’étais plus loin de la porte arrière et j’ai eu droit à un sourire du dit chauffeur accompagné d’un « Au revoir, mademoiselle ! ». Et ça fait un bien fou. Les compliments, c’est toujours sympa ! Et j’en reçois presqu’à chaque fois que je sors. Aujourd’hui, un homme m’a dit : « Vous êtes ravissante ! ». Avant, je n’avais pas confiance en moi. Mais ça, c’était avant. Et lorsque votre vision sur vous-même change, celle des autres à votre égard change également. Faites le test, vous n’avez rien à perdre et tout à gagner.
Souvent, les compliments que je reçois viennent de personnes qui ne m’intéressent absolument pas, de pauvres gars qui traînent dans la rue et ne font que ça toute la journée. Mais il pourrait arriver un jour où il viendra de quelqu’un qui vous plaira carrément, et vous rentrerez chez vous avec un large sourire en étant alors convaincu(e) que la vie est belle. Je vous le promets.

Finalement, quand votre petit cœur aura arrêté de saigner et qu’il aura cicatrisé, vous pourrez alors écouter, chanter et danser sur la liste de chansons pour célibataires.

Chansons de célibataires.

Single Lady pour ceux qui aiment Beyoncé. Ce n’est pas mon cas. Mais c’est la chanson de célibataire de tout le monde, non ?

Single de Meghan Trainor. J’adore cette chanson. Elle me donne la pêche et me correspond bien.

I don’t need a man des Pussycat Dolls. Parce qu’on s’en sort très bien toute seule, d’abord.

Mon Coeur, mon amour d’Anaïs. Parce que ces couples débiles qui se roulent des pelles toute la journée se croient mieux que nous ? Pff, ils peuvent aller se faire cuire un œuf.

- A cause des garçons de Yelle ou d’un groupe qui s’appelle A caus’ des garçons. Peu importe. Celle de Yelle est plus jeune quand même… pour réaliser qu’au final, un mec, ça attire plus de problèmes qu’autre chose.

So what ? de Pink parce qu’il faut leur montrer que c’est fini mais qu’on va bien, qu’on continue de vivre et de s’amuser.

Survivor des Destiny’s Child. Chanson parfaite pour montrer que la vie ne s’arrête pas à la rupture.

Laisse tomber les filles de notre chère France Gall. Bon, le meilleur pour la fin parce que je trouve que pour toutes les filles qui se sont faites lâchement larguées, trompées, ou autre, c’est la chanson parfaite. La roue tourne, les loulous. « On ne joue pas impunément avec un cœur innocent ». Eh oui !

Ma liste s’arrête ici. Chacun la sienne, il y en a d’autres, je pense, des chansons pour célibataires.

 

Lisa : Qu’est-ce que tu feras si Alexandre revient ?
Moi : Il ne reviendra pas. Mais SI jamais il le fait cette semaine, je m’excuserai pour tout ce que j’ai pu dire. S’il revient la semaine prochaine ou même après, il sera en retard, il aura rompu sa promesse et je devrais alors me faire violence pour ne pas retomber dans ses bras.

J’ai été en colère contre Alexandre toute la journée d’hier. Dans mes larmes, je l’ai insulté et maudit. Aujourd’hui, j’ai eu le cœur gros en y repensant. Comment j’ai pu ?! Alexandre a été là pour moi lorsque personne d’autre ne l’a été. Je n’ai aucun droit de dire des choses pareilles. Je dois juste laisser couler, me dire que c’est fini, que c’est tant pis et que je peux encore remercier les dieux ou le destin tous les jours de ma vie pour l’avoir rencontré et me consoler en me disant : « C’était vraiment bien le temps que ça a duré. ». Et puis, il faut bien tourner la page si on veut connaître la suite de l’histoire. Même si cette maudite page semble peser une tonne. Il y aura pleins d’aventures qui valent la peine d’être vécues, derrière.

Un bon ami c’est…

… quelqu’un qui irait à votre recherche si vous étiez perdus. Mais un meilleur ami serait à vos côté, en train de dire: « Putain, on est où ?! »

Aujourd’hui, dans les médias, à la Réunion, on ne parle que d’une chose: le suicide d’un jeune lycéen de quinze ans et la vidéo qu’a publié sa meilleure amie, vivant en France, à douze mille kilomètres de lui, donc. Je l’ai regardée et c’était vraiment déchirant. Après ça, j’ai décidé, moi aussi, de dire certaines choses à Alexandre. 

Je ne m’attends pas à ce qu’il réponde. S’il lit le loooong message jusqu’à la fin, déjà, je pourrais m’estimer heureuse. Mais j’avais besoin de le faire. Voici le message:

« Coucou Alex ! Ca va être un hyper long message. Je ne sais pas si tu vas le lire. Moi j’avais besoin de l’écrire et de l’envoyer. Toi après, tu en fais ce que tu veux =)

Aujourd’hui, dans les médias, on ne parle que de la mort du jeune lycéen, là… Et la vidéo qu’a faite sa meilleure amie tourne partout, elle aussi. C’est après l’avoir vue que j’ai décidé de t’écrire ce message.
Je sais même pas comment commencer… Hum… Y a pas longtemps, je disais à ma cousine « Alex est important parce que j’ai l’impression qu’il a toujours fait partie de ma vie. Mes premiers souvenirs concrets remontent à l’école primaire et il était déjà là. Aujourd’hui j’ai vingt ans et je le compte toujours parmi mes amis. Imaginer un monde sans lui, ça me parait pas vraiment possible. ». Mais au final, on se voit plus. Tu fais toujours des promesses, souvent dans le vide, et moi, je continue de t’attendre, d’espérer te ravoir face à moi, un beau jour et pendant ce temps, jamais, pas une seule fois, ma confiance en toi n’a diminuée. Tu es la meilleure personne que j’ai jamais rencontrée, Alex. Tu es le « perfect guy » et je disais (à Laurence, toujours, ma cousine/meilleure amie) que la fille avec laquelle tu choisiras de passer ta vie sera la plus chanceuse du monde parce que tu es un mec génial, adorable, drôle, protecteur, tu es vraiment loin d’être stupide et tu peux même te montrer sensible. C’est pas mal, quand même. Je me suis toujours dit que dans les personnes qui ne t’aimaient pas il ne devait y avoir que les filles à qui tu avais brisé le coeur et les garçons qui te jalousaient.
La dernière fois qu’on s’est vus, ça remonte à plus de deux ans, au Duplex. Ce soir-là, je t’ai dit que tu me manquais, que j’étais triste parce que je t’avais perdu et tu m’as assurée que ce n’était pas le cas, tu as promis qu’on se reverrait. En rentrant, le lendemain, à la radio ils passaient la chanson de Vanessa Paradis: « On s’est connus, on s’est reconnus, on s’est perdus de vue, on s’est reperdus de vue, on s’est retrouvés puis on s’est séparés. Chacun pour soi est reparti dans le tourbillon de la vie. Je l’ai retrouvé un soir aie-aie-aie, ça fait déjà un fameux bail. ».
Je ne sais pas si c’est l’âge, le temps passé ou je ne sais quoi d’autre mais pour la première fois, j’ai plus d’espoir te concernant. Je serai toujours et à jamais incapable de t’en vouloir pour quoi que ce soit mais j’ai appris à considérer le fait qu’un jour (qui, entre nous, arrivera peut-être prochainement) tu ne fasses plus vraiment partie de ma vie parce que ça ne mène plus nulle part, c’t'histoire. Tu manques trop de choses. J’en manque aussi, certainement. J’avais tellement de trucs à te dire, si tu savais. Tu me manques beaucoup, Alex. 
Alors toi qui donne rarement des nouvelles et moi qui cessera d’en donner aussi, ça fera qu’inévitablement, dans un an, on ne saura plus rien l’un sur l’autre… L’idée même m’effraie mais peut-être que ça devait se finir comme ça, j’en sais rien. Ca fait peut-être partie du lot « on grandit », je ne sais pas non plus.
En tout cas, avant que ça arrive, je voulais juste que tu saches à quel point tu comptes pour moi, malgré tout, je voulais que tu voies quelle formidable personne tu es à mes yeux. Et si jamais ça devait vraiment se terminer là, en conclure par te souhaiter le meilleur des meilleures surprises que la vie peut réserver, chou ! Je t’aime fort ! »

Si jamais il répond un jour, peut-être que je ré-écrirai un article pour en parler mais sinon, je ne pense pas reparler beaucoup de lui dans les prochains chapitres. L’avenir nous le dira. 

Aujourd’hui était aussi le jour où j’ai envoyé Cécile se faire f**tre. Les gens savent (généralement) que quand je tourne le dos à quelqu’un, il a 98% de chance que ce soit définitif. Je préférerai toujours être seule que mal accompagnée, je déteste l’hypocrisie et je suis quelqu’un de franc ! Alors qu’on essaie pas de me la faire à l’envers. Malgré ça et même si vous pensez que je dois être une personne détestable qui hait le monde entier, vous êtes loin de la vérité. J’ai fait des dons à des associations pour la recherche contre le Sida, j’ai voulu donner mon sang mais je ne peux pas car je suis anémiée et je manque moi-même de globules rouges donc comme a dit mon médecin: « C’est très gentil de votre part mais on ne va pas vous enlever ce qui vous manque déjà », j’aide les vieilles personnes à porter leurs courses quand je les vois en difficulté dans la rue… Et je suis naïve dans le sens où pour moi, « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Et je me fais souvent avoir. Mais je reviendrai là-dessus plus tard. Revenons-en à Cécile. 

Qui est-elle ? C’est une lesbienne de vingt-cinq ans que j’ai rencontré au lycée, dans ma classe de Première.
Que faisait-elle dans ma classe de Première à vingt-et-un ans ? Elle revenait d’Australie et voulait absolument un diplôme français. Et comme mademoiselle aime les filles plus jeunes qu’elle, le lycée, c’était l’endroit idéal pour elle. 
Que s’est-il passé ? Cécile et moi sommes vite devenues inséparables, on habitait près l’une de l’autre, on aimait boire de l’alcool, ça rapproche les gens, vous savez ? Bref, un an après l’obtention du Bac, en 2013, donc, je suis allée à Orléans pendant qu’elle allait au Canada. Pendant que je passais ma vie à faire la fête, à vivre pleinement ma vie d’adolescence un peu fofolle, ma gentille camarade, elle, rechutait dans la cocaïne (oui, elle avait déjà sombré en Australie, là où elle était quand elle ne passait pas son Bac à l’âge normal). Je suis rentrée à la Réunion en décembre 2013 et elle en juin 2013. Elle n’a pas fait de cure, était dans un état cadavérique et qui l’a soutenue pendant des mois sans jamais la laisser tomber même si tout le monde disait qu’elle était instable ? C’est Bibi ! Et oui, les loulous ! Aujourd’hui, après que j’aie passé des nuits blanches à écouter cette p… gentil petit chat me raconter tous ses soucis, après avoir supporté qu’elle perde connaissance devant moi et accepté de ne rien dire à sa mère, après l’avoir accompagnée trois fois par semaine dans des bars et essayer de la faire arrêter de boire, après avoir risqué ma vie en prenant le volant avec elle alors qu’elle avait avalé pas moins de cinq ou six verres de rhum, cette chère Cécile décide d’arrêter de me parler. 
Pourquoi donc a-t-elle fait ça ? Parce qu’elle n’est qu’une arriviste, égoïste et ingrate. Qu’elle a repris les cours, qu’elle s’est trouvé une nouvelle amie (une fille que je déteste et que je le lui avais dit. Le jour où elle l’a rencontré, Cécile a dit: « Je suis dans sa classe. Elle est gentille, en vrai. » Ah. Grand bien te fasse.) qu’elle connaît depuis trois jours (ce n’est pas ironique, elle la connaît depuis lundi, on est mercredi, ça fait bel et bien trois jours), elle n’a plus besoin de Bibi. 

Je dois avouer qu’au début, ça m’a fait du mal, je me suis fait violence pour ne pas pleurer, en me disant qu’elle ne me méritait définitivement pas. Et ensuite, une amie, une vraie: Muriel, m’a dit: « Je veux pas être méchante, mais tu devrais plutôt être contente de sortir de toute cette histoire. Elle t’apportait rien de bien. ». Et je sais mieux que personne qu’elle a absolument raison. Elle peut maintenant aller se faire… cuire un oeuf. Je ne lui souhaite pas de mal. Je me souhaite du bien à moi. Parce que je sais qu’à aucun moment dans cette histoire, j’ai agi de la mauvaise façon. Je savais que je servais toujours de bouche trou quand son meilleur ami (un enfoiré qui trompe sa copine, une fille adorable, avec une fille lesbienne qui… parfois ne semble pas l’être tant que ça) ou son plan cul (l’ex de Cécile, qui trompe sa copine (une honnête fille bien dans sa tête, parce qu’elle a aussi été trompée dans le passé, par Cécile, notez-le, et donc elle se venge, à son tour. Ne cherchez aucune logique aux histoires de lesbiennes, il n’y en a pas. Ce sont les plus compliquées que vous n’entendrez jamais et moi, j’en ai marre de suivre) ne pouvaient ou ne voulaient pas sortir. Encore une fois: qui était là quand il n’y avait personne d’autre ? Bibi ! Et apparemment, pour quelqu’une, ça méritait d’être lâchement jetée comme une vieille chaussette sale ! Il y a des jours, je vous jure. Je dis ça mais même mes chaussettes sales je les traite mieux. J’ai été jetée comme une vieille boîte de conserves, voilà ! Mais je m’en remets. 

« La différence entre l’amour et l’amitié c’est qu’il ne peut y avoir d’amitié sans réciprocité. »

 

Oh mon dieu, Alexandre a répondu ! Je l’aiiiiime-euh ! Définitivement la meilleure personne du monde ! Comme a dit quelqu’un: « J’ai dû faire quelque chose de vraiment bien pour mériter de t’avoir dans ma vie ». 

Je reviendrai là-dessus plus tard, demain, probablement. Je vais me coucher heureuse ! De qui d’autres aurais-je donc bien besoin quand lui est là ? C’est pas fini ! HEY LES GENS !!! C’EST PAS ENCORE FINI !!!

                                              .citations-amis-img.

Alexandre (version abrégée haha)

On dit que, parfois, nos rêves sont, en fait, des souvenirs de nos vies antérieures. Si cela est vrai, alors ça doit être ce que j’ai fait cette nuit. J’espère, en tout cas, que ce n’était pas un rêve prémonitoire. Je raconte.

Alors que ça faisait quelques semaines que je me battais avec mes sentiments pour Alexandre, c’est de lui dont j’ai rêvé cette nuit. Et quel rêve. Je ne me rappelle plus très bien avec qui j’étais. Laurence, peut-être ? Muriel ? Allez savoir ! Quoi qu’il en soit, je patientais sur une ligne, à côté d’un tas d’inconnus alors qu’en face, une autre ligne se formait. Là, il ne s’agissait pas de réels inconnus puisque c’était la famille d’Alexandre. Finalement, cet idiot est arrivé et il a serré son père dans ses bras. Une longue accolade. Puis ce fut au tour de son cousin, puis de sa soeur, puis de sa mère. Je me demandais à quel moment ce serait mon tour. Est-ce que seulement mon tour allait finir par arriver ? Je ne savais jamais avec Alexandre. Finalement, alors que je jetais des regards furtifs autour de moi parce que je l’avais perdu de vue, j’ai senti un doigts s’enfoncer dans mes côtes. Je me suis retournée et il était là, à me sourire de toutes ses dents de sa dentition parfaite. Il était toujours aussi grand, toujours aussi musclé, toujours aussi parfait. Toujours le même. Je l’ai serré dans mes bras et il m’a soulevé de terre puis je l’ai de nouveau serré contre moi.

Moi: J’arrive même pas à savoir si c’est réel ou pas, Alex.
Lui (après avoir eu un petit rire gentil): J’étais sûre que tu allais dire quelque chose comme ça. Tu te poses toujours trop de questions, toi !
(A noter: Dans mon rêve, je me suis quand même demandé si je rêvais ou pas et cet… ce gentil petit chat ne m’a pas dit clairement que non, ce n’était pas réel et que je devais vite me réveiller avant que mon réveille ne sonne et que je finisse par éclater en sanglots.)
Moi: Alex, tu as l’air bizarre. Qu’est-ce qui se passe ? Ca va en ce moment ?

Lui: Non, pas vraiment. J’ai eu des soucis depuis quelques temps. Des menaces et des trucs comme ça. Ils s’en prennent à ma soeur, maintenant. Ils disent que c’est une pute, ils lui ont cassé sa voiture.
Là, choc ! C’était moi qui avais bousillé la voiture de sa soeur avec Laurence pour me venger du fait qu’Alex ne me donnait pas de nouvelles. Je pensais que c’était sa voiture à lui, je n’ai pas fait gaffe. Oops. On a fini par se séparer, sans qu’il me dise ce qui se passait exactement. Du coup, je suis partie à la recherche de quelqu’un qui aurait pu m’informer.
Dans la vraie vie, on me surnomme « L’enquêtrice », parfois, parce que quand je veux savoir quelque chose, je finis toujours par obtenir les informations que je cherchais.
On était désormais en boîte (Oui, ça vous arrive aussi, à vous, dans vos rêves, d’atterrir dans un endroit qui n’était pas du tout celui dans lequel vous avez débarqué ?). J’ai croisé Romain, qui m’a salué rapidement (Bizarre, on est un peu inséparables dans la vraie vie et là, à peine s’il s’arrête pour me faire la bise), Cédric et Julien (qui dansaient très… gayment, bien qu’ils soient hétéros dans la vraie vie. Ne cherchez pas. Dans mes rêves, ça va loin. Très loin !) et enfin Thibaud, que je n’ai pas vu en vrai depuis au moins quatre ans. Le franco sicilien avait un style absolument génial ! Je le trouvais trop sexy dans sa cape noir, avec les cheveux ébouriffés et un anneau dont pendait une petite croix en argent accroché à l’oreille droite. On s’est salués aussi, en riant (histoire marrante que je raconterai peut-être un jour entre Thibaud et moi) et enfin, je suis allée trouver Le Rouquin. C’est lui qui allait me donner des informations. 

Moi: Hey ! Ken ! Il se passe quoi avec Alex ? Pourquoi des mecs lui en veulent ?
Lui: Haha ! Tu viens me voir que pour ça ?
Moi: Tu ne m’intéresses plus, Ken, et tu le sais. Je te parle d’Alex, là. Tu sais quelque chose ou pas ? 
Lui: C’est dommage. Tu connais Alexandre. Il a joué avec une fille sauf que c’était pas la bonne. Son frère n’est pas un marrant et il cherche Alex depuis au moins trois mois. C’est pour ça qu’il est revenu à la Réunion (Oui, je vis à l’Ile de La Réunion).
Au moment où il disait ça, des cris ont retenti dans la salle et j’ai vu Alexandre s’effondrer sur le sol. J’ai voulu courir pour le voir mais je suis moi-même tombée. J’avais l’impression de ne plus pouvoir bouger, j’entendais vaguement des voix paniquées qui disaient qu’une ambulance arrivait puis plus rien. Quand je me suis réveillée à l’hôpital, je n’ai pas cherché à savoir ce que j’avais, ce qui s’était passé, je voulais juste qu’on me dise comment allait Alexandre. C’est là qu’une infirmière m’a dit que j’avais eu le « syndrome du coeur brisé » et que j’avais des examens à passer. Je me suis levée du lit, malgré ses interdictions et j’ai erré dans l’hôpital à la recherche de quelqu’un qui voudrait bien me dire ce qu’il en était d’Alexandre. Je voulais juste qu’on me dise qu’il allait bien. Une autre infirmière m’a vue et entendue.
L’infirmière: Vous n’aurez ces informations qu’une fois vos examens passés.
Moi (hurlant et perdant toutes mes bonnes manières): Allez vous faire foutre avec vos putains d’examens.
J’ai couru dans les couloirs en hurlant son prénom, espérant qu’il l’entendrait, qu’il me répondrait. Finalement, j’ai entendu la seconde infirmière demander à la première une seringue pour me calmer. Je suis tombée par terre, et l’infirmière que j’avais insultée s’est penchée vers moi.
L’infirmière (chuchotant): Calmez-vous. Ils vont croire que vous êtes folle et ça se passera moins bien.
Moi (suppliant et pleurant): C’est Alexandre. J’ai juste besoin de savoir comment il va.
L’infirmière: Il est vivant et il va s’en sortir. Sa tête a heurté le sol et il était en état d’ébriété mais tout va bien. Il va s’en sortir.
J’ai alors poussé un long soupir de soulagement et je me suis jeté dans les bras de cette infirmière pour pleurer encore.

En me réveillant, plus tard, j’ai repensé à ça et j’ai pleuré pendant un quart d’heure, au moins. Je vous explique.
Alexandre et moi nous connaissons depuis que nous avons trois ans. C’est la personne que je préfère sur toute cette planète. C’est triste à dire mais il y a encore un mois, j’aurais été prête à sacrifier le monde entier juste pour le sauver lui. Ado, j’étais le vilain petit canard. Acné florissante, style vestimentaire plus que douteux, cheveux bouclés et frisés totalement indomptables… Alexandre, lui, a toujours été le beau gosse: grand, sociable, les cheveux noirs en bataille, sportif, charmeur, drôle et il était loin d’être le dernier de la classe, sans non plus être dans les cinq premiers. Il s’est fait remarqué dès son entrée en Sixième parce que son cousin était en Troisième et il s’est vite fait de nombreux amis dans ces eaux là. Alors qu’à l’école primaire, j’étais sa grande amie, sa confidente, celle qui prenait toujours sa défense et le sortait d’histoires stupides, au collège, bien qu’il continuait de passer quelques temps avec moi, ce n’était plus du tout comme avant… jusqu’à ce qu’on arrête, un beau jour, de se dire bonjour. On était devenus presque de parfaits inconnus. On ne s’est plus parlés pendant la deuxième moitié de la Sixième, pendant notre Cinquième et j’ai fait ma Quatrième à Bordeaux donc aucune chance de le croiser. Le destin nous a réuni de nouveau en Troisième. Je suis retombée dans sa classe. Tout est reparti: les confidences, les quatre cent coups, les « T’es vraiment nul de t’être embarqué là-dedans, Alex ! Heureusement que je suis là » et les « Si jamais t’as un problème, je suis là, tu le sais, hein ? Tu peux tout me dire ! » (Ca c’est lui qui disait ça. Il était parfait, je vous dis). En Troisième, jamais personne ne m’a demandée si j’étais amoureuse d’Alexandre. Je ne l’étais pas. J’ai passé notre année scolaire à essayer de le faire sortir avec Marie (et j’ai réussi) et j’étais heureuse pour lui. On s’est séparés au lycée, je suis allée dans un lycée artistique, lui dans le lycée de secteur et là, on ne s’est quasiment plus vus. Mais le fait est que je n’accepte pas qu’il arrive quelque chose à Alexandre. Genre, une fois, on avait été faire du basket sur le terrain à côté du lycée et Alex devait porter les ballons sur le chemin du retour. Sauf qu’il y avait un trou et que l’un des ballons s’est échappé et a dévalé la pente. Alexandre a couru pour le rattraper et au bout d’un moment, on a entendu un gros « BOOM« . Mon coeur s’est arrêté et je me suis mise à pleurer en murmurant « Alex, putain ! C’était pas lui, hein ?! » tout le monde me disait que non, que c’était le ballon qui avait heurté la voiture et pas Alex mais je tremblais et je ne me suis calmée que lorsque j’ai vu Alex arriver, sain et sauf. Là seulement, mon coeur pouvait battre à nouveau. Il m’a vue, Marie lui a expliqué et là il a éclaté de rire avant de me regarder et dire gentiment: « Tu es folle. Je vais bien. » et on a repris le chemin ensemble.
En Terminale, alors que je sautais partout dans le lycée en disant que j’avais eu mon Bac, une amie est venue me voir et m’a dit: « Bibi, Alex a pas eu son Bac. Il ne passe même pas au rattrapage. ». En oubliant de fêter ma réussite, j’ai pleuré pendant un moment en pensant à Alexandre. Je l’ai vu, peu de temps après, par hasard, dans une boîte à cent kilomètres du village où on vivait tous les deux (dans lequel on ne se croisait jamais). Ce soir-là, on a eu une conversation que je n’oublierai jamais.
Moi: La seule chose que je regrette dans le fait de ne pas être allée dans ton lycée, c’est que je t’ai perdu de vue, Alex. Je t’ai perdu.
Lui: Mais n’importe quoi. Le monde est petit, Bibi. Regarde où on est ! Tu m’as pas perdu.
Moi: Je t’aime.
Lui: Mais moi aussi je t’aime.
(En fait, la chose à savoir c’est qu’on se disait tout le temps « Je t’aime », sans ambiguïté, on savait que ce n’était que de l’amitié mais ce soir-là, ça faisait tellement longtemps que je ne le lui avais pas dit que j’ai voulu rajouter « fort » derrière mais j’avais la gorgé tellement nouée qu’il a eu le temps de me dire qu’il m’aimait aussi avant que je puisse achever ma phrase.).
Moi: Tu me manques. Promet-moi qu’on va se revoir.
Lui: Promis. Là, je suis encore là mais on se revoit très bientôt. Tu as quoi dans ton verre ?
Moi: De la vodka redbull.
Lui: Tu m’en donnes un peu ?
C’était Alexandre. Il faisait toujours de belles promesses. Qu’il ne tenait jamais. Je ne l’ai jamais revu. Un an plus tard (il y a un an, donc), j’ai réalisé que je l’aimais. Alors que ça faisait seize ans que je le connaissais, seize ans que je l’avais eu en face de moi sans éprouver quelque chose de spécial et maintenant que je ne le voyais plus… J’ai mis ça sur le compte du manque. On se parlait au moins une fois par mois, sur Facebook, souvent mais jamais mes sentiments ne se sont envolés et jamais je ne le lui ai avoué. Il est sorti avec Marie pendant trois ans, puis ils se sont séparés. Depuis, les relations sérieuses, Alexandre, il ne connaît pas. Il est toujours aussi grand, toujours aussi beau, mais maintenant, il est incroyablement musclé et il est tatoué, en prime. Des conquêtes, il en a. Et même si je sais qu’Alexandre m’aime, même si je sais qu’il n’accepterait pas que qui que ce soit me fasse du mal, il ne partage pas mes sentiments alors ça fait un mois et demi que je ne donne plus de nouvelles et j’essaie de l’oublier. Mission impossible, un peu, mais bon, on fait ce qu’on peut. Ca peut paraître long, comme article mais pour moi, ce n’est même pas 10% de l’histoire que je viens de raconter. Je ne devais pas parler de lui aujourd’hui mais mon rêve en a décidé autrement…
Vous savez ce que je crois ? Ce n’était pas un rêve d’une vie passée. J’ignore ce que c’était et je ne suis pas sûre d’avoir envie de le savoir, non plus. Je crois que c’est impossible d’imaginer pour qui que ce soit ce que c’est de ne plus avoir ce gars-là dans ma vie. Il y était depuis que ma vie avait véritablement commencée: depuis mes trois ans. Il avait toujours été là et maintenant, je dois apprendre à vivre sans lui et c’est peut-être tout ça qui me rend triste. Alexandre était le grand amour de ma vie mais il n’est pas l’homme de ma vie, faut croire.électrocardiogramme

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