« Mon meilleur amour »

C’est une chanson d’Anggun. J’adore ce qu’elle fait !

Aujourd’hui, je suis venue écrire dans la catégorie « J’ai fait un rêve » parce qu’il y en a trois que je n’ai pas raconté.

Alors le premier, franchement, il a fait rire Laurence et on en a convenu toutes les deux que mon subconscient était sacrément dérangé.

Alors j’étais chez moi, dans la salle à manger de l’étage et Laurence et moi étions attablées devant une carte au trésor. Mais pas de n’importe quel trésor : celui de la Buse.

(Bon, je vais pas faire un grand cours d’histoire vu que je connais pas bien l’histoire en question mais La Buse était un pirate qui avait un trésor estimé à plus de trois milliards d’euro aujourd’hui. Il a été enterré à la Réunion mais on n’a jamais retrouvé son trésor !)

Du moins, avant que Laurence et moi mettions la main dessus. On avait des gendarmes devant le portail parce qu’on savait que les pirates de La Buse nous recherchaient. Sauf que ! les pirates ne sont pas arrivés par le portail mais par le jardin, tout en bas (je me comprends) et on a été attaquées. Vite, il fallait fuir !! On a rangé la carte au trésor et on est sorties par la porte de l’étage, qui donnait accès au portail, derrière lequel nous attendait une voiture parce que, tenez-vous bien, désormais Laurence était une princesse qu’il fallait protéger à tout prix. Bref. Le chauffeur a conduit des heures durant et on est arrivés dans un désert dans lequel il y avait une bibliothèque dans laquelle se trouvaient, tenez-vous bien, encore : les personnages de Glee ! Rien que ça. Et derrière la bibliothèque, il y avait une salle. Je suis rentrée et j’ai voulu assister au cours. Mais ce n’était pas un cours, en fait. C’était des dizaines et des dizaines de personnes qui me réconfortaient en disant que j’avais eu raison d’arrêter de croire en Alexandre, qu’il ne changerait pas, qu’il leur avait déjà fait le coup et que je n’avais pas à culpabiliser.

Fin du premier rêve.

 

Dans le second, j’étais plus vieille. En fait, je devais avoir genre 24/25 ans, environ et j’étais dans une gare en train de courir partout, presque, et en train de pousser une poussette à chercher où je devais aller. J’étais beaucoup plus ronde qu’aujourd’hui. J’avais des joues de ouf ! Mes cheveux étaient lissés mais ils m’arrivaient aux épaules donc très courts, quoi ! Et puis en fait, je n’ai plus voulu prendre de trains et je suis sortie de la gare et là, y avait ma mère, celle de Laurence, ma tatie, Lisa, ma soeur et Laurence qui m’attendaient dehors et elles étaient contentes de me voir. Laurence semblait plus vieille aussi. Genre 20/21. Elle portait un jean slim avec des bottines, comme si elle vivait en France, quoi. Et puis mon bébé s’est mis à pleurer et du coup, je l’ai sorti de la poussette et l’ai bercé. C’était un petit garçon qui devait avoir 4 mois, par là et bien sûr, il s’appelait Adam… Et en fait, je me souvenais avoir eu une conversation avec Laurence où je lui disais que mon bébé était la seule personne que j’aimais plus qu’Alexandre. Et ensuite, après que tout le monde ait touché le bébé, « Ooow il est trop mignon » bla-bla-bla, ma mère a dit : « C’est bon, tu as tout pris ? » et je me sentais adulte, comme si je n’avais plus rien à voir avec la fille tarée que je suis aujourd’hui. J’ai dit oui, j’ai pris un bonnet que j’ai mis sur la tête de mon bébé parce qu’il faisait un peu et on est parties, je rentrais chez ma mère.

J’ai donc fait une recherche sur l’interprétation de ce « merveilleux » et il paraît que rêver de poussette avec un beau bébé dedans veut dire parfois un mariage quand on est célibataire ou alors du succès en amour. J’ai ri. Si mariage il doit y avoir, ça ne risque pas d’être le mien et réussite en amour, j’aimerai bien savoir avec qui.

Enfin, le troisième rêve je l’ai fait ce matin, avant de me réveiller à 5h50 et de ne plus réussir à me rendormir. Il était simple. Un appel d’Alexandre qui me disait que s’il m’avait (encore) posé un lapin en décembre, c’est parce qu’il avait fait un grave accident de voiture. Bon, je sais qu’Alex n’a pas fait d’accident de voiture, j’aurais été au courant, c’est certain, faut pas oublier que tout le monde connaît tout le monde dans notre quartier, les nouvelles vont très vite. Mais du coup, je me demande si ce que mon cinglé de subconscient essaie de me dire c’est : « Peut-être qu’il avait une bonne raison ? ». Rhâ, j’en sais rien, moi. J’essaierai toujours de le défendre contre la terre entière, de toute façon.

J’ai retrouvé une photo de lui, aujourd’hui. Je regardais celle qui était accrochée à ma porte en me disant : « Je devrais peut-être l’enlever, non ? Et celles de Cécile, avec. » Mais même si ôter celles de Cécile ne me dérangerait absolument pas, Alexandre, ça me semble vraiment difficile. Du coup, je l’ai laissée où elle était et j’ai été chercher d’autres photos. Et celle-là est de loin celle que je préfère de toutes, de toutes ! Parce qu’il n’était pas encore parti, parce qu’il n’était pas encore musclé à m’en faire décrocher la mâchoire de surprise et qu’il était juste immensément beau sur cette photo. L’époque où on pouvait encore se croiser en soirée, celle où il avait toujours un temps pour « sa grande amie »… L’époque où je n’étais pas continuellement en train de dire : « Alex me manque ! »

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JE HAIS FACEBOOK !!!

Mais je ne supprimerai pas mon compte… Je l’aurai fait sans hésiter si ce n’était pas, parfois, mon seul moyen de communiquer avec certaines personnes ou pour recevoir des photos et vidéos des bébés que ma soeur envoie  tout le temps et qui me donnent envie de les manger tout crus tant ils sont adorables.

Laurence et moi avons eu le malheur d’aimer une photo que Mathieu (notre cousin qui a baptisé son fils) avait posté et le Mec 1 nous a retrouvées et nous a ajoutées sur Fb.

Bon, qu’on se le dise, entre Laurence et moi, il a y a un fossé. J’ai environ 60 amis, elle en a environ 700. Et moi, les gens, je passe mon temps à les supprimer au bout de quelques mois, quand ils m’énervent. Je sais que le Mec 1 va s’ajouter à cette liste dans trèèèès peu de temps.

Il est venu me parler et… Seigneur Dieu ! C’est une torture pour moi de lire ses messages. Parce que voir que ça lui fait trop mal d’écrire « les » donc il se permet d’enlever le « e » ou PIRE ! M’écrire « Sà » pour « ça », c’est un crime condamnable au bannissement.

Du coup, je repense à Alex. Il écrit en toutes lettres, toujours ! Ses phrases sont belles et j’ai toujours l’impression de voir son expression et d’entendre sa voix quand je lis ses messages. Il me manque tellement !!

J’ai dit à Laurence que j’avais trouvé une chanson qui me faisait trop penser à lui.

Dancin’ away with my heart  – Lady Antebellum

I haven’t see you in ages. Sometimes I found myself wondering where you are. For me you’ll always be eighteen. And beautiful. And dancin’ away with my heart.

Moi : J’ai réellement pas vu Alex depuis des années. Je passe mon temps à me demander où il peut bien être quand je sais qu’on habite dans le même putain de quartier ! Pour moi, il aura toujours dix-huit ans et il sera toujours beau et il sera toujours en train de faire danser mon coeur, ça c’est sûr, mais ça me rappelle surtout que c’était en boîte et que j’étais contre lui à lui hurler des choses dans les oreilles à cause de la musique comme si toutes nos paroles étaient des secrets qu’on voulait révéler au monde entier, au final. 
Laurence (grimaçant): Ca fait combien de temps que tu l’as pas vu ? 
Moi: Bientôt trois ans. 
Laurence: Sérieux ?! Et moi qui me plains parce que j’ai pas vu Rudy depuis cinq mois… C’est rien du tout, en fait. 

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Quelqu’un a dit: « Le temps ne guérit rien du tout. Parce qu’on ne se remet pas de la douleur mais on apprend à vivre avec elle tous les jours, avec du temps. »

Semaine en roman intégral et Alexandre chapitre 12718

Sacrée putain de semaine ! Commençons par le commencement.

Lundi !

Laurence m’avait demandé de passer la voir au lycée parce que ça n’allait pas. C’était pire que ça. Elle n’allait pas bien du tout. Elle rigolait mais elle semblait surtout très fatiguée par tout ce qui se passait. Ce qui était normal, aussi. Enfin, bon, ça s’arrange. Du moins, on l’espère.

Son lycée se trouve à côté de l’hôpital alors je me suis dit que j’allais arrêter de chercher des excuses comme « Ah je suis trop loin » ou « J’irai la prochaine fois, la j’ai envie de rentrer ». Je suis allée à l’hôpital pour faire un don du sang. Ca s’est bien passé. J’étais contente de faire ça. Je n’avais pas pu les autres années parce que je souffrais toujours d’anémie et que c’était pas bien-bien compatible. J’ai passé un bon moment là-bas puis je suis rentrée à la maison, j’ai bu deux litres d’eau et je me suis couchée tôt sous la fatigue.

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Mardi !

Qu’est-ce que j’ai fait mardi ? Peut-être que je suis allée voir Julien… Oui, je crois que c’était ça. Oui, voilà ! Je suis allée voir Julien et Cécile m’a envoyé un message par SMS pour me dire qu’il y avait un bug sur Facebook parce qu’elle n’arrivait plus à m’envoyer de messages… J’étais dans la mauvaise période du mois, Laurence n’allait pas bien et je n’étais d’humeur avec personne réellement. J’ai dit que j’allais passer un moment avec Romain qui devait rentrer plus tard et Julien et que je réfléchirai à une réponse plus tard. Romain est arrivé et ça faisait des semaines que je ne l’avais pas vu. On n’a pas beaucoup discuté ce jour-là.

En rentrant chez moi, j’ai répondu à Cécile et ça s’est trèèèès mal terminé.

Moi : Il n’y a pas de bug sur Fb. Je t’ai bloquée. Mon dernier message date du 26 janvier. Je croyais que tu savais que je n’aimais pas les absences de réponses. Quelle que soit ta raison, j’estimais que je méritais une réponse.
Cécile : Et je pensais que tu savais que je n’étais pas très « réponses rapides ». Notre situation est compliquée et j’avais besoin de temps pour réfléchir.
Moi (ironique) : Ah d’accord. Pardon. C’est vrai que pour moi ça a toujours été facile.
Cécile : Je peux rien dire avec toi, tu es toujours en train de me faire la morale, c’est toujours de ma faute.
Moi : TU ME SAOULES ! SI TU NE SUPPORTES PLUS MES LECONS DE VIE, FALLAIT PAS ENVOYER DE MESSAGE, JE M’EN SERAI TRES BIEN PORTEE. J’AURAIS ÉTÉ CELLE QUI AURA TENTE JUSQU’À LA FIN ET TU RESTERAS ETERNELLEMENT LA FAIBLE ET LA LACHE. MERCI PARCE QUE TU ME RENDS LES CHOSES BIEN PLUS FACILES. JE TE SOUHAITE UNE VIE PLEINE DE DROGUES ET VIDE DE GENS QUI S’EN FONT POUR TOI PUISQUE C’EST CE QUE TU SEMBLES VOULOIR ET MAINTENANT, LAISSE-MOI TRANQUILLE !!!

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Je me sentais délivrée. C’est triste à dire mais c’est la vérité. Depuis, plus rien et j’espère que ça restera comme ça.

Mercredi !

Lisa m’a demandé de passer chez elle pour qu’elle me fasse une french manucure. On a juste acheté le vernis qui nous manquait parce que je passais plutôt mon temps à parler avec Laurence et il ne se passait pas grand-chose sur nos ongles. C’était tendu chez elle. En rentrant, j’ai juste réalisé que mon ordi m’avait planté. J’ai juste eu le temps de le rallumer en mode sans échec, prendre tous mes documents et mes photos et je me suis endormie après avoir lu Harry Potter.

french

Jeudi !

J’ai réussi à ré-initialiser mon ordi et après six heures, j’ai retrouvé internet.
Je suis allée chez la sœur de ma mère et on a mangé des longanis. J’adore ces trucs-là !

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Vendredi !

Laurence m’avait demandé de repasser au lycée puisqu’elle avait quatre heures de libre. Je me suis dit que pour me le demander c’est qu’elle avait vraiment envie et même besoin de m’avoir dans les parages ces derniers temps. Ca m’a rappelé pleins de trucs.

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Moi : Je me rappelle l’époque où je venais ici pour déjeuner avec le rouquin. Et je finissais toujours par croiser Alex. Et il avait toujours une minute à m’accorder. Et Marie me faisait toujours chier avec sa jalousie.
Laurence : C’est vrai ? Tu venais manger ici ?
Moi : Yep ! Tu vois le mec au t-shirt blanc avec les écouteurs ? Quand on était en 3è, la pute au rouquin sortait avec lui. Alors qu’il était en 6è. Trop che-lou, je te dis, moi !
Laurence (morte de rire) : Sérieux ? Ooooh ! Mais elle va pas bien, elle !
Moi : Ca a jamais fonctionné dans sa tête. J’arrive pas à croire que le rouquin sorte toujours avec elle. C’est une putain de cinglée.

On riait bien quand même. Laurence et moi, quoi ! <3

Moi : C’est la Saint-Valentin, demain ! Je vais offrir un médiator à Romain !
Laurence (riant) : A la place d’une rose ? Comme c’est mignon !
Moi (plaisantant) : Oui, et après j’attendrais mon cadeau et ma déclaration, moi aussi.
Laurence (sur le même ton) : Oui-oui, attends !  

En sortant du lycée, Julien m’a appelée et m’a proposé de venir boire un verre dans un bar en centre-ville. Comme celui dans lequel on allait toujours a brûlé récemment (genre la semaine dernière) on est allés dans un autre dans lequel je ne suis jamais allée plus loin que la terrasse. Je ne suis jamais rentrée à l’intérieur. Bref. Un mec est passé et je le trouvais hyper beau ! Il ne m’a pas lâché du regard non plus mais il ne s’est rien passé, je ne suis pas allée le voir et lui non plus (j’étais avec quelqu’un d’autre, en même temps, ça peut freiner haha). En rentrant à la résidence, on a retrouvé Rominou chou qui a, bien entendu, sorti sa guitare électrice et commencé à jouer. Je ne connaissais rien de ce qu’il jouait jusqu’à ce qu’il se mette à gratter les accords de Lonely Day des System of a Down. Je lui ai sorti mes deux médiators, chacun d’eux volés par Cécile et ai passé l’un d’eux à Romain. Celui qui venait du Canada. Il a fini par l’adopter, me dire qu’il l’adorait et je lui ai dit que je ne m’en étais jamais servie et qu’il pouvait le garder sans problème.

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Moi (plaisantant avec Laurence) : Rhâ, merde ! J’ai donné mon médiator à Romain. Mais on n’est pas le 14, j’ai pas eu de cadeau et pas même un bisou *boude*. Mais bon, il joue bien, l’ampli est branché, ça résonne dans tout l’appart’… J’aiiiiime *_*

Ce soir-là, Romain m’a ramenée chez moi. Il est vraiment mignon. Physiquement et tout le reste aussi hihi.

SAMEDI !!!!!

C’était le jour du baptême, bien sûr ! La journée est passé super vite. On était attendus à 19h donc tout l’aprèm, je l’ai passé dans la salle de bains et mes cheveux qui, plus tard, n’ont plus ressemblé à rien (à la base, c’était joli). Donc on est arrivés, c’était super sympa la déco et tout ça et tout ça. J’ai cassé ma première paire de chaussures à talons (je me déplace avec une seconde à chaque fois donc ça a pas posé problème) et Laurence et moi, on ne s’est pas lâchées. Au tout début, il y avait des amuses-gueules. Sucré et salé. Laurence s’occupait du sucré et moi du salé. A table, toute notre famille nous a regardé avec des yeux ronds immenses. Leurs assiettes étaient quasiment vides. On ne nous voyait plus derrière les nôtres. N’empêche que c’était hy-per bon ! Après ça, on avait presque plus faim. On est allées faire un tour rapide dehors parce que Laurence, habituée à se coucher à 21h, était crevée. On est retournées manger l’entrée et après avoir fini et déclaré que plus rien ne rentrerait dans nos bidons avant looooongtemps, on est retournées à l’extérieur sauf que cette fois, on a été abordées par deux mecs.

Mec 1 : Vous êtes qui, en fait ?
Laurence : Les cousines de Mathieu. Mais très loin degré. On reste proches, quand même.
Mec 1 : Vraiment ? Ben cet enfoiré nous a bien caché ses deux jolies cousines.
Mec 2 : Et il avait raison. On n’a plus envie de vous lâcher, maintenant.
Moi (pensant) : Merveilleux, vraiment…

Ils ont dû rester une heure avec nous. Comme Laurence et moi, souvent, on faisait des appartés pour se parler entre nous, voilà ce qu’on nous a dit :

Mec 2 : Vous êtes sœurs ? Non ? Si ! Vous êtes sœurs !
Laurence (parce que moi, il m’énervait, je répondais quasiment jamais quand il posait des questions, je faisais genre que je n’entendais rien avec la musique trop forte) : Non, on est cousines. Mais on est très proches. On est tout le temps ensemble.
Mec 1 : Ca marchera pas tout le temps, ça. Ca va foirer, au bout d’un moment.
Moi (qui déteste entendre parler d’une fin entre Laurence et moi) : Elle et moi ? Je crois pas, non.
Laurence : Tu dis ça par rapport aux mecs ?
Mec 1 : Oui, y a toujours une histoire de mecs !
Laurence et moi (se regardant et éclatant de rire) : Impossible ! On s’intéresse pas aux mêmes !

Bref, on a appris que le Mec 1 était un éducateur sportif dans le domaine des sports nautiques à Saint-Gilles et dès qu’il a dit ça, Laurence et moi, on s’est encore regardées et j’ai dit :

_Tu peux nous emmener faire du jet-ski, alors !

jet ski

Il a ri et a dit que c’était d’accord. Avant d’ajouter qu’il avait plus d’une corde à son arc et qu’il faisait aussi des shooting photos. Là, j’ai vu une aubaine. Parce qu’avant que Laurence et moi on se sépare, je veux absolument qu’on fasse un shooting photo ensemble.

Au bout d’un moment, on a réussi à se débarrasser du Mec 2 et avec le Mec 1 et Laurence, on est partis marcher un peu. On a alors appris qu’il avait 28 ans et on a discuté de tout et de rien pendant une petite heure environ. Il rêvait de se poser, de finir marié avec des enfants. Laurence et moi, on voulait fuir ça à tout prix. Quelques heures plus tôt, je lui avais montré une ribambelle d’enfants qui couraient partout.

Moi : Mon dieu, mais je me vois vraiment pas dans dix ans avec mon bébé à occuper dans un gigantesque repas de famille comme ça.
Laurence : Je pensais la même chose. Je me vois même pas un jour présenter mon copain à la famille alors les enfants, n’en parlons pas.

Alors lui, là, qui rêvait de tout ça, ça nous a limite fait rire.

Moi : On veut pas de tout ça, nous. Et tu sais, quoi, Laurence, maintenant que j’y pense, je crois qu’on aime que les mecs qui nous échappe. Rudy et Alexandre. Parce qu’avec les autres, c’est trop facile et ça ne nous intéresse pas.
Laurence (sérieuse) : Putain, j’y avais jamais pensé mais c’est vrai, en fait. On déteste toutes les deux qu’un mec nous court après et pourtant, on court derrière les deux seuls avec qui c’est une grosse prise de tête tous les jours !
Mec 1 : Vous êtes sérieuses, là ? Vous ne vous intéressez qu’au physique, alors.
Moi : Quoi ?! Mais non ! Les deux mecs dont on parle on les connaît, c’est pas que physique. Il peut y avoir un mec beau et tout ce que tu veux mais si il me colle ou semble trop intéressé trop vite, je vais le border aussi vite !

On a débattu là-dessus un moment puis on est retournés à la fête. Une bouteille de Champagne, quelques photos et un morceau de gâteau (que je n’ai pas pu finir tant la part était grosse, je sais pas comment les autres ont fait) plus tard, nos mères à Laurence et moi sont venus nous dire qu’on s’en allait. Il était 2H45. Bien trop tôt pour nous. Surtout qu’on n’avait pas encore dansé le zook. On a demandé à attendre une minute et on a dansé un zook love ensemble. Après ça, on est allées au parking. On leur a demandé d’attendre encore un peu, elles ont accepté donc on est retournées sur la piste.

Mec 1 (s’approchant vers moi avec un grand sourire) : Vous êtes revenues ! Tu peux au moins danser avec moi, maintenant, non ?

Il y avait toujours du zook love alors j’ai pris sa main et on s’est avancés sur la piste. Laurence a accepté de danser avec le Mec 2 que je ne trouvais pas attirant du tout, contrairement au Mec 1 qui en plus de danser bien sentait hyper bon ! Pour moi, un mec sans parfum à une soirée c’est comme moi sans chaussures à talon ou une fille sans shampoing pour Nabila ! Du coup, on était très proches et on se parlait dans les oreilles de l’un l’autre, c’était franchement agréable. Laurence, de son côté, se disputait avec le Mec 2, ce qui nous faisait plutôt rire au Mec 1 et moi. Finalement, avant la fin de la chanson, Laurence s’est détachée de lui et n’a plus voulu danser. Alors je lui ai laissé mon cavalier et alors que j’allais m’éclipser, le Mec 2 m’a prise par la taille. Il puait l’alcool, ça me rendait malade et il essayait de me presser contre lui comme si j’étais un citron déshydraté. Je crois que de TOUS les partenaires de zook love que j’ai eu, c’est le seul de qui je suis restée aussi éloignée. Je n’ai pas pu attendre la fin de la chanson, moi non plus, je me suis détachée et attendu que la chanson se termine pour planter un gros bisou sur la joue de Laurence.

Mec 1 :  Je peux en avoir un comme ça, moi aussi ?

Alors je lui ai fait un bisou sur la joue à lui aussi et puis j’ai filé. En voiture, pendant le trajet, Laurence et moi, éloignée l’une de l’autre depuis trois minutes, avons commencé à nous envoyer des messages.

Moi : Putain, hé mais ce gars-là avec qui on a dansé, mon dieu, mais laisse tomber.
Laurence : Mdrrr ! Sensuuuaaaaal, hein ?
Moi : Mdr ! Connasse ! Au moins toi t’as fini avec le meilleur pour la fin. Ah il est gentil mais je t’ai laissé prendre son numéro à ma place. Parce que je me connais et je vais le border vite fait parce qu’il va me saouler dès demain.
Laurence : Mdrr, putain mais t’es trop méchante, toi. C’est comme avec le mec de la boîte ! Ca me donne envie de prendre ton téléphone un jour et de lui donner rendez-vous. Il était beau ! Pourquoi tu donnes pas de suite ?
Moi : Parce qu’Alex c’est le seul qui m’intéresse. Et je me donne au moins un an pour l’oublier. Romain me plaît vraiment lui, mais j’ai pas envie de perdre son amitié et ça peut foirer trop vite si jamais il commence à se passer quelque chose entre nous. Je fais plus confiance à personne depuis Alex et j’ai pas envie d’un mec dans ma vie. Pour l’instant, du moins. Toi, tu sais gérer les relous, c’est vrai. Moi, comme tu dis, je deviens méchante et je suis de moins en moins hypocrite, je dis cash quand on me prend la tête. Ou je le fais bien montrer, en tout cas !

Dimanche !

Le Champagne ayant fait effet, je suis arrivée chez moi un peu pompette. Et savez-vous ce que j’ai fait alors ? Non ? Je vais vous le dire ! J’ai débloqué Alexandre et je lui ai envoyé un looooong message pour lui dire comme je me sentais. Voici des extraits du message que je lui ai envoyé :

« Je t’ai déjà dit que tu me manquais, hein ? Je t’ai jamais dit à quel point tu m’avais blessée. Et déçue. Surtout blessée. Toi ! […] Et j’ai pas cessé, ensuite, de me demander ce que j’avais pu faire de mal. Tu sais, toi ? J’ai toujours pensé que j’avais été droite avec toi, Alexandre. J’ai toujours été honnête, je t’ai jamais menti, jamais rien caché. […] J’ai l’impression que le vide que je ressens depuis que tu ne fais officiellement plus partie de ma vie fait la taille de la Terre et je sais pas comment t’oublier quand tout me ramène toujours à toi, quand je me dis que l’histoire restera à jamais inachevée parce que tu n’es qu’un abruti de plus qui s’est fichu de moi. J’arrive plus à faire confiance en qui que ce soit, déjà que c’était difficile et je n’arrive plus à m’attacher à personne, à m’intéresser de près à personne en me disant : « Si ça n’a pas marché avec le grand, beau, fort, gentil, merveilleux et parfait Alex, avec qui ça pourra marcher ? ». Réponse : Avec jamais personne parce qu’il ne s’agit plus que du grand et fort Alexandre. Je t’ai placé si haut sur un piédestal que c’est moi que la chute a tuée. ».

Je me disais que j’avais besoin de le dire et que j’aurais tout le temps de regretter le lendemain matin, après avoir dormi. Je me suis donc couchée à 5h du matin, réveillée à 7h40 et sentir sur mes oreillers (j’ignore toujours comment) le parfum du Mec 1, détester ça, me dire qu’il fallait que je change mes draps, me rendormir en pensant à Alexandre que j’ai vu pour la dernière fois en boîte de nuit, deux ans et demi plus tôt et me réveiller à 11h41 avec deux nouveaux messages d’Alexandre.

Grande putain de nouvelle sur Fb : Quand vous débloquez quelqu’un, vous devez attendre 48H pour le bloquer de nouveau. Alex avait pu m’envoyer des messages, lui aussi.

Message 1 : Je suis tellement désolé… <3

Im-So-Sorry

Mon cœur qui fait un bond et mon cerveau qui me dit : « Craque pas, Bibi, surtout, ne craque pas pour ça ».

Message 2 (arrivé au moment où je lisais le message 1) : Je comprends pas ta réaction… Je pensais que tu me connaissais bien mais ça doit pas être le cas, finalement, si tu penses que je me suis fichu de toi.

J’ai eu les larmes aux yeux. Et j’ai préféré ne pas répondre tout de suite. J’avais peur qu’on finisse par se disputer. Je ne m’étais jamais disputé avec Alexandre. Est-ce que ça allait changer ? J’ai fini par comprendre que je l’avais blessé, lui aussi, En le traitant d’abruti, d’abord. Il m’en avait voulu, une fois, quand je lui avais dit ça pour plaisanter et en avouant que pour la première fois de ma vie, je n’avais plus confiance en lui.

J’ai répondu que j’étais désolée, moi aussi, si jamais je l’avais vexé mais qu’il n’avait jamais donné une seule explication, alors, sous la colère, tout ce à quoi j’avais pu penser, c’était ça : qu’il s’était fichu de moi. Je lui ai dit aussi que si je n’avais pas eu cette réaction-là, je l’aurais relancé deux semaines plus tard. Et que c’était à lui de me dire ce qui se serait passé à ce moment-là. Il n’a plus répondu.

Ce qui, entre nous, me pousse un peu plus à croire que c’est bel et bien fini et qu’il ne se passera plus jamais rien entre lui et moi. Je me sens vraiment plus légère parce que je me sentais vraiment mal à garder tout ça pour moi sans qu’Alex sache comment je me sentais vraiment. Il le sait, maintenant. Et j’aime à croire que ça l’a touché un minimum. Et même si c’était des paroles en l’air, ça m’est égal, son : « Je suis tellement désolé », je l’emporterai partout avec moi.

Résultat, j’ai voulu sortir de chez moi pour arrêter de penser à tout ça, alors je suis allée voir Julien, j’ai fait mon lit sans changer mes draps et ce putain de parfum est toujours là ! C’est quoi le délire ?

Bac Cinéma Audio-Visuel et disparition mysthérieuse

Quand on était en 3è, il fallait choisir son lycée, au bout d’un moment. La plupart d’entre nous savaient depuis leur naissance qu’ils iraient à Bellepierre, le lycée de secteur. D’autres optaient pour un lycée professionnel et enfin, il y avait Marjo, Juliette et moi, qui avons choisi Leconte De Lisle, le lycée artistique. On avait le choix entre cinéma, musique, arts appliqués et histoire de l’art. Le cinéma me plaisait vraiment alors j’ai fait une demande. Il n’y avait que trente places sur toute l’Ile, j’étais paniquée à l’idée de ne pas être prise mais j’ai eu ma place. Juliette est venue avec moi et Marjo a fait musique.

En Seconde, c’est totale découverte. On avait deux professeurs. Celui de cinéma, également notre professeur de français (et accessoirement professeur de je-sais-plus-quoi pour les Prépa), qui nous faisait regarder des films avant de passer du temps à les analyser. Il était trop beau. Grand, brun aux yeux bleus, musclé. Il devait avoir 36 ou 37 ans. Il savait que les trois quart des filles se pâmaient d’admiration devant lui et il passait son temps à nous taquiner. Il était cultivé, gentil, patient. C’est probablement l’un de meilleurs professeurs qu’on a eu. En français, il nous demandait toujours ce qu’on voulait étudier comme texte et il essayait toujours de trouver quelque chose pour l’adapter au programme. La classe était toujours intéressée et on participait vraiment beaucoup. En cinéma, on devait être… 18, je crois, je ne me souviens plus. J’ai aucun souvenir du premier film qu’on a regardé. Bref, il nous a quand même passé des navets, des films incompréhensibles, des chefs d’œuvre, et une fois l’an, quand on approchait des vacances et qu’on s’endormait à moitié sur nos tables, il nous passait un truc que la majorité avait envie de regarder et on en discutait ensuite, avant de prendre des notes, en sachant qu’on ne serait jamais interrogés dessus.

Les cours d’audio-visuel étaient donnés par un professeur un peu loufoque qui adorait son travail. Mais en Seconde, j’ai détesté le travail qu’il nous avait donné à faire. De la photographie, principalement. Analyser une photographie, ça c’était à ma portée. Mais faire des photos, ça me hantait pendant un mois et je m’y prenais toujours au dernier moment. J’étais pas très douée. J’avais des 13 ou des 14 quand d’autres se tapaient des 17 ou des 18. On a tourné un court-métrage à la fin de l’année. Trois groupes de 6. Je ne me souviens plus trop des scénarios et je n’ai jamais récupéré les films.

En 1ère, l’effectif de la classe a diminué. Parce qu’on ne pouvait poursuivre l’option que si on choisissait la section Littéraire. Et plusieurs sont allés en S. Du coup, en 1ère, on était 12 parce trois élèves de la section musique (dont Cécile et Marjo) étaient venus en cinéma. En cinéma, on a commencé à avoir un travail plus approfondi sur l’analyse des films, on avait plus de vocabulaires, on défendait nos idées, c’était les cours que je préférais. En Audio-visuel, on a fait beaucoup moins de photographie, dieu merci, et on avait sérieusement commencé s’intéresser à ce qu’il fallait faire pour le Bac.

En fait, le Bac de Cinéma était divisé en deux parties. La partie cinéma avec une séquence de film à analyser à l’oral devant deux examinateurs et la partie audio-visuel, divisée encore en deux parties. Partie orale à parler du court-métrage réalisé durant l’année de Terminale devant des examinateurs et la partie écrite où on devrait choisir entre écrire un scénario en suivant un sujet imposé ou faire le découpage d’une séquence, qui consiste à dire (si on était réalisateur) quels plans on aurait utilisé pour telle ou telle scène.

cinema-audiovisuel

Ecrire les scénarios. Ca, ça m’avait fait décoller. Après tout, c’était pour ça que j’étais venue dans la section, je pense. Pour apprendre une nouvelle façon d’écrire et mettre des idées en images. Au bout d’un moment, notre professeur nous a demandé de nous mettre en groupe et d’écrire un scénario amusant et rapide qui se déroulait dans le lycée. Et puis, surprise, surprise, on devait le tourner. On était tous surexcités à ce moment-là. Et on avait très peu de temps pour se préparer. On avait une date et quatre heures pour chaque groupe pour tourner toutes les scènes. Le groupe de Marjo avait besoin d’une actrice en robe. J’étais là. J’ai accepté de jouer et j’ai bluffé tout le monde. C’était l’histoire con d’un mec qui parle avec une fille du lycée sur internet et qui doit la rencontrer pour de vrai. Elle lui dit qu’elle a une robe. Et cet abruti m’a vue, moi, en robe et croit qu’il s’agit de la fille avec qui il a discuté donc il s’asseoit à côté et me drague carrément et moi je comprends rien du tout et il finit par partir en m’embrassant à moitié et plus tard, je retrouve ma meilleure copine, en robe, qui n’est autre que la véritable fille du rendez-vous. Je lui raconte qu’un mec trop bizarre est venu me voir pendant qu’elle m’avoue que son rendez-vous n’est jamais venu et on s’en va chercher du chocolat pour lui remonter le moral sans savoir que les mecs dont on parlait étaient… la même personne.

old film projector and movie objects

J’ai été élue meilleure actrice de la classe, après ça. Et leur film a été le meilleur grâce à moi, on va dire parce qu’apparemment, j’étais vraiment trop drôle. Le professeur m’avait félicité maintes et maintes fois et on a repassé ce film des tas de fois aussi.

En Terminale, il fallait donc tourner un film pour le Bac. On a passé des mois sur le scénario, on a changé des milliers de détails. Le scénario avait été apprécié par les assistants que le prof avait ramené et par le prof lui-même parce que l’histoire était très d’actualité à la Réunion. Un pique-nique en famille et une jeune fille de dix-sept ans qui ramène son copain avec qui elle est depuis un certain temps et qui est très proche de sa belle-famille. Sauf qu’une dispute éclate et la jeune fille avoue qu’elle est enceinte. S’en suit donc les réactions de chaque membre de la famille. On n’avait aucune idée de qui prendre pour les acteurs surtout que notre liste était longue de figurants. J’avais demandé à Alexandre de jouer pour moi. Il avait accepté, carrément paniqué et puis il m’a lâché, comme d’hab, cet enfoiré. Et on avait besoin d’une actrice qui saurait pleurer. A l’approche des dates de tournage, le prof est venu me voir.

Prof : Pourquoi tu ne jouerais pas, toi ? Tu es douée. Et puis c’est ton film, ça te donnera la motivation nécessaire !
Moi (qui n’avais absolument aucune envie de jouer) : Mais, je serais dans presque toutes les scènes, je toucherai jamais la caméra !
Prof : Mais moi je sais que tu y as déjà touché. Réfléchis-y, c’est ta décision, mais tu verras que c’est la meilleure.

Je me suis donc retrouvée à jouer le personnage que j’avais créé. On avait tourné sur une petite plage plus ou moins déserte et on avait trouvé des tas de figurants… dans ma famille. Mes deux sœurs, leur enfant à chacune, Laurence et Lisa, leur mère, la mère de Gwen (une fille de mon groupe), son beau-père, un de mes oncles… On avait la plus grosse équipe de tournage. Celui qui jouait le petit ami du personnage principal était un camarade de classe en arts appliqués. Un garçon très gentil mais qui ne me plaisait absolument pas. Et à l’époque, encore plus qu’aujourd’hui, je détestais à en vomir qu’un mec me touche sans arrêt, me fasse des câlins et tout ça et tout ça. Surtout si je ne lui avais rien demandé. Je devais faire facile 8 kilos de plus qu’aujourd’hui, j’étais très mal à l’aise dans mon corps et je me devais de jouer en maillot devant une caméra. Pour moi, c’était de la torture. Et ça a vraiment été difficile. Puisqu’il avait des gestes attendrissants, que je me reposais sur lui… J’ai vraiment détesté Alexandre de m’avoir abandonné pour ça parce que je n’étais pas amoureuse de lui à ce moment-là et que c’était le garçon avec lequel je me sentais le plus à l’aise, j’avais confiance en lui. Tant pis.

Le deuxième jour de tournage, je suis devenue folle. J’avais le cœur qui battait beaucoup trop vite, j’avais peur de faire une crise d’angoisse, je tremblais et j’étais au bord des larmes. Au bout d’un moment, j’ai demandé à Gwen de m’accompagner faire un tour pendant qu’on changeait la cassette de la caméra et j’ai éclaté en sanglots devant elle.

Moi : Il arrête pas de dire : « C’est parfait. On recommence ! ». Si c’est parfait, pourquoi on recommence ??!!

Je savais très bien pourquoi on recommençait. C’était pour avoir le choix au montage. Gwen a essayé de me ré-expliquer ça et elle a essayé de me rassurer en disant que c’était bientôt fini, qu’on en rirait bientôt, qu’elle savait à quel point ça pouvait être dur pour moi mais que j’étais Super Bibi très courageuse. Gwen a toujours été la meilleure pour me rassurer. Au final, l’état dans lequel je m’étais mise n’a fait qu’améliorer le personnage désespéré que je devais prétendre être et qu’au fond de moi, j’étais vraiment.

A la présentation du film, au Bac, j’ai de nouveau été félicitée et on a eu 16 ou 17, je sais plus. C’était l’un des plus grands accomplissements de ma vie. J’étais hyper fière de moi. Aujourd’hui encore, je suis incapable de regarder le film. Je ne l’ai jamais vu en entier. J’ai pourtant participé au montage mais une fois fini, je ne l’ai pas visionné, je suis partie.

A l’écrit, j’ai eu 16 ou 17 encore, je sais plus du tout. Il fallait écrire un scénario avec comme thème imposé : « Dehors ». J’ai écrit l’histoire d’une prise d’otage dans un supermarché avec le point de vue des gens à l’extérieur dont les parents d’un couple d’ado retenus à l’intérieur. Une histoire à la Roméo et Juliette. J’ai pas cessé de penser à ça le mois dernier après la prise d’otage qui avait suivi l’attentat.

Bah, c’était un long article. Mais j’en viens à me dire que l’univers du cinéma me manque, quand même. Et que c’est en tournant dans mon propre film que je me suis dit que le métier d’acteur était loin d’être facile, qu’il fallait vraiment pousser et voire même repousser ses émotions au maximum, ce qui pouvait faire perdre la tête.

C’était des années très instructives, j’ai adoré !

mysthère

Mon dieu, trop bizarre. J’allais faire un truc dans la cuisine mais en entrant dans la cuisine, je vois ma mère se tenir debout, dans le jardin, la tête levée vers le ciel. Comme il commençait à pleuvoir, je me suis dit qu’elle devait regarder les nuages et je lui ai dit ce que j’avais à dire. Donc on discute une ou deux minutes puis elle rentre et prend les escaliers. Elle finit par redescendre et revient me voir.

Mamounette : Tu veux bien venir dehors et me dire si tu ne trouves pas que quelque chose est bizarre ?
Moi (qui trouvais que pour l’instant, c’était ma mère qui était bizarre) : C’est pas pour me faire peur, hein ?
Mamounette : Non, t’inquiète ! Enfin, c’est si tu veux, t’es pas obligée.

Du coup, je dépose ce que je faisais et la suit à l’extérieur et je scrute le ciel, comme elle.

Mamounette : Tu trouves pas qu’il manque quelque chose dans le paysage ?

Là, ça a fait tilt. J’ai pris moins de cinq secondes pour voir ce qui allait pas.

Moi (fronçant les sourcils) : Y a pas d’oiseaux.
Mamounette : Oh ! Tu as remarqué ! Je suis pas folle. Y a pas d’oiseaux, dans le ciel…

Et du coup, ben ça a réussi à me faire peur, quand même. Parce que je me demande où sont passés les oiseaux qui paillaient toujours dans les grands arbres de mon jardin ! Je trouve ça vraiment inquiétant.

« Tout va bien, ne t’en fait pas. »

J’écris vite un article et je m’en vais me préparer pour aller chez ma sœur. Même si j’y étais avant-hier. Ce soir, Julien revient à la Résidence, après l’avoir désertée pendant deux semaines. Il m’a manquée, j’avoue. On se chamaille tous, tout le temps mais nos directions sont vraiment en train de changer. J’ai réalisé ça avec Ju’ qui me disait qu’il voulait partir courant avril. C’est rapide… Bref on va manger tous ensemble, et ça sera sympa.

Ces derniers jours, avec ma sœur, ça a été sympa, en fait.

Dimanche dernier, on est allés à la plage. Loïc a insisté pour que je vienne regarder les poissons avec lui. Au début, comme avec tout le monde, j’ai refusé.

Moi : J’ai peur de l’eau.
Loïc : Tu veux dire des requins et tout ça ?
Moi : Non, je sais qu’y a pas de requins ici. Mais j’ai peur de l’eau. Je me suis cognée la tête contre un rocher, un jour, alors que je nageais. Ca m’a déboussolée. Et j’ai dû rester sous l’eau dix secondes, quinze à tout casser mais dans ta tête, ça semble être une éternité, et tu as l’impression que tu vas jamais regagner la surface, que t’es en train de devenir folle. Depuis, j’ai peur.
Loïc : On n’ira pas loin. Et je reste à côté de toi.
Moi : D’accord ! Mais je prends les palmes !
Loïc : Ah ben non, je te laisse déjà le tuba !
Moi : On partage, alors ?

On devait franchement avoir l’air malin avec une palme chacun. N’empêche que dans un coin rempli d’espèces de boudins noirs très mous, tu es heureux de poser un pied palmé sur le sable au cas où il y en aurait un. Ils sont inoffensifs et les enfants s’amusent avec mais la texture est horrible. J’ai dû passer plus d’une heure sous l’eau à regarder les poissons, même si je ne connaissais absolument pas leur nom et que je n’ai retenu aucun de ceux que Loïc m’a appris… mais j’aurais pu rester là des heures durant. Ca m’apaisait.

J’ai toujours la peur maladive de mourir noyée parce que j’ai la ferme conviction qu’il ne s’agit pas d’une mort agréable mais au moins je m’aventure dans l’océan et ça c’est super.
On a été surnommée l’Ile aux requins, c’est pas tip top mais il y a pleins d’autres jolis poissons colorés et inoffensifs dans l’eau qui donnent la peine d’être vus.

Avec Laurence, on a beaucoup ri, dernièrement. On arrête pas de s’envoyer des articles qui donnent des raisons d’être heureuses du célibat ou de ne pas se marier et on en a conclu qu’on ne se marierait pas. Que s’imaginer vivre avec une personne « jusqu’à ce que la mort nous sépare », c’était trop flippant ! Enfin, je disais ça et comme le visage d’Alexandre me revenait à l’esprit avant que je le chasse rapidement.

Moi : T’imagines on s’endort après avoir parlé de ça, y a un éclair qui fait court-circuiter nos ordinateurs et demain matin, on se réveille vingt ans plus tard, mariée avec des enfants.
Laurence : Putain, je me jette d’un pont.
Moi (morte de rire) : Il y a genre… 89% de chance qu’on ait jamais vu le mari en question, il aura presque voire déjà la quarantaine, on sera grosses de nos grossesses, toi en plus, t’aime pas t’occuper des enfants, on sera dans une ville qu’on connaîtra peut-être pas, on saura pas conduire la voiture. Ca serait un gros délire, quand même.
Laurence : J’avoue. Maintenant, prie pour que ça arrive pas !

Sinon, bah, en ce moment, j’écoute que Maluma ! Le colombien de 21 ans. J’étais chez ma sœur et je regardais le clip de « La Invitacion » et Loïc regardait par-dessus mon épaule.

Loïc : Genre, les mecs ils se croient vraiment beaux !
Moi (montrant Maluma du doigt) : Tu rigoles ! Ce gars-là, c’est un dieu, pour moi !

(Sur la vidéo, c’est celui qui porte la casquette, qui a des chaînes autour du cou, des tatouages et qui est torse nu)

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Loïc : Lui ?! Pff ! Parce qu’il a de gros bras ?
Moi : Euh, ça fait deux ans que je le connais et il avait pas de gros bras à l’époque. Il a une belle gueule, surtout !
Ma sœur : Qui ? Qui ? Je veux voiiiir !

Elle arrive donc et regarde la vidéo.

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Ma sœur (riant puis se tournant vers Loïc) : Dis donc, chéri, tu serais pas un peu jaloux de Maluma, toi ?

Il était carrément jaloux, ouais !

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Moi, les latinos, j’adore. Je fonds dès qu’un hispanophone ouvre la bouche ! Je rêve d’aller au Mexique, ou à Cuba ou en Colombie ou partout en Amérique Latine sauf que… c’est un peu beaucoup dangereux. J’ai une copine franco-colombienne qui m’a raconté l’histoire de sa famille qui a fui à New-York et qui prétend que c’est exactement comme dans les films : trafics d’armes et de drogues… Ca donne plus envie, après…

Quand j’étais au lycée, à chaque fois que je voyais un mec beau, je le disais à mes amis en disant : « Dios moi, regarde, j’ai trouvé el hombre de mi vida ! » ( = mon dieu, regarde, j’ai trouvé l’homme de ma vie). Moments marrants de ma vie…

La période noire de Bibi Moulin

J’ai dû écrire pas moins de trois articles que je n’ai finalement pas postés. En ce moment, je n’écris pas. Je relis ce que j’ai écrit mais c’est tout. Je discute beaucoup avec Laurence mais c’est tout, c’est la seule.

Aujourd’hui, j’ai passé ma journée sans téléphone et internet. Juste ma mamounette et moi à faire les boutiques. D’ailleurs ma mamounette m’a offert un super beau slim et une robe de soirée absolument magnifique !!!!! Puis on a visité sa sœur, ma tatie préférée, chez qui je passe les trois quart des vacances avec Laurence et enfin, on est rentrées vers 19H. Et même si la première chose que j’ai fait c’est prendre mon téléphone pour voir ce que j’avais manqué (message de Laurence, un autre de ma sœur) et après avoir répondu, j’ai bloqué Alexandre et Cécile. Tous les deux ne peuvent plus rencontrer en contact avec moi. Je m’explique.

L’année dernière, j’ai lu un article sur une petite fille de douze ans qui était morte. Et ses parents avaient retrouvé dans ses affaires une lettre qu’elle s’était écrite à elle-même pour ses vingt-deux ans. J’ai décidé de m’écrire une lettre à moi-même à mon tour. Mais pas pour les dix ans à venir. Juste pour l’année suivante. Une lettre de Bibi de vingt ans pour la Bibi de vingt-et-un ans. Je l’avais complètement oubliée et j’avais surtout oubliée ce que j’y avais écrit.

Vous avez déjà eu une conversation avec vous-même dans le passé ? C’était étrange, drôle, encourageant. J’étais en pleine dépression quand j’ai écrit ma lettre. Ma mère avait un cancer et c’était la guerre entre nous (Parce que si aujourd’hui ma mère et moi sommes très complices, ça n’est ainsi que depuis moins d’un an. On n’a jamais vraiment été sur la même longueur d’onde et j’ai été une adolescente très difficile à gérer), mon père était revenu sur l’Ile peu après moi pour des vacances et m’avait descendue auprès de toute ma famille, j’étais désespérée d’avoir dû revenir… Rien n’allait.

Voici les gros points de ma lettre :

_A vingt ans, le moins que l’on puisse dire c’est que tu n’as pas la grande forme. […] Alors je t’écris cette lettre pour que tu te bouges les fesses et que tu reprennes ta vie en mains.

_Es-tu toujours célibataire ? Penses-tu toujours que Stan est le bon ? Quoi qu’il en soit, si tu es en couple, je suis persuadée qu’il doit avoir quelque chose de spécial. Tu ne sortirais pas avec n’importe qui.

_Emilie ? Ses jumeaux ? Deux filles ? Deux garçons ? Un de chaque ?

_Maman ? Va-t-elle mieux ? T’entends-tu mieux avec elle ? Ou est-ce toujours trop compliqué ?

_As-tu revu Alexandre depuis le temps qu’il te le promet ? Est-ce que vous vous parlez toujours ou est-ce que tu as décidé de finalement abandonner ? Quelle que soit ta décision, je suis sûre qu’il s’agit de la bonne le concernant.

_Continues-tu d’écrire ? Je t’interdis d’arrêter !!!

 

Je me souvenais avoir cité le nom de Stan. J’avais oublié tout le reste. Je n’étais plus en dépression. En juin 2014, je me suis réveillée un matin et je n’ai plus voulu sortir de ma chambre. Enfin, de mon lit, plutôt. Ma mère est venue me voir en pleurant et elle m’a supplié de faire quelque chose. Je suis allée voir mon premier psychiatre à l’hôpital et je lui ai demandé un séjour en psychiatrie comme je l’avais fait deux ans plus tôt. J’ai raconté comme j’avais peur d’être bipolaire parce que je passais sans cesse par des phases de joie à d’autres où je touchais le fond. Et puis j’ai aussi avoué que je prenais beaucoup de somnifères pour dormir toute la journée et que je mélangeais des anxiolytiques à de l’alcool, que je fumais des joints de temps en temps. Il m’a donné une ordonnance pour passer un scanner cérébral et m’a expliqué qu’il n’était plus dans la capacité de me suivre et qu’il fallait que je trouve un autre psychiatre. En sortant de l’hôpital, ce jour-là, je me suis assise sur un banc et j’ai pleuré pendant au moins un quart d’heure avant d’appeler Laurence. Elle m’a dit de passer chez elle et qu’on en discuterait. Sa mère m’a surpris en train de pleurer et elle a essayé de me conseiller au mieux. Le scanner n’a rien révélé et j’ai arrêté de me plonger dans les extrêmes et j’ai vu un nouveau psychiatre. Un homme froid et peu sympathique. Mais le seul et l’unique adulte à qui j’ai réussi à exposer tout ce qui trottait dans ma tête. Je n’étais pas bipolaire. J’avais des « troubles de l’humeur à cycles rapides », qu’il appelait ça. Je ne suis pas retournée en psychiatrie, je n’ai plus pris un seul médicament avec lui, j’ai mis le point sur les choses qui m’empêchaient de vivre depuis mes seize ans et depuis, tout va mieux. Dont ma relation avec ma mère. J’ai arrêté de le voir après deux mois de consultation.

Emilie et ses bébés vont bien, j’écris toujours, bien sûr,  je m’entends donc bien mieux avec ma mère et Alexandre…

Non, je ne l’avais pas revu depuis le temps qu’il le promettait. Et non, on ne se parlait plus. Alors après avoir lu la lettre, la première chose que j’ai faite c’est le supprimer de ma liste d’amis sur Facebook.

Mais hier, j’ai parlé avec Muriel. Et j’en suis venue à la conclusion qu’Alexandre ne m’avait pas seulement brisé le cœur. Il l’avait complètement déréglé. Moi qui aimais tout le monde et m’attachais très vite, j’ai, au contraire, l’impression de me désintéresser et de ne plus m’attacher aux nouvelles personnes que je rencontre. MAIS ! au fond, tout au fond, j’attendais encore Alexandre. J’attendais un message. Alors voilà pourquoi j’ai décidé de le bloquer. Il ne peut plus envoyer de messages et moi je n’attends plus dans le vide.

Quant à Cécile, elle subit juste ce qu’Alexandre a fait. J’attendais juste le moment où je ne m’inquièterais plus pour Cécile, où ce qu’elle ferait de sa vie ne me toucherait plus du tout. C’est arrivé le jour où je me suis rendue compte que personne ne pourrait me faire autant de mal qu’Alexandre. Et puis toute cette histoire avec la drogue…

Pour ceux qui auront lu jusqu’ici, oui, moi aussi j’ai fait des choses dont je ne suis pas très fière. J’ai un passé pas très glorieux et tout ça, et tout ça mais lorsqu’on m’a tendu la main pour m’aider à me relever, je l’ai saisie et j’ai décidé de m’en sortir. Cécile, elle, refuse les dizaines de mains qu’on lui tend et a décidé de rester au sol, quoi qu’il arrive. Comme je l’ai dit à ma mère : « Au bout d’un moment, on choisit la vie qu’on veut mener. ».

Il y a encore un an, j’aurais eu honte de raconter tout ça. Mais j’ai grandi et je ne pourrais jamais changer le passé. Dieu merci, d’ailleurs. Parce que si je n’avais pas connu les périodes où tout me semblait noir, je ne pourrais, aujourd’hui, pas apprécier la vie comme je le fais aujourd’hui. J’ai des coups de blues, parfois, comme tout le monde. Mais je me contente de la moindre petite trace de bonheur, parce qu’il se trouve dans les détails et que j’ai appris à les détecter. Chaque jour est précieux. Et je n’ai jamais, jamais ! eu autant envie de vivre !

Alors merci au rouquin, merci à celui dont je ne prononce jamais le nom, merci à Alexandre et merci à Cécile. Parce que je vais merveilleusement bien, aujourd’hui. Et que, malgré tout, ce n’est peut-être pas « à cause » mais « grâce » à eux.

« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. » – Voltaire.

keep calm

En boîte de nuit oh oui ! oh oui !

(Sur l’air de « Au bal masqué ohé ! ohé » pour ceux qui n’avaient pas compris haha)

Soirée tip top au top dans les normes ! Yeehaaaa !

Pourtant, ça s’annonçait mal. Trèèèès mal !

23h :

Moi : Putain, je me fais chier, bordel !! La musique est naze !
Laurence : Putain mais c’est clair. Cent fois Moulin, quoi.
Moi : Ah oui, hein ! Mon dieu.

J’habite au très nord de l’Ile, la boîte se situait au très sud. On avait galéré pour entrer avec les deux mineures qui me servaient de cousines et la musique était vraiment nulle. On avait trouvé une place assise et on se lamentait sur notre sort en se disant qu’aucun mec n’était à notre goût, que tout était nul et que la soirée allait être longue. On avait presque envie de s’endormir.

Juste à ce moment-là, un mec est passé.

Moi : Oh mon dieu, vous avez vu ce gars-là ?!
Coralie : Moi oui, il était trop beau !
Moi : Carrément, ouais !
Laurence : Oh, je l’ai pas vu, moi !
Moi : Ca y est je suis motivée. Il faut que je retrouve ce mec !

Je n’ai jamais retrouvé ce mec !

J’ai, en revanche, retrouvé un mec de mon école primaire et dansé avec lui le zook love et ça s’est super bien passé, je l’ai laissé me guider et c’était vraiment appréciable. Il est vraiment sympa, je l’aime bien, lui. Puis, un mec est passé et là, mes deux cousines et moi on l’a regardé autant qu’il nous regardait.

Coralie : Lui aussi, il était vraiment beau.
Moi : Oh, oui !
Laurence : Moi aussi, je suis d’accord.

Eh bien c’est avec lui que j’ai fini la soirée. On s’est retrouvés plus tard. On a dansé le temps d’une chanson (la musique s’était améliorée vers 1h du matin, le temps que la boîte se remplisse, quoi) puis il est parti après avoir déclaré qu’il était là pour fêter son anniversaire, donné son âge, son prénom et pris mon numéro de téléphone. Il m’a demandé de lui garder une danse.

Moi : Putain, il a dit qu’il avait quel âge ?
Laurence : Vingt ans.
Moi : C’est bien ce que j’avais entendu. Merde, il est plus jeune !
Laurence (riant) : Et tout le monde sait que Bibi préfère les plus vieux !
Moi : *profond soupir*. Il est vraiment beau, quand même.
Laurence : C’est clair ! Il fait un peu typé Zarab !
Moi : Et ça, c’est ton style, à toi ! Il doit avoir un mélange.

On a dû me demander de danser au moins huit fois. J’ai refusé sept fois. Y a qu’au beau gosse que j’ai dit oui.

On a fini par se retrouver à 4h du matin. J’explique. La boîte dans laquelle on était possède trois pistes. C’est gigantesque. On était venus entre cousines et aussi avec ma mamounette et la mère de Coralie. Autant je n’ai pas vu ce qu’elles faisaient, autant elles ne m’ont pas vu non plus. Tranquille. Bref. J’étais assise avec mes cousines et ma mère sur un muret à l’extérieur lorsque le beau gosse est sorti de la seconde piste. Il m’a vue et après avoir esquissé un large sourire, il m’a tendu sa main que j’ai prise et il m’a conduite sur la terrasse de la première piste (Je me comprends, au moins).

Lui : Ca fait longtemps que je te cherche.

Là, on a discuté, on s’est beaucoup embrassés, aussi et puis on est redescendus et on a croisé Laurence.

Laurence : Alors, vous avez bien dansé ?
Moi (à son oreille) : On n’a pas beaucoup dansé, en fait !
Laurence (qui écarquille les yeux et sourit) : Aaaaah !
Moi (à son oreille) : On a surtout fait danser nos langues, si tu veux savoir.
Laurence (morte de rire) : Mais n’importe quoi, toi.

Vincent, puisque c’était ainsi que le beau gosse s’appelait, m’a volé ma bague de phalange (offerte par ma sœur) et m’a dit qu’il la gardait en otage jusqu’à ce qu’on se revoit. Est-ce que j’avais envie de le revoir ? Eh bien, ma foi, je n’en savais rien. Il a dit que je me posais trop de questions. Ce qui était vrai. Je me demandais ce qui était pire : avoir des sentiments ou ne pas en avoir ? J’avais peut-être envie de le revoir parce qu’il me faisait me sentir bien et me faisait oublier Alexandre, surtout. Ce n’était pas donné à tout le monde, ça.

Au bout d’un moment, il a voulu que je le suive à l’extérieur mais j’ai refusé, je ne l’ai pas suivi dehors et on est restés discuter à l’intérieur tout en continuant à s’embrasser entre deux phrases. Deux mots. Deux syllabes. A 5H10, on s’est séparés sur un dernier baiser et j’ai regagné la voiture.

Laurence : Toi, saleté ! Tu trouves un gars et tu fous les autres dans le fond ! Je suis restée toute seule !
Moi : Ah bon ? Désolée. (Articulant) Je te raconterai.

Alors dans le lit, plus tard, on s’est tout raconté.

La règle des trois jours, Vincent ne la connaît pas. Il m’a donc envoyé un message à 6h. On a parlé jusqu’à 6h45 et ensuite, je me suis endormie.

Plus tard, vers 9h, je ne dormais plus. J’ai rejoint les autres (sauf Laurence qui dormait encore) sur le balcon et on a discuté.

Mamounette : Ton chéri, c’était un Zarab ?
Moi : Euh… Non ! Ses cousins étaient Noirs. Donc je pense pas. C’est un créole Blanc.
Coralie : Ah ! Mais si, il avait des traits Zarab !
Moi : Ah, oui, ben peut-être alors, j’en sais rien. Je lui ai pas demandé son nom de famille. En tout cas, Zarab ou pas, il était vraiment beau.
Coralie : Ah, oui, ça c’est clair !
Mamounette : C’est vrai qu’il était mignon ! Et puis bah, si c’est un Zarab, c’est pas grave, tant que ça se passe bien, moi je m’en fiche.

Haha, je raconte. Laurence est, depuis plusieurs années, exclusivement attirée par les Zarab.

Minute Wikipédia : « Zarabe (variantes : Zarab ou Z’arabe) est le nom donné par tous les Réunionnais à la communauté originaire du sous-continent indien et plus spécifiquement de la presqu’île Indienne du Gujarat. Les Zarabes sont musulmans sunnites, cette communauté a préservé bon nombre de ses traditions tout en s’intégrant harmonieusement dans la population réunionnaise. »

La grand-mère de Laurence est effrayée par l’idée que Laurence trouve un Zarab pour lequel elle accepterait de se convertir. Alors le fait que moi, Bibi, je sois intéressée également par un Zarab, ça a fait le tour du cerveau de ma mère. Mais elle n’a pas les mêmes appréhensions que pour Laurence.

Moi : Oui mais vous savez, vous pouvez arrêter de parler comme si on avait prévu de se marier, hein !

Elles ont ri. Et puis, on a finalement découvert que ce n’était pas un Zarab.

Bref, c’était une soirée vraiment sympa mais je ne me pose franchement aucune question pour la suite. Tant pis si je ne devais jamais récupérer ma bague. Oops.

Ah Laurence m’a trop fait rire dans le lit quand Vincent m’a envoyé son premier message.

Laurence : Alors ? Alors ?
Moi : Alors quoi ?
Laurence : Il écrit comment ?
Moi : En toutes lettres, ça va. Ouf !

Plus tard.

Moi : Mon dieu ! Regarde comment il m’a écrit « d’accord » !!!
Laurence : Comment ?
Moi : D-A-K-O-R.
Laurence (morte de rire) : Et oui, ma fille, ce sont pas tous des amoureux de l’orthographe, hein, fallait t’y attendre.

Mais aussi.

Laurence : Ben dis donc, toi, pour ce gars-là, t’as dit au revoir à tous tes critères.
Moi : Comment ça ? Pour son âge ?
Laurence : Non, pour sa taille. Il est de ta taille.
Moi (secouant la tête en souriant) : Hé non ! Quand j’ai mes talons il fait ma taille mais sinon, il est plus grand.
Laurence : Ah zut. Parce que moi je suis toujours attirée par des mecs petits maintenant.
Moi (riant) : On a au moins l’avantage d’être petites aussi.

 

Aujourd’hui, ma sœur et Loïc sont venus dîner. Ma mère n’a pas pu s’empêcher de leur dire que j’avais rencontré un mec.

Ma sœur (d’une voix mielleuse qui m’a fait rire) : Et alors ? Vous vous êtes fait des petits bisous avec la langue ? Mouah mouah (bruits de bisous)
Mamounette (sérieuse) : Ben non, pas le premier soir, quand même !
Ma sœur (qui me regarde) : Siiiiii ! Bibi elle dit rien donc c’est vrai. Ou la la !
Moi (dans ma tête) : Ah mamounette, si tu savais…

J’ai raconté ça à Laurence ensuite, elle a beaucoup ri.

Laurence : Non mais elle croit qu’on vit encore dans l’ancien temps ou quoi ?

Bref, du coup, on n’arrête pas de me demander si je lui parle encore, si on s’est renvoyé des messages, depuis… Je dis non alors que oui pour pas qu’on me pose plus de questions. Quand il y aura quelque chose à raconter, si j’ai envie de le raconter, je le ferai.

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Jacques Prévert, mon amour !

Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’Alexandre dans la tête alors je ne vais pas raconter mes journée précédentes parce que ça me met le moral dans les chaussettes.

Je raconte juste que ma mamounette m’a offert une super belle robe hyper décolletée dans le dos que je mettrai sûrement demain pour aller en boîte et qu’on a aussi acheté du tissu pour faire ma jupe tutu pour laquelle je tanne ma mère depuis des semaines. On a aussi acheté de la dentelle pour faire un haut. J’ai trop hâte de voir ce que ça va donner.

Alors je m’arrête là et je parle de mon Jacky.

Jacques Prévert, comme probablement toute ma génération, j’en ai entendu parler sur les bancs de l’école primaire. On avait appris un de ses poèmes. En CM1, CM2 ? Je sais plus. Il s’agissait de « Pour peindre le portrait d’un oiseau ».  J’avais aimé tout de suite. Puis des camarades de classe avaient fait un exposé sur lui et j’ai rien retenu à part un nouveau poème de lui qu’elles avaient lu : « Le cancre ».

Ma sœur, en 3è, a également étudié Jacky : « Cet amour ». Elle avait emprunté le recueil de poèmes Paroles à la bibliothèque du collège et je me souviens, quand j’allais lui rendre visite dans sa chambre, elle me lisait des poèmes de lui et me disait : « C’est beau, hein ? Tu trouves pas que c’est beau ? » et je répondais toujours : « Si, c’est beau ! Y en n’a pas un autre ? ».

Ce livre n’a jamais regagné la bibliothèque du collège. Et dès ma propre entrée au collège, je l’ai emprunté à ma sœur pour ne jamais le lui rendre non plus. Je pourrais être endettée de tous les côtés et on m’assurerait que ce livre valait de l’or, je doute que je le vendrais. C’est l’une des choses à laquelle je tiens le plus.

Je crois que je suis réellement tombée amoureuse de Jacques Prévert. Sa façon de parler d’amour, sa liberté dans le style de son écriture… Je n’ai étudié que très peu de ses poèmes mais je les aime tous. J’aime son nom, son béret, sa cigarette. A chaque fois que je cite ses paroles, j’écris « Jacques Prévert, mon amour ». Ca fait complètement cinglée mais j’assume. D’ailleurs j’ai dit à qui voulait le savoir que j’aurais donné n’importe quoi pour vivre une vie à ses côtés. J’aurais adoré être une jeune femme à l’époque où son talent explosait. Et je suis jalouse de sa femme. Je me dis qu’elle en avait de la chance d’être aimée par lui. Parfois même j’essaie de ma rassurer en disant que dans une autre vie, on s’est rencontrés. Peut-être qu’il n’était pas encore Jacques Prévert le poète, peut-être que c’était au Moyen-Age, j’en sais rien mais je me dis que ça aurait été super. Ou alors, j’espère en rencontrer un. Un pseudo Jacky, le genre poète qui parle de l’amour, des oiseaux, de la guerre avec une douceur extrême que j’en tomberai amoureuse.

Prevert

J’aime les oiseaux. Lui aussi.

« J’ai appris très tard à aimer les oiseaux ». Moi je les ai aimés tout de suite, les oiseaux. Mon préféré est, et restera à jamais le toucan. Avez-vous déjà vu chose ailée plus somptueuse ? Les paons ? Oui, aussi. Les cygnes ? Je suis d’accord.

toucan

 

paon

 

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Et ses poèmes d’amour ? Mon poème préféré de lui est :

Paris at night

Trois allumettes allumées une à une dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l’obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras.

Six phrases. Moins de cinquante mots et des frissons qui me montent sur les bras.

Il a également été scénariste et j’étais ravie lorsque notre professeur de cinéma en Terminale nous a passé le film Les enfants du paradis.

J’ai appris, à mon grand malheur qu’il avait eu un accident et avait gardé des séquelles neurologiques après plusieurs jours dans le coma. Tout m’intéresse sur lui. Tout sur lui est intéressant. Mon Jacky est mort d’un cancer des poumons en 1977. Moi j’aurais voulu le rencontrer dans les années 30.

C’est dans mes projets d’aller visiter sa maison, un jour. J’irai. Promis, j’irai.

Il y a environ deux ans, j’ai cru avoir perdu mon recueil. Je l’avais cherché des heures durant et rien. Pas trace de mon précieux livre. Je ne sais pas si vous me croirez si je disais que j’ai pleuré pendant deux jours en y repensant. Tout le monde avait essayé de me rassurer en disant que je pourrais en acheter un autre. Mais personne ne comprenait que ça ne pourrait jamais être le même. Mon livre abîmé mais le plus beau du monde. Après deux jours, je ne m’en étais toujours pas remise, je me maudissais de l’avoir perdu… Jusqu’à ce que je le retrouve dans un de mes nombreux sacs à main, là où j’étais sûre d’avoir déjà fouillé. J’étais heureuse de le retrouver. C’est le seul livre que je ne passe jamais. J’ai trop peur qu’on ne me le rende pas. J’ai acheté un autre recueil mais je le lis bien moins souvent. Il est dans un état neuf alors qu’il a presque deux ans. Mais il n’y a pas mon grand amour sur la couverture.

Là dedans, mon poème préféré est :

« Les amoureux trahis »

Moi j’avais une lampe
et toi la lumière
Qui a vendu la mèche ?

 

Alors oui, j’aime Jacques Prévert comme personne. C’était lui l’homme de ma vie !

jacky

 

 

Moi, maniaque ?

C’est ce qu’a dit ma mère, il y a quelques jours : « Ah, attention, Bibi est maniaque ! ».
Il est vrai, cependant, qu’il y a des petites choses que je ne supporte pas.

Nelly La Folle m’avait offert un livre avant mon départ pour la Métropole:

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La première de toute est d’avoir les mains sales. Jusqu’à la mi 2013, je me lavais les mains environ trente à quarante fois par jour. Avoir une tache minuscule sur les mains genre de chocolat ou autre me rendait malade et je me lavais les mains avec du savon trois fois d’affilée. Laurence m’a dit que c’était une espèce de maladie. Je le savais mais je ne pouvais rien y faire. J’ai changé lorsque j’ai commencé à travailler au Mc Do. On m’avait mise en cuisine. Pas de gants, et il fallait plonger les mains dans les oignons ou autres. Quand j’ai vu ce qu’il fallait faire, je me suis dit que je n’y arriverais jamais ! Mais j’y suis parvenue. Et ma pseudo maladie a fini par passer. Je déteste toujours qu’on me touche avec des mains sales et je me lave toujours les mains après avoir cassé un œuf (sans savon) avant de casser le deuxième mais j’ai fait beaucoup de progrès.

Ma mère sait aussi très bien lorsque je suis en colère parce que je me mets à ranger les placards de vaisselles de fond en comble. Je me souviens que dans mes pires moments, alors que j’avais rangé les assiettes par taille et couleur, ma plus grande sœur venait et changeait deux assiettes de place. Ca me rendait folle.

Je déteste voir la fourchette à droite, lorsqu’on dresse une table. Je déteste entendre les gens mâcher, ça me coupe l’appétit. Je déteste voir quelqu’un manger avec ses doigts (moi frites et hamburgers, c’est avec des couverts et si je fais des exceptions, j’ai une serviette dans les mains et je m’essuie les doigts constamment). Je déteste lorsque quelqu’un ne met pas ses deux mains à table.

Je déteste qu’on entre dans ma chambre et plus encore qu’on s’asseye sur mon lit. Je déteste qu’on scrute mes murs parce que j’ai l’impression qu’on va découvrir un secret sur moi. Ma chambre est remplie de manuscrits, de photos, d’inscriptions, ça m’énerve qu’on y rentre sans que je l’ai autorisé. Je déteste marcher pieds nus. Je mets tellement rarement mes pieds au sol que je souffre le martyr à chaque fois que je marche sur du béton ou sur le sable. Par ailleurs, je déteste qu’on essaye mes vêtements et mes chaussures. Surtout mes chaussures. J’aime bien ne pas avoir des bien trop moches, par contre ^^

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Je déteste entendre des gens qui ne savent pas conjuguer. Parce que « il faut qu’il fait », ça me met les oreilles en sang. Je déteste qu’on me dise que j’ai tort quand je sais pertinemment que j’ai raison. Je déteste qu’on me reproche de reprendre les gens. Je déteste les livres écornés (Bon sang, prend un maudit morceau de papier, ça te fera un marque-page !). Je commence à m’énerver toute seule quand la personne que j’attends a déjà une minute de retard.

Sinon, je ne suis pas maniaque. Y a pire que moi, quand même. Et puis, je suis sûre qu’il y a beaucoup de gens, comme moi. Une majorité, même. C’est pas de la maniaquerie. C’est de la normalité !

Bref, si je suis maniaque, à savoir que je me soigne ! Voilà !

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Mésaventure en aventures

Je raconte une petite histoire parce que je viens de m’en souvenir et je n’arrive pas à croire que je l’avais oubliée.

Mon vol pour revenir à la Réunion était un vol low cost avec deux escales. La première à Marseille et la seconde à Mayotte. Le premier trajet Paris-Marseille était très agréable. L’avion était vide, j’étais côté hublot et j’avais pu pleurer comme une madeleine pendant une heure sans que trop de gens me voient.

J’avais passé une journée stressante, à me poser la question si oui ou non j’allais prendre l’avion, j’avais mal dormi les jours précédents et j’avais la tête complètement ailleurs. A Marseille, de nouvelles personnes sont montées et on a changé d’équipage à bord. Comme je savais que la batterie de mon ordinateur ne tiendrait pas quinze heures (durée du trajet jusqu’à mon Ile avec ces deux escales) j’ai décidé d’acheter des écouteurs pour écouter de la musique et tenter de m’endormir.

J’avais déjà repéré le steward. Il était vraiment hyper beau. Je me souviens même avoir envoyé un message à Ronel pour le lui dire. Un métisse au sourire ravageur et aux yeux rieurs.

steward

Je n’étais pas franchement à mon avantage, on va dire. Je suis hyper frileuse en avion et frileuse tout court, en fait. Pour affronter les -4 degrés à l’extérieur, j’avais enfilé quatre paires de collants, un short, un débardeur, trois pulls et une grosse veste (que j’avais ôté dans l’avion avant de me recouvrir avec la couverture gentiment offerte). Et puis j’avais pleuré, beaucoup pleuré alors ce n’était pas dans mon idée de draguer ou quoi que ce soit, surtout que je ne pensais qu’à Stan, bien évidemment. Mais ce steward-là me plaisait. Il me souriait à chaque fois qu’il passait et il avait l’air sympa. Alors quand il est arrivé à ma hauteur, je lui ai demandé si je pouvais avoir des écouteurs et que je réglais par carte bancaire. Il m’a dit qu’il revenait tout de suite et moi, j’ai cherché ma carte.

J’ai l’impression de revoir le moment où, la main dans mon portefeuille, j’ai réalisé qu’elle n’était pas à l’endroit où elle devait être. J’ai tout de suite pensé que je l’avais perdue à l’aéroport et je me suis dit que le temps que j’atterrisse à la Réunion et fasse opposition, celui qui avait ma carte pouvait bien s’amuser. J’étais désespérée. Alors quand le steward est revenu avec la machine, je me suis confondue en excuse en lui expliquant que j’abandonnais mon achat parce que je ne trouvais plus ma carte.

J’ai vu son sourire s’effacer et je n’ai pas eu le temps d’être attendrie. Il est parti et est revenu quelques minutes plus tard avec les écouteurs. Il me les a tendus discrètement.

_Ne dites pas que j’ai fait ça mais je vous les offre.
Moi (sur le point d’éclater en sanglots) : Merci.

Pour le moment, cependant, je n’avais que faire des écouteurs. J’étais paniquée et j’avais envie de m’effondrer. Je voulais que ma mère me rassure et me dise quoi faire mais je savais qu’à 12 000 kilomètres, ça allait être un peu compliqué. Alors j’ai essayé de penser à ce qu’elle aurait pu me dire. Et une petite voix dans ma tête m’a dit : « Quelle est la dernière chose que tu as acheté ? ».

LE MAGAZINE !!! A l’aéroport, j’avais acheté un magazine pour passer le temps. Avec des chewing-gum et des chocolats pour remonter le moral. Alors que je ne faisais JAMAIS ça, là, la tête dans les nuages, j’avais glissé ma carte de crédit dans le sac qu’on m’avait tendu avec mes achats à l’intérieur.

J’ai maintenant l’impression de revivre le moment de soulagement total lorsque j’ai reposé mes doigts sur ma petite carte rectangulaire. J’ai pleuré de joie, ce qui m’arrive vraiment rarement !

Quand le steward est revenu, je lui ai dit que j’avais retrouvé ma carte et que je pouvais désormais régler, il s’est penché et a dit en souriant :

_Non, ça ira maintenant, c’est réglé. Je suis content que vous l’ayez retrouvée.
Moi (avec un grand sourire sincère) : Merci. Vraiment.

Ce vol a été horrible. J’étais entrée dans l’avion à 20H quelque chose et je n’en suis ressortie que le lendemain, à 14H passées. Plus de dix-sept heures dans un avion. On avait pris beaucoup de retard avec les escales et les retardataires. Alors ça, ça me rendait folle.

Ma mère est venue me chercher à l’aéroport bien sûr et fini l’hiver. Décembre dans l’hémisphère sud, c’est l’été. Je n’avais pas parlé de mon tatouage à ma mère et je savais que ça ne la rendrait pas folle de joie en repensant à « Tant que tu vis sous mon toit, je ne veux pas voir de dessins sur ton corps ! ». Mais une fois dans la voiture, j’ai craqué, il faisait trop chaud. J’ai enlevé tous les pulls et veste et gardé uniquement le débardeur. Mon tatouage était visible. Pourtant, ma mère ne m’a rien dit jusqu’en février, lorsque ma plus grande sœur, en vacances, a dit : « Tu t’es tatouée ?! ».

Mamounette n’a rien dit. Et elle a même avoué, plus tard, qu’elle trouvait ça plutôt joli. Yeah !

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