Compte à rebours.

Ceci sera mon dernier article. D’ici une semaine, je reviendrai et mettrai d’abord mon blog en privé et je finirai par le supprimer.

La dernière fois que j’ai écrit, je racontais que je n’étais pas enceinte. En fait, je ne l’étais plus.

J’avais rendez-vous avec ma gynéco le vendredi et j’ai tout raconté. En commençant par le test de grossesse positif puis le négatif, quelques heures plus tard.

Gynéco: Les tests urinaires peuvent se tromper et faire des faux positifs. Les test sanguins sont sûrs à 100%
Moi: C’était deux tests sanguins. Je n’ai fait aucun test urinaire pour la grossesse. 
Gynéco: Vraiment ? C’est bizarre. Les test sanguins ne se trompent jamais. A combien est-ce que vous étiez ? 
Moi: 37. J’ai demandé un troisième test à mon médecin pour être sûre parce que je me posais trop de questions. 
Gynéco: Tant mieux parce que je vous aurais envoyé en faire un aussi. L’échographie ne montre rien, de mon côté, pourtant. Mais c’est bizarre. 

J’ai fini par lui parler des symptômes de grossesse que je pensais avoir eu, au début. Lorsque Cécile et Laurence me disaient que tout était dans ma tête et elle en a conclu que j’avais, selon elle, bel et bien été enceinte mais que j’avais fait une fausse couche.

Je n’étais pas folle. Ce n’était pas dans ma tête. J’étais tombée enceinte du Sexy Boy.

Mais j’avais perdu mon bébé.

fausse-couche

Après avoir vérifié avec le laboratoire que le 3è et dernier test était négatif, je suis sortie du cabinet et suis rentrée chez moi. Je retournais tout ça dans ma tête et j’étais comme vide. Je ne ressentais rien. J’avais envie de pleurer mais ça ne venait pas.

J’ai compris plus tard que c’était la phase du choc.

C’est le truc des 7 phases du deuil.

 

2è phase: Le déni.

Le dernier test s’était peut-être trompé. Peut-être que j’étais encore enceinte et que le bébé se cachait. C’était sûrement ça. Je pouvais pas l’avoir perdu. C’était impossible. Ca pouvait pas m’arriver. Pas à moi. C’était la phase où on se dit qu’on finira cinglée.

3è phase: La colère/Le marchandage.

Là, je me suis mise à maudire tout le monde. Laurence et Cécile qui ne m’avaient pas crue lorsque je parlais de mes symptômes. Julien, qui n’avait fait que me parler d’avortement. Muriel, qui avait avorté. Le Sexy Boy, parce que c’était entièrement sa faute. Et moi, pour avoir souhaité, rien qu’une seconde que ce bébé ne vienne pas. J’étais d’une humeur massacrante, j’avais envie de frapper dans quelque chose, de balancer des objets, de hurler mais je me contenais, je gardais tout pour moi. A côté de ça, je priais les Dieux pour qu’Ils me rendent mon bébé. Je promettais d’être sage, d’être une bonne personne. Que je ne demanderai plus rien s’Ils acceptaient au moins ça. C’était la phase où j’avais l’impression d’être la pire personne du monde.

4è phase: La tristesse.

Je m’étais réveillée dans la nuit et je ne sais pas comment, j’ai enfin réussi à pleurer. J’ai pleuré, pleuré et pleuré encore jusqu’à me rendormir, épuisée. Et je n’ai fait que pleurer durant les jours qui ont suivi. Je pensais que ça ne s’arrêterai jamais. Je pleurais à chaque fois que je voyais un bébé, une femme enceinte, qu’on me parlait de grossesse, que j’étais seule à ruminer. Je pleurais tout le temps. Je devais être pathétique. Et pendant cette phase, alors que je n’étais pas du tout tactile, j’aurais pourtant souhaité que quelqu’un soit là pour me serrer très fort dans ses bras pour me dire que ça irait mieux. Et la personne que j’avais le plus envie de voir, c’était le Sexy Boy. Parce que c’était aussi son bébé et que je cherchais un lien, n’importe quel lien, auquel me raccrocher. Je ne lui en voulais pas plus que ça. Autant qu’au fond, je n’en voulais pas à Cécile et Laurence d’avoir tenté de me rassurer lorsque je disais que j’avais des symptômes de grossesse alors que je n’avais aucune envie d’être enceinte. Ca a été la phase la plus longue.

5è phase: La résignation.

C’est Dieu qui décide, Il sait ce qu’Il fait. Je ne suis pas enceinte. Mon ventre ne grossira jamais. Je n’aurai pas de bébé dans le courant de l’année 2016. Je l’avais perdu et il ne reviendrait pas.

6è phase: L’acceptation.

Ca resterait gravé. A jamais. Ca faisait partie de mon histoire. J’y penserai toujours mais je surmonterai. J’irai mieux. Parce que c’est ça qu’on doit faire.

7è et dernière phase: La reconstruction.

Je me suis lancée dans un programme de sport assez difficile. Je voulais mener un projet à terme. Contrairement à ma grossesse. Et je travaille, maintenant. La vie suit son cours. Sans bébé. Avec un ventre qui restera comme il l’a toujours été.

Je n’ai jamais vraiment cessé de pleurer. Ca prendre le temps qu’il faut pour que j’arrête d’avoir les larmes aux yeux en y songeant.

Ca me fait sourire lorsque je repense à l’article que j’avais écrit qui s’appelle « Kit de survie pour un coeur brisé », je crois. Je pensais que le pire qui pouvait m’arriver avec le Sexy Boy, c’était de tomber amoureuse de lui. J’étais naïve. Mon kit de survie ne marchera pas sur moi, cette fois.

Je ne sais pas à quoi ressemble mon coeur mais il doit être un peu plus que brisé, si toutefois c’est possible. S’il en reste encore quelque chose.

J’ignore, encore aujourd’hui, quelle a été la phase la plus difficile entre le déni, la colère et la tristesse. Les trois étaient terribles. Mais pas autant que d’essayer de me pardonner à moi-même de ne pas avoir réussi à garder le bébé, d’avoir voulu, l’espace d’un instant, qu’il ne fasse pas partie de ma vie. Je dois encore travailler là-dessus, d’ailleurs. « Parfois pour nous punir, les Dieux exaucent nos prières » – Oscar Wilde.

Le Sexy Boy est venu aux nouvelles, il y a un peu moins de deux semaines. Il voulait savoir si j’allais mieux. Je lui ai dit que le dernier test s’était révélé négatif, qu’il avait raison, que je m’étais inquiétée pour rien, que c’était la pilule qui avait tout déréglé et rien de plus.

On ne se reverra plus. J’ai fini par lui dire, ce jour-là même, que je ne quittais plus La Réunion. Il m’a posé des tas de questions, après. J’ai répondu par politesse mais je me sentais gênée, je n’avais aucune envie de lui parler. Et maintenant que l’envie de le serrer dans mes bras était passée, je voulais qu’il redevienne un inconnu, quelqu’un que je n’avais jamais rencontré, à qui je n’avais rien à dire. Silence radio, depuis. Tant mieux. J’ai supprimé son numéro et tous ses messages et j’espère qu’il aura la bonne idée d’en faire autant.

J’aurais tellement voulu que ça se termine bien entre nous.

Je n’ai raconté qu’à Laurence (et vaguement) l’histoire de la fausse couche. Elle m’a demandé si je comptais le dire au Sexy Boy. Et lorsque j’ai répondu négativement, elle a voulu savoir pourquoi.

A quoi ça servirait que je lui dise ? Il pensait que c’était impossible. Il s’était trompé. Il n’avait pas envie d’avoir cet enfant. Peut-être qu’il aurait préféré que j’avorte. Comme Julien, comme Rominou, comme le rouquin, à qui j’ai posé la question de s’ils étaient dans cette situation, qu’est-ce qu’ils feraient.

J’ai l’impression que quelque chose s’est vraiment brisé en moi. Je continue de rire, de chanter, de danser mais ce n’est plus réellement moi. C’est quelqu’un d’autre. Une personne qui porte en elle une grande cicatrice.

Ca fait un an que ce blog existe. Et il prendra fin. Parce que je suis rentrée dans une période où je n’ai plus grandement envie de raconter quoi que ce soit, parce que je me demande seulement si j’ai réellement envie de m’en souvenir.

C’était un réel traumatisme. Et personne, jamais, ne mérite de vivre un truc pareil.

Merci à ceux qui ont lu mon blog, qui sont seulement passé dessus. Ca fait du bien de revenir sur certains trucs. D’autres sont trop douloureux.

Faux positif ou négatif ?

Mardi, je suis allée chez le médecin. Je ne supportais plus les douleurs que j’avais. Sur une échelle de 1 à 10, je les évaluais entre 8 et 9, et j’avais l’impression que si je ne faisais pas quelque chose, avoir aussi mal toute la sainte journée allait finir par me rendre cinglée. J’avais un rendez-vous le matin et entre me plier en deux et pousser des grognements de douleur, je me disais que j’avais vraiment un problème.

Je suis donc allée chez mon médecin. Elle m’a posé dix milles questions, m’a auscultée mais elle ne semblait toujours pas comprendre mon état. Finalement, elle m’a envoyé faire une prise de sang pour vérifier si je n’étais pas enceinte parce que « Bon, je t’explique pourquoi. Il y a deux semaines, il était négatif donc ne t’inquiète pas trop mais selon ce que tu me décris, ça pourrait être une grossesse extra-utérine, il faut absolument qu’on sache. Je ne devrais pas avoir les résultats avant demain donc s’il y a un soucis, je t’appelle. Sinon, c’est que tout va bien. ».

Je suis donc allée faire la prise de sang et contrairement à la dernière fois, j’étais complètement détendue. Si l’ancien était négatif, je n’avais pas de soucis à me faire, étant donné que je n’avais pas revu le Sexy Boy depuis.

Après ça, Julien est venu boire un café chez moi. A 18h10, je l’ai raccompagné à l’arrêt de bus et là, j’ai vu un appel manqué du médecin.

Moi: Oh mon dieu, c’est le médecin. 
Julien: Et alors ? Rappelle.
Moi (tremblante): Non. J’attendrai demain. Elle ne devait appeler que s’il y avait un problème. Je veux pas savoir. Je veux passer une dernière soirée tranquille, au moins. 

Moins d’une minute plus tard, alors qu’on marchait, mon téléphone s’est remis à sonner. C’était encore le médecin. Le coeur battant à tout rompre, j’ai décroché.

Médecin: Bibi, j’ai reçu tes résultats. Alors euh… je sais pas… il est positif. A causes de tes douleurs et de tes saignements, il faut que tu descendes ce soir aux urgences gynécologiques pour faire une échographie.

Je me suis mise à pleurer. Elle a compris.

Médecin: Bibi ? Est-ce que ça va ?
Moi: Je m’attendais pas à ça.
Médecin: Ecoute-moi, le taux est faible, il est à 37 c’est… Y a rien de sûr. Mais il faut qu’on vérifie, il faut que tu fasses cette échographie. C’est toi qui est importante, d’abord, dans cette histoire et il faut qu’on écarte le danger alors tu vas devoir y aller ce soir. 

On a fini par raccrocher et quelques pas plus tard, Julien et moi étions sous l’arrêt de bus.

Moi: C’est positif, Julien. 

Il a pris ma main pendant que je continuais de pleurer. Je n’aimais pas ces marques d’affection, ces contacts mais j’ai laissé parce que j’étais contente de ne pas être seule.

Julien: C’est encore assez tôt pour l’enlever, t’en fais pas pour ça. 

Je n’ai pas répondu à ça. J’ai appelé Laurence:

Moi: Putain Laurence, c’est positif. Le dernier test de grossesse est positif.
Laurence: Oh mon dieu, Bibi… 
Moi: Je dois aller à l’hôpital faire une échographie en urgences parce que je suis peut-être en danger, enfin, j’ai pas trop compris. Elle m’a dit que c’était pas sûr parce que le taux était faible. Je suis dans la merde. 

Elle m’a dit de me calmer et de rester positive. Julien a décidé de m’accompagner pendant que, de mon côté, je pensais à deux choses:
1- Comment dire ça à ma mère ?
2- Le Sexy Boy, à moins d’un kilomètre de moi au moment où j’apprenais tout ça, et qui, lui, ne devait se faire aucun soucis.

Ma mère n’a pas très bien réagi. Mais en pleurant, je l’ai suppliée de choisir un autre jour pour me faire la morale. Elle a quand même tenu à me dire que pour elle, le Sexy Boy n’était qu’un enfoiré et d’autres mots tout aussi peu agréables à entendre. Je n’ai rien dit. Julien, lui, a ouvert la bouche pour annoncer à ma mère qu’il m’avait prévenue que c’était pas une bonne idée de voir ce gars-là. Merci, Ju’.

En arrivant à l’hôpital, on a constitué mon dossier et on attendu dans la même salle d’attente que des familles qui attendaient qu’un de leur membre ait fini d’accoucher et d’autres femmes dont on ne pouvait pas douter qu’elles étaient enceintes. Et moi ? Est-ce que je l’étais ? Je trouvais le temps long. Personne ne parlait. Ma mère me fusillait du regard. Julien me souriait, gêné.

Finalement, on m’a appelée. J’y suis allée. Ca a commencé par une série de questions pour savoir ce que je faisais réellement chez eux.

Moi: Mon dernier test de grossesse était positif. Et comme j’ai des douleurs et des saignements, mon médecin tenait à ce que je fasse une échographie. Mais elle m’a dit que ce n’était pas sûr que je sois enceinte.
Interne: D’accord. Hum mais, si le test était positif, c’est qu’il est positif. 
Moi (pensant): Super… 

Encore une série de questions et je passais l’échographie. Tout ce que j’ai retenu c’est:

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Interne: Alors il y a *trucs de médecins que je comprenais pas du tout* qui pourrait être le signe d’un début de grossesse mais je ne vois rien. Ca peut-être parce que vous êtes en tout début de grossesse et que c’est trop petit pour qu’on puisse le voir maintenant, soit parce qu’il est mal placé ou soit, parce qu’il n’y a rien. On va refaire un test de grossesse, nous, pour voir si on a les mêmes résultats que dans le labo qui vous a fait la vôtre cet après-midi. Si c’est le cas, il faudra refaire un test dans deux jours pour voir parce que si vous êtes enceinte, le résultat aura doublé. Vous aurez les résultats dans une heure et demi. Ca serait mieux que vous attendiez dans la salle d’attente au lieu de partir. 

J’ai posé encore quelques questions, à mon tour. Dont la plus importante:

Moi: Si je suis enceinte, ça sera forcément une grossesse extra-utérine ? 
Interne: Non. Comme je vous l’ai dit, peut-être qu’il est juste trop petit, encore, pour être vu. Ca pourrait aussi être une grossesse viable.

J’ai fait ma prise de sang et suis repartie en salle d’attente. Lorsque j’ai dit à ma mère qu’on devait attendre encore 1H30 pour les résultats, elle est sortie faire un tour. Je suis restée seule avec Julien.

Je me sentais un peu comme vidée de toutes émotions. J’avais déjà assez pleuré. Je me disais que Karma savait ce qu’il faisait. Moi non. J’accepterai le plan qu’il aurait pour moi.

Je pensais au Sexy Boy. Etais-je vraiment en train de porter son bébé ? Je n’avais pas envie qu’il fasse partie de ma vie comme ça… Qu’est-ce que j’avais foutu ? Et pourtant, j’étais toujours incapable de lui en vouloir. Je ne savais pas s’il fallait lui dire quelque chose ou non.

Et s’il y avait bien une « grossesse en cours », était-elle viable ou non ? J’en avais marre d’entendre Julien a côté de moi me parler d’avortement.

Moi: Tu préférerais entendre que j’ai un triple cancer ou que je suis enceinte et que je garde le bébé ?
Julien (sérieux): J’en sais rien. Dans les deux cas, pour moi, tu serais condamnée. 

J’ai trouvé ça très dur. Ca faisait plus de quatre ans qu’on se côtoyait et c’était la première fois qu’il me parlait de cette façon. Aussi durement.

Ma mère n’est pas revenue de toute l’heure et demi. Julien a quand même réussi à me détendre et me faire rire un peu mais plus l’heure du verdict approchait, plus je stressais. On a fini par m’appeler.

Interne: Bonne nouvelle pour vous: c’est négatif. Le faux positif du labo cet après-midi a pu être causé par une erreur de manipulation ou alors c’est à cause de la pilule. Rassurez-vous. 

J’étais contente, je suis sortie, ai annoncé la bonne nouvelle et on est rentrés.

Hier, j’ai appelé mon médecin, comme elle le souhaitait, pour lui donner des nouvelles. Et puis j’ai fini par lui poser la question qui me brûlait les lèvres depuis que j’avais quitté l’hôpital, la veille.

Moi: Est-ce que c’est sûr, maintenant ? J’ai fait un faux-positif ou est-ce que c’est possible que ce soit le test d’hier soir qui soit faux ? 
Médecin: Eh bien… Je… Bon, on peut en refaire un dernier si ça peut te rassurer, d’accord ? Parce que bon, ça me gêne, de mon côté, c’était positif. Je suis vraiment désolée de t’avoir inquiétée, hier.
Moi: Non, ne vous en faites pas. C’est vrai que ça m’a fait un choc.
Médecin: Ce n’est jamais évident de dire ce genre de choses au téléphone et puis bon, tu m’as demandé la pilule, je me doutais bien que tu ne voulais pas tomber enceinte… On va revérifier tout ça, histoire de se rassurer, tout simplement. 
Moi: Merci ! 

Le soir, j’ai envoyé un message au Sexy Boy. J’avais peur de sa réaction. J’avais discuté avec Rominou et Julien de comment ils prendraient la chose et franchement, c’était pas rassurant. Entre signer une décharge pour que la fille ne leur demande jamais rien et la pousser à avorter, je me demandais bien ce que le Sexy Boy allait pouvoir me sortir.

Eh bien, voilà ce qu’il a répondu: « Salut ça va ? C’est impossible que tu sois enceinte. J’espère que tu n’as pas de problèmes de santé ! ».

Il se foutait de moi, là, je croyais. Comment on avait pu passer de « Je crois qu’il y a eu un problème. J’espère que tu ne tomberas pas enceinte » à « Non, c’est impossible que tu sois enceinte » ?. Il me faisait halluciner.

Au final, j’ai refais la prise de sang ce matin. Le médecin ne m’a pas appelée. Je suis sûre, maintenant, que je ne suis pas enceinte. Enfin, la journée n’est pas encore finie mais je pense que Karma m’en a assez fait baver, comme ça. Je vais souffler un peu, maintenant.

Fin du Game.

C’est fini avec le Sexy Boy.

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Au final, ça n’aura pas duré bien longtemps. Un mois. Un peu moins, même.

La dernière fois qu’on s’est vus, pourtant, on s’est quittés comme si on allait se revoir. Il m’a sorti son emploi du temps.

Sexy Boy: Mercredi ça va être difficile. Jeudi, ça sera pas possible. Samedi, c’est mort. 

J’ai écarquillé les yeux, déjà, en voyant le « crescendo » (Le vrai nom de la figure de style, je l’ai oubliée, hein) qu’il avait utilisé, probablement sans faire attention.

Sexy Boy: Donc, ça sera vendredi ou dimanche, je te tiens au courant. 

Il n’a pas cité lundi et mardi parce que ce sont les deux jours où il est en cours, c’est impossible.

Moi: T’as vraiment un emploi du temps de dingue, c’est fou ! Je sais pas comment tu fais. Bon courage, en tout cas. 

Un sourire et un baiser (ou deux ou trois) plus tard, j’étais dehors.

Je n’ai jamais revu le Sexy Boy.

Il m’a annoncé qu’il pensait qu’il y avait eu un problème et qu’il espérait que je ne sois pas enceinte.

J’ai passé une semaine épouvantable. Je suis sortie de chez moi parce que j’avais des rendez-vous à droite et à gauche mais je regardais les femmes enceintes autour de moi d’un tout autre oeil que celui, attendri, de d’habitude. Je ne pouvais pas être enceinte. Pas maintenant. Pas d’un garçon que je ne connaissais pas, que je n’aimais pas. Pas alors que j’allais commencer un boulot. Pas dans cette situation.

Qu’allait penser ma famille de moi ? Qu’allait faire le Sexy Boy ? Qu’est-ce que j’allais faire, moi ? J’en avais parlé à Laurence et Cécile.

Laurence: Bibi, je suis sûre que tout va bien, arrête de stresser.
Moi: J’ai vraiment trop peur. Je peux pas avoir un bébé maintenant. C’est mort. Je suis pas assez mature. Putain, je suis cinglée, tout le monde le sait. Et j’ai jamais eu envie de grandir. Je suis vraiment pas prête. Je crois que j’avorterai.

Cécile: Putain de merde, Bibi ! Vous les hétéros, vous êtes vraiment dégueulasses !!!!
Moi: T’es sérieuse, là ? Est-ce que je dois te rappeler, Mademoiselle Lesbienne, qu’il y a deux ans, tu m’as avouée être en train de flipper d’être tombée enceinte de ton meilleur ami qui a déjà une copine ? C’est vous qu’êtes dégueulasses ! Et puis, sérieusement, inutile de me faire la morale, là. Rien ne pourra être pire que ce qui se passe dans ma tête en ce moment.

 

Je suis allée à l’église et j’ai prié pour ne pas tomber enceinte, pour qu’aucun bébé ne vienne perturber ma petite vie.

Finalement, mardi, j’ai eu des saignements. J’étais probablement la personne la plus heureuse du monde. Je me suis empressée de commencer la pilule pour que tout ça n’arrive plus jamais. Mais voilà, plus de saignements. RIEN DU TOUT. Je n’en avais eu qu’un. Ce qui n’était pas du tout normal.

Alors le lendemain, le mercredi, donc, je me suis réveillée et fait des recherches sur internet. Grossesse et saignements. Alors ça pouvait être normal en début de grossesse mais ça pouvait aussi être le signe d’un « avortement spontané ».

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J’ai dit à ma mère que j’avais des saignements bizarres et que j’allais chez le médecin.

Mamounette: Bibi, est-ce que tu es enceinte ?

J’avais envie d’arrêter de mentir, au moins cette fois.

Moi: Je sais pas. J’espère pas. 
Mamounette (dans un soupir): Mon dieu… Je n’espère pas pour toi, moi aussi. 

Alors j’ai été voir le médecin, je lui ai raconté et il m’a envoyé faire un test de grossesse la minute d’après. Il m’a dit que la pilule pouvait arrêter brusquement les règles. Mais il a aussi parlé d’un cas où j’étais enceinte, qu’il pouvait s’agir d’un décollement de l’oeuf ou d’une fausse couche.

C’était quatre jours après avoir vu le Sexy Boy. Est-ce qu’on pourrait vraiment savoir ? Est-ce qu’il y avait un risque que le test ne soit pas correct ? J’ai fait la prise de sang. Je devais avoir les résultats le lendemain matin à 10h.

Le soir, j’ai vu Cécile.

Moi: J’ai réfléchi, tu sais. Je crois que tu me connais assez pour savoir ce que je ferai si je tombais enceinte… 
Cécile (fronçant les sourcils):…
Moi: Je pensais que j’avorterai et que ce serait fini mais je sais bien que j’en serai incapable. Le jour où j’ai appris que Muriel avait avorté, c’est moi qui ai fondu en larmes parce que je ne comprends pas comment on peut être capable de faire ça. Si jamais je suis enceinte, Cécile, je garderai le bébé. 
Cécile: Putain, Bibi, non !
Moi: Un jour, il faudra choisir entre le bien et la facilité. Ca serait bien plus facile d’avorter. Tu pensais vraiment que j’allais pouvoir prendre la facilité ? 
Cécile: Tu es intelligente ! Je pensais que tu aurais assez de bon sens pour choisir la facilité, oui ! Tu peux pas faire ça. 
Moi: Je suis pas comme toi. 

J’avais les nerfs à fleur de peau. J’avais l’impression d’avoir dix milles symptômes qui me démontraient que j’étais enceinte.

Le lendemain, j’ai pris les résultats et sans les ouvrir, j’ai foncé chez Les Double L où j’ai demandé à Laurence de les ouvrir pour moi et de les lire.

Laurence (prenant l’enveloppe): Bibi, arrête de stresser, je suis sûre qu’il y a rien. 

Elle a déplié le papier, j’avais le coeur qui battait à cent à l’heure. Elle a froncé les sourcils, d’abord, puis secoué la tête. Je ne savais pas ce que ça voulait dire.

Laurence: Y a rien, t’inquiète ! 

J’ai poussé un gros soupir de soulagement. Je n’étais pas enceinte. L’avais-je été ? Je n’en avais aucune idée. J’espérais de tout mon coeur que non.

Après ça, j’ai eu l’impression d’avoir changée. D’un côté, je m’étais presque préparée à être enceinte et ça m’avait fait comme grandir d’un coup, sans que je le veuille. Et le Sexy Boy ?

Moi: Je sais même pas si je dois raconter tout ce qui s’est passé dans ma tête au Sexy Boy. Ca nous avancerait à rien. Et en même temps, c’est de sa faute, tout ça ! Je sais pas si j’ai envie de le revoir. Je sais pas si je serai encore capable de le regarder dans les yeux. Dans ses magnifiques yeux bleus. 
Cécile: Tu sors de loin, Bibi. Peut-être que ta vision de votre relation a changé…

Au final, la décision n’est pas venue de moi (et tant mieux, au final, parce que je ne sais toujours pas si j’aurais accepté de le revoir ou pas). Le Sexy Boy n’a plus jamais donné de nouvelles.

Je me suis demandé si je lui en voulais. Je me suis demandé s’il fallait absolument mettre un terme officiel à une relation qui ne l’était pas. Et les réponses sont « non ». Je lui suis reconnaissante. Je garderai un très bon souvenir du Sexy Boy, malgré ce qui s’est passé. On ne s’était rien promis. Jamais. Alors il pouvait bien tout arrêter, comme ça, il ne me devait rien. Pas d’explication. Pas de long discours. Rien.

Et vous savez quoi ? Lorsqu’on n’attend rien d’une personne, on ne peut pas souffrir. Alors une nouvelle semaine a commencé et avec elle, de nouvelles promesses pour des jours meilleurs.

Je crois que Le Sexy Boy pourrait bien être ma meilleure rencontre de cette année. Quelqu’un le détrônera-t-il avant le 1er janvier 2016 ? J’en doute. J’ai grandement besoin d’une pause, là.

(Voici l’image que Laurence m’a montré en assurant qu’elle ne pouvait pas la regarder sans penser à moi et rire. Bonjour l’humour bien noir, quand même. Merci, cousine !)

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Que William Blake me sauve sur ce coup-là.

William Blake a écrit: « Vérité dite à fin méchante bat tout mensonge que tu inventes ». C’est mon deuxième poète préféré, juste derrière le grand amour de ma vie: Jacques Prévert. D’ailleurs, Prévert a écrit un poème qu’il a adressé à Blake… Quand je vous disais qu’on était fait l’un pour l’autre.

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J’ai dit des tas de mensonges, en ce moment. A ma mère, surtout. Et quasiment tous par rapport au Sexy Boy.

Et puis j’ai dit un mensonge au Sexy Boy, aussi.

Sexy Boy: Quand est-ce que tu pars ?
Moi: Courant novembre. 
Sexy Boy: Alors il nous reste octobre pour bien en profiter.

Quand j’ai raconté ça à Cécile, elle s’est emballée:

_Mais pourquoi t’es partie lui dire ça ?!!!!!!

J’ai dit que je savais pas trop. Que de toute façon, il faudra bien que ça se termine entre nous, alors se donner une date, dans sa tête, c’est déjà un bon début.

Mais la vérité est toute autre. Je devais partir, quitter La Réunion. Comme je dis souvent: c’est comme ça que ça a commencé entre le Sexy Boy et moi: parce que je devais partir ! Mais il y a eu le kyste découvert, et soudain, j’avais envie de rester là parce que même si c’est pas grave, je stresse et j’ai envie d’être entourée pour les prochains examens, ou si opération il doit y avoir ou toute autre complication à la con. Je voudrais pas être seule, livrée à moi-même.  Et puis, le jour même de mon échographie, moins d’une heure plus tard, on me proposait un entretien. Je devrais commencer début novembre.

Alors j’ai menti au Sexy Boy. Parce que, courant novembre, je travaillerai et nos deux emplois de temps deviendront sans doute incompatibles. Mais au-delà de ça, il est celui qui n’au courant de rien et qui à arrive à me faire oublier tout ça pendant quelques heures. J’ai menti parce que je n’avais aucune envie de lui parler de mes problèmes de santé. Il n’est pas là pour ça. J’ai des amis. Merci.

Mais je me sens mal. Je devrais quand même lui dire la vérité: que je ne pars pas. La Réunion est trop petite, il vient près de chez moi une fois par semaine. J’aurais l’air malin si je le croisais quelque part après le « courant novembre ».

Je lui dirai la vérité. Quand je m’en sentirai capable.

Mais sinon, à part ça, le Sexy Boy et moi allons beaucoup mieux question communication. C’est pas un grand bavard, contrairement à moi mais quand il ouvre la bouche, il me fait au moins sourire, si c’est pas rire !

Je l’ai vu samedi et j’ai mis ma robe noire cintrée, celle que Julien avait surnommé: »Celle dans laquelle t’es trop bonne ». Je doutais vraiment du pouvoir de cette robe parce qu’elle n’est pas courte et ne possède pas de décolleté plongeant mais le Sexy Boy m’a lui aussi fait savoir à quel point il la trouvait jolie et avait apprécié que je la porte. J’étais flattée. On est assez pauvres en compliments, l’un pour l’autre. J’ai dû lui dire une ou deux fois qu’il était gentil, de mon côté. On peut faire mieux, je sais…

Il m’a envoyé un message vendredi soir pour me dire qu’il était désolé, qu’il avait eu une grosse semaine, mais que peut-être, le lendemain matin, on pourrait se voir, qu’il me tiendrait au courant. Le « peut-être » m’avait légèrement agacée. Je n’ai pas répondu tout de suite. Je ne savais même pas si j’avais envie de le revoir. Je m’étais dit que je devais peut-être mettre un terme à tout ça… Mais moins je pensais au Sexy Boy et plus je pensais à Alexandre. Et penser à Alexandre me faisait du mal, beaucoup de mal. Alors que penser au Sexy Boy ne me fait pas grand chose. Et pendant un moment, je me suis dit que c’était ça qui me perturbait un peu, peut-être: ne rien ressentir pour lui. Rien du tout. Il est gentil, rassurant, beau comme un dieu, studieux et même marrant, à ses heures perdues, sous ses faux airs de garçon timide, il ne fait voler aucun papillon dans mon ventre, pas le moindre.

Alors j’ai accepté de le revoir et depuis, je pense moins à Alexandre et je le vis tellement mieux. Mais le Sexy Boy et moi, c’est pas possible sur une longue durée. Je profiterai du mois d’octobre (pour les fois où son emploi du temps le permettra) et ensuite, j’aviserai…

Y a des fautes et manque peut-être (sûrement) des mots dans cet article mais y a eu des bugs…

Absence de grossesse en cours.

« Les dimanches à Bamako, c’est le jour de mariages-euh » ! chantait Amadou et Mariam.

Dans la famille, les dimanches c’est jour des repas de famille, surtout. Et dimanche dernier, le repas de famille était à Salazie. Il me semble avoir déjà dit, ici, à quel point j’aimais cet endroit. Surtout pour La Mare à Poule d’Eau. Probablement mon endroit préféré sur l’Ile.

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On est arrivés vers 13h, je pense. On était vraiment pas en avance. J’ai commencé à me plaindre de douleurs au ventre. J’ai à peine touché à mon assiette que je suis partie vomir, avant de m’allonger dans le canapé pour finir par fermer les yeux et m’endormir quelques temps.

Laurence n’était pas là. Lisa est venue me réveiller pour me demander si je voulais aller à la Mare et tout le monde m’a encouragée à sortir, prétendant que marcher me ferait le plus grand bien. C’était une grosse connerie mais nous y reviendrons plus tard.

Avant de sortir, j’ai avalé un peu de salade de fruits, puisque je n’avais plus rien sur l’estomac et on est sorties, avec Lisa. La Mare était à 300 ou 400 mètres mais je marchais très lentement, comparé à d’habitude, j’étais moins excitée, plus fatiguée et alors que je ne me considère pas comme une chochotte, je m’arrêtais toutes les deux secondes pour me plaindre d’avoir mal.

Arrivés sur place, Lisa a voulu faire des photos et j’ai accepté parce que le cadre et la lumière étaient magnifiques. Sauf que j’en pouvais plus.

Moi: Lisa, je me sens pas bien, je te jure. J’ai envie de vomir. Allons rentrer. 
Lisa (riant): Mais non, reste professionnelle, Bibi. Souris. Personne ne doit voir que tu souffres. 

Encore une fois, je me suis convaincue que je n’étais pas une chochotte alors j’ai joué le jeu. Voici quelques photos.

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En vrai, j’avais les larmes aux yeux. Des nausées et des douleurs qui semblaient me traverser telles des lames !

Au bout d’un moment, j’en pouvais vraiment plus alors on est rentrées. Après qu’un mec m’accoste et me demande s’il pouvait me raccompagner… J’ai gentiment décliné, je n’avais ni le temps, ni l’envie…

Une fois arrivés chez mon oncle, je me suis de nouveau précipitée aux toilettes en pensant vomir une nouvelle fois. Mais non, rien. Dans la cuisine, ils coupaient les gâteaux. Les douleurs avaient aussi atteint mon dos et me pencher était devenu une torture. Je me suis installée dans le canapé et j’ai pleuré ma souffrance en silence. Ma mère est venue me voir quelques minutes plus tard et en voyant que je pleurais, elle a compris que je ne faisais vraiment pas semblant. Elle m’a posé quelques questions et a pensé à un calcul rénal. Comme mon père et ma plus grande soeur en ont déjà fait, elle a dit à tout le monde qu’elle savait que c’était vraiment douloureux et qu’elle allait m’emmener à SOS Médecins avant les urgences pour voir ce qu’ils disaient.

Je suis passée devant toute la famille pour dire au revoir d’un signe de tête, sauf à mon oncle, à qui j’ai fait la bise et qui a dit:

_Elle fait de la fièvre, allez-y, perdez plus de temps !

On a dû arriver à SOS Médecin à 19h environ et j’ai eu ma place une petite heure plus tard. Le verdict est vite tombé: j’avais fait une infection urinaire qui était remontée jusque dans mes reins. Le médecin, après m’avoir dit que j’avais bien fait de ne pas avoir attendu trop longtemps pour consulter, m’a envoyé faire des analyses à la clinique la plus proche. Nouvelles prises de sang qu’il fallait ensuite déposer au laboratoire, juste à côté.

J’étais avec ma mère et ma tante et cette super biologiste a dit haut et fort: « On a demandé un test de grossesse. De quand datent vos dernières règles ? ». J’ai répondu et on a dû patienter.

Ma tante: Un test de grossesse ? Alors que tu n’as jamais eu de rapports ? Ca ne sert à rien. 

J’ai été obligée de rire. Et rire me faisait hyper mal.

Moi: Pas vraiment, tatie.

Quand j’ai raconté ça à Laurence, le lendemain elle n’en pouvait plus.

Laurence: Non mais elle est sérieuse ?! Non mais elle et ta maman, elles sont pas possibles ! Elles se croient vraiment dans l’ancien temps, encore. Et puis, elle peut parler, elle ! Elle est tombée enceinte à 16 ans ! 

Mais ce soir-là, ma mère n’a pas ri. Si elle doutait encore que le Sexy Boy et moi étions intimes, elle ne pouvait plus qu’être sûre, à présent.

Mamounette: Oh lala, Bibi. Qu’est-ce que tu es partie faire ?
Moi: Non, mais c’est bon, arrêtez de paniquer, je suis pas enceinte, hein ! 
Mamounette: J’espère  ! J’espère que t’es pas partie jouer avec le feu. Il y a des moyens de contraception, j’ai plus besoin de t’apprendre ça ! 

Les minutes ont été longues, c’est moi qui vous l’dis.

On a ensuite été à la pharmacie de garde. Vu le short que je portais, vous comprendrez peut-être que le soir, en plein hiver, à La Réunion, j’étais glacée. Alors on m’a dit de patienter dans la voiture. J’avais plusieurs appels manqués de la famille et un message de Cécile. J’ai choisi d’en envoyer un à Julien. Vous voulez savoir pourquoi ?

Le matin, je lui avais envoyé un message pour avoir de ses nouvelles parce que ça faisait près d’un mois qu’on ne s’était pas vus.

Moi: En tout cas, prends soin de toi, chou. On se voit bientôt, j’espère. 
Julien: Toi aussi. Va pas tomber malade subitement.

J’avais ri. J’allais plutôt bien, à ce moment-là. Je riais beaucoup moins lorsque je lui ai envoyé un message pour lui raconter. Il m’a appelée et il a été adorable. Comme d’habitude.

Les médicaments ont été efficaces.

Le lendemain matin, je devais retourner à la clinique faire une échographie. On m’a trouvé un kyste à l’ovaire gauche, qu’il fallait surveiller. J’étais ravie… *Ironie*

J’allais pas super bien. Heureusement, Laurence était là pour me remonter le moral et on a ri. Voici notre conversation:

Moi: N’empêche que quand elle a dit que y avait une demande pour un test de grossesse, j’ai bloqué un instant. Je me suis dit: « Mon dieu, on a pas pris de risques. Il me l’aurait dit s’il y avait eu un problème, quand-même. ». Mais après, j’avais tellement mal que j’ai pas stressé plus que ça. Pour moi, c’était impossible que je sois enceinte. Leur 99% de fiabilité me fait peur, moi ! 
Laurence: Ah, t’as déjà commencé la pilule ? 
Moi: Non. Mais le préservatif c’est pareil, non ? 
Laurence: Non ! Le préservatif c’est 97% !
Moi: Sérieux ? Meeerde ! C’est 2% encore de moins que ce que je pensais. LOL !
Laurence: Ouais ! C’est déjà beaucoup trop de pourcentage d’avoir un enfant non désiré, moi j’dis ! 
Moi: Lol mais grave ! Ca craint ! 
Laurence: Toi, t’aurais mis moins de LOL si t’avais été enceinte. 
Moi: Ah tu crois ? Je suis encore trop folle et gamine dans ma tête pour être moi-même maman maintenant. Surtout d’un mec « comme ça » pour qui je ressens quasiment rien. Et puis, je suis même pas sûre que le Sexy Boy assumerait. 
Laurence: Pourquoi ? A son âge il serait pas encore assez mature pour ça, tu penses ? 
Moi: Non, surtout par rapport à ses études. Je doute qu’il prenne le « risque » d’élever un enfant alors qu’il a à peine du temps pour lui. Je le verrai plus choisir sa vie professionnelle. 
Laurence: Ah ouiii ! J’allais te dire qu’il lui restait juste un an mais c’est vrai qu’il veut poursuivre en doctorat…
Moi: Ouais mais moi, maintenant, je me pose vraiment la question. Imagine que je tombe enceinte (le 1% de la pilule qui marche pas me tombe dessus, soyons fous !). Sachant qu’il faut 9 mois avant la naissance de l’enfant, je me dis qu’il aurait le temps de finir son master, quand même. Je parle pas de vivre ensemble, lui et moi, hein, juste le fait qu’il assume sa paternité. Est-ce qu’il se dirait: « Bon, j’arrête les études, tant pis, je trouve un boulot et j’élève le bébé » ou « Oula mais moi j’ai pas demandé ça ! Je continue mes études et toi tu te démerdes, tu fais ce que tu veux ! » ? J’essaie de réfléchir. Il est vraiment gentil, parfois, et il me pose souvent des tas de questions pour savoir si je vais bien et tout ça. Donc je sais vraiment pas. La réponse est un mystère pour moi. 
Laurence: Ben raconte lui ça et pose lui la question, normal.
Moi (riant): Ben oui, normal. « Dis Sexy Boy, j’ai dû faire un test de grossesse, récemment. Il est négatif, rassure-toi mais si j’étais tombée enceinte, tu aurais fait quoi ? Fui ou assumé ? 
Laurence: Alors toi, tu partages une certaine intimité avec quelqu’un mais t’as peur de lui poser des questions ? Et puis, peut-être pas lui dire comme ça mais au moins lui demander quelles seraient ses priorités dans ce cas-là. Toi, ta relation avec lui, c’est un gros kinder surprise. Faut pas t’étonner si un jour, tu te retrouves avec un jeu défaillant à l’intérieur. 
Moi: Lol, mais c’est quoi cette métaphore ?! Et le jeu défaillant, je dois le traduire par quoi ? 
Laurence: Par des sentiments que tu n’aurais pas souhaité. 
Moi: Oula, non, moi je veux pas de ça. Mais je garde le kinder surprise. Parce que la plus grosse surprise entre nous c’est: est-ce qu’on va se revoir ? Mystère ! 
Laurence: Ah ouais, là on est déjà dans du bon Kinder Surprise, hein ! 

Julien, cet adorable garnement, est venu me voir. On est restés qu’une petite heure, ensemble, vu qu’il devait retourner bosser mais ça m’a fait un bien fou. Je lui ai enfin parlé du Sexy Boy. Je voulais pas le faire par texto. Pas avec lui.

Moi: Je t’avais parlé du mec dans le magasin de tissu qui nous a proposé de faire la randonnée, non ?
Julien: Quoi ?! Attends ! Mais c’est quoi cette histoire ? Toi tu vas dans un magasin de tissu pour faire de la randonnée ? Il faut pas aller chez Decathlon, par exemple, plutôt ?

J’avais pas le moral. Entre les examens à la pelle, les douleurs et tout le reste… Il est resté qu’une heure mais j’étais morte de rire, avec lui. Donc je lui ai raconté pour le Sexy Boy.

Julien: Mais Bibi, t’aimes les faux plans, toi, c’est pas possible ! Pourquoi tu fais ça si t’as pas de sentiments ?
Moi: Ben euh… On s’amuse bien ?

Il a ri. Il est vraiment trop chou ! Ca m’a vraiment fait du bien de le voir.

Sinon, j’ai récupéré mes résultats d’analyses, aujourd’hui. Ca fait cinq ans que je fais de l’anémie, cinq ans donc que je récupère régulièrement ce genre d’analyse après des prises de sang. Aujourd’hui, ça a été la PREMIERE fois de toutes que ma mère a tenu à voir les résultats. Non maman, je ne suis pas enceinte mais je t’en prie, vérifie, si ça te fait plaisir.   »Absence de grossesse en cours ». Voilà, elle doit être rassurée, maintenant.

Dieu merci, je ne suis pas enceinte. J’avais besoin de tout, sauf ça. Aucune nouvelle du Sexy Boy depuis que j’ai quitté son appartement, jeudi dernier. Je n’ai envoyé aucun message, cette fois. Si on se voit, ça viendra de lui. Et en attendant, je suis bien contente de n’avoir toujours pas commencé la pilule.

Vie de (pas) couple.

Où j’en étais moi ? La soirée en famille où je me posais dix mille questions…

Il s’est passé des choses, après ça… Plusieurs choses.

Le mardi, j’ai envoyé un message au Sexy Boy. Je venais juste aux nouvelles, étant donné que je n’en avais pas pris depuis que j’avais quitté son appart’ le jeudi. Le lendemain après-midi, toujours sans nouvelles, j’ai envoyé un message à Laurence et Cécile pour leur raconter, leur dire que je pensais que c’était fini. Les filles ont eu des réactions très différentes.

Laurence: Il est sérieux, lui ? Putain, il te demande de prendre la pilule pour te traiter de cette façon ?! Non, mais les mecs, quoi ! 

Cécile: Oh t’inquiète, une journée sans nouvelles, c’est rien. Attends encore un peu…

La demoiselle à la tête percée avait raison. Quelques heures plus tard, j’ai reçu un message du Sexy Boy. Il me disait que sa semaine était particulièrement chargée. Au final, on a réussi à se voir le lendemain. Jeudi, donc. Tout était différent, ce jour-là.

Avoir cru qu’il s’était fichu de moi m’avait fait l’effet d’une grosse douche froide. J’étais en colère mais en même temps, j’étais contente de pas en être arrivée à prendre la pilule, Je lui en voulais un peu mais de l’autre côté, je regrettais pas ce qui s’était passé entre nous. Je l’ai traité de connard des milliers de fois, dans ma tête, mais je pouvais pas m’empêcher de lui reconnaître des tas de qualités.

Mais lorsqu’on a décidé de se revoir, je m’attendais plus à rien. Je ne me posais plus de questions, je m’étais enfin dit que j’allais prendre ce que je pouvais de cette relation et que lorsque ça serait fini, on partirait chacun de notre côté, parce que c’était comme ça que c’était censé se passer depuis le début.

La dernière fois que j’étais arrivée chez lui, je sais pas si vous vous souvenez, je m’étais perdue. Là, j’ai trouvé du premier coup.

Sexy Boy (riant): T’es trop forte ! 
Moi (riant aussi): Je sais bien ! 

La dernière fois, c’était moi qui l’avais embrassé en premier. Là, c’est lui qui s’est penché pour me donner un baiser.

Et puis, plus tard, il m’a attirée contre lui pour que je pose ma tête sur son torse et je me sentais hyper mal à l’aise, comme ça. On se parlait pas, il me caressait le dos d’une main et entrelaçait nos doigts de l’autre et j’ai trouvé ce moment hyper bizarre. J’arrivais pas à rester comme ça, du coup, j’ai ouvert la bouche.

Moi: T’es vraiment un gros menteur, quand même ! 
Sexy Boy (qui fronce les sourcils): De quoi tu parles ?
Moi: Lorsque tu as pris mon numéro, tu m’as dit: « Tu vas bientôt partir ? Il faut que je te fasse sortir un peu, avant, alors ! ». Où t’aurais trouvé le temps de me faire sortir, hein ? T’es qu’un gros menteur ! 
Sexy Boy (au bout de quelques secondes): Moi j’ai dit ça ? 
Moi: Tu te fous de moi ? T’as vraiment oublié ? Putain… Quand je disais que t’étais un beau parleur… 

Il n’a plus répondu. J’allais partir et encore une fois, il m’a retenu pour m’embrasser. La porte était ouverte, j’allais sortir, et je me suis souvenue que j’avais une question de la plus haute importance à poser.

Moi (chuchotant): Au fait, je voulais te demander…
Sexy Boy: Oui ?
Moi (prenant une grande inspiration): Est-ce que tu vois d’autres filles que moi ? 

Là, il a refermé la porte.

Sexy Boy: Mais t’as fini de gueuler des trucs, comme ça, dans le couloir ?! 
Moi: Oh arrête de psychoter, y a personne dans ton couloir et j’ai pas gueulé. 

Je me suis retenue de lui dire que j’avais pas non plus hurlé « Au fait, est-ce que tu couches à droite et à gauche ? ».

Sexy Boy (soupirant): Non, je te l’aurais dit. Là-dessus je suis clair dès le début. Y a que toi. 

Bon j’avoue, j’ai pas pu m’empêcher de sourire et là, c’est moi qui l’ai embrassé avant de filer. Avant de refermer la porte, il a lancé « Bisous » et voilà, plus de nouvelles depuis. Parce que c’est comme ça que ça fonctionne les non couples. Ils ne se donnent pas de nouvelles tous les jours. Et le Sexy Boy et moi, on est aussi du genre à ne pas se faire le moindre compliment (bien que je le trouve hyper beau, rhô !), ni à nous appeler par notre prénom. Jamais.

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Par ailleurs, j’ai passé le test qu’il m’avait conseillé de laisser tomber. Je l’ai réussi. Mais le psychologue du travail qui m’a reçu m’a dit qu’il me mettait sous réserve parce qu’il ignorait s’il me rendrait service en me mettant dans la formation car tout ce qu’il voyait en moi, c’était une artiste qui aimait les lettres et non les chiffres. On verra bien.

Soirée arrosée (en famille)

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Hier soir, il y avait un anniversaire dans la famille. C’était dans l’ouest. J’adore. Il semble ne jamais faire froid, là-bas. Comme d’hab, la femme qui nous a reçu a tenu à ce que Laurence et moi on boive de la Desperados. Du coup, on a commencé par là. Deux verres plus tard, je savais que je n’allais pas m’arrêter. J’avais envie de parler, de raconter tout ce que je n’arrivais pas à dire sobre à Laurence et l’alcool allait m’aider. C’était ça mon idée. Alors j’ai continué de boire et j’ai fini par dire tout ce que j’avais sur le coeur. A Laurence en live et à Cécile par messages.

Avec Cécile d’abord puisque j’ai les messages sous mes yeux.

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Moi: Peut-être qu’il se tape plusieurs filles en même temps, je sais pas, j’ai pas demandé. Mais c’est pas facile de le voir, hein ! Et c’est chiant.
Cécile: Ca devrait te réconforter qu’il ait un emploi du temps tel qu’il puisse pas avoir pleins de copines. Je veux une photo. 
Moi: Je sais pas s’il a pleins de copines, justement mais j’avoue que j’aimerai être la seule. Et pour la photo, y en a qu’une qu’on peut voir sur Fb et on voit même pas la couleur de ses yeux. Je te montrerai demain. 
Cécile: D’accord. 
Moi: Ce soir, je suis partie pour boire un peu. Donc si je te raconte trop de conneries, au bout d’un moment, tu sauras pourquoi. 

57 minutes plus tard.

Moi: Je me pose tellement dix mille questions avec le Sexy Boy et j’ai tellement personne à qui en parler que ça me fait trop du bien de tout déballer à Laurence. 
Cécile: Tu sais que, malgré tout, je suis là…
Moi: C’est gentil. Mais parler par texto et en live, c’est pas pareil. Et tout ça, c’est nouveau pour moi alors oui, j’ai dix mille questions en tête. 
Cécile: Comme tous les débuts de relation… C’est usant. 
Moi: Je vais faire pitié quand ça va s’arrêter. Je sais pas comment faire pour pas m’attacher. Je suis stupide. 
Cécile: Pourquoi ça s’arrêterait ? 
Moi: Parce que je pense à partir. C’est en lui disant que j’étais censée partie que ça a commencé entre nous. Il me demande de prendre la pilule mais ça me fait stresser. Je sais pas où je vais avec lui, en fait. 
Cécile: Bah déjà faut savoir ce que tu veux faire. Rester ou partir ? 
Moi: Je vais pleurer. J’en sais rien. Je crois que même si je décidais de rester, ça marcherait pas. Je lui ai dit que j’avais été convoquée pour un test pour faire une formation et il m’a dit de me concentrer sur mon départ. Nous deux, c’est condamné. 
Cécile: Mais n’importe quoi ! Rien n’est condamné. 
Moi: J’ai pas autant d’espoir que toi. 

Deux heures plus tard.

Moi: Je viens de passer une demi heure seule avec Laurence à parler du Sexy Boy. Ca m’a fait du bien. Et on a fini par rire, à plaindre les filles qui se tapaient des précoces. Hahaha. J’adore ma famille.

Bon l’alcool fait beaucoup parler, en effet…

Quant à ce que j’ai pu dire à Laurence… Ou lala…

J’a dû lui dire comme j’avais peur de tomber amoureuse. Que je ne savais rien du Sexy Boy, donc que ce n’était pas le cas pour l’instant. Mais plus tard.

« Si je tombais amoureuse, j’arrêterais tout, c’est sûr. Enfin, je crois. Et si j’en étais pas capable, en fait ? Si je devenais tellement attachée à lui que j’acceptais une relation dans laquelle je n’étais qu’un fucking passe-temps ? Et puis, il me demande de prendre la pilule… Je pensais que j’aurais pas besoin de lui demander s’il voyait d’autres filles à côté mais si, quand même. J’ai besoin de savoir. Je peux pas accepter sans savoir, non ? Ca me fait trop peur. J’aimerai être la seule qu’il voit en ce moment. Je me dis que le jeudi où il bossait chez lui, c’est avec moi qu’il a choisi de passer un moment, alors peut-être qu’il n’y a que moi, au fond. Mais j’ai besoin d’être fixée. Je sais pas ce que je ressentirai si j’apprenais qu’il y en avait d’autres. Je crois que d’un côté ça ne me surprendrait pas parce qu’il est beau, que c’est un rapide et tout ça et de l’autre côté, je me sentirais débile d’avoir cru que j’étais la seule, qu’il avait pas le temps d’en avoir plusieurs en même temps. Tu vois, je passais mon temps à regarder les mecs dans la rue, à me dire que lui ou lui était beau ou sexy et ben là, ça m’intéresse plus. Je me dis que le Sexy Boy a tout ce qu’il faut. Mon dieu Laurence, il est beau. Au final, couple ou pas couple, je suis fidèle. Qu’est-ce que ch’uis con ! Tu vois, tu disais que je rejetais tous les mecs. C’était vrai. Parce que je cherchais Alexandre dans chacun d’eux. Et ils étaient jamais assez bien. Alors qu’avec le Sexy Boy, y a que le Sexy Boy. Il est pas du tout musclé, comme Alex, il est moins bavard, plus studieux… Mais il me plaît et je pense plus à Alexandre… J’ai vraiment peur de tomber amoureuse. ». 

Ca a ressemblé à ça… Vraiment. Je me sens mieux, aujourd’hui. J’avais besoin de sortir tout ça. Laurence m’avait dit que le jour où je ressentirai le besoin de lui envoyer un message, ça deviendra inquiétant. Je n’ai reçu aucun message depuis que je l’ai quitté jeudi et je me porte bien.

J’ai décidé aussi de passer un peu plus de temps avec ma mamounette. Aujourd’hui, on s’est prélassées au soleil et on a discuté pendant des heures de tout et de rien (mais pas du Sexy Boy, quand même).

Et en voyant la photo du Sexy Boy, Cécile a dit qu’elle le trouvait très beau, qu’elle aimait les barbus. J’étais contente. On craque jamais sur les mêmes mecs. Bon, surtout parce qu’elle est lesbienne, m’enfin…

 

Qu’est-ce que je peux dire, hein ?

Aujourd’hui était une journée riche en émotions.

Le vendredi après-midi, je suis bénévole VMEH dans une maison de retraite. Et aujourd’hui, pour la première fois, je faisais les visites toute seule puisque la personne avec qui je les fais d’habitude est en voyage. Souvent, je dirige l’atelier de chants. Je me trouvais bien dans ce rôle. J’apprenais de très vieilles chansons, les résidents me faisaient mourir de rire avec leurs petits commentaires et je me disais qu’au moins, je ne me retrouvais pas dans une conversation remplie de blancs tant je ne saurais pas quoi dire. Mais aujourd’hui, il n’y avait que moi et pas d’atelier de chants alors j’ai fait un tour dans les couloirs et j’ai croisé des résidents avec qui je suis restée entre 20 et 30 minutes à discuter avec chacun.

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Il faut savoir que lors de mon arrivée, les gens étaient surpris de voir une personne aussi jeune que moi faire ça. J’avais deviné, au début, qu’ils pensaient tous que je ne reviendrai pas une seconde fois. Et pourtant, ça doit faire deux mois, maintenant, que je fais ça et j’adore les moments que je passe là-bas.

J’ai croisé une première résidente. A chaque fois que je la vois, elle est assise dans un fauteuil, face à l’escalier et elle ne bouge quasiment jamais. Je lui ai dit que l’activité d’aujourd’hui consistait à faire des colliers, si elle n’avait pas envie d’y aller, elle m’a répondu que non, qu’elle préférait réfléchir. Et puis, allez savoir comment, on en est venus à parler d’enfants. Elle m’a dit que son fils avait pris possession de tous ses biens avant de la mettre dans cet endroit. Ca m’a fait mal au coeur. Elle a fini par me dire de ne jamais faire quelque chose comme ça à ma maman. Je lui ai assuré que ça n’arriverai pas. Ensuite elle a dit: « Alors je reste là et je réfléchis à tout ça. ». On a continué à parler encore un peu puis j’ai dit que j’allais continuer à faire un tour et que je reviendrai voir si elle est toujours là plus tard.

J’avais à peine fait dix mètres que j’ai vu une autre résidente. Elle porte constamment un chapeau et on m’a dit qu’elle était institutrice avant. Ce que j’ignorais, c’est qu’elle avait de gros problèmes de mémoire. Je suis restée plus d’une demi heure avec elle et pendant tout ce temps, elle a dû me demander sept ou huit fois mon prénom, pensant que j’étais une de ses anciennes élèves, me demandant comment allaient mes parents depuis, de les embrasser de sa part, qu’elle pensait toujours à eux dans ses prières. Et puis elle me serrait contre elle et me plantait de gros baisers sur les joues. J’ai eu les larmes aux yeux. Ca m’a vraiment fait mal au coeur.

J’ai réussi à lui dire au revoir et suis allée à la cafétéria où j’ai dit bonjour à tous ceux qui étaient présents. J’étais ravie de constater que plusieurs d’entre eux se souvenaient de moi et étaient contents de me voir. Ca parait bête mais c’était important pour moi. Les relations entre les personnes âgées et les nouvelles générations ne sont pas toujours idylliques.

Finalement, j’ai raccompagné à sa chambre une résidente que j’aime beaucoup, avec qui c’est très facile de discuter et avec qui je fais souvent la liste de nos points en communs comme on est toutes les deux capricornes.

Cependant, dans le couloir qui menait à sa chambre, une autre résidente est arrivée. A 73 ans, elle passe ses journées à descendre dans le jardin pour fumer. Elle est marrante, toujours de bonne humeur. Je lui demandais si elle aimait la maison de retraite et m’a répondu que c’était couci-couça mais qu’elle avait légué sa maison à sa fille pour lui rendre la vie plus facile et qu’elle était venue ici. Qu’elle faisait avec. Que certains jours étaient mieux que d’autres. Un infirmier est arrivé. Il s’est arrêté et a discuté quelques minutes avec nous, jusqu’à ce qu’elle décide de partir fumer. Il est resté à me parler, voulant savoir quand est-ce que je venais ici, ce que je faisais dans la vie, bla-bla-bla.

J’ai fini par rentrer dans la chambre de la résidente que j’avais raccompagnée et j’ai discuté avec elle jusqu’à 16H. Il était l’heure pour moi de partir. Dans le fauteuil en face de l’escalier, il y avait une autre résidente. Je l’ai saluée.

Madame M.: Je t’ai déjà vu quelque part.
Moi (me rapprochant): Oui, ici même. Je viens tous les vendredis. Parfois je chante avec les résidents. Ca vous dit quelque chose ?
Madame M.: Oui ! Oui, maintenant je me rappelle.
Moi (le sourire me fendant le visage): Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous n’êtes pas à la cafétéria ? Qu’est-ce que vous faites, généralement ?
Madame M: Oh eh bien avant je jouais aux dominos mais maintenant, je n’aime plus. Je préfère jouer aux petits chevaux. Mais je n’ai personne avec qui jouer. Soeur C. -tu vois qui c’est, Soeur C. ?-, elle ne peut jouer avec moi que le mardi.
Moi: Je crois que je n’ai plus joué aux petits chevaux depuis mes six ans. J’espère qu’un jour, je pourrai faire une partie avec vous. Vendredi, peut-être ?
Madame M. (qui à son tour affichait le plus grand sourire de la terre): Je t’attendrai, alors. Je t’attendrai vendredi.

Je l’ai embrassée et suis partie après lui avoir souhaité un bon week-end.

C’est triste à dire mais j’ai l’impression d’avoir plus d’affection pour chacune de ses femmes que pour ma propre grand-mère paternelle. Elle est raciste, n’a jamais pu m’appeler par mon prénom et accepte tout ce que mon père fait, même contre ses enfants. En revanche, ma grand-mère maternelle me manque tellement. J’avais treize ans quand elle est morte. Je regrette de ne pas avoir plus de souvenirs avec elle. C’était elle qui m’avait appris à jouer aux dominos, à compter. Je suis hyper forte à ce jeu… Dommage que personne n’ait encore envie d’y jouer avec la technologie…

Ca me fait penser à la chanson de Tryo – Les anciens. J’ai trouvé cette chanson magnifique dès la première écoute.

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Quant à ma mère, elle m’a reprochée de ne plus rien lui raconter. De ne plus lui dire où je sortais. Si elle était un peu attentive à ce que je disais parfois, elle saurait que tous les vendredis, je suis au même endroit. Pas la peine d’aller appeler la famille pour savoir où je suis. Ca m’a passablement énervée qu’elle ait fait ça. On est en plein jour, j’ai 21 ans, j’ai pas spécialement de compte à lui rendre. Je manque jamais de la prévenir si je sors le soir et si je prévois de rentrer ou pas. Je pense que la journée, on peut me laisser tranquille, quand même.
La seule fois où je ne lui ai pas dit où j’allais, c’était hier. Parce que je voyais le Sexy Boy.  Et c’est la seule chose qu’elle a envie de savoir, je le sais. Comment va notre relation. Lorsqu’elle m’a dit qu’elle était d’accord pour ne pas se mêler de ma vie privée, elle n’était qu’à moitié sincère. Je suis désolée mais franchement, y a peu de chances que je lui raconte quoi que ce soit sur le Sexy Boy. Elle devra faire avec, elle aussi.

J’étais hyper triste, tout à l’heure, quand Laurence m’a appris qu’elle s’était faite larguer mercredi. Et moi, hier, je lui racontais mes conversations avec le Sexy Boy. J’étais vraiment triste et désolée pour elle.

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Sérieux, qui a encore envie de croire en l’amour ?

Mon « amoureux ».

Je parlais avec Laurence, il y a quelques jours. Je me posais des milliers de questions, j’avais peur que ma mamounette découvre la vraie nature de ma relation avec le Sexy Boy.

Laurence: On s’en fout, t’es majeure, j’t'ai dit. 
Moi: Ouais, n’empêche que je me demande ce que ça fera de moi aux yeux de la famille, tu vois ? Je suis la première à faire un truc comme ça. Tous les autres ont fini par se mettre en couple. Moi je sais que ça m’arrivera pas. 
Laurence: Oui bon, de ce côté-là, j’avoue, tu as raison. 
Moi: Après bon, je me dis qu’au pire, peu importe ce qu’ils en penseront, personne à part lui-même pourra m’empêcher de voir le Sexy Boy donc bon…

Alors pour ma famille, c’est mon amoureux. Aujourd’hui, ma soeur est venue à la maison avec sa fille.

Ma soeur: Alors, les amours ? 
Moi: Rien à déclarer. 
Ma soeur: Rhô allez, quoi ! Tu peux bien nous raconter. Allez ! 
Mamounette à ma soeur: Mais laisse-la, si elle a pas envie de t’en parler. 

Sauf qu’avant de partir, elle s’est arrêtée en haut des escaliers et m’a chuchoté:

_Tu peux m’envoyer pleins de messages pour tout me raconter, si tu veux. 

Et sa fille, cinq ans, je le rappelle, qui s’est elle aussi arrêtée dans les escaliers pour dire:

_Fais un bisou à ton amoureux !

Mon amoureux. Rien que le mot sonne étrangement dans ma bouche.

Je l’ai vu, aujourd’hui. Il bossait chez lui alors il m’a proposé de passer ce matin, car moi j’avais un rendez-vous en début d’après-midi. Je lui ai raconté ce qui s’était passé avec Christopher.

Moi: Au fait, Christopher voulait qu’on sorte ensemble, un soir. 
Sexy Boy (souriant): Ah bon ? Quand ? 
Moi: Hum… Vendredi dernier. 
Sexy Boy: Et qu’est-ce que tu lui as répondu ? 
Moi: Que je fréquentais quelqu’un et que même si c’était pas officiel, je courrais pas plusieurs lièvres à la fois. 

Il a souri.

Moi: Il m’a demandé de lui laisser une chance, quand même. Il a insisté, j’ai pas apprécié, alors j’ai arrêté de répondre et depuis, je l’évite. C’est pour ça que je viens plus aux entraînements. J’ai pas très envie de le voir. 

Son sourire a été moins franc et il s’est mis à regarder en l’air avant de secouer la tête. Il est resté comme ça plusieurs secondes avant de répéter plusieurs fois:

_Ah non mais lui, là ! 

Je suis partie quelques minutes après.

Conversation avec Cécile, plus tard.

Cécile: Parle-moi un peu de l’heureux élu…
Moi: Euh ben je sais pas grand chose. Il est en deuxième année de master et envisage un doctorat. C’est à peu près tout ce que je sais. 
Cécile: Ah ben bravo !!
Moi: Non attends ! J’ai autre chose. C’est un Zoreil. Il a vécu ici quand il était petit et il est revenu tout seul pour faire ses études. Il a peur des araignées. Il a un prénom que j’avais jamais entendu avant. Maintenant, c’est vraiment tout. Laurence m’a demandé son signe astro il y a quelques jours, j’en ai aucune idée. 
Cécile: Ca m’étonne de toi. 
Moi: Je me dis que moins j’en saurais et mieux ça sera. Il a vraiment tout pour me plaire et la dernière chose dont j’ai besoin c’est de tomber amoureuse de lui. 

Je me suis rendue compte, aujourd’hui, que le Sexy Boy ne m’avait jamais entendu rire. Vraiment, je veux dire. Rire aux éclats. Alors que je passe ma vie à rire, je crois.

Je viens de raconter à Laurence mon cauchemar d’il y a quelques jours, je le raconte aussi ici. Il faut savoir que ces derniers temps, j’ai rêvé de pleins de stars masculines. Et si Maluma et Avenged Sevenfold sont des artistes que j’écoute et apprécie réellement, j’ignore encore ce que faisaient Justin Bieber et Snoop Dogg dans mes rêves. Passons Justin, je vais parler de celui avec Snoop Doggy Dogg.

Snoop Dogg.

J’étais marié à ce type et il était méchant, violent et alcoolique. Et je le trompais avec notre chauffeur qui n’était nul autre que le Sexy Boy. Finalement, un soir, ma mère est entrée dans ma chambre, je pleurais et lui ai dit que je ne voulais plus de la vie que je menais alors elle m’a proposé de m’aider à m’enfuir avec le Sexy Boy. Tous le personnel a aidé aussi. Ils ont fait boire Snoop Dogg et l’ont emmené voir la tortue (oui ma tortue s’est retrouvée mêlée à tout ça. Pauvre Brutus). Pendant ce temps, je m’échappais par la fenêtre de ma chambre et rejoignait le Sexy Boy près du portail dans… un gigantesque camion. Le temps qu’il fasse les manoeuvres pour nous sortir de là, Snoop Dogg nous avait rattrapés et il nous a suivi avec une arme. Il a tiré sur le Sexy Boy… qui est mort. C’était un affreux cauchemar.

Réaction de Laurence: « Oulala, mais t’es grave dérangée dans ta tête, toi ! »

Elle a aussi beaucoup ri lorsque je lui ai raconté que j’ai réussi à me perdre dans l’immeuble du Sexy Boy alors que j’y avais été quelques jours plus tôt.

Orientation

Moi: Ce matin, j’ai réussi à me perdre dans son immeuble. Tellement j’ai pas le sens de l’orientation. Je lui dis que je suis devant son portail. Il me dit qu’il m’ouvre et que j’ai qu’à le rejoindre directement. Au bout de cinq minutes, il m’appelle et j’étais devant ce que je croyais être sa porte. Je lui demande s’il habite bien au numéro 6, il me dit oui, alors je dis que je suis devant la porte. Il rigole et me dit : « Non, je crois que tu t’es trompée. Y a personne devant ma porte. Il faut aller tout au fond à gauche. Y avait un mec dehors, il m’a vue faire 10 000 allers-retours, il m’a demandé ce que je cherchais, finalement c’est lui qui m’a montré le chemin.
Laurence: Hahaha, la honte ! 
Moi: Je me perds vraiment partout. Je fais pas exprès, hein. La dernière fois, j’ai réussi à me perdre dans les bois dans un rayon de dix mètres. J’arrive pas du tout à me repérer dans l’espace et c’est un handicap. 

Parce que je l’aime, cette folle !!!

Cécile, ma Cécile.

C’est moi qui suis retournée la voir. Avec un long pavé. Pour m’expliquer. Lui dire qu’elle me manquait. Que souvent, je me demandais quels étaient devenus ses sentiments pour moi. Est-ce qu’elle me détestait ? Me maudissait ? Ou m’aimait toujours un peu ?

Voilà un bout de sa réponse:

« Des mois ont passé, je me suis repassé la scène mille fois dans la tête en me demandant pourquoi ça avait dérapé, pourquoi nous deux, alors que je pensais qu’on était plus fortes que ça…J’ai souvent regretté ta présence, ton rire, tes blagues, tes chansons, nos délires qui ne font rire que nous…il y a tellement peu de gens a qui je peux me confier, qui sont vraiment la pour moi, du coup quand tu perds une personne qui était aussi importante que tu l’étais pour moi, tu te sens démunie, trahie…je t’en ai voulu, longtemps, et puis j’ai fini par me dire, que comme d’habitude c’était de ma faute et que tu cherchais sûrement a te protéger, de moi et mes conneries. Et qui pourrait t’en vouloir pour ça… Éventuellement la colère est passée, et il n’est resté que l’amertume d’une relation forte qui s’est terminée par message Facebook . Ce n’est pas digne de nous, pas après tout ça. »

Plus tard, je lui ai avoué que notre dispute était arrivée à une période où moi-même je sortais à peine ma tête de l’eau et je n’arrivais plus à supporter tous ses problèmes, que malgré toute l’affection que j’avais pour elle, j’y serai pas arrivée. Je me suis excusée de ne pas avoir été une super amie. Elle a assuré qu’elle ne m’en voulait pas et que j’avais eu le droit d’agir comme je l’avais fait.

Et même si certains de nos messages sont parfois espacés de plusieurs jours ou semaines, on n’a jamais arrêté de se parler. On ne s’est pas revues, cependant. On se raconte nos histoires, on rigole mais aucune de nous n’avait sorti l’idée de se revoir.

Jusqu’à… Dimanche. Oui c’est ça, ça devait être dimanche. Elle avait récemment eu des problèmes et j’essayais tant bien que mal de lui remonter le moral même si j’étais en colère qu’elle m’ait laissé sans nouvelles pendant des jours entiers, me laissant encore m’inquiéter. Et puis elle a fini par lacher qu’on devrait se revoir.

Moi: Ca me ferait très plaisir.
Cécile: Tu ne diras pas non ?
Moi: Non.
Cécile: Dans ce cas…

J’ai attendu plus que ça… Ca a fini par arriver.

Cécile: Tu me fais confiance ? 

Là, j’avais peur. J’avais raison. Son idée, c’était que je l’accompagne dans le bar de strip-tease où bosse son ex pour qu’elle et moi on s’embrasse afin de la rendre jalouse.

Moi: Tu sais que tu me fais rire ? Et que ça sonne pas trop comme une bonne idée ? MAIS ! je pourrais peut-être accepter uniquement si on se voit en journée d’abord et que tu me racontes tout. 

J’allais surtout essayer de la dissuader de retourner dans cet endroit, revoir la psycho qui lui a servi de copine… Même si je sais qu’elle ne m’écoute jamais. Ca m’a fait repenser à l’article du 22 novembre dernier, lorsqu’elle avait avoué que je lui plaisais. Rien de bien méchant, là-dedans, bien sûr, ça a jamais posé problème et elle n’a jamais rien tenté surtout mais sérieusement, qui me verrait embrasser la demoiselle à la tête percée ? Je suis sûre que rien qu’à regarder sa bouche aux six piercings, je rigolerai. J’en ris déjà.

lèvres

Bon, on a une forte amitié, malgré tout. Je l’aime vraiment très fort. Et elle me fait rire.

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