Compte à rebours.

Ceci sera mon dernier article. D’ici une semaine, je reviendrai et mettrai d’abord mon blog en privé et je finirai par le supprimer.

La dernière fois que j’ai écrit, je racontais que je n’étais pas enceinte. En fait, je ne l’étais plus.

J’avais rendez-vous avec ma gynéco le vendredi et j’ai tout raconté. En commençant par le test de grossesse positif puis le négatif, quelques heures plus tard.

Gynéco: Les tests urinaires peuvent se tromper et faire des faux positifs. Les test sanguins sont sûrs à 100%
Moi: C’était deux tests sanguins. Je n’ai fait aucun test urinaire pour la grossesse. 
Gynéco: Vraiment ? C’est bizarre. Les test sanguins ne se trompent jamais. A combien est-ce que vous étiez ? 
Moi: 37. J’ai demandé un troisième test à mon médecin pour être sûre parce que je me posais trop de questions. 
Gynéco: Tant mieux parce que je vous aurais envoyé en faire un aussi. L’échographie ne montre rien, de mon côté, pourtant. Mais c’est bizarre. 

J’ai fini par lui parler des symptômes de grossesse que je pensais avoir eu, au début. Lorsque Cécile et Laurence me disaient que tout était dans ma tête et elle en a conclu que j’avais, selon elle, bel et bien été enceinte mais que j’avais fait une fausse couche.

Je n’étais pas folle. Ce n’était pas dans ma tête. J’étais tombée enceinte du Sexy Boy.

Mais j’avais perdu mon bébé.

fausse-couche

Après avoir vérifié avec le laboratoire que le 3è et dernier test était négatif, je suis sortie du cabinet et suis rentrée chez moi. Je retournais tout ça dans ma tête et j’étais comme vide. Je ne ressentais rien. J’avais envie de pleurer mais ça ne venait pas.

J’ai compris plus tard que c’était la phase du choc.

C’est le truc des 7 phases du deuil.

 

2è phase: Le déni.

Le dernier test s’était peut-être trompé. Peut-être que j’étais encore enceinte et que le bébé se cachait. C’était sûrement ça. Je pouvais pas l’avoir perdu. C’était impossible. Ca pouvait pas m’arriver. Pas à moi. C’était la phase où on se dit qu’on finira cinglée.

3è phase: La colère/Le marchandage.

Là, je me suis mise à maudire tout le monde. Laurence et Cécile qui ne m’avaient pas crue lorsque je parlais de mes symptômes. Julien, qui n’avait fait que me parler d’avortement. Muriel, qui avait avorté. Le Sexy Boy, parce que c’était entièrement sa faute. Et moi, pour avoir souhaité, rien qu’une seconde que ce bébé ne vienne pas. J’étais d’une humeur massacrante, j’avais envie de frapper dans quelque chose, de balancer des objets, de hurler mais je me contenais, je gardais tout pour moi. A côté de ça, je priais les Dieux pour qu’Ils me rendent mon bébé. Je promettais d’être sage, d’être une bonne personne. Que je ne demanderai plus rien s’Ils acceptaient au moins ça. C’était la phase où j’avais l’impression d’être la pire personne du monde.

4è phase: La tristesse.

Je m’étais réveillée dans la nuit et je ne sais pas comment, j’ai enfin réussi à pleurer. J’ai pleuré, pleuré et pleuré encore jusqu’à me rendormir, épuisée. Et je n’ai fait que pleurer durant les jours qui ont suivi. Je pensais que ça ne s’arrêterai jamais. Je pleurais à chaque fois que je voyais un bébé, une femme enceinte, qu’on me parlait de grossesse, que j’étais seule à ruminer. Je pleurais tout le temps. Je devais être pathétique. Et pendant cette phase, alors que je n’étais pas du tout tactile, j’aurais pourtant souhaité que quelqu’un soit là pour me serrer très fort dans ses bras pour me dire que ça irait mieux. Et la personne que j’avais le plus envie de voir, c’était le Sexy Boy. Parce que c’était aussi son bébé et que je cherchais un lien, n’importe quel lien, auquel me raccrocher. Je ne lui en voulais pas plus que ça. Autant qu’au fond, je n’en voulais pas à Cécile et Laurence d’avoir tenté de me rassurer lorsque je disais que j’avais des symptômes de grossesse alors que je n’avais aucune envie d’être enceinte. Ca a été la phase la plus longue.

5è phase: La résignation.

C’est Dieu qui décide, Il sait ce qu’Il fait. Je ne suis pas enceinte. Mon ventre ne grossira jamais. Je n’aurai pas de bébé dans le courant de l’année 2016. Je l’avais perdu et il ne reviendrait pas.

6è phase: L’acceptation.

Ca resterait gravé. A jamais. Ca faisait partie de mon histoire. J’y penserai toujours mais je surmonterai. J’irai mieux. Parce que c’est ça qu’on doit faire.

7è et dernière phase: La reconstruction.

Je me suis lancée dans un programme de sport assez difficile. Je voulais mener un projet à terme. Contrairement à ma grossesse. Et je travaille, maintenant. La vie suit son cours. Sans bébé. Avec un ventre qui restera comme il l’a toujours été.

Je n’ai jamais vraiment cessé de pleurer. Ca prendre le temps qu’il faut pour que j’arrête d’avoir les larmes aux yeux en y songeant.

Ca me fait sourire lorsque je repense à l’article que j’avais écrit qui s’appelle « Kit de survie pour un coeur brisé », je crois. Je pensais que le pire qui pouvait m’arriver avec le Sexy Boy, c’était de tomber amoureuse de lui. J’étais naïve. Mon kit de survie ne marchera pas sur moi, cette fois.

Je ne sais pas à quoi ressemble mon coeur mais il doit être un peu plus que brisé, si toutefois c’est possible. S’il en reste encore quelque chose.

J’ignore, encore aujourd’hui, quelle a été la phase la plus difficile entre le déni, la colère et la tristesse. Les trois étaient terribles. Mais pas autant que d’essayer de me pardonner à moi-même de ne pas avoir réussi à garder le bébé, d’avoir voulu, l’espace d’un instant, qu’il ne fasse pas partie de ma vie. Je dois encore travailler là-dessus, d’ailleurs. « Parfois pour nous punir, les Dieux exaucent nos prières » – Oscar Wilde.

Le Sexy Boy est venu aux nouvelles, il y a un peu moins de deux semaines. Il voulait savoir si j’allais mieux. Je lui ai dit que le dernier test s’était révélé négatif, qu’il avait raison, que je m’étais inquiétée pour rien, que c’était la pilule qui avait tout déréglé et rien de plus.

On ne se reverra plus. J’ai fini par lui dire, ce jour-là même, que je ne quittais plus La Réunion. Il m’a posé des tas de questions, après. J’ai répondu par politesse mais je me sentais gênée, je n’avais aucune envie de lui parler. Et maintenant que l’envie de le serrer dans mes bras était passée, je voulais qu’il redevienne un inconnu, quelqu’un que je n’avais jamais rencontré, à qui je n’avais rien à dire. Silence radio, depuis. Tant mieux. J’ai supprimé son numéro et tous ses messages et j’espère qu’il aura la bonne idée d’en faire autant.

J’aurais tellement voulu que ça se termine bien entre nous.

Je n’ai raconté qu’à Laurence (et vaguement) l’histoire de la fausse couche. Elle m’a demandé si je comptais le dire au Sexy Boy. Et lorsque j’ai répondu négativement, elle a voulu savoir pourquoi.

A quoi ça servirait que je lui dise ? Il pensait que c’était impossible. Il s’était trompé. Il n’avait pas envie d’avoir cet enfant. Peut-être qu’il aurait préféré que j’avorte. Comme Julien, comme Rominou, comme le rouquin, à qui j’ai posé la question de s’ils étaient dans cette situation, qu’est-ce qu’ils feraient.

J’ai l’impression que quelque chose s’est vraiment brisé en moi. Je continue de rire, de chanter, de danser mais ce n’est plus réellement moi. C’est quelqu’un d’autre. Une personne qui porte en elle une grande cicatrice.

Ca fait un an que ce blog existe. Et il prendra fin. Parce que je suis rentrée dans une période où je n’ai plus grandement envie de raconter quoi que ce soit, parce que je me demande seulement si j’ai réellement envie de m’en souvenir.

C’était un réel traumatisme. Et personne, jamais, ne mérite de vivre un truc pareil.

Merci à ceux qui ont lu mon blog, qui sont seulement passé dessus. Ca fait du bien de revenir sur certains trucs. D’autres sont trop douloureux.

3 Réponses à “Compte à rebours.”

  1. 010446g dit :

    Tu me manqueras, Bibi.
    Tu progresses tu mûris c’est douloureux. Depuis le début de ton blog, ce n’est plus le même ton que l’on retrouve. Tu atteins la gravité, le sérieux.
    Je te fais un millier de bisous pour accompagner le chemin que tu commences.

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Radotage (20 mars 2011)

  2. 010446g dit :

    PUISQUE TU N’AS PAS ENCORE FERME TON BLOG? JE ME GLISSE POUR TE SOUHAITER DE JOYEUSES FËTES DE FIN D’ANNEE ET UNE MERVEILLEUSE ANNEE 2016
    BISES

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Radotage (20 mars 2011)

  3. lespetitstracasdelucile dit :

    bibiche…parfois, l’envie de partager revient… elle m’est revenu ce matin et j’étais contente de retrouver mon blog.

    Dernière publication sur Lespetitstracasdelucile : alternative

Laisser un commentaire

La vie d'une adolescente |
Adaytoremember |
Viesoleil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Un cri sauvage et désespéré
| Les femmes séduites
| Notreangebaptiste