Absence de grossesse en cours.

« Les dimanches à Bamako, c’est le jour de mariages-euh » ! chantait Amadou et Mariam.

Dans la famille, les dimanches c’est jour des repas de famille, surtout. Et dimanche dernier, le repas de famille était à Salazie. Il me semble avoir déjà dit, ici, à quel point j’aimais cet endroit. Surtout pour La Mare à Poule d’Eau. Probablement mon endroit préféré sur l’Ile.

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On est arrivés vers 13h, je pense. On était vraiment pas en avance. J’ai commencé à me plaindre de douleurs au ventre. J’ai à peine touché à mon assiette que je suis partie vomir, avant de m’allonger dans le canapé pour finir par fermer les yeux et m’endormir quelques temps.

Laurence n’était pas là. Lisa est venue me réveiller pour me demander si je voulais aller à la Mare et tout le monde m’a encouragée à sortir, prétendant que marcher me ferait le plus grand bien. C’était une grosse connerie mais nous y reviendrons plus tard.

Avant de sortir, j’ai avalé un peu de salade de fruits, puisque je n’avais plus rien sur l’estomac et on est sorties, avec Lisa. La Mare était à 300 ou 400 mètres mais je marchais très lentement, comparé à d’habitude, j’étais moins excitée, plus fatiguée et alors que je ne me considère pas comme une chochotte, je m’arrêtais toutes les deux secondes pour me plaindre d’avoir mal.

Arrivés sur place, Lisa a voulu faire des photos et j’ai accepté parce que le cadre et la lumière étaient magnifiques. Sauf que j’en pouvais plus.

Moi: Lisa, je me sens pas bien, je te jure. J’ai envie de vomir. Allons rentrer. 
Lisa (riant): Mais non, reste professionnelle, Bibi. Souris. Personne ne doit voir que tu souffres. 

Encore une fois, je me suis convaincue que je n’étais pas une chochotte alors j’ai joué le jeu. Voici quelques photos.

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En vrai, j’avais les larmes aux yeux. Des nausées et des douleurs qui semblaient me traverser telles des lames !

Au bout d’un moment, j’en pouvais vraiment plus alors on est rentrées. Après qu’un mec m’accoste et me demande s’il pouvait me raccompagner… J’ai gentiment décliné, je n’avais ni le temps, ni l’envie…

Une fois arrivés chez mon oncle, je me suis de nouveau précipitée aux toilettes en pensant vomir une nouvelle fois. Mais non, rien. Dans la cuisine, ils coupaient les gâteaux. Les douleurs avaient aussi atteint mon dos et me pencher était devenu une torture. Je me suis installée dans le canapé et j’ai pleuré ma souffrance en silence. Ma mère est venue me voir quelques minutes plus tard et en voyant que je pleurais, elle a compris que je ne faisais vraiment pas semblant. Elle m’a posé quelques questions et a pensé à un calcul rénal. Comme mon père et ma plus grande soeur en ont déjà fait, elle a dit à tout le monde qu’elle savait que c’était vraiment douloureux et qu’elle allait m’emmener à SOS Médecins avant les urgences pour voir ce qu’ils disaient.

Je suis passée devant toute la famille pour dire au revoir d’un signe de tête, sauf à mon oncle, à qui j’ai fait la bise et qui a dit:

_Elle fait de la fièvre, allez-y, perdez plus de temps !

On a dû arriver à SOS Médecin à 19h environ et j’ai eu ma place une petite heure plus tard. Le verdict est vite tombé: j’avais fait une infection urinaire qui était remontée jusque dans mes reins. Le médecin, après m’avoir dit que j’avais bien fait de ne pas avoir attendu trop longtemps pour consulter, m’a envoyé faire des analyses à la clinique la plus proche. Nouvelles prises de sang qu’il fallait ensuite déposer au laboratoire, juste à côté.

J’étais avec ma mère et ma tante et cette super biologiste a dit haut et fort: « On a demandé un test de grossesse. De quand datent vos dernières règles ? ». J’ai répondu et on a dû patienter.

Ma tante: Un test de grossesse ? Alors que tu n’as jamais eu de rapports ? Ca ne sert à rien. 

J’ai été obligée de rire. Et rire me faisait hyper mal.

Moi: Pas vraiment, tatie.

Quand j’ai raconté ça à Laurence, le lendemain elle n’en pouvait plus.

Laurence: Non mais elle est sérieuse ?! Non mais elle et ta maman, elles sont pas possibles ! Elles se croient vraiment dans l’ancien temps, encore. Et puis, elle peut parler, elle ! Elle est tombée enceinte à 16 ans ! 

Mais ce soir-là, ma mère n’a pas ri. Si elle doutait encore que le Sexy Boy et moi étions intimes, elle ne pouvait plus qu’être sûre, à présent.

Mamounette: Oh lala, Bibi. Qu’est-ce que tu es partie faire ?
Moi: Non, mais c’est bon, arrêtez de paniquer, je suis pas enceinte, hein ! 
Mamounette: J’espère  ! J’espère que t’es pas partie jouer avec le feu. Il y a des moyens de contraception, j’ai plus besoin de t’apprendre ça ! 

Les minutes ont été longues, c’est moi qui vous l’dis.

On a ensuite été à la pharmacie de garde. Vu le short que je portais, vous comprendrez peut-être que le soir, en plein hiver, à La Réunion, j’étais glacée. Alors on m’a dit de patienter dans la voiture. J’avais plusieurs appels manqués de la famille et un message de Cécile. J’ai choisi d’en envoyer un à Julien. Vous voulez savoir pourquoi ?

Le matin, je lui avais envoyé un message pour avoir de ses nouvelles parce que ça faisait près d’un mois qu’on ne s’était pas vus.

Moi: En tout cas, prends soin de toi, chou. On se voit bientôt, j’espère. 
Julien: Toi aussi. Va pas tomber malade subitement.

J’avais ri. J’allais plutôt bien, à ce moment-là. Je riais beaucoup moins lorsque je lui ai envoyé un message pour lui raconter. Il m’a appelée et il a été adorable. Comme d’habitude.

Les médicaments ont été efficaces.

Le lendemain matin, je devais retourner à la clinique faire une échographie. On m’a trouvé un kyste à l’ovaire gauche, qu’il fallait surveiller. J’étais ravie… *Ironie*

J’allais pas super bien. Heureusement, Laurence était là pour me remonter le moral et on a ri. Voici notre conversation:

Moi: N’empêche que quand elle a dit que y avait une demande pour un test de grossesse, j’ai bloqué un instant. Je me suis dit: « Mon dieu, on a pas pris de risques. Il me l’aurait dit s’il y avait eu un problème, quand-même. ». Mais après, j’avais tellement mal que j’ai pas stressé plus que ça. Pour moi, c’était impossible que je sois enceinte. Leur 99% de fiabilité me fait peur, moi ! 
Laurence: Ah, t’as déjà commencé la pilule ? 
Moi: Non. Mais le préservatif c’est pareil, non ? 
Laurence: Non ! Le préservatif c’est 97% !
Moi: Sérieux ? Meeerde ! C’est 2% encore de moins que ce que je pensais. LOL !
Laurence: Ouais ! C’est déjà beaucoup trop de pourcentage d’avoir un enfant non désiré, moi j’dis ! 
Moi: Lol mais grave ! Ca craint ! 
Laurence: Toi, t’aurais mis moins de LOL si t’avais été enceinte. 
Moi: Ah tu crois ? Je suis encore trop folle et gamine dans ma tête pour être moi-même maman maintenant. Surtout d’un mec « comme ça » pour qui je ressens quasiment rien. Et puis, je suis même pas sûre que le Sexy Boy assumerait. 
Laurence: Pourquoi ? A son âge il serait pas encore assez mature pour ça, tu penses ? 
Moi: Non, surtout par rapport à ses études. Je doute qu’il prenne le « risque » d’élever un enfant alors qu’il a à peine du temps pour lui. Je le verrai plus choisir sa vie professionnelle. 
Laurence: Ah ouiii ! J’allais te dire qu’il lui restait juste un an mais c’est vrai qu’il veut poursuivre en doctorat…
Moi: Ouais mais moi, maintenant, je me pose vraiment la question. Imagine que je tombe enceinte (le 1% de la pilule qui marche pas me tombe dessus, soyons fous !). Sachant qu’il faut 9 mois avant la naissance de l’enfant, je me dis qu’il aurait le temps de finir son master, quand même. Je parle pas de vivre ensemble, lui et moi, hein, juste le fait qu’il assume sa paternité. Est-ce qu’il se dirait: « Bon, j’arrête les études, tant pis, je trouve un boulot et j’élève le bébé » ou « Oula mais moi j’ai pas demandé ça ! Je continue mes études et toi tu te démerdes, tu fais ce que tu veux ! » ? J’essaie de réfléchir. Il est vraiment gentil, parfois, et il me pose souvent des tas de questions pour savoir si je vais bien et tout ça. Donc je sais vraiment pas. La réponse est un mystère pour moi. 
Laurence: Ben raconte lui ça et pose lui la question, normal.
Moi (riant): Ben oui, normal. « Dis Sexy Boy, j’ai dû faire un test de grossesse, récemment. Il est négatif, rassure-toi mais si j’étais tombée enceinte, tu aurais fait quoi ? Fui ou assumé ? 
Laurence: Alors toi, tu partages une certaine intimité avec quelqu’un mais t’as peur de lui poser des questions ? Et puis, peut-être pas lui dire comme ça mais au moins lui demander quelles seraient ses priorités dans ce cas-là. Toi, ta relation avec lui, c’est un gros kinder surprise. Faut pas t’étonner si un jour, tu te retrouves avec un jeu défaillant à l’intérieur. 
Moi: Lol, mais c’est quoi cette métaphore ?! Et le jeu défaillant, je dois le traduire par quoi ? 
Laurence: Par des sentiments que tu n’aurais pas souhaité. 
Moi: Oula, non, moi je veux pas de ça. Mais je garde le kinder surprise. Parce que la plus grosse surprise entre nous c’est: est-ce qu’on va se revoir ? Mystère ! 
Laurence: Ah ouais, là on est déjà dans du bon Kinder Surprise, hein ! 

Julien, cet adorable garnement, est venu me voir. On est restés qu’une petite heure, ensemble, vu qu’il devait retourner bosser mais ça m’a fait un bien fou. Je lui ai enfin parlé du Sexy Boy. Je voulais pas le faire par texto. Pas avec lui.

Moi: Je t’avais parlé du mec dans le magasin de tissu qui nous a proposé de faire la randonnée, non ?
Julien: Quoi ?! Attends ! Mais c’est quoi cette histoire ? Toi tu vas dans un magasin de tissu pour faire de la randonnée ? Il faut pas aller chez Decathlon, par exemple, plutôt ?

J’avais pas le moral. Entre les examens à la pelle, les douleurs et tout le reste… Il est resté qu’une heure mais j’étais morte de rire, avec lui. Donc je lui ai raconté pour le Sexy Boy.

Julien: Mais Bibi, t’aimes les faux plans, toi, c’est pas possible ! Pourquoi tu fais ça si t’as pas de sentiments ?
Moi: Ben euh… On s’amuse bien ?

Il a ri. Il est vraiment trop chou ! Ca m’a vraiment fait du bien de le voir.

Sinon, j’ai récupéré mes résultats d’analyses, aujourd’hui. Ca fait cinq ans que je fais de l’anémie, cinq ans donc que je récupère régulièrement ce genre d’analyse après des prises de sang. Aujourd’hui, ça a été la PREMIERE fois de toutes que ma mère a tenu à voir les résultats. Non maman, je ne suis pas enceinte mais je t’en prie, vérifie, si ça te fait plaisir.   »Absence de grossesse en cours ». Voilà, elle doit être rassurée, maintenant.

Dieu merci, je ne suis pas enceinte. J’avais besoin de tout, sauf ça. Aucune nouvelle du Sexy Boy depuis que j’ai quitté son appartement, jeudi dernier. Je n’ai envoyé aucun message, cette fois. Si on se voit, ça viendra de lui. Et en attendant, je suis bien contente de n’avoir toujours pas commencé la pilule.

Une Réponse à “Absence de grossesse en cours.”

  1. 010446g dit :

    Eh! Bé! C’est compliqué!
    De toutes mes forces j’espère que le kyste qu’on t’a découvert restera anodin.
    Prends soin de toi.
    Bisous
    Ps: même la douleur ne ternit pas ta beauté. Belles photos!

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Concours de terrophiles

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