Jacques Prévert, mon amour !

Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’Alexandre dans la tête alors je ne vais pas raconter mes journée précédentes parce que ça me met le moral dans les chaussettes.

Je raconte juste que ma mamounette m’a offert une super belle robe hyper décolletée dans le dos que je mettrai sûrement demain pour aller en boîte et qu’on a aussi acheté du tissu pour faire ma jupe tutu pour laquelle je tanne ma mère depuis des semaines. On a aussi acheté de la dentelle pour faire un haut. J’ai trop hâte de voir ce que ça va donner.

Alors je m’arrête là et je parle de mon Jacky.

Jacques Prévert, comme probablement toute ma génération, j’en ai entendu parler sur les bancs de l’école primaire. On avait appris un de ses poèmes. En CM1, CM2 ? Je sais plus. Il s’agissait de « Pour peindre le portrait d’un oiseau ».  J’avais aimé tout de suite. Puis des camarades de classe avaient fait un exposé sur lui et j’ai rien retenu à part un nouveau poème de lui qu’elles avaient lu : « Le cancre ».

Ma sœur, en 3è, a également étudié Jacky : « Cet amour ». Elle avait emprunté le recueil de poèmes Paroles à la bibliothèque du collège et je me souviens, quand j’allais lui rendre visite dans sa chambre, elle me lisait des poèmes de lui et me disait : « C’est beau, hein ? Tu trouves pas que c’est beau ? » et je répondais toujours : « Si, c’est beau ! Y en n’a pas un autre ? ».

Ce livre n’a jamais regagné la bibliothèque du collège. Et dès ma propre entrée au collège, je l’ai emprunté à ma sœur pour ne jamais le lui rendre non plus. Je pourrais être endettée de tous les côtés et on m’assurerait que ce livre valait de l’or, je doute que je le vendrais. C’est l’une des choses à laquelle je tiens le plus.

Je crois que je suis réellement tombée amoureuse de Jacques Prévert. Sa façon de parler d’amour, sa liberté dans le style de son écriture… Je n’ai étudié que très peu de ses poèmes mais je les aime tous. J’aime son nom, son béret, sa cigarette. A chaque fois que je cite ses paroles, j’écris « Jacques Prévert, mon amour ». Ca fait complètement cinglée mais j’assume. D’ailleurs j’ai dit à qui voulait le savoir que j’aurais donné n’importe quoi pour vivre une vie à ses côtés. J’aurais adoré être une jeune femme à l’époque où son talent explosait. Et je suis jalouse de sa femme. Je me dis qu’elle en avait de la chance d’être aimée par lui. Parfois même j’essaie de ma rassurer en disant que dans une autre vie, on s’est rencontrés. Peut-être qu’il n’était pas encore Jacques Prévert le poète, peut-être que c’était au Moyen-Age, j’en sais rien mais je me dis que ça aurait été super. Ou alors, j’espère en rencontrer un. Un pseudo Jacky, le genre poète qui parle de l’amour, des oiseaux, de la guerre avec une douceur extrême que j’en tomberai amoureuse.

Prevert

J’aime les oiseaux. Lui aussi.

« J’ai appris très tard à aimer les oiseaux ». Moi je les ai aimés tout de suite, les oiseaux. Mon préféré est, et restera à jamais le toucan. Avez-vous déjà vu chose ailée plus somptueuse ? Les paons ? Oui, aussi. Les cygnes ? Je suis d’accord.

toucan

 

paon

 

10921789_10152989568594144_1971975599_n

Et ses poèmes d’amour ? Mon poème préféré de lui est :

Paris at night

Trois allumettes allumées une à une dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l’obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras.

Six phrases. Moins de cinquante mots et des frissons qui me montent sur les bras.

Il a également été scénariste et j’étais ravie lorsque notre professeur de cinéma en Terminale nous a passé le film Les enfants du paradis.

J’ai appris, à mon grand malheur qu’il avait eu un accident et avait gardé des séquelles neurologiques après plusieurs jours dans le coma. Tout m’intéresse sur lui. Tout sur lui est intéressant. Mon Jacky est mort d’un cancer des poumons en 1977. Moi j’aurais voulu le rencontrer dans les années 30.

C’est dans mes projets d’aller visiter sa maison, un jour. J’irai. Promis, j’irai.

Il y a environ deux ans, j’ai cru avoir perdu mon recueil. Je l’avais cherché des heures durant et rien. Pas trace de mon précieux livre. Je ne sais pas si vous me croirez si je disais que j’ai pleuré pendant deux jours en y repensant. Tout le monde avait essayé de me rassurer en disant que je pourrais en acheter un autre. Mais personne ne comprenait que ça ne pourrait jamais être le même. Mon livre abîmé mais le plus beau du monde. Après deux jours, je ne m’en étais toujours pas remise, je me maudissais de l’avoir perdu… Jusqu’à ce que je le retrouve dans un de mes nombreux sacs à main, là où j’étais sûre d’avoir déjà fouillé. J’étais heureuse de le retrouver. C’est le seul livre que je ne passe jamais. J’ai trop peur qu’on ne me le rende pas. J’ai acheté un autre recueil mais je le lis bien moins souvent. Il est dans un état neuf alors qu’il a presque deux ans. Mais il n’y a pas mon grand amour sur la couverture.

Là dedans, mon poème préféré est :

« Les amoureux trahis »

Moi j’avais une lampe
et toi la lumière
Qui a vendu la mèche ?

 

Alors oui, j’aime Jacques Prévert comme personne. C’était lui l’homme de ma vie !

jacky

 

 

2 Réponses à “Jacques Prévert, mon amour !”

  1. 010446g dit :

    Il m’est arrivé de chanter « le cancre » avec mes élèves…
    Mon poème préféré est « rappelle-toi Barbara »

    Prévert n’est pas mort puisque nous reprenons ses poèmes.

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Chantons pour Mélusine

Laisser un commentaire

La vie d'une adolescente |
Adaytoremember |
Viesoleil |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Un cri sauvage et désespéré
| Les femmes séduites
| Notreangebaptiste