Mésaventure en aventures

Je raconte une petite histoire parce que je viens de m’en souvenir et je n’arrive pas à croire que je l’avais oubliée.

Mon vol pour revenir à la Réunion était un vol low cost avec deux escales. La première à Marseille et la seconde à Mayotte. Le premier trajet Paris-Marseille était très agréable. L’avion était vide, j’étais côté hublot et j’avais pu pleurer comme une madeleine pendant une heure sans que trop de gens me voient.

J’avais passé une journée stressante, à me poser la question si oui ou non j’allais prendre l’avion, j’avais mal dormi les jours précédents et j’avais la tête complètement ailleurs. A Marseille, de nouvelles personnes sont montées et on a changé d’équipage à bord. Comme je savais que la batterie de mon ordinateur ne tiendrait pas quinze heures (durée du trajet jusqu’à mon Ile avec ces deux escales) j’ai décidé d’acheter des écouteurs pour écouter de la musique et tenter de m’endormir.

J’avais déjà repéré le steward. Il était vraiment hyper beau. Je me souviens même avoir envoyé un message à Ronel pour le lui dire. Un métisse au sourire ravageur et aux yeux rieurs.

steward

Je n’étais pas franchement à mon avantage, on va dire. Je suis hyper frileuse en avion et frileuse tout court, en fait. Pour affronter les -4 degrés à l’extérieur, j’avais enfilé quatre paires de collants, un short, un débardeur, trois pulls et une grosse veste (que j’avais ôté dans l’avion avant de me recouvrir avec la couverture gentiment offerte). Et puis j’avais pleuré, beaucoup pleuré alors ce n’était pas dans mon idée de draguer ou quoi que ce soit, surtout que je ne pensais qu’à Stan, bien évidemment. Mais ce steward-là me plaisait. Il me souriait à chaque fois qu’il passait et il avait l’air sympa. Alors quand il est arrivé à ma hauteur, je lui ai demandé si je pouvais avoir des écouteurs et que je réglais par carte bancaire. Il m’a dit qu’il revenait tout de suite et moi, j’ai cherché ma carte.

J’ai l’impression de revoir le moment où, la main dans mon portefeuille, j’ai réalisé qu’elle n’était pas à l’endroit où elle devait être. J’ai tout de suite pensé que je l’avais perdue à l’aéroport et je me suis dit que le temps que j’atterrisse à la Réunion et fasse opposition, celui qui avait ma carte pouvait bien s’amuser. J’étais désespérée. Alors quand le steward est revenu avec la machine, je me suis confondue en excuse en lui expliquant que j’abandonnais mon achat parce que je ne trouvais plus ma carte.

J’ai vu son sourire s’effacer et je n’ai pas eu le temps d’être attendrie. Il est parti et est revenu quelques minutes plus tard avec les écouteurs. Il me les a tendus discrètement.

_Ne dites pas que j’ai fait ça mais je vous les offre.
Moi (sur le point d’éclater en sanglots) : Merci.

Pour le moment, cependant, je n’avais que faire des écouteurs. J’étais paniquée et j’avais envie de m’effondrer. Je voulais que ma mère me rassure et me dise quoi faire mais je savais qu’à 12 000 kilomètres, ça allait être un peu compliqué. Alors j’ai essayé de penser à ce qu’elle aurait pu me dire. Et une petite voix dans ma tête m’a dit : « Quelle est la dernière chose que tu as acheté ? ».

LE MAGAZINE !!! A l’aéroport, j’avais acheté un magazine pour passer le temps. Avec des chewing-gum et des chocolats pour remonter le moral. Alors que je ne faisais JAMAIS ça, là, la tête dans les nuages, j’avais glissé ma carte de crédit dans le sac qu’on m’avait tendu avec mes achats à l’intérieur.

J’ai maintenant l’impression de revivre le moment de soulagement total lorsque j’ai reposé mes doigts sur ma petite carte rectangulaire. J’ai pleuré de joie, ce qui m’arrive vraiment rarement !

Quand le steward est revenu, je lui ai dit que j’avais retrouvé ma carte et que je pouvais désormais régler, il s’est penché et a dit en souriant :

_Non, ça ira maintenant, c’est réglé. Je suis content que vous l’ayez retrouvée.
Moi (avec un grand sourire sincère) : Merci. Vraiment.

Ce vol a été horrible. J’étais entrée dans l’avion à 20H quelque chose et je n’en suis ressortie que le lendemain, à 14H passées. Plus de dix-sept heures dans un avion. On avait pris beaucoup de retard avec les escales et les retardataires. Alors ça, ça me rendait folle.

Ma mère est venue me chercher à l’aéroport bien sûr et fini l’hiver. Décembre dans l’hémisphère sud, c’est l’été. Je n’avais pas parlé de mon tatouage à ma mère et je savais que ça ne la rendrait pas folle de joie en repensant à « Tant que tu vis sous mon toit, je ne veux pas voir de dessins sur ton corps ! ». Mais une fois dans la voiture, j’ai craqué, il faisait trop chaud. J’ai enlevé tous les pulls et veste et gardé uniquement le débardeur. Mon tatouage était visible. Pourtant, ma mère ne m’a rien dit jusqu’en février, lorsque ma plus grande sœur, en vacances, a dit : « Tu t’es tatouée ?! ».

Mamounette n’a rien dit. Et elle a même avoué, plus tard, qu’elle trouvait ça plutôt joli. Yeah !

2 Réponses à “Mésaventure en aventures”

  1. 010446g dit :

    Et il n’a pas cherché à aller plus loin? Il espère te retrouver au prochain voyage…Tu en as de la chance!
    Un tatouage, c’est fait pour être vu! Pourquoi le cacher?De toute façon, les parents savent bien que leurs interdictions ne durent que le temps de l’enfance.Interdiction enfreinte= maturité affirmée.

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Chantons pour Mélusine

  2. Bibiche dit :

    Eh non… Ca aurait pu être une belle histoire, pourtant haha. Et ça a été mon dernier vol. Mais peut-être que je le retrouverai lors de mon prochain voyage, qui sait ?
    Ah oui. Ma mère sait que je suis la plus fofolle de la fratrie. Je lui en ai fait voir de tous les couleurs et mon esprit de contradiction n’a rien arrangé ^^

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